Promiscuité sexuelle

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La promiscuité sexuelle est un comportement sexuel consistant à avoir une activité sexuelle fréquente avec différents partenaires sexuels, ou sans faire de distinction entre partenaires sexuels[1]. Chez l’être humain, un exemple de promiscuité est le coup d'un soir, dont la fréquence est parfois utilisée comme indicateur de promiscuité[2].

La définition exacte de la promiscuité varie selon les cultures, tout comme sa prévalence. Elle est également affectée par le genre et le statut civil de la personne : de nombreuses féministes soulignent l'existence d'un double standard, la promiscuité chez la femme étant vue de façon péjorative alors qu'elle peut être vue chez l’homme sous un jour positif ou négatif. Dans l’ensemble, quel que soit le genre, la promiscuité est considérée comme plutôt négative dans les sociétés occidentales[3].

La promiscuité sexuelle s’étend également à de nombreuses espèces animales[4].

Chez l’être humain[modifier | modifier le code]

Prévalence[modifier | modifier le code]

Au sein d’une population relativement homogène, le nombre de partenaires sexuels peut varier largement d'une personne à l'autre. Aux États-Unis, selon une enquête nationale de 2007, le nombre médian de partenaires sexuels de l'autre sexe est de sept dans les déclarations des hommes et de quatre dans celles des femmes[5]. Dans le monde, les chiffres portant sur les relations hétérosexuelles présentent souvent le même déséquilibre, grosso modo le double de partenaires pour les hommes : ainsi, en Grande-Bretagne, les résultats nationaux repris dans une étude de 2018 donnent une moyenne de 14,14 partenaires sexuelles déclarées par les hommes, les femmes en déclarant 7,12[6] Cette différence qui se retrouve dans d'autres études pose question car il ne devrait pas y avoir, dans une population hétérosexuelle aux effectifs par sexe sensiblement équilibrés, d'écart important entre le nombre moyen de partenaires des hommes et celui des femmes, tout lien entre une femme et un homme reliant un homme à une femme[7],[6]. Les facteurs explicatifs étudiés relèvent de trois catégories : défaut de représentativité des échantillons, notamment par sous-représentation des travailleuses du sexe ; différence dans les modes de comptage des femmes et des hommes, ceux-ci ayant plus facilement recours à des chiffres ronds[6] ; motifs de désirabilité sociale et de gratification symbolique produisant des majorations et des minorations[7],[6].

En 2008, une étude montre que les Finlandais rapportent avoir eu le plus de partenaires sexuels au monde, et que les Britanniques en ont le plus dans les grands pays occidentaux[8],[9],[10]. En 2014, une étude britannique affirme que Liverpool est la ville où la promiscuité sexuelle est la plus prévalente[11]. Cette place pourrait être due au fait qu’il est mieux accepté au Royaume-Uni d’être une femme ayant de nombreux rapports sexuels, plutôt que seulement pour les hommes. Ce mouvement s’accompagne d’un affaiblissement de la religion, d’une meilleure autonomie financière des femmes et d’une culture populaire très sexualisée[8],[9],[10].

Une étude de 1998 a trouvé une forte association entre la consommation d'alcool et le fait d'avoir plusieurs partenaires sexuels aux États-Unis[12]. De même avec l'usage de drogues[13].

La répartition du nombre de partenaires chez les femmes est toujours relativement étroite, la variation est faible, et la grande majorité des femmes ont un nombre de partenaires proche de la moyenne. Chez les hommes, la répartition est beaucoup plus large, la variation est élevée, beaucoup d'hommes ayant peu de partenaires sexuelles et beaucoup d'autres ayant plus de partenaires que la plupart des femmes[14].

Une étude de 1993 a trouvé que chez les individus dont les premiers rapports sexuels avaient eu lieu avant l'âge de 13 ans, les chances de déclarer trois partenaires sexuels ou plus étaient neuf fois plus élevées que ceux dont le premier rapport sexuel avait eu lieu à l'âge de 15 ou 16 ans, les noirs avaient quatre fois plus de chances que les blancs non hispaniques de déclarer trois partenaires sexuels ou plus et les hommes avaient quatre fois plus de chances que les femmes de déclarer trois partenaires sexuels ou plus[13].

D'après une étude aux États-Unis, environ 29 % des hommes et 9 % des femmes rapportent avoir eu plus de quinze partenaires sexuels avec les hommes et les femmes noirs plus susceptibles de déclarer avoir eu 15 partenaires ou plus au cours de leur vie (46 % et 13 %, respectivement) que les autres groupes raciaux ou ethniques[5]. L'étude rapporte également que 25 % des femmes et 17 % des hommes déclarent ne pas avoir eu plus d'un partenaire de l'autre sexe au cours de leur vie et 4 % déclarent ne jamais avoir eu de relations sexuelles[5]. 16 % des adultes ont leur premier rapport sexuel avant l'âge de 15 ans, tandis que 15 % s'abstiennent jusqu'à au moins 21 ans. La proportion d'adultes ayant eu leur premier rapport sexuel avant 15 ans est la plus élevée chez les Noirs non hispaniques (28 %), contre 14 % chez les Mexicains-Américains et les Blancs non hispaniques[5]. 6 % des Noirs s'abstiennent d'avoir des relations sexuelles jusqu'à l'âge de 21 ans ou plus, soit moins que les Mexicains américains (17 %) ou les Blancs non hispaniques (15 %)[5].

Jugements moraux[modifier | modifier le code]

Des expériences menées aux États-Unis en 1978 et 1982 ont montré que la grande majorité des hommes était prête à avoir une relation sexuelle avec une femme inconnue de beauté moyenne qui leur fait une proposition. Aucune femme de l’étude n’acceptait la même proposition venant d’un homme de beauté moyenne. Les hommes étaient généralement à l’aise avec la question, tandis que les femmes étaient choquées et dégoûtées[15].

Liens avec la santé[modifier | modifier le code]

Une étude de 2006 estime qu’il n’y a pas de lien entre les comportements sexuels et la santé sexuelle, qui dépend beaucoup plus de la pauvreté et de la mobilité[16]. D’autres études estiment que les personnes ayant des relations sexuelles variées et fréquentes pourraient souffrir de plus d’infections sexuellement transmissibles[17]. Une étude a trouvé une forte association statistique entre le nombre de partenaires sexuels et le fait d'avoir une MST[18]. Le nombre de partenaires sexuels masculins au cours de la vie est un facteur de risque majeur de l'infection par le papillomavirus humain[19]. Le risque d'être infecté par le SIDA est croissant dans les situations suivantes : relation monogame avec un partenaire non infecté, une relation monogame avec un partenaire choisi au hasard, une relation avec plus d'un partenaire choisi au hasard, plusieurs relations avec plusieurs partenaires choisis au hasard et enfin une relation monogame avec un partenaire infecté[20].

D'après une étude de 1993, presque la moitié des personnes ayant de multiple partenaires sexuels n'utilisent jamais de préservatifs[21].

Une promiscuité sévère et impulsive est un symptôme commun de plusieurs affections psychologiques dont le trouble de la personnalité borderline, le trouble de la personnalité histrionique, le narcissisme et le trouble de la personnalité antisociale, mais ces affections restent rares dans l’ensemble de la population des personnes ayant des relations sexuelles variées et fréquentes[22].

Chez l’animal[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Promiscuous - definition of promiscuous by the Free Online Dictionary », The Free Dictionary (consulté le 21 septembre 2013)
  2. « UK's most promiscuous city in 'one night stand' poll revealed », sur Metro.co.uk, Associated Newspapers Limited,
  3. Michael Marks et R. Fraley, « The Sexual Double Standard: Fact or Fiction? », Sex Roles, vol. 52, nos 3–4,‎ , p. 175–186 (DOI 10.1007/s11199-005-1293-5)
  4. Judith Eve Lipton et David P. Barash, The Myth of Monogamy: Fidelity and Infidelity in Animals and People, San Francisco, W.H. Freeman and Company, (ISBN 978-0-7167-4004-9, lire en ligne)
  5. a b c d et e « Average man sleeps with 7 women - Health - Sexual health - NBC News », sur NBC News,
  6. a b c et d Slate.fr, « Pourquoi les hommes exagèrent leur nombre de partenaires sexuelles quand les femmes le minimisent », sur Slate.fr, (consulté le 10 juin 2020)
  7. a et b Hugues Lagrange, « Le nombre de partenaires sexuels : les hommes en ont-ils plus que les femmes ? », Population, vol. 46, no 2,‎ , p. 249–277 (DOI 10.2307/1533236, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  8. a et b Roger Waite, « Britain on top in casual sex league », The Times, London,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2010)
  9. a et b Martin Beckford et Alastair Jamieson, « Britain is among casual sex capitals of the Western world, research claims », The Daily Telegraph, London,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2010)
  10. a et b « British top promiscuity study », sur UPI
  11. « Liverpool named UK's most promiscuous city », sur themetro.co.uk, Mark Molloy,
  12. John S. Santelli, Nancy D. Brener, Richard Lowry et Amita Bhatt, « Multiple Sexual Partners Among U.S. Adolescents and Young Adults », Family Planning Perspectives, vol. 30, no 6,‎ , p. 271–275 (ISSN 0014-7354, DOI 10.2307/2991502, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  13. a et b (en) Meg Durbin, Ralph J. DiClemente, David Siegel et Flora Krasnovsky, « Factors associated with multiple sex partners among junior high school students », Journal of Adolescent Health, vol. 14, no 3,‎ , p. 202–207 (ISSN 1054-139X, DOI 10.1016/1054-139X(93)90006-B, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  14. (en) Rodrigo Gouveia-Oliveira et Anders Gorm Pedersen, « Higher variability in the number of sexual partners in males can contribute to a higher prevalence of sexually transmitted diseases in females », Journal of Theoretical Biology, vol. 261, no 1,‎ , p. 100–106 (ISSN 0022-5193, DOI 10.1016/j.jtbi.2009.06.028, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  15. Clark, Russell D. III et Hatfield, Elaine, « Gender Differences in Receptivity to Sexual Offers », Journal of Psychology & Human Sexuality, vol. 2, no 1,‎ , p. 39–55 (DOI 10.1300/J056v02n01_04, lire en ligne[archive du ])
  16. « Sexual behaviour in context: a global perspective », Lancet, vol. 368, no 9548,‎ , p. 1706–28 (PMID 17098090, DOI 10.1016/S0140-6736(06)69479-8, lire en ligne)
  17. Handbook of the Sociology of Sexualities, Springer, coll. « Handbooks of Sociology and Social Research », (ISBN 9783319173412, DOI 10.1007/978-3-319-17341-2_12), « Casual Sex: Integrating Social, Behavioral, and Sexual Health Research », p. 215
  18. GAVIN P. JOFFE, BETSY FOXMAN, ANDREW J. SCHMIDT et KAREN B. FARRIS, « Multiple Partners and Partner Choice as Risk Factors for Sexually Transmitted Disease Among Female College Students », Sexually Transmitted Diseases, vol. 19, no 5,‎ , p. 272–278 (ISSN 0148-5717, DOI 10.1097/00007435-199209000-00006, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  19. ROGER KARLSSON, MONICA JONSSON, KARIN EDLUND et MAGNUS EVANDER, « Lifetime Number of Partners As the Only Independent Risk Factor for Human Papillomavirus Infection », Sexually Transmitted Diseases, vol. 22, no 2,‎ , p. 119–127 (ISSN 0148-5717, DOI 10.1097/00007435-199503000-00008, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  20. (en) Bennett Eisenberg, « The number of partners and the probability of HIV infection », Statistics in Medicine, vol. 8, no 1,‎ , p. 83–92 (ISSN 1097-0258, DOI 10.1002/sim.4780080109, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  21. M. Margaret Dolcini, Joseph A. Catania, Thomas J. Coates et Ron Stall, « Demographic Characteristics of Heterosexuals with Multiple Partners: The National AIDS Behavioral Surveys », Family Planning Perspectives, vol. 25, no 5,‎ , p. 208–214 (ISSN 0014-7354, DOI 10.2307/2136073, lire en ligne, consulté le 10 juin 2020)
  22. J. W. Hull, J. F. Clarkin et F. Yeomans, « Borderline personality disorder and impulsive sexual behavior », Psychiatric Services, vol. 44, no 10,‎ , p. 1000–1001 (PMID 8225264, DOI 10.1176/ps.44.10.1000)