Maison de Montmorency

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Maison de Montmorency
Image illustrative de l'article Maison de Montmorency
Armes de la Maison de Montmorency

Blasonnement D'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur ordonnés 2 et 2
Devise Dieu aide au premier baron chrétien
Branches Branche de Marly
Branche de Nivelle
Branche de Croisilles
Branche de Fosseux
Branche de Montmorency-Laval
Période Xe siècle - XIXe siècle
Pays ou province d’origine Île-de-France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Fonctions militaires Connétable de France

La Maison de Montmorency comptait parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses familles de la noblesse française. Elle tire son nom de la ville de Montmorency, dans l'actuel département du Val-d'Oise.

Dès le Xe siècle apparentée aux grands lignages féodaux et par eux aux Carolingiens et aux premiers rois Capétiens, la maison de Montmorency a donné à la France six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux de France, un cardinal de l’Église catholique, des pairs de France et d'autres grands personnages dans l'entourage des rois de France du XIe siècle au XIXe siècle.

Albéric de Montmorency, connétable de France vers 1060, est le premier des Montmorency a exercer cette charge qui était la plus haute dans le domaine militaire.

La maison de Montmorency s'est éteinte en 1878 pour sa lignée masculine, en 1922 par les femmes[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Donjon du vieux château de Montmorency en 1708

Les Montmorency sont connus dès le Xe siècle. Il s'agit alors d'une famille châtelaine d'Île-de-France. On les rencontre d'abord à Bray-sur-Seine puis à Montlhéry (au sud proche de Paris en allant vers Orléans), puis ils déménagent au nord de Paris, tout d'abord sur l'Isle-Saint-Denis, ensuite à l'ouest de Saint-Denis. À partir de ce moment, ils résident constamment au nord de Paris. Leur puissance tirée de leur localisation géographique, dont celle de la maîtrise des routes menant à Paris dut être patiemment combattue par des rois de France soucieux d'étendre le domaine royal.

En 997, le château de Montmorency, situé sur une butte dominant Paris, fut confié par le roi de France Robert II à Bouchard le Barbu, baron installé à l'origine sur l’île-Saint-Denis, et qui tirait des revenus des droits de péage qu’il faisait acquitter aux bateliers naviguant sur la Seine… et de ses incursions déprédatrices sur les terres de l’abbaye de Saint-Denis.

La légende rapporte que son premier ancêtre, compagnon de Clovis, fut le premier guerrier franc à se faire baptiser par saint Rémi. En référence à cette légende, la maison de Montmorency adopta la devise « Dieu aide au premier baron chrétien » et revendiqua le titre de « premier baron chrétien » ou « premier baron de France » (c'est-à-dire d'Île-de-France). Ce titre, jamais reconnu par le pouvoir royal, mais toléré, symbolisait les valeurs et l'ambition des Montmorency.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Branches de la maison de Montmorency[modifier | modifier le code]

Généalogie des premiers Montmorency[modifier | modifier le code]

Bouchard de Bray, († 987)
x Hildegarde de Blois, fille de Thibaud Ier le Tricheur († 975), comte de Blois, de Chartres, de Châteaudun et de Tours
│ 
├─>Albéric, seigneur de Villiers
│
└─>Bouchard le Barbu 2e du nom († 1020), seigneur de Montmorency, d’Écouen, de Marly, de Feuillarde
                               et de Château-Basset
   x Idelinde, veuve de Hugues de Château-Basset
   │
   ├─>Albéric († v. 1060), connétable de France
   │
   ├─>Foucaud, seigneur de Banterlu
   │
   ├─>Gelduin
   │
   └─>Bouchard III de Montmorency († 1047), seigneur de Montmorency et de Marly
      x Helvide de Basset
      │
      ├─>Thibaud de Montmorency († v.1090), seigneur de Montmorency, connétable de France
      │
      └─>Hervé de Montmorency († v.1094), seigneur de Montmorency et de Marly,
                                          bouteiller de France
         x Agnès d'Eu, fille de Guillaume Busac d'Eu
         │
         ├─>Geoffroy († v.1087)
         │
         ├─>Hervé († v.1116)
         │
         ├─>Albéric († v.1110)
         │
         └─>Bouchard IV de Montmorency, (†1131/32 Jérusalem), seigneur de Montmorency, de Marly,
                                         de Feuillarde, de Saint-Brice, d'Épinay et d'Hérouville
           x1 Agnès de Beaumont, dame de Conflans, fille du comte Yves IV de Beaumont
           │
           ├─>Thibaut, connétable de France, rejoint la croisade en 1147
           │
           ├─>Adélaïde (Adeline) de Montmorency
           │  x Guy de Guise (†1141)
           │
           └─>Mathieu Ier de Montmorency, (v.11001160), seigneur de Montmorency, d'Écouen, de Marly,
                                          de Conflans et d'Attichy, connétable de France (1138-1160)
                                          sous Louis VII
              x1 Aline ou Alix, fille illégitime du roi Henri Ier d'Angleterre
              x2 Adèle de Savoie (ou Alix, ou Adélaïde) (11001154), veuve du roi Louis VI le Gros
           .
           x2 Agnès de Pontoise, fille de  Raoul Déliès, seigneur de Pontoise
           │
           ├─>Hermer
           │
           └─>Hervé († v.1172), connétable d'Irlande
              x Isabelle de Beaumont, veuve de Gilbert de Clare (1100–1147), comte de Pembroke

Principaux représentants de la maison de Montmorency[modifier | modifier le code]

Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval par André Du Chesne (1624)

De nombreux membres de cette maison, divisée en plusieurs branches, jouèrent un grand rôle dans l'histoire de France.

La légende rapporte qu'en souvenir de la bataille de Bouvines en 1214Mathieu II de Montmorency, connétable de France, enleva douze enseignes à l'armée impériale conduite par l'empereur Othon IV, le roi de France Philippe-Auguste l'autorisa à rajouter douze alérions à son écu qui en portait déjà quatre. Ce haut fait d'armes explique les armes des Montmorency, qui portent « d'or, à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d'azur ».

Anne de Montmorency (1492-1567), maréchal puis connétable de France (1537), s'illustra dans les guerres d'Italie, et eut un rôle dirigeant au début du XVIe siècle, naviguant entre faveur royale et rébellion ouverte. Il fut mortellement blessé à la bataille de Saint-Denis (1567).

Henri Ier de Montmorency (1534-1614), connétable de France. Sa fille Charlotte-Marguerite, épouse d'un prince du sang, Henri II de Bourbon-Condé, fut à 15 ans le dernier amour (non partagé) d'un Henri IV vieillissant.

Henri II de Montmorency, amiral et maréchal de France, gouverneur du Languedoc et vice-roi de Nouvelle-France, fut exécuté en 1632 pour conspiration contre Louis XIII, sur l'ordre de Richelieu. Les terres (et le titre de Duc) de la seigneurie de Montmorency passèrent alors à la Maison de Condé par Charlotte-Marguerite de Montmorency, sœur d'Henri II de Montmorency et épouse d'Henri II de Bourbon-Condé.

La mort du duc de Montmorency, l'un des seigneurs les plus considérables de son temps, est arrachée au roi Louis XIII par Richelieu, et fut un signe de l'affirmation du pouvoir royal sur la noblesse.

Son cousin, maréchal de Luxembourg, fut l'un des plus fameux chefs d'armée du XVIIe siècle. Longtemps avant connus aussi sous le nom de Bouteville, et proche fidèle du Grand Condé, c'est lui qui lui trouva le surnom de « tapissier de Notre-Dame ». Il accrocha les drapeaux ennemis rapportés par ses troupes des combats aux Pays-Bas, en décorant la nef de la cathédrale de Paris.

Parmi les autres personnalités illustres de cette maison, on trouve Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, maréchal de France qui sera dit plus tard Barbe-Bleue, Mgr François de Montmorency-Laval, premier évêque de la Nouvelle-France, béatifié par Jean-Paul II et canonisé par le pape François, ou encore Mathieu, vicomte de Montmorency, puis duc de Montmorency-Laval qui la nuit du 4 août 1789 fut l'un de ceux qui firent voter l'abolition des privilèges. Par la suite, passé du côté de la contre-Révolution, il devint ministre des Affaires Étrangères et membre de l'Académie française. Sa fille unique, Élisabeth de Montmorency-Laval, épousa Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville. Tandis qu'un cousin Louis Joseph de Montmorency-Laval était cardinal évêque de Metz et grand aumônier de France.

De la branche installée en Flandre par Jean de Montmorency-Nevele est issu le comte de Hornes, initiateur de l'indépendance des Pays-Bas, décapité en 1568 à Bruxelles avec le comte d'Egmont.

En 1789, la maison de Montmorency compte vingt représentants mâles pour six grandes branches (ducs de Montmorency, ducs de Piney-Luxembourg, ducs de Beaumont, princes de Robecq, ducs de Laval et comtes de Montmorency-Laval). À la première Restauration en 1814, elle compte dix-huit représentants mâles, la ligne des princes de Robecq s'étant éteinte. Malgré ces effectifs - six princes de Montmorency ont moins de trente ans en 1814 - la maison de Montmorency s'éteint en à peine plus d'un demi-siècle.

Le dernier représentant mâle et chef du nom et des armes de la maison de Montmorency est Anne-Édouard-Louis-Joseph de Montmorency-Beaumont-Luxembourg (1802-1878), 3e duc de Beaumont et pair de France, 12e prince de Luxembourg et 10e prince de Tingry (1802-1878).

Variations du domaine de Montmorency[modifier | modifier le code]

Après l'exécution du duc de Montmorency, Henri II de Montmorency, en 1632, le domaine (et le titre) de Montmorency passe (en 1633) à sa sœur Charlotte-Marguerite de Montmorency mariée dans la maison de Condé.

En 1688, Henri Jules de Bourbon-Condé fait renommer le duché de Montmorency en duché d'Enghien, pour donner plus de légitimité au titre de duc d'Enghien, porté par la maison de Condé depuis le XVIe siècle.

Puisque le titre n'est plus porté, ceci libère le titre de duc de Montmorency, pour une possible relève par une branche de la famille.

Peu de temps après en 1689, c'est le duché de Beaufort, revendu par Louis-Joseph de Vendôme, un Bourbon descendant direct d'Henri IV à Charles Ier Frédéric de Montmorency-Luxembourg, un cousin issue d'une illustre branche des Montmorency passée par des possessions hors de France un temps au service d'une maison étrangère à la France, qui fut rebaptisé duché de Montmorency (deuxième titre de duc et pairie de Montmorency) avec l'autorisation du Roi Louis XIV.

Autres branches[modifier | modifier le code]

Blasonnement et devise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des Montmorency.

Devise : "Dieu aide au premier baron chrétien"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avec Eugénie de Montmorency-Luxembourg (1840-1922), duchesse de Lorges.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Du Chesne, Preuves De L'Histoire De La Maison De Montmorency: Tiltres Des Chartes De Diverses Eglises, des Registres de la Chancellerie, du Parlement, & de la Chambre des Comptes, & de plusieurs Tiltres & Historiens. Avec Les Figvres Des Anciens Seavx & Armes, dont les Seigneurs & Dames de Monmorency seelloient leurs Actes, Cramoisy, , 419 p. (lire en ligne)
  • Daniel Dessert, Les Montmorency, mille ans au service de France, Flammarion, 2015, (ISBN 9782081352605)

Articles connexes[modifier | modifier le code]