Jean-Baptiste Prosper Jollois

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Jean-Baptiste Prosper Jollois
Fonction
Président
Société nationale des antiquaires de France
Biographie
Naissance
Décès
(à 66 ans)
Paris
Nationalité
française
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Distinction
Vue de la sépulture.

Jean-Baptiste Prosper Jollois, né le à Brienon-l'Archevêque et mort le à Paris, est un ingénieur et égyptologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Jean-Baptiste Prosper Jollois.

Jean-Baptiste Prosper Jollois fait ses études en tant que pensionnaire dès 1787 au collège de Joigny dans l'Yonne, puis à Sens. Il intègre ensuite l'École polytechnique en 1794 aux côtés de Louis Didier Jousselin et de Louis Poinsot ; il y reste trois ans. Il devient, après avoir obtenu son diplôme, ingénieur des ponts et chaussées[1]. Son examen pour devenir ingénieur se déroule devant Gaspard Monge[2].

Expédition en Égypte[modifier | modifier le code]

Grâce à son métier, il est membre de l’expédition française en Égypte de 1798 en tant que collaborateur de la commission des Sciences et des Arts[3].

Le , il part du Caire pour la Haute-Égypte, sous la conduite de Girard, accompagné de Descotils, Rozière, Dupuis, ingénieurs des mines, Villiers du Terrage, Dubois-Aimé et Duchanoy, ingénieurs des Ponts et Chaussées, Castex, sculpteur, pour prendre des renseignements sur le commerce, l'agriculture, l'histoire naturelle, les arts et les antiquités, et surtout pour examiner le régime du Nil, depuis la première cataracte, et étudier le système d'irrigation[4].

Il parcourt l'Égypte en compagnie d'Édouard de Villiers du Terrage avec lequel il découvre, en , le tombeau d'Amenhotep III (WV22 dans la vallée des Singes).

Puis, de retour au Caire, il conduit des travaux hydrauliques sur le delta du Nil avant de rentrer en France en 1802. Là, il devient secrétaire de la commission d'Égypte et prend part à la rédaction de la Description de l'Égypte.

Retour en France et carrière d'archéologue[modifier | modifier le code]

De retour en France, il est nommé ingénieur du département de la Seine, où il s'occupe surtout des travaux des quais et ponts de Paris[2].

Il est nommé ingénieur en chef dans le département des Vosges en 1819, où il va mener plusieurs travaux de fouilles dans le département. Il rencontre Charles Pensée, dessinateur et peintre d'Épinal, avec lequel il se lie d'amitié. Les deux hommes vont collaborer pour les chantiers archéologiques. Ils vont notamment être les premiers à fouiller minutieusement et systématiquement le site archéologique de Grand, et plus particulièrement son l'amphithéâtre ; Jean-Baptiste Prosper Jollois réalise même quelques restaurations. Toujours à Grand, il découvre également des thermes et bains publics et une prison romaine.

D'autres fouilles ont lieu ailleurs dans le département, notamment à Bleurville, Lameray, ou encore au sanctuaire de Donon[5]. Toutes ces recherches font l'objet de ses Mémoires de quelques Antiquités du département des Vosges[6].

Toujours dans les Vosges, il fait élever le monument de Jeanne d'Arc à Domrémy, et réhabiliter sa maison[1].

En 1822, il est ingénieur en chef dans le département du Loiret. Charles Pensée décide de le suivre afin que leur collaboration se poursuive. Pour les besoins d'une étude sur l'alimentation en eau de la ville d'Orléans, Jean-Baptiste Prosper Jollois mène des fouilles à la fontaine de l'Étuvée. C'est là qu'il va découvrir une stèle sur laquelle a été marquée une inscription en l'honneur d'Acionna. D'autres fouilles ont lieu au cimetière de la ville[7]. Il écrit par la suite ses Mémoires sur les antiquités du département du Loiret[8].

Retour à Paris[modifier | modifier le code]

En 1830, il est nommé directeur en chef du des travaux de la Seine. C'est une fonction qu'il exercera jusqu'à sa mort — à 66 ans — laquelle survient dans son cabinet de travail[9].

En 1833, il est président de la Société royale des antiquaires de France.

Il épouse une des filles de Germain-André Soufflot de Palotte, petite-nièce du célèbre architecte Jacques-Germain Soufflot.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Recherches sur les bas-reliefs astronomiques des Égyptiens et parallèle de ces bas-reliefs avec les différens monumens astronomiques de l'antiquité, d'où résulte la connaissance de la majeure partie des constellations égyptiennes, Paris, Imprimerie Royale, , 68 p. (lire en ligne).
  • Appendice aux recherches sur les bas-reliefs astronomiques égyptiens, Paris, , 65 p. (lire en ligne)
  • Histoire abrégée de la vie et des exploits de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans... : suivie d'une notice descriptive du monument érigé à sa mémoire, à Domremy, de la chaumière où l'héroine est née ... et de la fête d'inauguration célébrée le 10 septembre 1820., Paris, P. Didot, , 240 p. (lire en ligne).
  • Notice sur les monuments élevés en France à la mémoire de Jeanne d'Arc, 1834.
  • Lettre à Messieurs les membres de la Société royale des antiquaires de France sur l'emplacement du fort des Tourelles de l'ancien pont d'Orléans, 1834.
  • Mémoire sur les antiquités du département du Loiret, Paris, Gatineau, , 177 p. (lire en ligne)
  • Mémoire sur quelques antiquités remarquables du département des Vosges, vol. 1, Paris, Derache, , 200 p. (lire en ligne).
  • Mémoire sur quelques antiquités remarquables du département des Vosges : Planches et illustrations, vol. 2, Paris, Derache, , 200 p. (lire en ligne).
  • Journal d'un ingénieur attaché à l'Expédition d'Égypte 1798-1802, Paris, Ernest Leroux, , 136 p. (lire en ligne). Contient aussi des extraits des journaux de Fourier, Jomard, Delille, Saint-Genis, Descostils, Balzac et Coraboeuf.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jean-Baptiste Prosper Jollois, un ingénieur antiquaire », sur Limédia galeries
  2. a et b « JOLLOIS, Jean-Baptiste Prosper », sur archiseine.metis.upmc.fr
  3. « Jean-Baptiste Prosper Jollois », sur archeologie.orleans-metropole.fr
  4. Yves Laissus, L'Égypte, Une aventure savante 1798-1801, Paris, Fayard, 1998, p. 278 et 538 ; Thibaudeau, op. cit. p. 429 ; Jollois et Devilliers, « Description d'Esné et de ses environs », dans Description de l'Égypte, Antiquités-Descriptions, tome premier, 1809, p. 4 ; Villiers du Terrage, L'expédition d'Égypte, Paris, Cosmopole, 2001, p. 93 ; Jean-Marie Carré, Voyageurs et écrivains français en Égypte, 2e édition, Institut français d'archéologie orientale du Caire, 1956, tome I, p. 152 ; Francine Masson, L'Expédition d'Égypte, ABC Mines, no 12, décembre 1997.
  5. Préfecture des Vosges, Annuaire du département des Vosges de l'an 1822, Épinal, Antoine Heaner, imprimeur, (lire en ligne)
  6. Jean-Baptiste Prosper Jollois, Mémoires sur quelques Antiquités remarquables du département des Vosges, Paris, Derache, (lire en ligne)
  7. Jean-Baptiste Prosper Jollois, Antiquités du grand cimetière d'Orléans, (lire en ligne)
  8. Jean-Baptiste Prosper Jollois, Mémoires sur les antiquités du département du Loiret, Paris, (lire en ligne)
  9. Édouard de Villiers du Terrage, Journal et souvenirs sur l'expédition d'Égypte, mis en ordre et publiés par le baron Marc de Villiers du Terrage, Paris, E. Plon, Nourrit, 1899, et L'Expédition d'Égypte 1798-1801, Journal et souvenirs d'un jeune savant, Paris, Cosmopole, 2001 et 2003, p. 367.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alfred Maury, Notice sur la vie et les ouvrages de J.B. Prosper Jollois..., dans Mémoires... publiés par la Société royale des antiquaires de France, nouvelle série, t. VIII, 1846, p. XXXVIII-LVIII.
  • Journal d'un ingénieur attaché à l'expédition d'Égypte, 1798-1802, publié par P. Lefèvre-Pontalis, avec des fragments tirés des journaux de Fourier, Jomard, Delille, Saint-Genis, Descotils, Balzac et Corabœuf, Paris, E. Leroux, 1904.
  • Michel Dewachter, « Les manuscrits de l'ingénieur Jollois et la correspondance relative à sa première année en Égypte (1798-1799), » dans Revue d'égyptologie, t. XI, 1989, p. 201-220.
  • Jean-Baptiste-Prosper Jollois : un enfant de Brienon, Société Historique du Brienonnais et Annie Basset, 1998 (en vente à la Maison du Tourisme de Brienon-sur-Armançon).

Liens externes[modifier | modifier le code]