Liquide pré-éjaculatoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le liquide pré-éjaculatoire est un liquide visqueux et incolore secrété par les glandes de Cowper, et émis par l'urètre de l'homme lorsqu'il est excité sexuellement, avant qu'éventuellement il n'atteigne l'orgasme et n'expulse le sperme au cours de l'éjaculation.

Les glandes de Littré (en), et peut-être aussi les lacunes de Morgagni (en), joueraient également un rôle dans sa production[1].

Il sert à la lubrification[2], facilitant à la fois le coït (tout comme la cyprine chez la femme) mais aussi le mouvement du prépuce sur le gland. Il sert également à protéger les spermatozoïdes de l'acidité du vagin et des restes d'urine dans le canal urétral[2]. Il a également des propriétés immunodéfensives[2] et joue un rôle dans la coagulation du sperme[3].

Il est secrété en quantité variable selon les individus : certains n'en produisent pas du tout[4], d'autres jusqu'à 5 millilitres[1].

Présence de sperme[modifier | modifier le code]

Il existe une idée reçue selon laquelle le liquide pré-éjaculatoire contiendrait du sperme, et serait donc la cause de la faible fiabilité du coït interrompu en tant que méthode de contraception.

Pourtant, même si aucune étude n'a été menée à large échelle sur ce sujet, des études à plus petite échelle tendent à prouver le contraire. En effet, sur les échantillons de liquide pré-éjaculatoire testés, la plupart ne contenaient pas de sperme, et les autres n'en contenaient pas en quantité suffisante pour provoquer la grossesse[5],[6],[7],[8]. Les grossesses qui sont observées malgré la pratique du coït interrompu, et ce même de manière parfaite, ne seraient donc pas imputables à la présence de sperme dans le liquide pré-éjaculatoire, mais plutôt à du sperme subsistant dans l'urètre après une éjaculation récente et entraîné par le liquide pré-éjaculatoire, ou encore à du sperme entré accidentellement en contact avec la vulve[7],[9].

Toutefois, selon une autre étude, le liquide pré-éjaculatoire pourrait contenir une part non négligeable de spermatozoïdes motiles[10].

Vecteur de maladie[modifier | modifier le code]

Certaines études ont prouvé la présence du VIH dans le liquide pré-éjaculatoire des personnes séropositives, ce qui peut infecter le ou la partenaire[5],[11].

Aspects religieux[modifier | modifier le code]

Dans l'islam sunnite, après l'émission de liquide pré-éjaculatoire, il est obligatoire pour le croyant de se laver tout le pénis et nettoyer avec de l'eau les parties des vêtements qui ont été souillées puis faire les ablutions mineures, sans quoi la prière est invalidée[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Aleksander Chudnovsky et Craig S. Niederberger, « Copious Pre-Ejaculation : Small Glands—Major Headaches », Journal of Andrology, vol. 28, no 3,‎ , p. 375–375 (PMID 17251594, DOI 10.2164/jandrol.107.002576).
  2. a, b et c (en) Bilal Chughtai, Ahmed Sawas, Rebecca L. O'Malley, Rohan R. Naik, S. Ali Khan et Srinivas Pentyala, « A neglected gland : A review of Cowper's gland », International Journal of Andrology, vol. 28, no 2,‎ , p. 74–77 (PMID 15811067, DOI 10.1111/j.1365-2605.2005.00499.x).
  3. (en) Richard E. Beil et Robert G. Hart, « Cowper's Gland Secretion in Rat Semen Coagulation : II. Identification of the Potentiating Factor Secreted by the Coagulating Glands », Biology of Reproduction, vol. 8, no 5,‎ , p. 613-617 (PMID 4713168).
  4. (en) E. Vazquez, « Is it safe to suck? », Positively Aware, vol. 8, no 4,‎ , p. 15 (PMID 11364482).
  5. a et b (en) « Researchers find no sperm in pre-ejaculate fluid », Contraceptive Technology Update, vol. 14, no 10,‎ , p. 154–156 (PMID 12286905).
  6. (en) Zvi Zukerman, David B. Weiss et Raoul Orvieto, « Does Preejaculatory Penile Secretion Originating from Cowper's Gland Contain Sperm? », Journal of Assisted Reproduction and Genetics, vol. 20, no 4,‎ , p. 157–159 (PMID 12762415, DOI 10.1023/A:1022933320700).
  7. a et b (en) Michael J. Free et Nancy J. Alexander, « Male Contraception Without Prescription: A Reevaluation of the Condom and Coitus Interruptus », Public Health Reports, vol. 91, no 5,‎ , p. 437–445 (lire en ligne).
  8. (en) Gerard Ilaria, Jonathan L. Jacobs, Bruce Polsky, Brian Koll, Penny Baron, Clarinda Maclow, Donald Armstrong et Peter N. Schlegel, « Detection of HIV-1 DNA sequences in pre-ejaculatory fluid », The Lancet, vol. 340, no 8833,‎ , p. 1469 (PMID 1360583, DOI 10.1016/0140-6736(92)92658-3).
  9. (en) « Withdrawal (Pull Out Method): How Effective Is Withdrawal? », Planned Parenthood Federation of America,‎ .
  10. (en) Stephen R. Killick, Christine Learyb, James Trussell et Katherine A. Guthrie, « Sperm content of pre-ejaculatory fluid », Human Fertility, vol. 14, no 1,‎ , p. 48–52 (DOI 10.3109/14647273.2010.520798).
  11. (en) Jeffrey Pudney, Monica Oneta, Kenneth Mayer, George 3rd Seage et Deborah Anderson, « Pre-ejaculatory fluid as potential vector for sexual transmission of HIV-1 », The Lancet, vol. 340, no 8833,‎ , p. 1470 (PMID 1360584, DOI 10.1016/0140-6736(92)92659-4).
  12. (en) Hamza Karamali, « The pre-ejaculate fluid, madhy, calls for washing and ablution before praying », sur SunniPath,‎ .

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussi[modifier | modifier le code]