Sexualité dans l'espace

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Le rapport sexuel de deux personnes dans l'espace est un sujet d'étude depuis que sont envisagées notamment des missions vers la planète Mars.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans l'euphorie de la conquête de la lune en 1969, les responsables de la NASA ont imaginé que la conquête de la planète Mars arriverait dans un avenir proche. Il s'agit d'un voyage de plusieurs mois. À l'époque les missions spatiales s'effectuent dans des conditions physiques difficiles, nécessitant une très bonnes condition physique. Les astronautes de l'époque étaient par conséquent en pleine force de l'âge. Ces deux paramètres, durée du voyage et jeunesse de l'équipage, rendaient le traitement de l'aspect sexuel de la mission prioritaire.

Les paramètres d'une mission martienne ont évolué depuis lors. La durée reste de plusieurs mois. En revanche le confort des engins spatiaux, les robots d'assistance, rendent les capacités physiques des astronautes beaucoup moins nécessaires. Les niveaux de rayonnement que recevront les astronautes pendant leur mission ont été considérablement réévalués. Leur dangerosité à très long terme aussi notamment sur la fonction de reproduction. Aussi, il est maintenant envisagé de proposer les missions martiennes à des astronautes plus âgés, ayant déjà fondé leur famille[1]. Les besoins sexuels des astronautes sont donc maintenant minorés[2].

Débats sur des actes sexuels qui se seraient déjà produits[modifier | modifier le code]

Toutes les sources fiables s'accordent pour dire que les agences spatiales, principalement la NASA, font tout pour qu'aucune information sur ce sujet ne soit publique. En effet les médias s’empareraient immédiatement du sujet et cela aurait un effet très négatif sur le public. Cela est dû au puritanisme actuel qui règne aux États-Unis et la colère prévisible des contribuables qui y verrait du gâchis de denier d'état. La parole ne pourrait se libérer que si le climat de puritanisme évoluait ou dans le cas de vol spatial privé. Virgin Atlantic envisage par exemple des vols spécifiquement sexuels[2].

Derrière cette omerta, les avis sur la réalité d'actes sexuels déjà accomplis divergent :

Ceux qui pensent qu'aucun acte sexuel n'a encore été accompli dans l'espace expliquent que les astronautes sont tellement excités par leur mission que cela remplace leurs pulsions sexuelles. L'astronaute Leroy Chio, qui a passé 229 jours en 4 missions de 1994 à 2005, rajoute que les services de la Nasa savent tout ce qui se passe dans une station et si des relations sexuelles s’étaient produites, cela se serait su[3]. D'autres au contraire notent que certains facteurs contribuent à penser que des actes ont déjà eu lieu. Comme sur terre « être le premier à faire l'amour dans ce lieu » est un facteur dopant la libido. Cela est accentué par les critères de sélection des astronautes : hauts niveaux intellectuels, aimer relever des défis. Tout cela est propice à l'expérimentation sexuelle[4].

Rumeurs infondées[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de sources fiables prouvant que ce type d'acte se sont déjà produits. Le fait que ce sujet soit encore très tabou génère de nombreux hoax[réf. nécessaire].

Livre de Pierre Kohler[modifier | modifier le code]

En février 2000, Pierre Kohler (astronome), spécialiste français réputé de l'espace, cite une note secrète de la NASA qui étudierait ce sujet sur des hamsters et qui conclurait que seules quatre positions sexuelles seraient possible en apesanteur. Le Guardian reprend les affirmations de Kohler[5]. En 2007, Le Guardian dément finalement cette information car la note de la NASA se révèle fausse. Le journal estime que les Français étaient en retard en 2000 sur la maitrise de l’internet et donc que Pierre Kohler s’est fait piéger par un plaisantin[6].

À bord d’une station spatiale russe[modifier | modifier le code]

Une rumeur circulant notamment sur internet, spécule le fait que la cosmonaute Svetlana Savitskaïa aurait été contrainte à des relations sexuelles à bord de la station spatiale Saliout 7, sur ordre de sa hiérarchie. Ceci n'a jamais été confirmé[7].

Couple dans l’espace[modifier | modifier le code]

Un seul couple marié, Jan Davis et Mark Lee, a été envoyé dans la même mission mais ils n’ont pas eu de rapports pendant la mission[8].

Les astronautes William Oefelein et Lisa Nowak n'ont pas eu d'actes sexuels lors de leur mission spatiale. Lisa est cependant éprise de William : le , elle a été arrêtée par la police après avoir agressé à l'aéroport d'Orlando, en Floride, une femme officier de l'US Air Force, qu'elle soupçonnait d'entretenir une relation avec William Oefelein. Dans un premier temps, cet incident a obligé la NASA à l'exclure du planning des vols ainsi qu'à revoir l'évaluation psychologique de l'ensemble de ses astronautes. Finalement, le , l'agence a pris la décision de la licencier purement et simplement. Elle licencia également William Oefelein en juin 2007.

Le premier mariage dans l'espace a eu lieu le 10 août 2003 entre le commandant de la Station spatiale internationale, Yuri Malenchenko, un cosmonaute russe et Ekaterina Dmitriev, citoyenne américaine, Texanne d'origine russe. Une loi spécifique au Texas permet à une personne de se marier si l'une des parties est dans l'état et si l'autre est joignable par vidéo. Ni l'agence spatiale russe, ni la NASA n'étaient enthousiastes au sujet de ce mariage. En Russie parce que, en tant que colonel dans l'armée de l'air, son accréditation « confidentiel défense » est remise en question par un mariage avec une étrangère et la NASA en raison de l'utilisation des ressources de l'ISS. Ils durent se remarier quand ils revinrent à Moscou, car le mariage n'a pas été reconnu comme valide par les Russes[9].

Performances sexuelles[modifier | modifier le code]

Dans l'espace, la circulation du sang est plus difficile dans les extrémités , cela pourrait avoir tendance à diminuer la qualité des érections. Des chercheurs italiens ont trouvé que les niveaux de la testostérone, l'hormone sexuelle, sont temporairement diminués chez les astronautes masculins par l'exposition à l'espace, avec une diminution concomitante de la pulsion sexuelle ou libido[10].

La menstruation[modifier | modifier le code]

Le personnel médical de la NASA n'est pas sûr de savoir comment la microgravité a une incidence sur les règles. Est-ce que le sang coulera comme il se doit ? Ou bien refluera-t-il dans l'utérus et finalement causera des problèmes de santé ? En attendant des réponses claires, les astronautes féminines prennent des pilules pour éviter des règles pendant les missions [11],[12].

Aspect physiologique[modifier | modifier le code]

De nombreux changements physiologiques ont été notés pendant les vols spatiaux, dont beaucoup peuvent influer sur le sexe et la procréation[réf. nécessaire]. Ces effets seraient le résultat de différents facteurs notamment les changements de gravité, le rayonnement, le bruit, les vibrations, l'isolement, les rythmes circadiens perturbés, le stress, ou une combinaison de ces facteurs[réf. nécessaire].

Aspect psychologique[modifier | modifier le code]

Les répercussions psychosociales du sexe et de la reproduction en vol sont au moins aussi problématique que les défis physiologiques connexes. Dans un avenir prévisible, les équipages spatiaux seront relativement peu nombreux. Si des couples se forment au sein de l'équipage, il peut avoir des conséquences sur les relations de travail de l'équipage, et par conséquent, sur les opérations de réussite et de l'équipage mission. La qualité de relation humaine, les capacités de vivre en forte promiscuité, la compatibilité entre les personnes seront tous des facteurs déterminants pour la sélection des équipages qui effectuerons des longues missions spatiales. Lyubov Serova, un spécialiste de l'Institut russe pour les problèmes biomédicaux, dans le domaine de la procréation dans les conditions du vol spatial, dit : « Après une période d'adaptation à l'apesanteur, les équipages vont avoir besoin de dispositifs spéciaux, comme les ceintures élastiques ou des tubes gonflables pour avoir des relations sexuelles dans l'espace. (...) Nous étudions l'impact de l'apesanteur sur la fonction de reproduction des organes mâles et femelles en utilisant des mammifères, en particulier les rats. » La conclusion générale est que le sexe dans l'espace n'est pas en soi un problème physique mais plutôt que les individus assez motivés pour se lancer dans le vol spatial ne ressentiraient pas la nécessité d'avoir des relations sexuelles.

Études[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2006, un séminaire consacré au sexe dans l'espace a eu lieu lors de la conférence annuelle de la Space Frontier Foundation. Les conférenciers étaient:

  • La journaliste scientifique Laura Woodmansee, qui a présenté son livre Sex in Space
  • Le Dr Jim Logan, certifié en médecine aérospatiale qui travaille au Johnson Space Center de la NASA à Houstone
  • Vanna Bonta, poète américain, romancière , actrice qui a déjà volé en gravité zéro.

Les présentations des intervenants ont traité des aspects « biologique, émotionnel et... les problèmes physiques auxquels seront confrontés les gens qui se déplacent [hors terre] dans l'environnement de l'espace. » Le journaliste scientifique de NBC Alan Boyle a salué avec ce séminaire l'ouverture d'une étude mondiale sur un sujet préalablement considéré comme tabou.

La Nasa a commandé plusieurs études d’analogie entre la vie sexuelle dans les stations de l'antarctique isolées six mois et ses propres stations spatiales. Parmi les sujets d’étude : Avantages et Inconvénients d’avoir des couples mariés, les effets des relations amoureuses sur l'ambiance générale, les attitudes des hommes vis à vis des femmes . Il s’avère que des relations amoureuses ont bien lieu et ne semble pas poser de problème tant que les femmes restent avec un seul partenaire. Cela pose des problèmes si une femme change de partenaire ou drague outrageusement. Les hommes qui n’ont pas de partenaire sont jaloux et en colère contre les membres de l’équipe qui ne restent pas discrets sur leur propres relations. Plusieurs femmes ont déclaré avoir été victimes de ragots. La recommandation est que les femmes doivent être particulièrement habiles à gérer les différentes attentions sexuelles masculines qui surviendront inévitablement[13].

Des tensions sont apparues dans les équipes des missions antarctiques si une femme a une relation amoureuse avec le chef de station. Les hommes considéraient alors qu'ils n'avaient pas « concouru » à égalité. Il est donc recommandé au chef de mission de rester célibataire. Des attentions sexuelles non désirées sont relatées , elles peuvent dégrader l'ambiance de groupe. Elles n'ont en revanche pas dégénéré en harcèlement sexuel, ou viol. Il n'y aurait pas eu de cas de prostitution[14].

Des règles ont été définies en cas de grossesse découverte lors d'un vol spatial long en analogie avec des règles sur des stations polaires australo-américaines. Dès l'annonce de la grossesse, une procédure de retour d'urgence vers la terre de la mère est organisé. le père reste dans la station. Un incubateur est prévu si le retour sur terre est impossible. L'avortement est interdit car poserait des problèmes légaux pour les américains[15],[16].

En compilant aspect positif et négatif, les chercheurs constatent que les équipes mixtes antarctiques semblent plus productives aujourd'hui qu'elles ne l'étaient quand il n'y avait pas de femmes[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.iub.edu/~kinsey/ccies/pdf/ccies-outerspaceantarctica.pdf
  2. a et b (en) « CCIES at The Kinsey Institute: Outer Space and Antarctica », sur www.kinseyinstitute.org (consulté le 13 avril 2016)
  3. (en) Mike Wall, « No Sex in Space », sur Space.com, (consulté le 13 avril 2016)
  4. Hunt, M. 1974. Sexual behavior in the 1970s. Chicago: Playboy Press.
  5. (en-GB) Jon Henley, « Astronauts test sex in space - but did the earth move? », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 13 avril 2016)
  6. (en-GB) Jon Henley, « Sex in space. Or not », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 13 avril 2016)
  7. Erin Barrett, Jack Mingo, Just Curious About History, Jeeves, Simon and Schuster, 2010, 288 pages, p. 134 (Lire en ligne).
  8. (en-US) Jackson Veigel, « Sex in Space », Slate,‎ (ISSN 1091-2339, lire en ligne, consulté le 13 avril 2016)
  9. Boyle, A. 2003 (July 18). Space wedding faces complications. MSNBC News: Technology and Science. Available: http://www.msnbc.com/news/940767.asp?0bl=-0&cp1=1.
  10. Strollo, F., G. Riondino, B. Harris, G. Strollo, E. Casarosa, N. Mangrossa, C. Ferretti, & M. Luisi. 1998 (February). The effect of microgravity on testicular androgen secretion. Aviation, Space, and Environmental Medicine, 69(2), 133-136.
  11. http://www.sciencealert.com/menstruation-and-the-journey-to-mars?perpetual=yes&limitstart=1
  12. http://www.eurekalert.org/pub_releases/2016-04/kcl-mis041916.php
  13. Bluth, B. J. 1985. Space station/Antarctic analogs (ITT, Antarctic Services Contractor Reports NAG 2-255 and NAGW- 659). Reston, VA: Space Station Program Office, NASA.
  14. Stuster, J. 1996. Bold endeavors: Lessons from polar and space exploration. Annapolis, MD: Naval Institute Press.
  15. GWU/ANSER. 1994a. Policy issues in space analogs [Final report of the June 1992 Workshop]. Washington, DC: Space Policy Institute, George Washington University, and Arlington, VA: Analytic Services Inc.
  16. GWU/ANSER. 1994b. Policy issues in space analogs: Prepared for the GWU/ANSER Workshop 16-17 March 1994. Washington, DC: Space Policy Institute, George Washington University, and Arlington, VA: Analytic Services Inc.
  17. Stuster, J. 1996. Bold endeavors: Lessons from polar and space exploration. Annapolis, MD: Naval Institute Press page 178