Med Hondo

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Med Hondo
Nom de naissance Abib Mohamed Medoun Hondo
Surnom Med Hondo
Naissance
Atar, Mauritanie,
Afrique-Occidentale française
Nationalité Drapeau de la France Française
Drapeau de la Mauritanie Mauritanienne
Décès (à 82 ans)
Paris 14e, France
Profession Acteur
Réalisateur
Scénariste
Producteur
Films notables Soleil O
Incontrôlable
(en doublage)
Shrek (série de films)

Med Hondo[1] est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur franco-mauritanien, né le à Atar[2] (Mauritanie) et mort le à Paris 14e[3].

Il appartient à la deuxième génération de réalisateurs africains, après les précurseurs comme Ousmane Sembène. Actif dans le doublage, il est également connu pour son travail dans ce domaine. Il est notamment la voix française régulière d'Eddie Murphy[4] (dont l'inspecteur Axel Foley dans Le Flic de Beverly Hills) et une voix récurrente de Morgan Freeman.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né le à Atar, en Mauritanie, issu de la tribu des Barikalla (Maures), grande tribu maraboutique du nord[2], une de ses grands-mères est originaire du Mali et son père est mauritanien[réf. nécessaire], Med Hondo arrive à Marseille (France) en 1959.

Docker dans un premier temps, puis cuisinier[5], il découvre alors le théâtre et s'inscrit aux cours d'art dramatique chez Françoise Rosay, où il joue dans de nombreuses pièces (Shakespeare, Tchekhov, Kateb Yacine, Aimé Césaire, Brecht, etc.), puis participe à la création du Comité africain des cinéastes, pour fonder un peu plus tard, en 1966, sa propre troupe, Griotshango. Il devient acteur et producteur, membre de l'ARP.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Il s'initie au cinéma en tournant deux courts métrages : Balade aux sources et Partout ou peut-être nulle part. Il joue notamment dans deux films, Un homme de trop de Costa-Gavras, en 1966, et Promenade avec l'amour et la mort de John Huston, en 1969.

En 1965, il écrit le scénario de Soleil Ô, un film qu'il réalise alors avec un budget très restreint, puisque les acteurs sont bénévoles, sur la condition des ouvriers immigrants, qu'il termine en 1969. Défini par l'auteur comme « 10 ans de gaullisme vus par les yeux d'un Africain à Paris », reprojeté à Cannes en 2017 dans une sélection de reprises de classique et présenté comme « une attaque cinglante contre le colonialisme »[5], il remporte divers prix et est sélectionné une première fois au festival de Cannes mais il est interdit par la suite, pour des raisons diplomatiques, dans divers pays.

Malgré cela, Med Hondo continue son travail de réalisateur, examinant le colonialisme et le post-colonialisme[6]. En 1973 sort Les Bicots-nègres, vos voisins[5], toujours sur le thème de la vie des immigrés et du racisme en France.

En 1977, il tourne un film sur la lutte du Front Polisario, Nous aurons toute la mort pour dormir. En 1979, il revient à son thème initial avec West Indies ou les nègres marrons de la liberté, un récit sur l'esclavage et le colonialisme dans les Caraïbes[5]. Hondo qualifie lui-même le film de « music-hall tragi-comique ». Réalisateur engagé, il défend la liberté de création et à travers le post-colonialisme propose un cinéma à la portée sociale[7].

En 1986, il reçoit le grand prix du Fespaco au Burkina Faso et le prix du meilleur film au festival de Londres avec Sarraounia. En 1994, sort Lumière noire, puis en 2002 son dernier long métrage Watani, un monde sans mal.

Théâtre[modifier | modifier le code]

En 2003, il met en scène la pièce de théâtre La Guerre de 2000 ans de Kateb Yacine.

Doublage[modifier | modifier le code]

Très actif dans le doublage, il est notamment connu pour être, entre autres, la voix française régulière d'Eddie Murphy[5] dont le rôle de l'inspecteur Axel Foley dans la série de films Le Flic de Beverly Hills. Il a également été une voix récurrente de Morgan Freeman. S'il place sa voix dans les aigus pour le premier, le plus souvent pour un rôle comique, il la place au contraire dans les graves pour le second, dans des rôles plus sérieux.

Dans les années 1970 et 1980, Med Hondo prête également sa voix à un très grand nombre d'acteurs Noirs, le plus souvent américains, tels que Cleavon Little dans Vanishing Point, Carl Weathers dans la série de films Rocky[8] et Predator, Ernie Hudson dans SOS Fantômes, Gregory Hines dans La Folle Histoire du monde, Danny Glover dans Predator 2 ou encore Fred Williamson dans MASH, Johnny Barrows (en), Richard Pryor ou Laurence Fishburne à ses débuts.

Il est aussi connu pour avoir prêté sa voix au personnage de Rafiki dans la série de films Le Roi lion, à L'Âne dans la série de films Shrek (Eddie Murphy était la voix de la version originale) et à Aku entre la seconde et quatrième saisons de la série Samurai Jack[5].

Med Hondo a l'occasion de renverser ce statut tacite de « comédien de doublage attitré des acteurs noirs » dans le film Le Dernier Dragon de Michael Schultz, d'après un scénario de Berry Gordy. Dans ce film, mêlant kung fu et comédie musicale, où l'essentiel de la distribution est constituée d'acteurs Noirs, Med Hondo prête sa voix à l'un des rares personnages blancs du film, un méchant interprété par Mike Starr. Il est aussi la voix française de Brian Blessed dans Flash Gordon, de Raúl Juliá dans Le Baiser de la Femme Araignée, de Ben Kingsley dans Gandhi et de Lance Henriksen dans Aliens, le retour.

Mort[modifier | modifier le code]

Il meurt le à Paris[5],[9]. Il devait être enterré au Maroc, selon sa sœur Zahra.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Films d'animation[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Téléfilms[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Séries d'animation[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ibrahim Signate, Med Hondo un cinéaste rebelle, Éditions Présence Africaine, 1994[17]
  • Hugues Perrot, « Donner voix », entretien avec Med Hondo, Cahiers du cinéma, no 743, , p. 90-95

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Doublé par Ernie Hudson en version originale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. De son vrai nom, Mohamed Medoun Hondo Abib
  2. a et b « Med Hondo : « Je n’ai pas peur de traiter, ce que je vois » », sur Kassataya.com, .
  3. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  4. « Eddie Murphy change de voix, Med Hondo évincé » sur L'Humanité, le 9 avril 1997.
  5. a b c d e f et g « Med Hondo, figure du cinéma africain, est mort », sur Le Monde.fr, .
  6. « Hommage à Med Hondo », sur Le Monde.fr, .
  7. Elara Bertho, « Med Hondo, une voix anticoloniale », sur Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, no 142, (consulté le ), p. 139.
  8. Excepté le quatrième volet, doublé par Sady Rebbot.
  9. « Décès à Paris du cinéaste mauritanien Med Hondo », sur Cridem, .
  10. Doublage tardif effectué en 1995.
  11. a et b 2e doublage effectué en 1980.
  12. a b c d e et f Doublé par Eddie Murphy en version originale.
  13. Med Hondo : Interview pour Mission G sur Allociné.fr, consulté le 8 décembre 2013.
  14. Crédité au carton de doublage
  15. « Planète Jeunesse - Davy Crockett », sur planete-jeunesse.com (consulté le ).
  16. Med Hondo sur Planète Jeunesse
  17. Med Hondo un cinéaste rebelle sur Présence Africaine Éditions

Liens externes[modifier | modifier le code]