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Sexualité dans l'espace

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La sexualité dans l'espace désigne l'ensemble des comportements, des fonctions physiologiques et des enjeux liés à la sexualité humaine dans l'environnement spatial. Ce domaine de recherche s'intéresse aux effets de la microgravité et du rayonnement spatial sur les fonctions sexuelles et reproductives, ainsi qu'aux implications psychologiques, sociales, médicales et éthiques des relations intimes au cours des missions spatiales habitées. Bien que le sujet demeure largement sous-étudié et constitue un tabou au sein de nombreuses agences spatiales, il est considéré par plusieurs chercheurs comme un enjeu important dans la perspective des missions de longue durée et de l'installation durable de l'être humain au-delà de la Terre.

La première étude abordant le sujet de la sexualité dans l'espace est publiée par R. J. Levin en 1989, un sexologue britannique[1]. Dans celle-ci, il montre l'absence de recherches menées sur ce sujet, même dans ses dimensions les plus basiques[1]. À partir du début des années 2000, des chercheurs comme L. S. Woodmansee ou R. J. Noonan, spécialisés dans ce sujet, demandent à ce que des recherches soient menées sur le sujet par la NASA en collaboration avec des chercheurs spécialisés[1].

La NASA refuse historiquement de financer des études sur le sujet de la sexualité dans l'espace, considérant que la problématique n'affecte pas les missions de courtes durées, et que son impact sur les missions de longue durée n'est pas suffisamment urgente pour être étudié[1]. La NASA nie également qu'il y ait déjà eu une relation sexuelle dans l'espace, et les relations sexuelles sont prohibées sur la station spatiale internationale[1],[2],[3].

Le refus de la NASA de financer ces études s'expliquerait également par un conservatisme culturel et institutionnel[3].

Intérêt et enjeux des relations sexuelles dans l'espace

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Intérêt potentiel des relations sexuelles dans l'espace

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Malgré les difficultés techniques et physiologiques qu'elles soulèvent, les relations sexuelles dans l'espace sont généralement considérées comme présentant des effets positifs[1]. Plusieurs chercheurs estiment qu'elles pourraient contribuer au bien-être psychologique des équipages, en favorisant l'intimité, la réduction du stress et le maintien de relations affectives au cours des missions de longue durée[1]. Les relations sexuelles sont également considérées comme un comportement humain courant, dont la prise en compte est importante dans la perspective d'une présence humaine durable dans l'espace[1]. La masturbation pourrait être un élément important pour contribuer au bien être des astronautes, car elle ne comporte que peu de contraintes supplémentaires dans l'espace[1].

Problématiques posées par les rapports sexuels dans l'espace

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Plusieurs contraintes ont été identifiées comme pouvant compliquer les relations sexuelles dans l'espace[1]. Le manque d'intimité constitue l'un des principaux obstacles, les habitats spatiaux étant généralement exigus et leur volume habitable devant probablement rester limité à long terme[1]. Par ailleurs, l'absence de gravité pourrait rendre le maintien du contact entre les partenaires plus difficile[1]. Enfin, la microgravité favorise la dispersion des fluides corporels (tels que la sueur, le sperme, les sécrétions vaginales ou la salive), qui peuvent rester en suspension dans l'habitacle et nécessiter des précautions particulières[1]. La petite quantité de personnes embarquées dans un véhicule spatial limite également les possibilités de personnes avec lesquelles développer une relation[1]. Toutes ces contraintes pourraient être une source de conflits entre astronautes[1].

Enjeux éthiques et sociaux

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Les équipages des missions spatiales étant souvent composés de personnes issues de cultures et de pays différents, des divergences de perception concernant les relations affectives et sexuelles, les normes sociales ou les modes de communication peuvent apparaître[1]. Par ailleurs, le caractère confiné et isolé des habitats spatiaux soulève des interrogations quant au risque de violences sexuelles, de harcèlement ou d'autres formes de discrimination, ainsi qu'aux difficultés de prévention, de signalement et de prise en charge de tels comportements lors de missions de longue durée[1]. Ces préoccupations sont renforcées par le fait que des faits de violences sexuelles ont déjà été signalés dans le cadre de simulations de missions spatiales habitées[1]. En décembre 1999, lors d'une simulation de 110 jours menée dans un modèle de la station spatiale Mir, une agression sexuelle a eu lieu par un membre d'équipage masculin sur une de ses collègues[1].

Contraintes physiologiques

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Problématiques physiques

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Dans l'espace, la circulation du sang est plus difficile dans les extrémités ; cela pourrait diminuer la qualité des érections.[réf. nécessaire] Des chercheurs italiens de l'Italian National Research Centers on Aging, ont trouvé que les niveaux de la testostérone sont temporairement diminués chez les astronautes masculins par l'exposition à l'espace, avec une diminution concomitante de la pulsion sexuelle ou libido[4].

Dans l'espace, les règles ne semblent pas être fortement affectées par la microgravité[5]. Néanmoins, la majorité des astronautes en mission à bord de la Station spatiale internationale choisissent de prendre une contraception orale afin de les supprimer[6],[5]. En effet, la gestion de l'hygiène est compliquée par les quantités limitées d'eau disponibles, la difficulté de changer les protections menstruelles en microgravité, et le fait qu'un seul des systèmes de la station est conçu pour recycler les fluides, notamment les urines, mais pas le sang menstruel, qui part dans un système non recyclé[6],[5].

Problématiques liées à la reproduction

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Les recherches sur la viabilité de la reproduction humaine dans l'espace reposent principalement sur l'étude de la reproduction d'animaux non humains en conditions spatiales, notamment celle des souris[1]. Les résultats obtenus soulèvent plusieurs interrogations quant à la possibilité d'une reproduction humaine dans cet environnement[1]. En particulier, l'exposition aux rayonnements spatiaux pourrait altérer la fertilité et augmenter le risque de fausses couches[1].

Dans la culture populaire

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L'auteur de science-fiction et futurologue Isaac Asimov, dans un article de 1973 intitulé Sex in a Spaceship (Le sexe dans un vaisseau spatial), s'est penché sur ce que serait la sexualité en apesanteur, anticipant certains des bienfaits de la sexualité dans un environnement de microgravité[7].

Le , une table ronde sur « le sexe dans l'espace » a été organisée lors de la conférence annuelle de la Space Frontier Foundation. Les intervenants étaient la journaliste scientifique et auteure Laura Woodmansee, qui a présenté son livre Sex in Space[8] ; Jim Logan, premier diplômé d'un nouveau programme de résidence en médecine aérospatiale à être embauché par le Johnson Space Center de la NASA à Houston ; et Vanna Bonta, poète, romancière et actrice américaine qui a récemment volé en apesanteur et a accepté une interview pour le livre de Woodmansee[9].

Les orateurs ont abordé « les questions biologiques, émotionnelles et physiques auxquelles seront confrontées les personnes qui quitteront la Terre pour l'environnement spatial »[10]. Le journaliste scientifique de la NBC, Alan Boyle, a fait un reportage sur ces débats, sur un sujet jusqu'alors tabou[11].

Sex in Space était le titre d'un épisode de la série télévisée documentaire The Universe de la chaîne History Channel en 2008. L'émission, diffusée dans le monde entier, a été doublée en plusieurs langues, et a lancé un véritable dialogue sur un sujet jusqu'alors tabou. Le sexe dans l'espace est devenu un sujet concernant la survie à long terme de l'espèce humaine et l'exploration spatiale[12],[13],[14].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 (en) S. Dubé, M. Santaguida, D. Anctil, L. Giaccaria et J. Lapierre, « The Case for Space Sexology », THE JOURNAL OF SEX RESEARCH, vol. 60, no 2,‎ , p. 165-176 (lire en ligne Accès payant)
  2. ↑ (en-US) Dave Anctil et Simon Dubé, « Sex in space: Could technology meet astronauts’ intimate needs? », sur The Conversation, (DOI 10.64628/AAM.6sk6e3sn9, consulté le )
  3. 1 2 (en) Piercarlo Minoretti, « Integrating Space Sexology Into Long-Duration Mission Architecture: A Five-Pillar Operational Framework », Cureus Journal of Medical Science,‎ (lire en ligne Accès libre)
  4. ↑ Strollo, F., G. Riondino, B. Harris, G. Strollo, E. Casarosa, N. Mangrossa, C. Ferretti, & M. Luisi. 1998 (February). The effect of microgravity on testicular androgen secretion. Aviation, Space, and Environmental Medicine, 69(2), 133-136.
  5. 1 2 3 @NatGeoFrance, « Comment les femmes gèrent-elles leurs règles… dans l'espace ? », sur National Geographic, (consulté le )
  6. 1 2 « Quand les femmes astronautes ont leurs règles, c'est un vrai casse-tête », sur Le HuffPost, (consulté le )
  7. ↑ « Asimov Essays about technology and space », sur www.asimovonline.com (consulté le )
  8. ↑ « The Space Review: Review: Sex in Space », sur thespacereview.com (consulté le )
  9. ↑ (en) « Vanna Bonta Talks Sex in Space », sur www.female.com.au (consulté le )
  10. ↑ « Space Frontier Foundation – NewSpace 2006 », sur web.archive.org, (consulté le )
  11. ↑ (en) « Outer-space sex carries complications », sur NBC News (consulté le )
  12. ↑ (en-US) « Celebrate Sputnik Day by Thinking About Space Sex », sur The L Magazine, (consulté le )
  13. ↑ aniceelejeune et Kieron Monks, « S’envoyer en l’air dans l’espace », sur Journal Métro, (consulté le )
  14. ↑ « 1000 Words, 1000 Days: Day 351 – Space-Boinking In The 21st Century! « The Paltry Sapien », sur web.archive.org, (consulté le )