Congrès sioniste

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Article général Pour un article plus général, voir Histoire du sionisme.

Le Congrès sioniste est une institution supérieure de l'Organisation sioniste mondiale qui en élit les membres. Son rôle consiste à recevoir et adopter les différentes propositions qui lui sont soumises, ainsi qu'à décider de la politique économique sioniste.

Le premier congrès sioniste se réunit à Bâle en Suisse en 1897. Le congrès se déroule à dix reprises dans la ville rhénane jusqu’à la fondation d’Israël en 1948, plus que dans aucune autre ville du monde[1]. Après celui de 1945, ils ont tous lieu à Jérusalem. Les premiers temps, ils ont lieu chaque année, puis tous les deux ans, et sur la fin, tous les trois ans.

Theodor Herzl observant le Rhin au balcon de son hôtel à Bâle lors du 5e congrès sioniste en 1901.

Premier congrès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Premier congrès sioniste.

Le Premier congrès sioniste se réunit à Bâle en Suisse, du 29 au , et marque le tournant décisif dans l'histoire du mouvement des Amants de Sion, qui devient officiellement mouvement « sioniste-politique ». Herzl y propose son programme, qu'il qualifie de « plan de réunification nationale juive ». Un grand conseil, composé de 15 membres, y est élu, ainsi qu'un conseil restreint de 5 membres. Dans son journal, Herzl écrit : « Si je devais résumer le Congrès de Bâle en un mot, ce serait celui-ci: à Bâle j'ai fondé l'État Juif (...). Peut-être dans cinq ans et certainement dans cinquante ans, chacun le saura. »[2],[3]

2e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du 28 au , et discute principalement de l'introduction de l'idée sioniste au sein des communautés juives de Diaspora, de la création d'un « Fonds pour l'implantation juive », outil financier de l'Organisation sioniste mondiale. La participation a doublé par rapport au premier congrès mais avec toujours une représentation majoritairement russe.

3e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du 15 au , et discute du fondement du Programme de Bâle.

4e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Londres, du 13 au , et est marqué par la scission des Juifs de Roumanie. Il traite des difficultés économiques des ouvriers en terre d'Israël et du chômage qui y règne. Tzvi Herman Shapira y propose l'idée de la fondation du KKL.

5e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du 26 au , et décide de la création du Fonds Nationa Juif (K.K.L.). Aryé-Yéhouda-Léo Motzkin, Martin Buber et Chaim Weizmann y jouent un rôle prépondérant.

6e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du 23 au , et est l'un des plus houleux. Herzl, sur demande du gouvernement britannique, y propose le « Projet Ouganda ». Une très forte minorité, notamment les sionistes russes, s'oppose à ce projet. Herlz évite de justesse la scission. En définitive, une commission d'enquête est chargée d'examiner la faisabilité du projet.

Herlz clôture les débats par un extrait du Psaume 137 : « Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite s'assèche ! »

7e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du au . C'est le premier congrès organisé après la disparition de Herzl. David Wolffsohn y est élu président de l'Organisation sioniste mondiale. On convient du fait que l'implantation ne peut se réaliser qu'en Terre d'Israël et le Projet Ouganda est donc rejeté à une forte majorité. Le « mouvement territorialiste » dissident est créé à l'issue de ce congrès.

8e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à La Haye aux Pays-Bas, du 14 au . Le choix de La Haye s'explique par la tenue concomitante de la Conférence pour la paix. À l'initiative de Chaim Weizmann, le sionisme politique devient indissociable de l'implantation active en Terre d'Israël.

9e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Hambourg en Allemagne, du 26 au , et où, pour la première fois, les mouvements ouvriers sont représentés comme entités indépendantes.

10e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du 9 au , et discute du problème arabe.

11e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Vienne, du 2 au . Chaim Weizmann et Menahem Ussishkin y proposent l'idée de la création de l'Université hébraïque de Jérusalem.

12e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Carlsbad (Karlovy Vary) en Tchécoslovaquie, du 1er au . C'est le premier congrès organisé après la fin de la Première Guerre mondiale, après la Déclaration Balfour, après la fin de la gestion de la Palestine par la puissance ottomane et après les pogroms d'Europe orientale . Il y prévoit l'établissement des infrastructures nationales du futur État ainsi que de l'élargissement de l'implantation en Terre d'Israël. Le congrès confirme la création du Keren Hayesod, ainsi que l'achat de nouveaux terrains dans la vallée de Jezreel.

13e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Carlsbad en Tchécoslovaquie, du 6 au . La création de l'Université hébraïque de Jérusalem est décidée.

14e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Vienne, du 18 au . Il discute principalement des problèmes liés à la 4e Aliyah.

15e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du au . Il traite de la crise générale de la 4e Aliyah, liée au chômage.

16e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Zurich en Suisse, du au , et analyse l'amélioration de la situation en Terre d'Israël, suite à la 5e Aliyah.

17e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du au . Il traite des émeutes sanglantes de 1929, ainsi que de la publication du deuxième Livre Blanc mis au point par le Britannique Passfield. Les premières oppositions, avec le sionisme révisionniste de Zeev Jabotinsky, apparaissent. Les adeptes du sionisme révisionniste quittent alors la salle du congrès et déchirent leur carte de membre.

En réaction à la politique anti-sioniste anglaise, Chaim Weizmann démissionne de la direction de l'Organisation Sioniste Mondiale, et c'est Nahum Sokolow qu'on élit à sa place.

18e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Prague, du au . Il discute principalement de la montée de Hitler au pouvoir, et des premières mesures antisémites qui ont été prises par le gouvernement allemand.

19e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Lucerne en Suisse, du au . Il s'inquiète de la situation des Juifs en Allemagne et notamment des lois et décrets dits de Nüremberg, ne considérant plus comme citoyens allemands les Juifs qui avaient la nationalité allemande. Chaim Weizmann est réélu à la tête de l'Organisation Sioniste Mondiale.

20e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Zurich, du 3 au . Il analyse les résultats de la commission royale britannique Peel concernant le partage de la Palestine.

21e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Genève en Suisse, du 16 au . Il discute du combat contre le Livre Blanc. Le 1er septembre commence alors la Seconde Guerre mondiale.

22e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit à Bâle, du 9 au . Il s'intéresse à l'émigration illégale et à la résistance politique et militaire contre le gouvernement britannique.

23e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit pour la première fois à Jérusalem, du 14 au , après la création de l'État d'Israël ayant eu lieu le . A compter de ce congrès , tous ces derniers se réunissent à Jérusalem. Il discute du rôle de l'Organisation Sioniste Mondiale, de sa relation avec le nouvel Etat hébreu et de l'immigration juive. Sont posées les bases du "Programme de Jérusalem" dont les principes sont : le renforcement de l'État d'Israël, la réunification de la Diaspora en Israël et l'unité du Peuple juif.

24e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit du au . Il siège à l'ombre de la tension et des préoccupations relatives à la sécurité de l'Etat juif, des préparatifs militaires des armées arabes contre Israël et de l'approvisionnement en armes de ces dernières par le bloc communiste. Il redéfinit le rôle du Keren Hayesod.

25e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit du au . S'intéresse aux problèmes relatifs à l'immigration ainsi qu'à la culture et l'éducation en Diaspora. Il définit le cadre des relations entre l'État d'Israël et l'Organisation Sioniste Mondiale.

26e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit du au . Il discute des moyens de sensibilisation des Juifs de Diaspora par rapport à Israël, et de la diffusion de la langue hébraïque.

27e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit du 9 au . Il vote le « Programme de Jérusalem » proposé lors du 23e congrès, et insiste sur la nécessité de la collaboration entre Israël et l'Organisation sioniste mondiale.

28e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit du 18 au . S'intéresse aux problèmes auxquels certaines communautés juives de Diaspora sont confrontées.

29e congrès[modifier | modifier le code]

Se réunit du 20 au . Définit les desseins du sionisme et analyse les problèmes d'éducation des Juifs de la Diaspora et les conditions d'immigration et d'intégration.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 21 février 2019)
  2. A. GRESH, Israël, Palestine: vérités sur le conflit, Fayard, , p. 72
  3. (en) « A look at the Congresses - הארכיון הציוני », sur www.zionistarchives.org.il (consulté le 26 février 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dvora Omer "Une voix appelle dans la pénombre".
  • Yéhoshoua-Eshel Ferbstein "Le premier congrès et la religion".
  • Dov Berkovitch "Vous n'habiterez pas".
  • Dr Mordéhaï Naor "Le journalisme, Herzl et le congrès sioniste". Ed. Et-Mol. 1997.
  • Dr Avigaïl Oren "Voyage sur les pas de Herzl en Terre d'Israël". Ed. de la Histadrut.
  • Matya Kam "Le premier congrès sioniste". Ed. Fonds Avi Haï.
  • Dr Mordéhaï Naor "De Hertzl à Ben-Gourion". Ed. ministère de la défense. 1996.
  • Shlomit Laskov "Qui a rédigé les Protocoles de Sion". Ed. Et-Mol. 1993.
  • Efraïm et Ménahem Talmi "Lexique sioniste". Ed. Maariv. Tel-Aviv 1982.