Luka Rocco Magnotta

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Luka Rocco Magnotta
Assassin
Nom de naissance Eric Clinton Kirk Newman
Surnom Vladimir Romanov[1]
Mattia Del Santo[2]
Kirk Trammel[3]
Le dépeceur de Montréal
Canadian psycho[4]
Naissance (33 ans)
Scarborough (Ontario, Canada)
Condamnation
Sentence 25 ans
Meurtre au premier degré, outrage à cadavre, publication de choses obscènes, envoi par la poste de choses obscènes, harcèlement criminel 
Affaires Affaire Magnotta
Victimes Lin Jun
Pays Canada
Régions Québec
Ville Montréal
Arrestation

Luka Rocco Magnotta (né Eric Clinton Newman le à Scarborough, Ontario) est un Canadien, auteur du meurtre prémédité de Lin Jun, un Chinois installé au Canada. Ayant utilisé Internet pour diffuser une vidéo dans laquelle il mutilait le cadavre de sa victime, il a parfois été présenté comme le premier tueur sur internet mais des cas similaires s'étaient en fait déjà produits, comme ceux d'Armin Meiwes (le Cannibale de Rotenburg) ou des maniaques de Dniepropetrovsk.

Magnotta, acteur pornographique occasionnel, se fait remarquer plusieurs années avant cette affaire en tentant de se créer une notoriété sur Internet ; il poste entre autres sur le Web des vidéos de lui en train de torturer des chatons, ce qui lui vaut d'être poursuivi en justice par des groupes de défense des droits des animaux.

Le , après l'envoi par la poste, à divers destinataires, de morceaux du corps de Lin Jun, Magnotta est visé en tant que principal suspect par un avis de recherche pan-canadien, puis international. Durant plusieurs jours, il est considéré comme le fugitif le plus recherché du Canada. Il est arrêté à Berlin le , dans un cybercafé. Lors de son procès, fin 2014, il reconnaît les faits, mais plaide la démence passagère ; il est reconnu coupable et condamné à la prison à vie, dont 25 ans incompressibles.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Eric Clinton Newman[5], alias Luka Magnotta, est né à Scarborough, d'un père absent et alcoolique et d'une mère dominatrice[6]. Il est élevé à Lindsay par sa grand-mère maternelle Phylis, femme elle aussi tyrannique[7] et étudie à la I. E. Weldon Secondary School[8]. Très perturbé durant son adolescence, il est diagnostiqué schizophrène[9]. En rupture avec sa famille, Eric Newman change légalement de nom le , pour s'appeler Luka Rocco Magnotta [10]. Il subit plusieurs opérations de chirurgie esthétique sans jamais être satisfait de son apparence[11].

À partir de 2003, Magnotta travaille occasionnellement en tant que stripteaseur et mannequin, mais gagne surtout sa vie comme escort boy[12]. Narcissique, il se définit lui-même comme bisexuel et métrosexuel[13],[12].

Il tente une carrière dans le cinéma pornographique, dont il prétend par la suite être une vedette : s'il a bien fait, au cours des années 2000, plusieurs apparitions dans des pornos gays à très petit budget, Magnotta n'a en réalité jamais atteint une quelconque notoriété dans ce domaine[14],[15] et semble avoir davantage travaillé comme fluffer que comme acteur[16].

En 2004, Magnotta est arrêté et inculpé de plusieurs délits, dont vol de matériel, escroquerie et agression sexuelle sur une femme. Sa défense plaide à l'époque l'irresponsabilité en soulignant les problèmes mentaux dont il souffre. Il est condamné à neuf mois de prison avec sursis et un an de mise à l'épreuve, avec obligation de soins psychiatriques[9],[17].

En 2007, il tente de se faire connaître par le biais de la téléréalité en participant à l'émission Cover Guy, destinée à découvrir des mannequins masculins et diffusée sur la chaîne gay Out TV : sa candidature n'est cependant pas retenue[17].

Affabulations et provocations sur Internet[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, Magnotta essaie d'accéder à la notoriété en créant un buzz sur Internet autour de sa personne[18]. À partir de 2005, il poste sur des forums, des blogs et diverses pages (20 sites et 70 pages Facebook), sous 127 pseudonymes différents dénombrés[16], des commentaires dans lesquels il parle de sa vie[6]. En 2007, il accorde à un site gay une interview dans laquelle il se vante de ses performances sexuelles et dit viser une carrière d'escort boy haut de gamme[17].

Luka Magnotta — ou l'un de ses amis — crée de nombreux profils sur des réseaux sociaux, ainsi que des forums à sa gloire, en tentant de se faire passer pour une célébrité, et notamment pour une vedette du porno : la plupart de ses posts sont retirés du web à la suite d'un effet Streisand[19]. En 2010, il lance une page personnelle sur laquelle il multiplie les propos agressifs, voire racistes[17]. L'un des membres de sa famille témoigne par la suite que Luka Magnotta a longtemps eu pour habitude de lancer des rumeurs à propos de lui-même, dans le but de se faire remarquer[20]. Des messages relatifs à Magnotta apparaissent également en 2011 sur le forum du site d'extrême-droite Stormfront : il y est présenté comme un héros de la liberté d'expression, qui serait persécuté par les autorités canadiennes pour son opposition à l'immigration et son soutien au suprémacisme blanc[21].

Durant plusieurs années, il tente d'associer son nom à celui de la criminelle Karla Homolka. En 2007, il diffuse sur Internet de fausses informations qui le font passer pour le petit ami de cette dernière, puis appelle des médias pour se plaindre de ces rumeurs en assurant qu'elles lui nuisent dans sa carrière de mannequin : il réussit à se faire interviewer à ce sujet par le Toronto Sun[22]. Le journaliste qui l'avait rencontré à l'époque se souvient en 2012 l'avoir d'emblée trouvé inquiétant et avoir deviné qu'il s'agissait d'un affabulateur à la recherche de publicité ; il avait cependant considéré que Magnotta représentait avant tout un danger pour lui-même. En 2011 et 2012, l'article wikipédia de Karla Homolka est modifié à plusieurs reprises, peut-être par Magnotta lui-même, pour tenter de la présenter comme l'épouse de ce dernier[23],[24],[25].

Magnotta est identifié comme l'auteur de trois vidéos diffusées sur internet à partir de 2010 dans lesquelles il torture des chatons[26],[27],[28]. Ces vidéos le montrent en train de tuer deux chatons en les étouffant dans un sac d'aspirateur[29] et de donner à manger un chat à un python. Après l'avoir identifié, des activistes pour les droits des animaux, l’Animal Beta Project, proposent d'offrir une récompense de 5 000 $ pour sa capture dans le but de le faire juger[29],[30],[31]. Selon les bureaux de Scotland Yard, la vidéo du python aurait été prise lorsque Magnotta vivait à Londres en 2011[32]. Magnotta annonce sur son blog qu'après avoir tué des animaux, il récidivera avec des êtres humains[17].

En mars 2012, plus de deux mois avant le meurtre de Lin Jun, Magnotta est l'objet d'un article de blog - probablement rédigé par lui-même - qui le présente comme un tueur en série nécrophile[19].

Meurtre de Lin Jun[modifier | modifier le code]

Jun Lin (chinois : 林俊 Lín Jùn ) se faisait appeler Patrick Jun, en français, et Justin Lin, en anglais, pour mieux s’intégrer au Canada[33]. Né le 30 décembre 1978 à Wuhan dans la province du Hubei, en Chine[34],[13],[35], il s’était installé en juillet 2011 au Canada, pour y suivre des études d’ingénieur en sciences informatiques à l’université Concordia à Montréal, et finançait son cursus en travaillant à temps partiel dans une épicerie[36],[13],[37],[38]. Lin Jun cachait son homosexualité à sa famille ; en mai 2012, il s’était séparé depuis peu de son compagnon chinois qui avait vécu un temps avec lui à Montréal[39],[40].

Le [41], une vidéo montée de près de 11 minutes[42],[43],[44] est mise en ligne sur le site Internet Bestgore.com. On y voit un homme ligoté – non identifié – qui apparaît. C’est ensuite Jun Lin qui apparaît sur la vidéo, déjà mort, égorgé et à qui Magnotta coupe une fesse avec un couteau et une fourchette, sans que l’on sache s’il s’agit d’un véritable acte de cannibalisme[6]. La mise à mort n’a pas été filmée. Le cadavre de la victime est ensuite mutilé, démembré et violé[43],[42],[45]. La vidéo a comme fond sonore la chanson du groupe New Order et bande originale du film American Psycho, True Faith[13]. Dès le 27 mai, sous différents pseudonymes, Magnotta a publié sur des forums internet des commentaires annonçant la publication dans le web profond d’un snuff movie, auquel il donne lui-même le titre de 1 Lunatic 1 Ice Pick (littéralement 1 fou 1 pic à glace)[6].

Le , un colis postal contenant un pied humain est reçu au siège du Parti conservateur du Canada, à Ottawa[46]. Le colis taché de sang est ouvert par la directrice des opérations politiques du parti, Jenni Byrne (en), qui appelle immédiatement le Service de police d’Ottawa (OPS) et avertit le service de sécurité du Premier ministre du Canada Stephen Harper de menaces potentielles. Plus tard dans la journée, la police d’Ottawa découvre un autre colis suspect dans un centre de traitement de Postes Canada ; le paquet contient une main humaine, destinée au Parti libéral[46]. Au même moment, la police de Montréal (SPVM) est appelée dans le secteur de Côte-des-Neiges par un concierge, pour y découvrir un tronc humain. Dans la nuit, la police de Montréal, la police d’Ottawa et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) établissent que tous les membres appartiennent au même individu et découvrent la scène du crime près de l’endroit où le tronc a été retrouvé. L’enquête est confiée aux enquêteurs du module des crimes majeurs du Service de police de la ville de Montréal, qui travaillent en collaboration avec la GRC. Ils font appel à l’expertise du FBI pour tracer la vidéo du crime mise en ligne le vendredi . Le SPVM identifie rapidement le suspect comme étant Luka Magnotta et émet un mandat d’arrêt pan-canadien qui lance une chasse à l’homme d’envergure nationale[6].

La police, qui n’a pas encore retrouvé tous les morceaux du corps[47], identifie la victime le 1er juin[48]. Selon le quotidien La Presse, une note accompagnait le colis livré au Parti conservateur indiquant que d’autres morceaux de corps avaient été envoyés par la Poste et que l’auteur avait l’intention de tuer à nouveau. La police travaille alors avec Poste Canada pour retrouver les membres manquants[49].

Le , la '’St. George’s School’' reçoit un colis contenant un pied humain et le Conseil scolaire de Vancouver un autre colis contenant une main humaine[50],[51],[52],[53],[54],[55]. On ignore à ce jour les raisons du choix de ces destinataires[45].

Le , la police de Montréal découvre que Luka Magnotta a séjourné durant une période indéterminée à Vancouver et qu’il y a loué un appartement sous l’un de ses surnoms.

Des restes humains, retrouvés dans le parc Angrignon de Montréal, sont identifiés le comme appartenant au corps de Lin Jun[6].

Cavale et arrestation[modifier | modifier le code]

Du samedi au dimanche Magnotta se trouve à bord d'un vol Air Transat vers Paris. D'après les témoignages, dans l'avion, Luka Magnotta après avoir dormi, apparaît nerveux, agité et fébrile[56],[57]. À son arrivée à Paris, Luka Magnotta a les cheveux brun mi-long et a un look d'ado portant un pantalon vert-kaki et un tee-shirt sur lequel y est sérigraphié un dessin de Mickey comme le confirment les témoignages et la vidéo-surveillance de l'aéroport[56],[57]. À sa sortie de l’aéroport Paris-Roissy−Charles-de-Gaulle en France, il prend un taxi. Il est hébergé en début de semaine chez un homme à Clichy-la-Garenne rencontré sur un site de rencontre gay[58], puis il choisit un hôtel discret situé avenue Gallieni La Soummam, à Bagnolet, dans la proche banlieue Est de Paris. Il apparaît calme et s'adresse au patron en anglais. Il réserve une chambre, qu'il paye comptant pour huit nuits d'avance en présentant un passeport qui s'avèrera être un faux au nom de Kirk Trammel[57].

Quatre jours après la fuite de Magnotta, le , la police, via Interpol, émet une « notice rouge » d'arrêt international[59] ; la presse canadienne diffuse la nouvelle de son départ pour la France[60].

La police française décide alors d'effectuer des recherches ciblées dans des hôtels de l'agglomération parisienne. Elle établit avec certitude la présence du suspect à Paris dès le dimanche , lors de son arrivée à l'aéroport Paris-Roissy−Charles-de-Gaulle. Il aurait alors logé deux nuits dans un hôtel du quartier des Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris[61]. Il a été signalé dans un hôtel de Bagnolet le , en Seine-Saint-Denis. En réalité, Luka Magnotta a alors déjà quitté Paris et le territoire français. Son téléphone portable, qu'il a abandonné dans le métro parisien, continue à activer des antennes-relais, ce qui laisse à penser qu'il se trouve encore dans la capitale française[61].

La police remonte sa trace grâce au témoignage d'un chauffeur de taxi qui a reconnu dans la presse la photo du fugitif[57]. Luka Magnotta prend un billet d'autobus à l'agence de la compagnie d'autocar Eurolines du 18e arrondissement de Paris[57]. Le , il ne redort plus à l'hôtel. Dans la soirée[62], il se rend à la gare routière internationale de Paris-Gallieni de Bagnolet et emprunte un autocar Eurolines vers 19 h 30 en direction de Berlin, en Allemagne. La police française retrouve des affaires, des revues pornographiques et des sacs vomitoires de la compagnie d'avion dans la chambre d'hôtel. Durant le trajet Paris-Berlin, il voyage aussi sous le pseudonyme de Kirk Tramell – nom de famille inspiré de Catherine Tramell, personnage du film Basic Instinct – grâce à son faux passeport[63]. Il arrive à la gare routière (ZOB Berlin Am Funkturm) à l'ouest de Berlin le vers h 15[57]. Le 1er juin, un nouveau mandat d'arrêt est émis : Magnotta est accusé de meurtre au 1er degré, d'outrage à un cadavre, d'envoi de matériel obscène par la poste et de menaces à l'encontre du Premier ministre du Canada et de plusieurs députés fédéraux, qui ne sont pas nommés dans le mandat[64].

Le , peu avant midi, Luka Magnotta se rend dans un cyber-café dans le quartier populaire de Berlin-Neukölln, au sud de la ville, où le gérant l'installe au poste no 25[57]. Son visage lui semble familier, mais il ne le reconnaît que lorsque ce dernier consulte des sites français reprenant une série d'articles le concernant, ainsi que son avis de recherche[57],[65],[57]. Le gérant avertit les autorités une première fois, puis une seconde fois, en arrêtant une voiture de patrouille, conduite par des policiers stagiaires, qui passait dans la rue. Luka Magnotta est finalement arrêté sur place peu après 13 h 30. Il donne dans un premier temps une fausse identité, puis se résigne en disant : « vous m'avez eu. » Il est arrêté par la police allemande dans le calme et ressort menotté, sous l'œil d'une caméra de surveillance[57]. Il a alors les cheveux courts et blond peroxydé[66].

Cette affaire entraîne de vives réactions en Chine, où Magnotta est accusé de meurtre racial[67]. Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a appelé l'ambassadeur chinois Zhang Junsai pour lui transmettre ses profondes condoléances[68]. Le 6 juin 2012, les membres de la famille de Lin Jun atterrissent à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal[69].

Extradition[modifier | modifier le code]

Luka Magnotta, en cavale, est arrêté le par la police allemande. Il est accusé de meurtre prémédité, d'outrage à un cadavre, de publication de matériel obscène, d'envoi par la poste de matériel obscène et harcèlement criminel à l'encontre du premier ministre canadien Stephen Harper et d'autres personnes[70]. Il est détenu au commissariat principal dans le centre de Berlin[71].

Au lendemain de son arrestation, il est présenté à un juge qui lui confirme son arrestation. Le parquet de Berlin indique que Luka Magnotta ne s'opposera pas à son extradition vers le Canada[72]. Luka Magnotta est transféré, le , dans l'une des principales prisons de la ville, dans le quartier de Moabit[71]. Le Canada doit déposer auprès du parquet de Berlin une demande officielle d'extradition, accompagnée de documents étayant les éléments de preuve à l'appui[4]. Le tribunal régional supérieur de Berlin est chargé d’examiner si une extradition est conforme au droit puis, s'il répond par l’affirmative, le parquet doit ensuite demander cette extradition au gouvernement allemand qui examine alors si le pays vers lequel le suspect est extradé ne risque pas d’appliquer une condamnation violant les droits de l'homme[73].

Le , la cour juge que les preuves contre Luka Rocco Magnotta sont assez concluantes pour qu'il soit maintenu en prison avant son extradition. Il fait l'objet des cinq chefs d'accusation suivants : « meurtre au premier degré », « outrage à cadavre », « publication de choses obscènes », « envoi par la poste de choses obscènes » et « harcèlement criminel » à l'encontre, entre autres, de Stephen Harper[74]. Magnotta décide de plaider non coupable[75]. Le procureur demande à la cour qu'il soit transféré dans une autre unité de détention en attendant l'extradition[76]. Le , le ministère canadien de la Justice confirme les informations de CBC indiquant que Luka Magnotta quitte l'Allemagne pour Montréal sous escorte du SPVM[77]. Il quitte Berlin vers 11 h à bord d'un avion CC-150 Polaris de l'Aviation royale du Canada sous escorte de la police de Montréal, de la Gendarmerie royale du Canada et de l'Agence des services frontaliers du Canada[77]. L'appareil atterrit à l'Aéroport Montréal-Mirabel peu après 19 h[77].

Une enquête de La Presse canadienne réalisée en 2012 le désigne comme la personnalité ayant le plus marqué les médias canadiens durant l'année[78],[79].

En 2014, un documentaire intitulé Luka Magnotta : sexe, gloire et meurtre est consacré à l'affaire : mais, en août, la justice canadienne interdit sa diffusion afin d'éviter toute interférence avec les procédures en cours[18].

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

À l'issue de onze jours d'audiences préliminaires destinées à évaluer les preuves à charge et débutées le 11 mars 2013, la préméditation de Luka Rocco Magnotta est reconnue[80].

Le procès débute le lundi 29 septembre 2014 à Montréal : au premier jour des audiences, Magnotta reconnaît avoir tué Lin Jun mais plaide « non coupable » en raison de son état mental au moment des faits. Sa défense vise à le faire reconnaître comme pénalement irresponsable, en raison de la schizophrénie dont il souffre[81].

Le 23 décembre 2014, après huit jours de délibérations, Luka Magnotta est reconnu coupable de meurtre avec préméditation et de tous les autres chefs d'accusation qui pesaient sur lui[82]. Il est condamné à la réclusion à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans[83],[84]. En janvier 2015, il a fait appel de sa condamnation[85], avant d'y renoncer en février 2015[86].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  77. a, b et c (fr) « Le « dépeceur » Magnotta quitte l'Allemagne », sur lefigaro.fr,‎
  78. « Magnotta, homme de l'année au Canada », sur Le Point.fr,‎
  79. Canada : le « dépeceur » élu personnalité de l'année 2012, Le Figaro, 26 décembre 2012.
  80. « La préméditation retenue contre le "dépeceur" présumé de Montréal », sur L'Express,‎
  81. Magnotta admet avoir tué Lin Jun, mais plaide non coupable, Radio Canada, 29 septembre 2014
  82. Magnotta, dit "le dépeceur de Montréal", jugé coupable d'assassinat, Le Point, 23 décembre 2014
  83. Canada: Luka Rocco Magnotta condamné à la prison à perpétuité, 20 minutes, 23 décembre 2014
  84. Lin Jun's family delivers touching statement after Magnotta's guilty verdict, Montreal Gazette, 23 décembre 2014
  85. http://www.ouest-france.fr/luka-magnotta-le-depeceur-de-montreal-fait-appel-de-sa-condamnation-3127100
  86. http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/palais-de-justice/201502/18/01-4845262-magnotta-renonce-a-faire-appel.php

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Naomi Hiltz, Luka Magnotta : sexe, gloire et meurtre, documentaire, 2014

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]