Étoile de David

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Étoile de David
Unicode
Code U+2721
Nom Étoile de David
Bloc Dingbats


L’étoile de David ✡ était un symbole dans plusieurs cultures et religions millénaires avant de devenir tardivement associée au judaïsme. À partir du XVIIième siècle, le Quartier juif de Vienne a été formellement distingué du reste de la ville par une borne ayant un hexagrammee sur un côté et une croix sur l'autre. Il devint internationalement associé lorsqu'il fut adopté comme le symbole du mouvement de Sioniste après l'affaire de Dreyfus en France au XIXième siècle. L'étoile de David veut dire dans la religion hébraïque (en hébreu : מגן דוד : maguen David ou maghen Dawid, littéralement « bouclier de David », en latin scutum Davidis) . Elle se compose de deux triangles équilatéraux superposés : l’un dirigé vers le haut, l’autre vers le bas. Aujourd’hui, on le trouve notamment sur le drapeau de l’État d’Israël, mais aussi sur les façades des synagogues du monde entier. On rencontre également les appellations de Sceau de Salomon (latin : sigillum Salomonis), double triangle, triangle de Salomon, étoile de Sion.

Elle représente, selon la tradition juive, l’emblème du roi David et serait aussi bien symbole du Messie (de lignée davidique).

Histoire[modifier | modifier le code]

L’étoile à 6 branches a été dessinée par l’Homme bien avant l’histoire et bien avant David. Successivement certains l’ont choisie comme emblème à cause de l’harmonie géométrique qu’elle suggère. Plusieurs peuples de diverses cultures ont utilisé cette étoile, cette étoile était très présente en Asie et dans la péninsule arabique.

Forme[modifier | modifier le code]

Le sceau de Salomon présente diverses formes : il peut être entouré d'un cercle, les deux triangles peuvent avoir des lignes qui passent, aux intersections, une Star of David.svgfois dessus, une fois dessous. Un triangle peut être tracé entièrement noir, l'autre avoir la couleur blanche entre ses traits.

Symbolique dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

L’étoile de David : plus ancienne copie complète du texte massorétique, le Codex de Léningrad, datant de 1008.

Gershom Scholem a repéré divers usages et moments du Sceau de Salomon (ou « bouclier de David », magen David). À l'Âge du bronze, il a été probablement utilisé comme ornement ou peut-être comme signe magique. L'exemplaire le plus ancien se trouve sur un sceau datant du VIIe siècle avant l'ère commune, découvert à Sidon et appartenant à un certain Josuhua ben Assayahu. À l'époque du second Temple, l'hexagramme était fréquemment utilisé par des juifs comme par des non-juifs en association avec le pentagramme (l'étoile à cinq branches) ; on le trouve ainsi sur un relief de la synagogue de Capharnaüm (IIe ou IIIe siècle), aux côtés du pentagramme et du svastika. Le sceau de Salomon apparaît comme signe magique au début du Moyen Âge. On ne sait pas précisément à quelle époque l'hexagramme fut inscrit sur le sceau ou l'anneau de Salomon, mentionné dans le Talmud de Babylone (traité Gittin, 68) (VIe siècle) comme signe de sa domination sur les démons, à la place du Nom de Dieu qui y figurait à l'origine. Il continue à avoir un usage décoratif chez les rois de Navarre, dans des églises. Dès 1492, il est utilisé comme marque d'imprimeur, spécialement à Prague. L'usage comme symbole alchimique dénotant l'harmonie entre principes contraires, Eau et Feu, devient courant au XVIIe siècle. Apparaît un autre symbolisme : celui du « bouclier du fils de David », le Messie, cela dans des cercles kabbalistiques. Il fut un insigne secret des sabbatéens, un mouvement de la kabbale. Le journal du sioniste Theodor Herzl, Die Welt (1897), porta à sa première sortie l'hexagramme comme emblème. Il figure dans le drapeau national d'Israël (1948)[1].

Pour les Pharisiens et les docteurs de la Torah, l’étoile à six branches symbolisait les six jours de la semaine, le septième jour, celui du repos divin (le shabbat), était symbolisé par le centre de l’étoile. C’est en quelque sorte une représentation de la plénitude du chiffre sept, chiffre sacré. Aujourd’hui, cela pourrait aussi bien représenter l’antagonisme entre l’eau et le feu que celui entre le Haut et le Bas, etc.

La signification de symbole du Prophète proviendrait de la prophétie de Balaam : « Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d’Israël » (Nombres 24, 1-25). Ce texte annonce la venue d’une étoile messianique, qui devait sortir de la maison de David, d’où son nom.

La signification du bouclier de David veut que lorsque David était recherché par Saül, il s’est caché dans une grotte où, lorsque les soldats entrèrent, une araignée aurait tissé une toile prenant la forme d’une étoile à six branches cachant David. Cette étoile était également présente sur le bouclier des soldats lors de toutes les batailles remportées par Israël sur ses ennemis. Les six points aux extrémités de l’étoile et les 6 points d’intersection des triangles pourraient aussi représenter la disposition par Josué des douze tribus d’Israël, unifiées sous la royauté de David, sur la Terre d’Israël autour de Jérusalem.

Après l'usage « antique » et sur des restes archéologiques, on trouve son utilisation par les Juifs en Europe en Hongrie, à Prague, sur une synagogue XIVe siècle, dans une synagogue à Hamelin en Allemagne XVe siècle et sur l'enseigne de l'Imprimeur Tobias FOA en Italie (à Sabbioneta en Lombardie, près de Parme) au XVIe siècle[2].

Son enseigne et sa « marque de fabrique » en forme de blason représente deux lions de profil (souvent utilisé comme symbole de la tribu royale de Yehouda) autour d'un palmier contenant une étoile de David (les rois Salomon et David sont également issus de la tribu de Yehouda dont descendent tous les rois légitimes). Ce "blason" se retrouve dans ses ouvrages et sur sa tombe. La circulation de ses ouvrages a, selon ces sources, diffusée l'étoile de David qui a commencé à être utilisée comme symbole du judaïsme compte tenu des très rares autres utilisations répertoriées (Encyclopédie Kountrass). L'auteur Guershom Sholem rapporte cette explication.

Le triangle dont la base est en bas symboliserait l'aspiration de l'homme vers Dieu et l'autre triangle celle de Dieu vers l'homme. Le premier triangle symboliserait aussi la femme et le second l'homme[3].

Symbolique dans l’hindouisme[modifier | modifier le code]

L’étoile à six branches dans la tradition hindoue, ou Shatkona (en), symbolise soit Brahma, le dieu créateur, soit la trinité hindoue, la trimurti[4], ou encore est un symbole shivaïte. C'est donc un symbole assez commun en Inde, à forte consonance religieuse et sacrée, à l’instar du svastika.

Le Shatkona est un symbole utilisé dans le yantra hindou qui représente l'union de la forme masculine et féminine . Plus précisément, il est censé représenter Purusha (l'être suprême), et Prakriti (mère nature ou matière causale). Souvent, cela est représenté par Shiva / Shakti . 

Le Shatkona est un hexagramme et est associé au fils de Siva-Sakthi, Lord Murugan .

Esthétiquement, il est identique à l' étoile juive de David et à la crête Kagome japonaise.

Sceau de la théosophie constitué de plusieurs signes (Om̐, svastika, Ouroboros, masculin, féminin, L’ânkh).

L'étoile des brasseurs[modifier | modifier le code]

Son usage est attesté dès 1397 dans la communauté des brasseurs. Représentation symbolique de l'alchimie brassicole mettant en œuvre les quatre éléments (terre, feu, eau, air), elle servait au départ à éloigner les esprits malins et les incendies. Bien qu'ayant eu un développement conjoint à l'étoile de David, son destin fut ensuite bien séparé. Bien vite elle devint une enseigne signalant une brasserie, notamment dans le monde rhénan et bavarois. Elle était aussi sur les récipients contenant de la bière. Son usage déclina à partir du XVIIIe.

Enseigne de brasserie.

Le drapeau des Karamanids[modifier | modifier le code]

Les KaramanidesQaramanides ou Qaramânoğullari1 forment une dynastie de Beys turkmènes islamique qui règne au sud de l'Anatolie centrale dans le massif montagneux du Karaman qui sépare Konya de la Méditerranée. C’est le plus puissant beylicat après celui des Ottomans pendant la seconde période des beylicats aux XIIIe – XIVe siècles. Leur territoire était appelé Caramanie.

Etoile de David drapeau Turc.png

Le drapeau de la Palestine[modifier | modifier le code]

L'ancien drapeau de la Palestine en 1924 orner une étoile jaune à 6 branches. Actuellement ce n'est plus le cas comme pour beaucoup de pays arabes, le drapeau reprend les couleurs panarabes du drapeau de la Grande révolte arabe de 1916

Ancien drapeau de la palestine .png

Le drapeau du Bey de Tunis[modifier | modifier le code]

Jusqu'à l'abolition de la monarchie en Tunisie en 1957, le drapeau du souverain tunisien était représenté par un étendard comprenant neuf bandes, dont huit contenaient deux ou trois étoiles à six branches.

Drapeau du Bey de Tunis.

Le drapeau du Burundi[modifier | modifier le code]

Drapeau des Burundi

Le drapeau du Burundi a en son centre trois étoiles de David symbolisant les trois ethnies du pays (Tutsis, Hutus et Pygmées).[réf. nécessaire] Les Tutsis descendent de la royauté d'Éthiopie et de la descendance de David II devenu Ménélik Ier, fils de Salomon et de la reine de Saba, empereur négus du royaume du Koush, troisième royaume juif après la mort de Salomon, aux côtés des royaumes d'Israël et de Juda… D'où les trois étoiles de David[5].

Anciennes armoiries de l'Empire d'Ethiopie[modifier | modifier le code]

Armoiries de l'ancien Empire d'Ethiopie.

Les armoiries de l'empereur d'Ethiopie comportaient en leur centre une étoile de David, symbolisant l'origine mythique de la dynastie éthiopienne, qui prétendait descendre de la reine de Saba, et l'importante communauté juive éthiopienne jusqu'au XXe siècle.

Le sens[modifier | modifier le code]

Ce symbole est le complémentaire du pentagramme. Traditionnellement, le pentagramme représente symboliquement le microcosme, l'Homme (et ses cinq extrémités : quatre membre plus une tête), tandis que l'hexagramme ou sceau de Salomon représente symboliquement le macrocosme, le Monde. En effet, les deux triangles sont supposés désigner l'un la Matière qui monte vers l'Esprit, l'autre l'Esprit qui descend vers la Matière, donc les deux substances de l'Univers (Esprit et Matière) se complétant grâce à deux forces (l'une qui fait descendre, l'autre qui fait monter).

Éliphas Lévi, le grand représentant en France du néo-occultisme, identifie hexagramme (« triangle de Salomon ») et monde (« macrocosme ») :

« Le grand Symbole de Salomon. Quod superius sicut quod inferius [mots de la Table d'émeraude des hermétistes : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas]… L'unité du macrocosme se révèle par les deux points opposés des deux triangles… Aussi l'univers est-il balancé par deux forces qui le maintiennent en équilibre : la force qui attire et celle qui repousse… Le triangle de Salomon. Plenitudo vocis [plénitude de la voix, en latin]. Binah [lettre hébraïque]. Physis ["nature", mot grec]… Ces deux triangles réunis en une seule figure, qui est celle d'une étoile à six rayons, forment le signe sacré du sceau de Salomon, l'étoile brillante du macrocosme. L'idée de l'infini et de l'absolu est exprimée par ce signe, qui est le grand pentacle, c'est-à-dire le plus simple et le plus complet abrégé de la science de toutes choses. »

— Éliphas Lévi, Dogme et rituel de la haute magie (1854-1861), in Secrets de la magie, Paris, Robert Laffont, coll. "Bouquins", 2000, p. 8, 62-66.

On peut, avec autant de logique, voir dans les deux triangles les représentations du Masculin et du Féminin, dans des sens plus ou moins larges : principe actif et principe passif, pôle plus et pôle moins, Homme et Femme, sexe masculin et sexe féminin. Le triangle "masculin" a sa pointe vers le haut, le triangle "féminin" sa pointe vers le bas.

On peut y voir la rencontre des deux Éléments, Feu et Eau. Le caractère pour le Feu est un triangle pointe vers le haut, traversé par un trait horizontal, celui pour l'Eau un triangle vers le bas, traversé lui aussi par un trait horizontal. Le triangle du Feu a sa pointe vers le haut car la flamme monte ; le triangle de l'Eau sa pointe vers le bas car l'eau coule, tombe, descend. En décomposant l'hexagramme, on voit bien ces deux triangles.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, lui aussi, identifie hexagramme et macrocosme, et il développe les correspondances. Les six pointes représentent successivement, en allant du sommet vers la droite, les six couleurs : bleu (en haut), vert, jaune, orange (en bas), rouge, violet ; six signes zodiacaux : Sagittaire (en haut), Scorpion, Lion, Cancer (en bas), Bélier, Poissons :

« Le triangle du feu contient les trois couleurs : rouge, jaune et bleu. Rouge correspond au Bélier, jaune doré au Lion et le bleu au Sagittaire… Le triangle de l'eau correspond au Cancer, au Scorpion et aux Poissons. Le vert correspond au Cancer, l'orange au Scorpion et le violet aux Poissons… Le triangle de l'eau est celui de la femme, c'est-à-dire du cœur, du côté féminin, passif, de l'amour. Le triangle du feu est celui de l'homme, du principe actif, de la sagesse. Nous devons donc naître de ces deux principes - amour et sagesse - pour pouvoir vivre et entrer dans le royaume de Dieu. Ces deux principes amour et sagesse produisent la vérité… »

— Mikhaël Omraam Aïvanhov (Michaël Ivanoff), Amour, Sagesse, Vérité, Paris, Éditions Izgrev, 1946, p. 21.

Symbole[modifier | modifier le code]

Jusqu’au XVe siècle, l’étoile de David ou sceau de Salomon était un symbole magique protecteur, représenté sur les amulettes. Elle n’est devenue la représentation du judaïsme, comme l’est la croix latine pour le christianisme, qu’après l’expulsion des Juifs d’Espagne au XVe siècle, et grâce au développement de l’imprimerie.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Cazenave (dir.), Encyclopédie des symboles, Le livre de poche, coll. "La pochothèque", 1989, p. 305-306.
  • J. Leite de Vasconcelos, Signum Salomonis. Estudo de etnografia comparativa, Lissabon, 1918.
  • P. Perdrizt, Revue des Études grecques, 16 (1903), p. 42-61.
  • G. Scholem, La kabbale (1974), trad. (1998), Gallimard, coll. "Folio essais", 2005, p. 547-554.
  • Talmud de Babylone, III, traité Gittin, folio 68a-b. Trad. éd. Verdier.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gershom Scholem, Kabbalah, Keter Publishing House, Jerusalem, 1974, p. 362-368, trad. fr. : La kabbale, Gallimard, coll. "Folio essais", p. 547-554.
  2. Source Encyclopédia Judaïca et sites sur l'histoire de la Ville de Sabbioneta.
  3. J.-M. Rosenfeld, Mazal Tov, le premier guide de la cérémonie juive, éd. Consistoire israélite de Paris, 2008-2009 (cité dans Pour comprendre les pratiques religieuses des juifs, des chrétiens et des musulmans d'Isabelle Lévy ; (ISBN 978-2-7509-0771-6)).
  4. Myth=mithya a Handbook of Hindu Mythology, Dr Devdutt Pattanaik
  5. Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, ouvrage : Méroé