Mycoplasma genitalium

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Mycoplasma genitalium est un mycoplasme endoparasitaire des cellules épithéliales du tractus uro-génital humain, agent infectieux pathogène pour l'homme, responsable d’urétrites et d'autres maladies sexuellement transmissibles, éventuellement en association avec un autre mycoplasme[1].

Description[modifier | modifier le code]

Mycoplasma genitalium est un parasite. Bactérie de très petite taille, à très petit génome et dépourvue de paroi cellulaire dure[réf. nécessaire], mais dotée d'une extrémité spécialisée dans l’adhérence physique aux cellules hôtes (cette extrémité est appelée « tip » dans le jargon laborantin). Elle vit dans l'épithélium cilié de certaines cellules, uniquement dans le tractus urogénital des primates (homme compris) et dans les voies respiratoires[évasif][1]. M. genitalium est la plus petite bactérie vivante connue et la seconde plus petite bactérie connue depuis la découverte de Candidatus Carsonella ruddii. Jusqu'à la découverte de Nanoarchaeum en 2002, M. genitalium était également considérée comme étant l'organisme avec le plus petit génome (à part les virus).[réf. nécessaire]

Des co-infections sont possibles avec d'autres mycoplasmes et/ou avec d'autres pathogènes. Le nombre de bactéries par ml d'échantillon est très variable : Dans une étude tunisienne ayant porté sur 20 malades pour 186 ayant consulté pour urétrites, les quantités de bactéries trouvées variaient de 4x104 à 2x10 8 bactéries/ml dans les échantillons analysés[1].

Maladie émergente[modifier | modifier le code]

Il pourrait s'agir d'un agent de maladies émergentes[2] parce qu'elle n'a été découverte qu'en 1980 dans l’urètre de deux patients masculins présentant une urétrite non gonococcique (UNG) aiguë[3] et peu après, recherchée et trouvée chez les femmes. Le nombre d'infections semble fortement et rapidement augmenter, comme pour celles, préoccupantes, induites par Chlamydia trachomatis est également un critère[1]. D'autres MST sont en pleine expansion, probablement en raison de la mondialisation des échanges.

On ne sait identifier cette espèce que depuis moins de 20 ans.[réf. nécessaire] La symptomatologie des maladies induites par la bactérie n'étant pas spécifique, on ignore donc sa prévalence antérieurement aux études récentes ;

  • Elle est restée longtemps mal connue en raison d'une mise en culture lente et difficile (sur substrat acellulaire et un peu moins plutôt sur culture de cellules, à entretenir durant 3 semaines à plusieurs mois) - l'importance d'un éventuel portage asymptomatique et les seuils de pathogénicité pour l'homme et la femme sont inconnus, à différents âges de la vie et si des souches plus ou moins pathogènes existent ;
  • Mais l'intérêt scientifique et du Génie génétique pour cette espèce en a fait une vedette en raison de son génome qui est l'un des plus petits et légers connus (580 kb), ce qui aide les chercheurs à identifier les gènes les plus nécessaires à la vie bactérienne.

Maladies induites[modifier | modifier le code]

La bactérie M. genitalium (plus souvent que Ureaplasma spp.) induit[1] des maladies différentes chez l'homme et la femme :

Chez l'homme
Elle a été démontrée in vitro avec observation au microscope de fixation de M genitalium (par la pointe de la bactérie semble-t-il, selon la microscopie à rayons x sur la tête, la pièce intermédiaire et la queue des spermatozoïdes mis en présence de la bactérie.
On observe généralement une immobilisation du spermatozoïde quand plusieurs bactéries y adhèrent, mais certains spermatozoïdes restent mobiles et se montrent capables d'ainsi transporter M.genitalium (dans ce cas, les mycoplasmes sont plutôt fixés à la pièce intermédiaire ou dans la région du cou et parfois, M.genitalium a été vu sur la tête, mais non sur la queue du spermatozoïde)[6]
Chez la femme
durant la grossesse
  • Chorioamniotitis (suspecté, M. Ureaplasma étant plutôt ou plus souvent en cause)
  • Post-partum fever (suspecté, M. Ureaplasma étant plutôt ou plus souvent en cause)
  • Stillbirth, prematurity, lowbirth weight (suspecté, M. Ureaplasma étant plutôt ou plus souvent en cause)

infections néonatales

  • Lowbirth weight (suspecté, M. Ureaplasma étant plutôt ou plus souvent en cause)
  • RTI, CNS, bacteriemia (suspecté, M. Ureaplasma étant plutôt ou plus souvent en cause)
  • Chronic lung disease (suspecté, M. Ureaplasma étant plutôt ou plus souvent en cause)

La bactérie peut être trouvée chez des porteurs sains ou asymptomatiques, mais elle est présente plus souvent (et en plus grande quantité) chez les personnes atteintes d'urétrites non gonococciques, surtout quand elles sont aigües. Cette bactérie répond au postulat de Koch[11]

Diagnostic[modifier | modifier le code]

La bactérie peut être recherchée dans différents types de prélèvements (endocol, prél. per-cœlio, urètre, urines, sperme, anus[1]).
Il n'y a pas de test de sérodiagnostic commercialisé et la sérologie (dans ses formes les plus sophistiquées) ne joue un rôle que dans les études épidémiologiques, mais n'a pas de valeur dans le diagnostic.
Un test par amplification d'acides nucléiques (TAAN) est le seuls outils diagnostiques disponibles,
M. genitalium présente une réaction croisée avec M.pneumoniae [1].
la confirmation se fait par la PCR classique, avec différentes cibles possibles (ARNr 16S, gène de l’adhésine MgPa...)[1]

Prévalence[modifier | modifier le code]

Les études de prévalence, récentes, indiquent de 7 à 38 % de porteuses chez les femmes consultant dans un centre de MST[1], mais ce chiffre pourrait sous-estimer la réalité, faute de contrôles des personnes asymptomatiques.

  • Pour les cervicites : Mycoplasma genitalium était le seul mycoplasme urogénital impliqué chez 50 femmes sur 719 (soit 7 %) ayant consulté dans un centre de prévention et soin des MST[12],[1]. Le risque de cervicite était de 3,3 fois plus élevé chez avec Mycoplasma genitalium que sans pour 21 femmes sur 217 femmes (soit 9,7 %) ayant consulté dans un centre de prévention et soins des MST[1]

Endométrites, salpingites et infertilité : peu d'études sont disponibles, mais - 9 patientes victimes d'endométrites sur 58 (soit 16 %) portaient des Mycoplasma genitalium (Cohen, Lancet, 2002) [1] - études sérologiques chez femmes avec salpingites - preuves indirectes d'infertilité

Traitement médical[modifier | modifier le code]

L'UNG est traitée[1] par antibiothérapie

Des échecs documentés existent[1] pour les antibiotiques suivants :

|AZM]] : 3/35, 9/32 échecs avec 1 g DU mais 0/6 avec AZM /5j

Usage en Génie génétique[modifier | modifier le code]

De tous les organismes vivants, Mycoplasma genitalium possède le plus petit génome capable d'être cultivé en laboratoire. Séquencée en 1995, elle présente un génome de 580 kpb pour 517 gènes répertoriés (480 gènes codant des protéines et 37 gènes codant des ARN)[13]. C'est à partir de M. genitalium qu'a été fabriquée, en 2007, Mycoplasma laboratorium, une bactérie construite autour d'un chromosome de synthèse.

Article détaillé : biologie de synthèse.

Questions en suspens[modifier | modifier le code]

  • quelle est l'importance du portage asymptomatique dans le monde, selon l'âge ?
  • quel est le seuil de pathogénicité ?
  • y a-t-il un risque d'infertilité comme séquelle chez l'homme ou la femme (la bactérie a été trouvée dans l'endomètre [9], et une seule fois dans les trompes de fallope[10] et les études sérologiques indiquent une forte association entre une infection passée par M. genitalium et le risque d'infertilité à cause de problèmes de trompes[14])
  • y a-t-il transmission mère-enfant et infections néonatales ? ?. L'infection augmente-t-elle les risques de pathologies telles qu'épididymite et la prostatite ? (car la bactérie a aussi été trouvée dans ces organes) ;
  • quel est le mécanisme des arthrites réactionnelles ?
  • quel est le traitement optimal (molécule(s), durée, posologie)
  • quels sont les meilleurs moyens de prévention ?

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Cécile M. Bébéar, B. de Barbeyrac, G. Carcenac, M. Clerc, S. Pereyre, et C. Bébéar  ; Mycoplasma genitalium, un agent émergent responsable d’urétrites et autres maladies sexuellement transmissibles (Ppt) Laboratoire de Bactériologie EA 3671 Université Victor Segalen Bordeaux 2 CHU de Bordeaux
  2. Chapitre 1.3.2.4
  3. Tully et al., Lancet 1981[réf. incomplète]
  4. Eickhoff JH, Frimodt-Moller N, Walter S, et al. A double-blind, randomized, controlled multicentre study to compare the efficacy of ciprofloxacin with pivampicillin as oral therapy for epididymitis in men over 40 years of age. Br J Urol Int1999;84:827–34.
  5. Krieger JN, Riley DE, Roberts MC, et al. Prokaryotic DNA sequences in patients with chronic idiopathic prostatitis. J Clin Microbiol1996;34:3120–8.
  6. Svenstrup HF, Fedder J, Abraham-Peskir J, et al. Mycoplasma genitalium attaches to human spermatozoa. Hum Reprod2003;18:2103–9. (résumé)
  7. Falk L, Fredlund H, Jensen JS, et al. Signs and symptoms of urethritis and cervicitis among women with or without Mycoplasma genitalium or Chlamydia trachomatis infection. Sex Transm Infect2005;81:73–8.
  8. Manhart LE, Critchlow CW, Holmes KK, et al. Mucopurulent cervicitis and Mycoplasma genitalium. J Infect Dis2003;187:650–7.
  9. a et b Cohen CR, Manhart LE, Bukusi EA, et al. Association between Mycoplasma genitalium and acute endometritis. Lancet2002;359:765–6.
  10. a et b Cohen CR, Mugo NR, Astete SG, et al. Detection of Mycoplasma genitalium in women with laparoscopically diagnosed acute salpingitis. Sex Transm Infect2005;81:463–6.
  11. Taylor-Robinson D. Mycoplasma genitalium—an up-date. Int J STD AIDS2002;13:145–51.
  12. Manhart, JID 2003
  13. Le concept de génome minimal
  14. Clausen HF, Fedder J, Drasbek M, et al. Serological investigation of Mycoplasma genitalium in infertile women. Hum Reprod2001;16:1866–74.