Bouteville

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Bouteville
Château de Bouteville
Château de Bouteville
Blason de Bouteville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente
Arrondissement Cognac
Canton Charente-Champagne
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Cognac
Maire
Mandat
Jacques Deslias
2014-2020
Code postal 16120
Code commune 16057
Démographie
Gentilé Boutevilliens ou Boutevillois
Population
municipale
326 hab. (2014)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 36′ 01″ nord, 0° 08′ 06″ ouest
Altitude Min. 32 m
Max. 152 m
Superficie 12,07 km2
Localisation

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Bouteville est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Boutevillois et Boutevilloises ou les Boutevilliens et Boutevilliennes[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Bouteville est située rive gauche de la Charente à l'ouest du canton de Châteauneuf-sur-Charente à 7 km à l'ouest de Châteauneuf, 18 km à l'est de Cognac et 23 km à l'ouest d'Angoulême. Son territoire est situé en Grande-Champagne, premier cru de cognac.

Le bourg de Bouteville s'étend au pied du mamelon qui supporte le château. Il est aussi à 7 km à l'est de Segonzac, 9 km au sud de Jarnac, 14 km au nord de Barbezieux et 16 km à l'est d'Archiac (Charente-Maritime)[2].

La route D 699 entre Châteauneuf et Archiac limite la commune de Bouteville au sud-est. La D 95 relie le bourg à Châteauneuf et Angoulême à l'est, et Jarnac, Segonzac et Cognac vers l'ouest[3].

La gare la plus proche est celle de Châteauneuf, desservie par des TER à destination d'Angoulême, Cognac, Saintes et Royan.

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Les principaux hameaux de la commune sont, près du bourg, le Prat et les Gauthiers.

Douvesse est sur les collines qui couvrent le nord de la commune.

Le Maine des Champs est sur le chemin Boisné et Armelle au nord.

Peuchaud et La Brousse sont près de la route de Châteauneuf, Chadebois, limitrophe de la commune de Châteauneuf et le Figeroux, sur le chemin d'Angeac-Charente.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Bouteville
Saint-Même-les-Carrières Graves-Saint-Amant Angeac-Charente
Saint-Preuil Bouteville Châteauneuf-sur-Charente
Bonneuil Éraville

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La cuesta vue de l'église

Bouteville occupe le calcaire du Crétacé de la rive gauche de la Charente, qui s'étage entre l'Angoumien (ou Turonien) au nord et le Campanien au sud-ouest de la commune, en passant par le Coniacien qui occupe la bordure nord-est et le Santonien qui occupe le centre de la commune.

Le territoire communal occupe un palier entre deux cuestas qui regardent vers le nord-est. La première, en limite nord de la commune (Anqueville), sépare le Turonien inférieur du Turonien supérieur (calcaire plus dur), et forme le bord sud de la vallée de la Charente. On retrouve cet escarpement vers l'est en direction de Claix, La Couronne et le plateau d'Angoulême, et vers l'ouest en direction de Saint-Même et Bourg-Charente.

L'Angoumien a été exploité par des carrières de pierre de taille à Anqueville.

La deuxième cuesta, au sud-ouest de la commune et au pied de laquelle le bourg est situé, plus haute, est dans le Campanien et va vers l'ouest en direction de Segonzac et Genté, et vers l'est en direction de Jurignac, Plassac-Rouffiac et Villebois-Lavalette. Une zone d'argile sableuse datant du Tertiaire occupe le sommet boisé de cette cuesta, en limite ouest et sud de la commune[4],[5],[6].

Article connexe : Géologie de la Charente.

Les sommets de ces deux escapements culminent dans la commune respectivement à 80 m d'altitude pour celle du nord, et 150 m pour celle du sud. Elles forment des collines assez hautes, surtout au sud, et sont boisées. Entre ces deux cuestas se trouve la plaine viticole, formant un palier d'environ 60 m d'altitude, et c'est là que passe l'ancienne voie romaine Saintes-Périgueux, le chemin Boisné, longeant parfaitement ces reliefs.

Le point culminant de la commune est à une altitude de 152 m, situé au sud-est du bourg en haut des Garennes et proche de la limite avec Bonneuil. Le point le plus bas est à 32 m, situé sur la limite nord au pied d'Anqueville. Le bourg s'étage entre 75 et 115 m d'altitude[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par un seul ruisseau, qui prend sa source au pied du bourg et alimenté par de nombreuses petites sources aux Gautiers, il coule en direction du nord et passe à Anqueville, puis sort de la commune avant de se jeter dans la Charente. Quelques lavoirs jalonnent aussi son cours[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de la Charente.

Bouteville a le climat de la région de Cognac, qui, comme une grande partie de la Charente est de type océanique aquitain.

Données climatiques
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 2,8 3,8 6,2 9,4 12,4 14,4 14 12,1 8,9 4,7 2,6 7,8
Température moyenne (°C) 5,4 6,7 8,5 11,1 14,4 17,8 20,2 19,7 17,6 13,7 8,6 5,9 12,5
Température maximale moyenne (°C) 8,7 10,5 13,1 15,9 19,5 23,1 26,1 25,4 23,1 18,5 12,4 9,2 17,1
Ensoleillement (h) 80 103,9 153,3 184,5 204,9 239,6 276,4 248,3 199,4 159 96,8 78,8 2 024,9
Précipitations (mm) 80,4 67,3 65,9 68,3 71,6 46,6 45,1 50,2 59,2 68,6 79,8 80 783,6
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de Cognac de 1961 à 1990[7].


Toponymie[modifier | modifier le code]

Les formes anciennes sont sub oppido Botonae Ville en 1089, Botavilla en 1097[8].

L'origine du nom de Bouteville remonterait à un nom de personne franc Boto auquel est apposé le suffixe -villa, ce qui correspondrait au « domaine de Boto »[9],[10].

Les noms en -ville en Charente, fréquents entre Barbezieux et Châteauneuf, seraient issus des implantations franques après le VIe siècle en Aquitaine, comme au sud-est de Toulouse[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le chemin Boisné près de Douvesse

Édifié au sommet d'une colline élevée, d'où l'on aperçoit les remparts d'Angoulême, situé à proximité du chemin Boisné, voie romaine de Saintes à Périgueux, qui était autrefois le chemin le plus fréquenté de la contrée, le château de Bouteville joua un rôle des plus importants dans l'histoire de la région.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le château primitif fut construit à l'époque des invasions normandes, dans le but de protéger la contrée contre les incursions des Barbares. Après la mort du comte d'Angoulême, Turpion en 863, tué dans un combat contre Maurus, chef des Normands, le château fut occupé par Landry, comte de Saintes, qui protégeait les envahisseurs. Émenon, successeur de Turpion, voulant récupérer ce château, déclara la guerre à Landry et le provoqua en combat singulier. Le combat eu lieu le , et il coûta la vie aux deux adversaires; les Normands profitèrent de la situation pour reparaître dans la contrée, dont ils furent définitivement chassés par Guillaume II Taillefer.

Quelques années plus tard, la seigneurie de Bouteville devint la propriété de Maynard le Riche, seigneur d'Archiac, dont la fille Pétronille, épousa Geoffroi, second fils de Guillaume II Taillefer. Geoffroi étant devenu comte d'Angoulême à la mort de son frère, la seigneurie de Bouteville se trouva rattachée au comté d'Angoulême.

C'est à Geoffroi et Pétronille que l'on doit la fondation du prieuré de Bouteville, ainsi que la continuation de l'église, commencée par Ildegarde, mère de Pétronille. Le tombeau de cette dernière se voit encore dans l'église[12].

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les comtes d'Angoulême firent de nombreux séjours dans la seigneurie de Bouteville, l'une des plus importantes parmi leurs possessions. C'est au château de Bouteville que mourut, le , le comte Vulgrin II d'Angoulême, entre les bras de l'évêque Lambert. Après son mariage avec Isabelle Taillefer, le roi d'Angleterre, Jean-sans-Terre, fit plusieurs voyages en Angoumois et séjourna à Bouteville, notamment en 1202 et 1214.

Les Lusignan, qui succédèrent aux Taillefer dans le comté d'Angoulême, aimaient beaucoup la seigneurie de Bouteville. À la mort du comte Hugues XI, sa veuve Yolande de Dreux, reçut en douaire la terre de Bouteville. Elle vint habiter le château et y vécut de longues années, loin du bruit et du monde.

Après la réunion de l'Angoumois à la couronne de France (1208), Bouteville passa successivement entre les mains de Jeanne de Navarre, mariée au comte Philippe d’Évreux, qui la conserva jusqu'à sa mort, puis d'Aimeri III de La Rochefoucauld, qui la reçut du duc de Berry, lieutenant-général du roi en Languedoc, en récompense des grands services rendus au roi dans la guerre contre les Anglais.

Pendant la guerre de Cent Ans, le château de Bouteville joua un rôle des plus importants. Les Anglais s'en étant emparés, en firent une place-forte redoutable; aussi la garnison anglaise, commandée par Héliot de Plassac, résistait-elle encore en 1369, alors que toutes les places environnantes étaient reprises par les Français.

Héliot de Plassac s'étant aventuré jusque dans les environs de Cognac à la tête de 600 lances, il fut surpris par les troupes de Jacques de Surgères et Renaud VI, sire de Pons, sa troupe taillée en pièces, lui-même fait prisonnier et le château repris par les Français.

Château de Bouteville

L'année suivante, les Anglais ayant reçu des renforts, s'emparèrent de nouveau de Bouteville, qui fut donné par le roi d'Angleterre Richard II, à Archambaud de Grailly, oncle du captal de Buch.

Les Anglais devaient se maintenir à Bouteville pendant de nombreuses années. Le maréchal de Sancerre, ayant été envoyé en Angoumois, poursuivit dans leurs derniers retranchements le reste des bandes anglaises, et démolit les châteaux qui leur avaient servi de repaires : Merpins, Bourg-Charente, Jarnac, La Rochandry ; puis il vint mettre le siège devant le château de Bouteville.

Appelé à La Rochelle pour s'opposer à un débarquement des Anglais, le maréchal dut lever le siège, et ce ne fut qu'en 1392 que Bouteville fut repris par les Français.

Deux ans plus tard, Bouteville fit partie de l'apanage donné par le roi Charles VI, dit Charles le Bien-Aimé, puis Charles le Fol, à son frère Louis, duc d'Orléans et, entre autres, comte apanagiste d'Angoulême. Après l'assassinat de ce dernier par les gens du duc de Bourgogne, le comté d'Angoumois dans son ensemble revint à son plus jeune fils, Jean, qui, livré en otage, resta prisonnier en Angleterre pendant trente-deux ans.

À son retour de captivité, en 1444, le comte Jean fit réparer le château de Bouteville et y séjourna souvent. C'est ici qu'il y perdit son fils aîné, Louis, filleul du roi Charles VII, dit « le Victorieux » ou encore « le Bien Servi » ; âgé alors de trois ans, l'enfant fut inhumé dans l'église du prieuré de Bouteville.

Charles d'Orléans, qui succéda au bon comte Jean, son père, habita souvent Bouteville avec son épouse, Louise de Savoie. Le couple eut deux enfants : Marguerite d'Angoulême, qui joua joue un rôle capital au cours de la première partie du XVIe siècle, et François Ier, qui devint roi de France à la mort du roi Louis XII. À peine roi, François Ier érigea le comté d'Angoulême en duché-pairie, en faveur de sa mère, Louise de Savoie[12].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

À la mort de cette dernière, en 1531, le duché d'Angoulême revint à la couronne ; mais la terre de Bouteville en fut rapidement distraite.

En effet, la longue guerre menée par François Ier contre l'empereur Charles Quint, avait appauvri le trésor, et, on dut aliéner une partie des biens de la couronne; c'est ainsi que le domaine fut engagé, sous faculté de rachat, à Claude de Montmorency, seigneur de Fosseuse[Note 1], lieutenant-général de la Marine.

François de Montmorency, l'un des fils de Claude, fut le premier de la famille qui prit le nom de seigneur de Bouteville. Il habita la vieille forteresse féodale qui avait été relevée de ses ruines par le comte Jean d'Angoulême.

Les troubles de la gabelle n'eurent aucune répercussion sur le château de Bouteville ; mais il n'en fut pas de même pour les guerres religieuses, qui ensanglantèrent la dernière moitié du XVIe siècle. Lors des débuts du protestantisme, le prieur de Bouteville se fit Réformé[13]. Pendant cette période, le château fut tour-à-tour occupé par les catholiques et par les protestants.

En 1573, le château était occupé par les catholiques; les protestants les surprirent et ils furent obligés de se rendre.

Deux ans plus tard, la garnison était commandée par le capitaine Bretauville, un des plus actifs parmi les chefs protestants de l'Angoumois. En juillet, comme l'assassin de l'amiral de Coligny, Besme, revenait d'Espagne, il fut arrêté et tué, près de Jarnac, par une partie de la garnison de Bouteville.

Pendant la lutte du roi Henri IV contre les Ligueurs, le fils aîné du seigneur de Bouteville, François II de Montmorency-Hallot, fut un des plus chauds partisans du roi ; il se comporta vaillamment à Arques et à Ivry, et assista au siège de Paris. Blessé grièvement au siège de Rouen, il se rétablissait lentement à Vernon, lorsqu'il fut assassiné par le marquis d'Allègre, à l'âge de trente-six ans.

Son frère cadet, Louis de Montmorency-Bouteville, fut un digne représentant de cette famille, l'une des plus illustres de France. À l'âge de vingt-neuf ans, il prit la ville de Senlis, alors entraînée dans le parti de la Ligue par son évêque, Guillaume Rose; pour conserver au roi la possession de cette ville, il fit venir à son secours son cousin, Guillaume de Montmorency-Thoré, accompagné de quelques gentilshommes de l'Île-de-France et de la Picardie.

Les ligueurs, ayant à leur tête le duc d'Aumale, vinrent mettre le siège devant Senlis, au nombre de 12 000. Les munitions venaient à manquer, lorsque les partisans du roi furent secourus par François de La Noue, qui infligea aux Ligueurs une sanglante défaite.

Le roi Henri III récompensa Louis de Bouteville en lui donnant le gouvernement de Senlis, ainsi qu'une compagnie de 50 hommes d'armes (1589).

L'année suivante, lors du siège de Paris par le roi Henri IV, les Ligueurs tentèrent de nouveau de s'emparer de Senlis, tentative déjouée par la vigilance de son gouverneur. Lors de l'entrée d'Henri IV dans Paris, ce fut Louis de Montmorency-Bouteville qui pénétra le premier dans la ville à la tête des lansquenets. Il fut nommé vice-amiral de France et représenta la noblesse de Senlis aux États généraux de 1614, qui aboutirent, entre autres, à la publication du concile de Trente, et à l'abolition de la paulette.

De son mariage avec Charlotte-Catherine de Luxe, Louis laissa cinq enfants, dont le cadet, François de Montmorency-Bouteville prit le titre de seigneur de Bouteville. Ce dernier est surtout célèbre pour s'être battu en duel contre le marquis de Beuvron, ce qui lui valut d'être condamné à mort et exécuté en place de Grève, le cardinal de Richelieu s'étant montré inflexible.

Cependant, si les Montmorency continuaient à porter le titre de seigneurs de Bouteville, la châtellenie était sortie depuis longtemps de leur maison. Dès l'année 1559, cette terre avait été engagée à Galéas Pic de la Mirandole, seigneur italien qui avait rendu de grands services) l'armée française et qui était ensuite venu se fixer en France.

Ayant remboursé aux héritiers de Galéas la somme que ce dernier avait payée lors de l'engagement, le roi Henri IV ordonna, en 1593, la revente du domaine de Bouteville, qui fut acquis par Bernard de Béon du Massès, moyennant le paiement d'une somme de 50 577 écus 53 sols.

Ce seigneur épousa en secondes noces Louise de Luxembourg, fille aînée de Jean IV de Luxembourg, comte de Ligny et de Brienne. C'était un homme remarquable, qui fut conseiller du roi en ses Conseils d'État et privé, lieutenant-général des armées, gouverneur des provinces d'Angoumois, Aunis et Saintonge, et chevalier du Saint-Esprit. De son mariage sont issus les Béon-Luxembourg, qui continuèrent les comtes de Brienne et se fondirent dans les Loménie (de Brienne).

La terre de Bouteville demeura plus d'un siècle dans la famille de Béon du Massès. Le , elle fut acquise par M. de Bruzac-Hautefort, major des gardes du corps, qui dut rembourser une forte somme aux héritiers de M. du Massès et, de plus, verser au Trésor royal la somme de 60 000 livres.

À la Révolution, la terre faisait partie de l'apanage du Charles X, comte d'Artois, futur roi de France, qui l'avait acquise quelques années auparavant. Elle fut mise sous séquestre, ainsi que tous ses autres biens, lorsqu'il eut émigré. En 1804, le château fut acheté par M. Marcombe, dont la famille l'a possédé jusqu'au début du XXe siècle. C'est ensuite M. Ravaud, qui l'acheta et y entreprit d'importantes réparations[12].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Écartelé, au premier, d'or à deux vaches de gueules, accornées et clarinées d'azur, surmontées d'une étoile de gueules; au deuxième, de gueules à une croix pattée et alaisée d'or, accompagnée de 4 amandes d'argent posées en cercle; au troisième, d'azur à un écusson losangé d'or et de gueules; au quatrième, d'or à trois forces de sable.

Administration[modifier | modifier le code]

La mairie

La commune de Bouteville appartient au département de la Charente depuis sa création en 1793, elle fait partie du district de Cognac devenu arrondissement de Cognac en 1801 mais alors qu'elle appartenait au canton de Segonzac en 1793, Bouteville est passée dans celui de Châteauneuf en 1801 (devenu Châteauneuf-sur-Charente en 1891)

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
depuis 1989 en cours Jacques Deslias SE Responsable sécurité environnement
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[15],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 326 habitants, en diminution de -2,69 % par rapport à 2009 (Charente : 0,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
740 821 875 840 819 837 826 837 800
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
828 810 811 774 695 623 628 624 602
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
613 585 528 488 487 487 458 466 449
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 -
459 428 388 398 343 341 335 326 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Bouteville en 2007 en pourcentage[18].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
1,2 
7,1 
75 à 89 ans
12,7 
15,4 
60 à 74 ans
15,1 
24,9 
45 à 59 ans
23,5 
24,3 
30 à 44 ans
19,3 
9,5 
15 à 29 ans
10,8 
18,9 
0 à 14 ans
17,5 
Pyramide des âges du département de la Charente en 2007 en pourcentage[19].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
1,6 
8,2 
75 à 89 ans
11,8 
15,2 
60 à 74 ans
15,8 
22,3 
45 à 59 ans
21,5 
20,0 
30 à 44 ans
19,2 
16,7 
15 à 29 ans
14,7 
17,1 
0 à 14 ans
15,4 

Remarques[modifier | modifier le code]

Bouteville a une population en constante diminution depuis 1806. En 200 ans la baisse est de 58 %.

Économie[modifier | modifier le code]

Le vignoble en automne

L'économie est avant tout agricole et viticole avec des producteurs et de la vente de cognac, pineau des Charentes et vin de pays charentais.

La commune est située dans la zone d'appellation d'origine contrôlée cognac, en Grande Champagne, premier cru classé[20].

Il y a un seul artisan, un plombier, et les commerces les plus proches se trouvent à Châteauneuf.

Au pied du château se trouve la fabrique du Baume de Bouteville, un vinaigre balsamique artisanal fabriqué à base de moût de raisin de la grande région de Cognac[21].

Équipements, services et vie locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école est un RPI entre Bouteville, Angeac-Charente et Bonneuil. Bouteville accueille l'école maternelle et Angeac-Charente et Bonneuil les écoles élémentaires[22].

Santé[modifier | modifier le code]

Cabinets médicaux et pharmacies sont à Saint-Même-les-Carrières, Segonzac et Châteauneuf-sur-Charente.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

La première église de Bouteville, dite chapelle, était dédiée à saint Nicolas et se trouvait au nord du château, dans la vallée. Elle aurait été fondée par Hélie Roou son père, entre la croix Constantin et le ruisseau Foucard, et aurait été détruite, selon l'abbé Nanglard, en 1248[23].

Une seconde église, la chapelle Saint-Nicolas-des-Champs, qui pourrait avoir été un baptistère, appelée chapelle de Rioufoucard[Note 3] jusqu'au XIVe siècle, avait été construite, à une date inconnue, près de la fontaine qui est au bas du bourg actuel; elle disparaît du cadastre en 1834[24].

Enfin, en 1025, Ildegarde, dame de Bouteville, fit construire l'église prieurale, devenue aujourd'hui paroissiale.

La fille de la fondatrice, Pétronille, épouse du comte d'Angoulême et seigneur du lieu Geoffroi Taillefer, ajouta à l'église construite par sa mère un transept, dont le croisillon du midi subsiste encore.

Pétronille fut enterrée devant l'église et on peut encore lire son épitaphe à droite de la porte.

Au XIIe siècle on ajouta la chapelle du sud, édifiée sur une crypte[12].

L'église Saint-Paul, ancien prieuré du diocèse de Saintes fut donnée à l'abbaye de Savigny, près de Lyon. L'église comprenait deux nefs juxtaposées ; celle du sud suivie d'un transept, avec clocher sur le carré, et d'une abside semi-circulaire. Cette nef fut détruite par les Anglais, à la fin du XIVe siècle ; les protestants ravagèrent l'autre partie ; le clocher et la nef s'écroulèrent en 1682. Des réparations furent faites à diverses époques, au XVe siècle, et jusqu'en 1624 par Louise de Luxembourg, veuve de Bernard III de Béon du Massès seigneur de Bouteville[25], et dans le cours du XIXe siècle[26],[27],[28].

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Château de Bouteville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Bouteville.

Le premier château, élevé sur une colline dominant le Chemin Boisné, date peut-être des invasions normandes.

Le château comtal appartenait dès le XIe siècle à la famille Taillefer. En 1176, il fait partie des nombreuses places fortes remises au Roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion. En 1356, Bouteville, toujours aux mains des Anglais, le Prince noir fit consolider les murs d'enceinte. La restitution fut obtenue en 1392. Après être passé successivement dans les mains du comte d'Angoulême, de Charles d'Orléans et des Montmorency-Bouteville, il se retrouva en 1550 être en ruines[29].

Le château actuel, qui a remplacé la forteresse médiévale, a été reconstruit entre 1594 et 1624 par Bernard de Béon du Massès et Louise de Luxembourg. La famille du Massès l'a conservé jusqu'en 1725. Il passe alors à Henri de Bruzac-Hautefort. Cette famille le conserve à son tour jusqu'en 1787 date à laquelle la seigneurie de Bouteville est incorporée à l'apanage du Comte d'Artois (Charles-Philippe, futur Charles X). Mis sous séquestre lors de l'émigration du comte d'Artois il a alors servi de prison et n'a été vendu comme bien national qu'en l'an XI. L'acquéreur, Antoine Marcombe, est issu d'une famille bourgeoise de Bouteville. Après la famille Marcombe, qui l'a gardé pendant tout le XIXe siècle, se succèdent, au XXe siècle, plusieurs autres possesseurs dont les Ravaud, puis De Joyet, et de nos jours la commune.

Château d'Anqueville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château d'Anqueville.

Le château d'Anqueville, établi sur un éperon rocheux qui dominait le ruisseau, l'étang et le moulin. Il est situé en limite des communes de Saint-Même-les-Carrières et Graves-Saint-Amant. Ce château médiéval ruiné durant la guerre de cent ans et reconstruit au XVe siècle a été en partie démoli au XIXe siècle. Il reste un donjon rectangulaire du XIIIe siècle, flanqué d'une tourelle polygonale du XVe siècle ainsi que des restes de fortifications avec chemin de ronde, tourelles et courtines. La fuie a disparu et le moulin à eau a été détruit par une tempête en 1768. Le château d'Anqueville fait chambre d'hôtes.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

La terre de Bouteville est évoquée dans un roman, Les Duellistes, qui relate la vie de François de Montmorency comte de Bouteville[30].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le mémorial du 29 août 1944, à Douvesse

Le château de Bouteville a appartenu à de nombreuses personnes illustres, et parmi elles certaines ont particulièrement marqué Bouteville car elles y ont vécu :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ancienne Baillet-sur-Esches, qui prit ce nouveau nom quand y fut transféré en 1578-1584 le siège de la baronnie de Fosseux en Artois, Fosseux en Artois étant vendu par Pierre de Montmorency en 1577.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. Rioufoucard est ruisseau Foucard en occitan, langue de l'Angoumois et de la Saintonge au Moyen Âge.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site habitants.fr, « Les gentilés de Charente », (consulté le 4 avril 2014)
  2. Distances orthodromiques prises sous ACME Mapper
  3. a, b et c Carte IGN sous Géoportail
  4. Carte du BRGM sous Géoportail
  5. Visualisateur Infoterre, site du BRGM
  6. [PDF] BRGM, « Notice de la feuille de Cognac », sur Infoterre (consulté le 20 novembre 2011)
  7. « Cognac, Charente (16), 30 m - [1961-1990] », sur Infoclimat (consulté le 22 avril 2012)
  8. Jean Nanglard, Cartulaire de l'église d'Angoulême, t. IX, Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, imprimerie G.Chasseignac, (1re éd. 1180), 296 p. (lire en ligne), p. 117,179
  9. Jean Talbert, Origine des noms de lieux, 1928
  10. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Librairie Guénégaud, (1re éd. 1963), 738 p. (ISBN 2-85023-076-6), p. 107.
  11. Michel Rouche, L'Aquitaine des Wisigoths aux Arabes (418-781), t. 2, Jean Touzot, , 776 p. (présentation en ligne), p. 135-136, fig.18
  12. a, b, c et d Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf, 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 91-93
  13. Histoire de Cognac, Jarnac et Segonzac, abbé Cousin, 1882, réédition 2007, (ISBN 2-84618-496-8)
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. « Evolution et structure de la population à Bouteville en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  19. « Résultats du recensement de la population de la Charente en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  20. [PDF] Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac, « Liste des communes par circonscriptions », (consulté le 5 décembre 2015)
  21. Le Baume de Bouteville SAS, « Baume de Bouteville », (consulté le 1er janvier 2016)
  22. Site de l'inspection d'académie de la Charente
  23. « Chapelle Saint-Nicolas », notice no IA00041620, base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. « Chapelle Saint-Nicolas-des-Champs », notice no IA00041621, base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. Histoire de Bouteville, maître Maurice Guérive, Bulletin et mémoires de la Société archéologique de la Charente, 1946, tome II
  26. Abbé Martin, Annales paroissiales de Châteauneuf, 1912
  27. Jean Nanglard, Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, t. III, Angoulême, imprimerie Despujols, , 582 p., et tome IV
  28. Christian Gillet, Églises et chapelles de la Charente, imprimé à Rioux-Martin, Le vent se lève, , 387 p. (ISBN 978-2-7466-7404-2), p. 82-83
  29. Jean-Paul Gaillard, Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente, Paris, librairie Bruno Sépulchre, (réimpr. 2005), 893 p.
  30. Pierre Chavagné, Les Duellistes, Albin Michel, , 400 p. (ISBN 9782226328649, présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]