Position du missionnaire

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Couple hétérosexuel dans la position du missionnaire.
Position anale du missionnaire (ici par un couple homosexuel).
Couple lesbien dans la position du missionnaire.

La position du missionnaire est une position sexuelle dans laquelle l’un des deux partenaires est couché sur le dos, cuisses écartées, tandis que l'autre s'allonge sur lui.

Histoire de l'expression[modifier | modifier le code]

Une légende assez couramment répandue voudrait que l'expression « position du missionnaire » vienne des missionnaires chrétiens qui l'auraient préconisée à leurs ouailles comme la seule convenable en matière de relations sexuelles. À l'origine de cette légende, Alfred Kinsey qui avait commis dans un de ses célèbres rapports[1] de 1948 une série d'interprétations erronées de documents historiques[2],[3].

Avant le rapport Kinsey, la position du missionnaire était connue sous différents noms comme la « position de papa-maman » ou la « position anglo-américaine »[3]. En 1948, Kinsey publie le premier volume, celui qui concerne la sexualité masculine, de ce qu'on appellera couramment le « rapport Kinsey ». Il y expose la préférence américaine pour la position qu'il appelle la « position anglo-américaine ». À propos de l'ouvrage de Malinowski La Vie sexuelle des sauvages du Nord-ouest de la Mélanésie[4], Kinsey écrit[3] :

« Il convient de rappeler que Malinowski (1929) observe l'usage presque universel d'une position totalement différente chez les habitants des îles Trobriand […] et qu'autour des feux de camps, ceux-ci raffolent des anecdotes sur la position anglo-américaine dont ils parlent comme de la “position du missionnaire”. »

En 2001, selon Robert Priest, les lexicographes et les sexologues n'ont pas trouvé d'occurrence de l'expression « position du missionnaire » antérieure à Kinsey. Priest conclut que Kinsey a à son insu créé une confusion entre plusieurs facteurs[3] : tout d'abord, d'après Malinowski, les habitants des Îles Trobriand pratiquent ces soirées de chansons et de moqueries au clair de lune et non pas autour d'un feu de camp. Dans son « rapport », Kinsey écrit que les Tobriandais rigolent en évoquant le face-à-face, homme dessus et femme dessous pendant le coït, mais il ne donne pas le contexte. Il écrit également que la position était enseignée par les négociants blancs, les planteurs ou les fonctionnaires, mais il ne cite pas les missionnaires. Kinsey rappelle par ailleurs qu'au Moyen Âge, l'Église catholique recommandait cette position, supposant que les missionnaires faisaient de même.

En fait, Malinowski écrit qu'il a vu un couple de fiancés tobriandais se tenir la main et se pencher l'un contre l'autre, et que les locaux appelaient ça « misinari si bubunela », c'est-à-dire, « à la façon des missionnaires ». En combinant malencontreusement ces différents faits, Kinsey invente un néologisme tout en croyant reprendre une expression ancienne[3].

Illustration de Paul Avril.
Les Missionnaires, dessin de Gustav Klimt.

Finalement, l'histoire sur l'origine de l'expression a été si répétée qu'elle est devenue largement acceptée, et l'histoire de son élaboration avec Kinsey et Malinowski s'est estompée.

Les sexologues anglo-saxons ont commencé à utiliser cette expression pour désigner la position sexuelle à la fin des années 1960, et la « missionary position » a remplacé progressivement les anciennes appellations dans la langue anglaise.

Au cours des années 1990, cette expression s'est étendue à d'autres langues : « Missionarsstellung » en allemand, « postura del misionero » en espagnol et « position du missionnaire » en français[3].

Dans le règne animal[modifier | modifier le code]

La position du missionnaire est également décrite comme une position sexuelle ventro-ventrale. Son usage est décrit chez les hommes, les chimpanzés bonobos[5]. Chez certains mammifères marins comme les dauphins, ce type de copulation est réalisé en mode vertical, ventre contre ventre, ou bien cote à cote, légèrement inclinés, flanc contre flanc, ce qui la différencie de la position du missionnaire qui se réalise horizontalement. On a longtemps cru que l'ours la pratiquait également, ce qui n'est pas le cas[6].

Intérêt dans un rapport hétérosexuel[modifier | modifier le code]

Dans cette position, les deux partenaires peuvent se regarder et s'embrasser. Elle permet également de varier l'angle de la pénétration et offre la possibilité d'une stimulation du clitoris par la base du pénis. Cette position serait également, avec la position d'Andromaque, la plus pratique pour le premier rapport sexuel[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A.D. Kinsey, Le comportement sexuel de l’homme, Pavois, Paris, 1948
  2. (en) Assuming the missionary position… again, dans The Straight Dope, ed.Cecil Adams, 17 juin 2005
  3. a, b, c, d, e et f (en) Robert J. Priest, Missionary Positions: Christian, Modernist, and Postmodernist dans Current Anthropology, vol.75 p. 30-31, 2001
  4. Bronisław Malinowski, La Vie sexuelle des sauvages du Nord-ouest de la Mélanésie, 1929 (PDF chap. 1 à 9, PDF chap. 10 à 14).
  5. « Bonobos. Le bonheur d'être singe », sur L'Express,‎
  6. L'Ours. Histoire d'un roi déchu, Michel Pastoureau, Éditions du Seuil, (ISBN 978-2-02-021542-8).
  7. « Les positions de la première fois », sur edusex.fr (consulté le 1er novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]