Baiser amoureux

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Le baiser amoureux, baiser sexuel, aussi appelé baiser avec la langue, baiser profond, French kiss, cataglottisme, ou « baiser florentin » (au XIXe siècle) est un baiser érotique qui consiste en une exploration partagée et variée des lèvres, de la langue et de la bouche tout entière[1].

Baiser érotique[modifier | modifier le code]

Le baiser avec la langue est une activité érotique hautement valorisée dans les sociétés occidentales, à tel point que le baiser est la seule activité sexuelle qui peut être pratiquée en public.

Au cinéma, le baiser est même fréquemment diffusé dans les téléfilms, mais aussi dans les médias et reproduit sous diverses formes artistiques (cf. entre autres le « Baiser » de Rodin ou le « Psyché …» de Canova, ci-contre).

Le baiser lingual est souvent le premier échange physique intime entre deux partenaires. Dans la culture occidentale, il est un préliminaire généralement réalisé avant les activités génitales. Le baiser consiste en une exploration partagée et variée des lèvres, de la langue et de la bouche tout entière, avec de simples contacts ou des mordillements, accompagnés ou non de mouvements de la langue.

La proximité des visages et des regards échangés favorise les émotions chaleureuses entre les partenaires[1].

Éthologie[modifier | modifier le code]

Le baiser lingual érotique est observé chez les hominidés. Mais c'est une activité qui est surtout pratiquée par les juvéniles (équivalent aux préadolescents chez les humains) et qui est moins fréquente que les activités génitales (seulement 6 % des activités sexuelles quotidiennes observées au zoo de San Diego, avec une fréquence moyenne d'une fois toutes les 4 heures[2]).

Ethnologie[modifier | modifier le code]

Chez Homo sapiens, le baiser érotique avec la langue n’est pas une activité universelle. Il n’est pas pratiqué dans plusieurs sociétés (Adaman, Balinais, Chamorros, Chewas, Lepchas, Manus, Sirionos, Thongas, Tinguians). À la place du baiser, les Tinguians approchent les lèvres près de la figure de leur partenaire et inhalent soudainement. Ailleurs, les personnes sucent les lèvres et la langue du partenaire pour que la salive s’écoule d’une bouche à l’autre (Kwakiutl, Trobriandais, Alorais, Truckais). Chez les Lapps, le baiser est réalisé simultanément avec la bouche et le nez. Dans d'autres sociétés, on considère le baiser comme dégoûtant, car les fluides corporels sont souvent considérés comme contaminants, ou impurs ou répugnants. Quand les Thonga ont observé les premiers Occidentaux s'embrasser, ils ont eu des réactions de moqueries en disant que les Occidentaux mangeaient leurs saletés. Enfin, certaines sociétés expliquent que la bouche est « naturellement » prévue pour l’alimentation, et en fonction de cette analyse considèrent le baiser comme une activité sexuelle « anormale » et « contre-nature »[3],[4].

En raison de l'influence de la culture occidentale (missionnaires, films, scolarisation…), la pratique du baiser lingual s'est répandu dans ces sociétés. Au début, ce sont surtout les jeunes qui ont adopté les pratiques occidentales, tandis que les personnes plus âgées « n'arrivaient pas à comprendre » pour quelles raisons les jeunes s'embrassaient[5].

Neurobiologie[modifier | modifier le code]

Le baiser permet de réduire les niveaux de cortisol, l'hormone de stress et d'augmenter la production d'hormone de l'attachement, l'ocytocine[6]. Néanmoins la plupart de ces effets, comme la diminution de l’anxiété et la formation de l’attachement, ne sont pas spécifiques au baiser. Toutes les activités érotiques produisent apparemment des effets similaires.[citation nécessaire] D'après le biologiste Thierry Lodé ce type de baiser, qui induit l'échange de salive, donne des informations sur le système immunitaire du partenaire et produirait un évitement des personnes qui ont une trop grande parenté génétique. En effet, d'un point de vue évolutif, le partenaire sexuel doit disposer d'un système immunitaire différent pour être attrayant et apporter la diversité génétique qui favorisera la santé de la progéniture[7]. L'identification des odeurs salivaires modifiée par le système immunitaire, permettrait de déclencher le désir, le consentement amoureux, et enfin l'acte sexuel proprement dit[8].

Microbiote buccal et maladies[modifier | modifier le code]

Au cours d'un baiser, pas moins de 80 millions de bactéries sont échangées en une dizaine de secondes par le mélange des salives, mais l'effet est transitoire, chaque individu retrouvant rapidement la composition de son microbiote salivaire[9],[10].

La plupart des maladies sexuellement transmissibles ne se transmettent pas par le baiser.

Néanmoins, un échange d'environ 250 types de bactéries et d'éventuels virus se produit, et il y a donc un risque de mononucléose infectieuse, d'herpès buccal, de grippe, de méningite, d'hépatite B[11] etc.

Représentation médiatique et artistique[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

En anglais, on emploie l'expression French kiss[12] et en espagnol le Beso francés (« baiser français »)[13]. Il est fréquemment employé dans le cinéma pour exprimer le désir sexuel entre deux amoureux.[réf. souhaitée]

En musique[modifier | modifier le code]

En photographie[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

[Quand ?] Une émission de télé-réalité française, diffusée sur la chaîne NRJ12, et intitulée 'French Kiss', met en scène 5 candidats français se retrouvant à Miami, et dont le but du jeu est d'être élu meilleur 'French lover'. Au gré des épreuves, les candidats doivent accumuler les 'French kiss' dans tous les lieux possibles (plages, discothèques, rues, bars…). Les épreuves délivrent des immunités d'élimination, des conforts, des dollars (chaque French kiss crédite de 5$ US le candidat). Les dollars permettent de 'survivre' en ville (tant sur le plan de l'hygiène (dentifrice, savon, etc.) que sur le plan alimentaire ou matériel) et donc d'augmenter ses chances d'arriver au bout de l'aventure[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Langis P., Germain B. La sexualité humaine. De Boeck, 2010
  2. (en) De Waal F.B.M. The communicative repertoire of captive bonobos (pan paniscus), compared to that of chimpanzees. Behaviour, 106(3-4):183-251, 1988
  3. (en) Ford C.S., Beach F.A. Patterns of sexual behavior. Eyre & Spottiswoode, London, 1952
  4. (fr) Malinowski B. La vie sexuelle des sauvages du nord-ouest de la mélanésie. Petite bibliothèque Payot, 1930, réédition, 1970
  5. (en) Marshall D.S. Sexual behavior on Mangaia. in Marshall D.S., Suggs R.C. (Eds). Human sexual behavior: Variations in the ethnographic spectrum. Basic Books, (5):103-162, 1971.
  6. (en) Caroline Williams, 10 Mysteries of you: Kissing, sur le site newscientist.com
  7. Thierry Lodé, La biodiversité amoureuse, sexe et évolution, Eds Odile Jacob, Paris, 2011, page ?
  8. Thierry Lodé, La guerre des sexes chez les animaux, Eds Odile Jacob, Paris, 2007, page ?
  9. Henri Joyeux, Amour et sexualité, Artège Editions, , p. 21.
  10. (en) Remco Kort, Martien Caspers, Astrid van de Graaf, Wim van Egmond, Bart Keijser & Guus Roeselers, « Shaping the oral microbiota through intimate kissing », Microbiome, vol. 2, no 1,‎ , p. 41 (DOI 10.1186/2049-2618-2-41).
  11. « Peut-on contracter l'hépatite B lors d'un baiser ou d'une fellation ? », sur Allo docteurs, (consulté le 13 décembre 2019)
  12. Le "French kiss" entre dans le dico, Courrier international
  13. (es) Besos. ¿Qué hay detrás?, El País

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]