Saül

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David et Saül (gravure de Julius Kronberg, 1885)

Saül (שאול - Šā’ûl, Sha'ul « Désiré ») est un personnage, fils de Quish de la tribu de Benjamin et du clan de Matri ; il est aussi le premier roi des Israélites en Terre d'Israël, selon la Bible. Son histoire est racontée dans le Premier livre de Samuel. Les archéologues n'ont trouvé aucune trace de l'existence réelle du personnage.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Institution de la royauté[modifier | modifier le code]

Les circonstances et raisons de son élection comme roi par le prophète Samuel sont décrites dans I Samuel 8-12. Samuel se faisait vieux et ses fils n'avaient pas la faveur du peuple pour lui succéder. Comme il souhaitait très peu que la monarchie se développe, Dieu s'adressa à lui pour lui conseiller d'accéder aux demandes de son peuple. Samuel avertit alors les Hébreux des risques générés par un nouveau roi au pouvoir, mais ceux-ci, devant la menace des Philistins, avaient besoin d'un chef pour assurer les combats.

  • Les ânesses de son père s'étant égarées, Saül partit avec un serviteur à leur recherche. Il traversèrent la montagne d'Éphraïm, le pays de Shalisha et le pays de Benjamin jusqu'au pays de Çuph sans les trouver. Comme Saül proposait de rentrer, le serviteur lui suggéra d'aller à la ville consulter un voyant avant de repartir. Ils parvinrent auprès de la maison de Samuel pour demander où trouver le voyant et ce dernier leur annonça qu'il était ce voyant. Dieu avait prévenu Samuel de cette visite et à sa demande, il annonça à Saül qu'il le proclamerait roi. Le lendemain, tel que prévu, Saül reçut trois signes lui confirmant qu'il devait être roi d'Israël. Arrivé chez lui à Gibéa, ces signes s'étaient manifestés à lui le même jour, l'esprit de Dieu fondit sur lui et il comprit qu'on le reconnaissait comme roi.

Mais Samuel convoqua le peuple à Mitzpah pour confirmer son nouveau statut. Saül retourna chez lui pour reprendre ses tâches habituelles. Pour faire face aux Ammonites qui tentaient une invasion, Saül reçut un nouvel appui de Dieu qui incita le peuple à se joindre à lui pour repousser l'ennemi. Saül fut enfin proclamé roi devant le peuple et Samuel put se retirer.

Le règne de Saül[modifier | modifier le code]

Saül hérita donc de la tâche de libérer le pays de la pression des Philistins. Toujours selon le récit du Premier Livre de Samuel, il rassembla une armée forte de 3 000 hommes. Les Philistins avaient posté un camp à Géba. Saül prit deux mille hommes avec lui pour Mikmas (ou Micmas) et dans la montagne de Béthel et mille autres partirent avec son fils Jonathan pour Gibéa au sud de Géba[1]. Jonathan se débarrassa du préfet des Philistins et déclencha une réaction des Philistins contre Israël. Ceux-ci rassemblèrent une armée de trente mille chars (ou trois mille selon les traductions[2]), six mille chevaux et « autant d'hommes que le sable au bord de la mer » pour occuper Mikmas que Saül avait évacué en partant pour Guilgal. Selon le terme commandé par Samuel, Saül s'y terra pendant sept jours avant de faire tout mouvement. Le septième jour, son impatience le poussa à offrir un holocauste, mais Samuel arriva pour le prévenir des conséquences de sa désobéissance en n'attendant pas assez longtemps. Par cette action, Saül allait perdre sa royauté sur Israël. Il constata que ses troupes étaient réduites à six cents hommes quand il partit de Guilgal pour Mikmas contre les Philistins. Jonathan, impatient, organisa avec son écuyer un assaut à l'insu de Saül et de son armée. Ils surprirent et massacrèrent vingt Philistins, ce qui sema le désordre et la terreur chez les ennemis. Tous les Israélites qui avaient déserté Saül se rallièrent à lui pour talonner les Philistins. Jonathan fit cependant l'erreur de violer une interdiction de manger proclamée par son père et ce dernier menaça de l'immoler pour sa désobéissance. Bien qu'il fût reconnu coupable pour son geste, Jonathan fut sauvé par le peuple qui s'opposa à la condamnation. Saül renonça ensuite à poursuivre les Philistins et mit ainsi fin aux conflits, ce qui représenta son second succès militaire.

Le règne de Saül se poursuivit cependant dans la guerre contre plusieurs ennemis dont il sortit toujours vainqueur. La guerre contre les Amalécites est la seule qui soit rapportée en détail. Ces anciens ennemis d'Israël occupaient le territoire au sud et au sud-ouest de la Philistine. À la demande de Samuel, Saül rassembla le peuple contre les Amalécites, mais échoua à exécuter leur roi Agag, ce qui déplut à Yahvé. Saül implora en vain son pardon, car l'esprit de Dieu se détourna de lui. Saül et Samuel se quittèrent pour ne jamais se revoir.

David rencontre Saül[modifier | modifier le code]

Saül tentant de tuer David par Julius Schnorr von Carolsfeld

David fut envoyé à Saül pour lui jouer de la cithare quand l'esprit de ce dernier se troublait et il gagna ainsi la bienveillance du roi. Après un certain temps, il regagna la maison paternelle et reprit son travail de berger pendant quelques années. Les Philistins envahirent une fois de plus le pays et s'installèrent entre Sokho et Azéqa, à Éphès-Dammim. Saül, Abner, son général et ses hommes partirent les affronter et David se joignit à son armée. C'est dans la vallée d'Elah que David terrassa Goliath, le champion des Philistins, un exploit qui fit fuir l'ennemi et assura la victoire aux hommes de Saül. Le roi prit David à son service mais en devint jaloux. Il développa pour le nouveau héros une animosité qui l'incita plusieurs fois à tenter de le tuer, sans toutefois accomplir le geste. Il dit : « Choisissez-vous un homme ! »

La mort de Saül[modifier | modifier le code]

Après quelque temps, les Philistins s'étaient repris et Saül dut encore rassembler ses hommes. Dans l'incapacité de découvrir la volonté de Dieu, Saül consulta la sorcière d'Endor et fut surpris par une communication avec Samuel qui lui apparut. Il fut alarmé des paroles de Samuel et les hommes d'Israël prirent la fuite devant les Philistins. Désespéré face au désastre qui tombait sur son armée, il se jeta sur son épée. Les Philistins trouvèrent Saül et ses trois fils (dont Jonathan) gisant sur le mont Guilboa. Ils lui tranchèrent la tête, les dépouillèrent de leurs armes et les firent parader dans le pays philistin. Ils les déposèrent dans le temple d'Astarté. Ils suspendirent aussi son corps décapité au rempart de Beït-Shéan. les habitants de Yabesh, prévenus de ce qu'il était advenu de Saül et ses fils, partirent chercher les corps, les brûlèrent et les ensevelirent sous le tamaris de Yabesh.

Bibliographie (ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

  • 2004 : Les légendes des Juifs. [5], Josué, les Juges, Samuel et Saül, David, Salomon, Louis Ginzberg, Cerf & Institut A. de Rothschild, Coll. "Patrimoines- Judaïsme, Paris. (ISBN 2-204-07460-8)
  • 2003 : Saül, David, Salomon : la Royauté et le destin d'Israël, Jacques Cazeaux, Cerf, Coll. "Lectio Divina" n°193, Paris.
  • 1999 : Saül, héros tragique de la Bible : étude littéraire du récit de son règne d'après les Livres de Samuel (1S IX-XXXI et 2S I), Robert Couffignal, Lettres modernes Minard, Coll. "Thèmes et mythes" n°19, Paris - Caen. (ISBN 0526-815X)

Références[modifier | modifier le code]

  1. I Sam, XII-XIV et particulièrement XIII, 2:«Deux mille étaient avec Saül à Micmas et dans les montagnes de Béthel; mille étaient avec Jonathan à Guibeah de Benjamin» (trad. Édouard Dhorme)
  2. Trois mille d'après certains manuscrits de l'ancienne version grecque et la version syriaque. Le texte hébreu traditionnel a trente mille chars.[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]