Artisanat marocain

L'artisanat marocain fait référence aux différents produits issus du savoir-faire et de l'héritage culturel marocains. Plus de 660 000 artisans marocains ont été identifiés par le Ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie Sociale[1], dont près de 440 000 sont pré-immatriculés avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale[1],[2]. Environ 300 000 artisans sont inscrits au Registre National de l’Artisanat[3],[4].
Les premiers habitants connus du Maroc, les Berbères, ont été les précurseurs dans le domaine de l'artisanat surtout dans le travail de la laine (tapis), le fer et l'argent (bijoux), les ustensiles divers et l'argile (poterie). Après l'islamisation et la venue des Arabes, d'autres formes d'artisanat se sont développées : travail du cuivre (ustensiles divers, tables), du bois, de l'osier, de l'alfa et de l'argile (poterie).
Cet artisanat couvre pratiquement tout le Maroc et chaque région possède ses propres spécialités, tirées des matières premières qui s'y trouvent en abondance. Mais les villes les plus connues pour leur artisanat sont Fès (cuir, cuivre, argent, or, tissus), Marrakech (cuir, cuivre, tapis), Essaouira (bois, tapis, argent) et Rabat-Salé (poterie). Les régions d'Agadir et du Tafilalet possèdent aussi un artisanat de valeur. Par ailleurs, c'est dans la seule ville de Meknès que l'on peut rencontrer des artisans qui pratiquent la damasquinerie (art de la gravure sur acier qui permet de confectionner vases, bijoux...).
Domaines
[modifier | modifier le code]L'artisanat marocain est très diversifié, il fait appel à plusieurs matières premières telles la laine, le cuir, le bois, l'osier, l'alfa, l'argile, la pierre, le marbre, le cuivre, le fer, l'argent, l'or.

Une des grandes spécialités artisanales du Maroc est le travail de la céramique. Les artisans potiers, dont beaucoup produisent dans la région de Safi (ouest marocain), utilisent la technique de la "double cuisson" : l'argile est d'abord modelé puis cuit une première fois. Il est ensuite peint et le "biscuit" passe une seconde fois au four, ce qui donne un aspect verni aux couleurs. Le produit le plus connu et le plus vendu est le tajine. Si la plupart des tajines peints sont vendus aux Occidentaux et sont d'un usage purement décoratif, la quasi-totalité des familles marocaines possède et utilise quotidiennement un tajine "beldi", c'est-à-dire non décoré et à usage alimentaire.

Les potiers marocains produisent également cendriers, vases, plats, saladiers...
- Le travail de l'argile
- Le travail de l'or
- La poterie
- Le travail du bois
- L'art du tapis
- Le travail du cuir
- La production de l'argent
- Le travail du métal (cuivre, fer et argent surtout) (toreutique[5])
- Le travail de la terre
- Le travail du textile
- La vannerie
- La broderie
- Soin et beauté
Sculpture sur plâtre
[modifier | modifier le code]Mahmoud Bayrem Ettounsi dit en parlant du Maroc : « L’art de la sculpture sur plâtre, notamment sur les surfaces murales appelées communément “Naqsh Hadida”, est exécuté avec une grande maîtrise dans le Royaume du Maroc ». Cette industrie avait disparu en Tunisie, mais le ministre Khayr al-Din l’a ravivée grâce à un artisan marocain expérimenté, qui la transmis à des Tunisiens jusqu’à ce qu’ils en maîtrisent parfaitement les techniques.
Les produits artisanaux nationaux furent ensuite la principale contribution du Maroc à plusieurs expositions internationales en France, à commencer par la deuxième Exposition de Paris en 1285 H / 1867. Le pavillon marocain présentait toutes sortes d’objets rares propres au pays : selles dorées, ceintures ornées, étoffes raffinées, et bien d’autres choses, du plus précieux au plus simple, y compris les zelliges de Fès et les maîtres artisans qui les incrustaient sur place.
Ces produits exposés allient l’art à l’économie industrielle. Mohamed Bayram al-Tunisi dit : « Les Marocains ont une grande maîtrise du commerce, au point que le commerce intérieur du royaume – en dehors des ports maritimes – est entre les mains des autochtones. Ils envoient leurs hommes jusqu’aux confins des royaumes pour y exercer le négoce et maintenir les liens commerciaux avec leur patrie, si bien qu’il est rare de trouver une ville célèbre pour le commerce – en Europe, en Asie ou en Afrique – sans qu’un de leurs marchands n’y soit présent, jouissant de prospérité et de richesse. Ils possèdent un savoir-faire remarquable dans la gestion du commerce, rivalisant avec les Européens. »
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Marie-Rose Rabaté, Parures, bijoux des juifs du Maroc, éd. Mahj, Paris, 1999.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire, « L'artisanat marocain : un héritage vivant en constante évolution », sur mtaess.gov.ma (consulté le ).
- Muriel Girard, « Invention de la tradition et authenticité sous le Protectorat au Maroc : l’action du Service des Arts indigènes et de son directeur Prosper Ricard », sur journals.openedition.org, (consulté le ).
- Baptiste Buob, « Les artisans du patrimoine : regard ethnologique sur les dinandiers de Fès et la patrimonialisation au Maroc », sur hal.science (consulté le ).
- Paul Ricard (dir.), « Les Arts Indigènes », sur cemaroc.com (consulté le ).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Registre national de l’artisanat : 660.000 artisans identifiés », sur Médias24, (consulté le ).
- ↑ « Registre national de l’artisanat : 660.000 artisans identifiés, dont 440.000 pré-immatriculés à la CNSS », sur TelQuel.ma (consulté le ).
- ↑ « Plus de 300.000 inscrits au Registre national de l’Artisanat », sur L'Economiste, (consulté le ).
- ↑ Maghreb Arabe Presse, « Mme Ammor : Plus de 300.000 inscrits au Registre national de l'Artisanat », sur Maroc.ma, (consulté le ).
- ↑ « Les arts, savoir-faire et pratiques associés à la gravure sur métaux (or, argent et cuivre) », sur ich.unesco.org/, (consulté le ).

