Pourim

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Pourim
Pourim à Netanya, en 1935
Pourim à Netanya, en 1935

Nom officiel Pourim (פורים « Sorts »)
Observé par le judaïsme rabbinique et le karaïsme
Signification Fête joyeuse célébrant les évènements décrits dans le Livre d’Esther.
Date 14 adar (ou adar II lors des années embolismiques)
Date 2014 16 mars
Observances Mikra meguila (lecture du Livre d’Esther), mishte vesimha (grand festin), mishloah manot (envoi de colis alimentaires), matanot laèvyonim (dons aux indigents).
Mascarades, libre consommation d’alcool, parades costumées (en Israël), etc.
Lié à Jeûne d’Esther, Chouchan Pourim, Pourim sheni et Pourim katan.

Pourim (hébreu : ימי הפורים Yamîm haPûrîm « Jours des sorts ») est une fête juive d’origine biblique mais d’institution rabbinique, qui commémore les événements relatés dans le Livre d’Esther.

Ceux-ci ont été vécus par les Juifs comme la délivrance miraculeuse d’un massacre de grande ampleur, planifié à leur encontre par Haman l’Agaggite dans tout l’Empire perse au temps de sa splendeur.

La fête est célébrée chaque année à la date du 14 adar (qui correspond, selon les années, au milieu des mois de février ou mars dans le calendrier grégorien).

Aux pratiques traditionnelles, consignées dans le Livre d’Esther et ordonnancées par les Sages de la Mishna, se sont ajoutées diverses coutumes, notamment culinaires avec les hamantaschen et fazuelos, ainsi que des manifestations joyeuses et extravagantes comme l’encouragement à l’ébriété, l’usage de crécelles à l’évocation du nom de Haman ou les mascarades inspirées des carnavals italiens.

Pourim dans les sources juives[modifier | modifier le code]

C’était du temps d’Assuérus, de cet Assuérus qui régnait depuis l’Inde jusqu’en Égypte sur cent vingt-sept provinces

Dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Livre d'Esther.

La fête de Pourim commémore les événements décrits dans le Livre d’Esther, dernier Livre de la Bible hébraïque à avoir été canonisé, dont la rédaction peut être approximativement datée au IVe siècle AEC[1].

Selon ce récit, dont certains jugent l'historicité douteuse[2], le roi Assuérus prend pour femme Esther bat Avihaïl, une belle jeune femme qui tient secrètes ses origines judéennes sur les conseils de son parent Mardochée[3]. Celui-ci sauve le roi d'un complot[4].

Peu après, Haman, fils de Hamedata l'agaggite, monte en faveur auprès du roi[5]. Outré par le fait que Mardochée ne s'incline pas devant lui alors que le protocole établi par le roi l'y oblige, il fait publier au nom du souverain et avec son accord un impôt royal impossible à payer, à prélever sur les Judéens vivant dans les 127 provinces de l'empire achéménide (où vit la quasi-totalité de la population juive de l'époque[6]) ; en cas de non-paiement, ils seront mis à mort et leurs possessions saisies. La date d'application du décret est fixée par tirage au sort (hébreu : פור pour, cf. l'akkadien pûrû) au 13e jour du douzième mois, c'est-à-dire le mois d’adar[7].

Sur l'insistance de Mardochée, Esther vient trouver le roi (au péril de sa vie)[8]. Elle l'invite à un festin avec Haman sans dévoiler ses motifs et les convie à un second festin[9]. Troublé, Assuérus se fait lire les annales royales pour occuper ses insomnies et prend connaissance de sa dette envers Mardochée. Il le récompense par des honneurs devant un Haman dépité[10]. Lors du second festin, Esther dévoile son identité juive et le complot qui vise les siens[11]. Haman est pendu à la potence même qu'il réservait à Mardochée[12] et les Juifs sont autorisés à se défendre contre leurs assaillants[13]. Après un jour de batailles (deux à Suse)[14], les Juifs célèbrent dans l'allégresse ces retournements du sort et une fête est instituée pour les générations à venir[15].

Les innovations de Mardochée, devenu grand vizir du roi, ont une nature davantage sociale que religieuse : en effet, il ne demande pas d'offices de prières ni de retourner en terre d'Israël afin de réaliser quelque offrande mais de faire de grands festins, de s'échanger des colis alimentaires et de faire des dons généreux aux démunis[16].

Dans la littérature rabbinique[modifier | modifier le code]

La fête de Pourim n’est, selon la tradition rabbinique, observée dans un premier temps que par les Juifs de Suse avant d’être généralisée à l’ensemble des communautés juives, lorsque le Livre d’Esther est inclus après de nombreux débats dans le canon biblique par la Grande Assemblée[17].

Son prestige ne cesse dès lors de croître au travers des nombreuses interprétations rabbiniques du Livre d’Esther compilées dans les Talmuds, le Midrash, le Zohar et la littérature médiévale.

Outre de nombreux embellissements, il est rappelé avec insistance que l’histoire apparemment profane et décousue du Livre d’Esther est en réalité le plan d’un Dieu qui agit « en voilant sa face » (hébreu : הסתר פנים Hester panim) et que le nom même de l’héroïne y fait allusion[18]. L’affrontement entre Mardochée et Haman réactualise la lutte perpétuelle que se livrent Israël et Amalek[19], d’autant plus que l’ancêtre de Mardochée, Saül, a indûment épargné l’ancêtre de Haman, Agag[20],[21].

La rédemption de Pourim fait aussi écho à celle qui se produit un mois plus tard, à Pessa'h et, pour cette raison, la fête de Pourim doit être célébrée au quatorzième jour du second et non du premier mois d’adar lors des années embolismiques[22]). À de nombreux égards, les rédemptions de Pessa'h et Pourim sont opposées : les Hébreux d’Égypte sont un peuple sans droit, sauvé par l’intervention directe de Dieu qui les fait sortir d’Égypte alors que les Juifs de Perse sont intégrés à leur nation et trouvent leur salut dans une intervention humaine qui renforce leur présence dans leur pays d’accueil[21]. Cependant, leur conclusion est fortement analogue et Esther 9:27 (« les Juifs reconnurent et acceptèrent pour eux etc. ») répond ou fait suite à Exode 24:7 (« [Moïse] prit le livre de l’Alliance, dont il fit entendre la lecture au peuple et ils dirent : « Tout ce qu’a dit H', nous l’exécuterons et nous l’écouterons » »)[23].

La fête de Pourim est, selon les kabbalistes, comparable à Yom Kippour[24],[25]. Les rabbins avancent même qu’elle sera encore observée aux temps messianiques, alors même que les autres fêtes seront tombées dans l’oubli[26].

Ses ordonnances sont principalement abordées dans le traité Meguila, dixième de l’ordre Moëd qui couvre les lois relatives aux fêtes.

Lecture de la Meguila[modifier | modifier le code]

Effacement du nom de Haman du bois et de la pierre, selon la coutume des Tossafistes, à la synagogue d’Amsterdam, en 1731

La lecture du Livre d’Esther, qui se présente sous la forme d’une meguila (« rouleau »), est érigée en pratique perpétuelle, le 14 adar pour les habitants des petites villes et villages et le 15 adar pour ceux des villes fortifiées à l’époque de Josué[27] (afin de ne pas diminuer le statut de Jérusalem, dont les murailles sont en ruine au temps d’Esther, par rapport à celui de Suse[28]).

Rabbi Yehoshoua ben Levi[29] (ou Bar Kappara[30]) rend la lecture de la Meguila obligatoire pour les femmes car c'est par une femme que le miracle est arrivé ; la lecture doit se faire non seulement la journée du 14 (ou du 15) adar mais aussi la veille de celui-ci[29]. Selon Rabbi Meïr, elle doit être lue dans son entièreté tandis que selon Rabbi Yehouda, elle peut être commencée avec l’introduction de Mordekhaï (Esther 2:5) ou, selon Rabbi Yosse, avec celle de Haman (Esther 3:1)[31] - les codificateurs médiévaux ont retenu la première opinion[32]. Elle peut, théoriquement, être lue dans la langue comprise par le public mais les décisionnaires médiévaux s’opposent à cet usage et imposent l’hébreu[33].

Divers usages apparaissent afin de magnifier le cérémonial de la lecture : le Talmud prescrit notamment d’encadrer la lecture de bénédictions[34] et de lire les noms des dix fils de Haman (Esther 9:7-10) en un souffle afin de faire savoir qu’ils sont morts simultanément (ou, selon une interprétation plus récente, parce qu’il n’est pas agréable aux Juifs d’évoquer la mort, fût-ce de leurs ennemis)[35] On prend l’habitude, dès l’époque des gueonim, de dérouler entièrement la meguila avant sa lecture et de réciter deux, puis quatre versets dits « de rédemption » (Esther 2:5, 8:15-16 & 10:3) à voix haute afin de publiciser le miracle[36]. Quelques siècles plus tard, les Tossafistes de France et de Rhénanie instaurent la pratique de cogner des morceaux de bois sur lesquels est marqué le nom de Haman afin de se conformer au commandement d’effacer le nom d’Amalek, même du bois et de la pierre ; cette pratique évolue pour donner lieu à une cacophonie de sifflements, crécelles et autres manifestations bruyantes à la moindre mention du nom de Haman[37].

La lecture de la meguila est généralement suivie de chants prenant leur source dans les versets du Livre d’Esther et les passages des Talmuds relatifs à Pourim avec, notamment, Chochanat Yaakov, OuMordekhaï yatza, Mishenikhnas adar et Hayav einich[38].

Festin et coutumes de joie[modifier | modifier le code]

Fêtards de Pourim en costume (Philologus Hebræo-Mixtus, 1657).

Les rabbins ayant remarqué que le mishte (festin alcoolisé) figure de manière proéminente dans le Livre d’Esther, en concluent que « le miracle a eu lieu grâce au vin » ; par conséquent, les festins prescrits en fin de Livre doivent être alcoolisés. Rava déclare que « l’on doit « se parfumer » (s’enivrer) à Pourim jusqu’à ne plus pouvoir distinguer « maudit soit Haman ! » de « béni soit Mardochée ! » ». Rabba applique si bien cette règle qu’il « tue » son invité, Rabbi Zeira, lors du festin, avant de le « ressusciter » le lendemain ; invité l’année suivante, Rabbi Zeira décline en faisant remarquer que les miracles ne se produisent qu’une fois[39].

Ce dit suscite de nombreuses interprétations et réactions : Ephraïm ibn Avi Alragan, un décisionnaire marocain du XIe siècle, le considère comme une simple histoire talmudique sans aucune conséquence légale, dont le but est d’encourager à la modération[39] ; Joseph Caro le rapporte au contraire verbatim tandis que Moïse Isserlès, citant Maïmonide à l’appui, prescrit de boire un peu plus que d’habitude et de s’endormir aussitôt car dans cet état, on ne distingue plus entre les deux phrases[40].
Il est aussi à l’origine des premiers chefs-d’œuvre de la littérature parodique juive, dont la Massekhet Pourim ; rédigé au XIVe siècle par Kalonymos ben Kalonymos dans le style du Talmud, ce « traité de Pourim » prescrit de s’enivrer joyeusement et proscrit formellement l’eau[41],[42].

Cette veine extravagante et burlesque se poursuit pendant la journée : le Talmud évoque des « jeux de Pourim » parmi lesquels des sauts au-dessus du feu[43] et, dès le Ve siècle, il est de coutume de réaliser des processions solennelles au cours desquelles Haman est pendu ou brûlé en effigie. Certains voient dans cette coutume l’origine des pièces jouées à Pourim sur les bases desquelles le théâtre yiddish se développe au XVIIIe siècle[44]. Elle se retrouve aussi au Moyen Âge sous une forme différente, à Francfort-sur-le-Main : des maisons de cire sont confectionnées, figurant Haman, son épouse Zeresh, son bourreau et des gardes. La maison, placée sur la bimah (estrade d’où se conduit l’office), est brûlée avec ses occupants dès le début de la lecture de la meguila[45].

En Italie, sous prétexte de célébrer le hester panim[46], l’exécution mi-solennelle mi-burlesque de Haman fait place aux mascarades, introduites vers la fin du XVe siècle sous l’influence des carnavals romains (la fête est d’ailleurs occasionnellement surnommée « le carnaval juif » ou « israélite »[47]). Elles sont progressivement adoptées par l’ensemble des communautés juives[45].

Ces débordements sont diversement accueillis par les chrétiens qui les interdisent par intermittence au cours des siècles, car ils y voient (surtout dans l’exécution de Haman) une parodie détournée de Jésus et de la croix[48].

Ils sont également critiqués par certains rabbins qui tentent de limiter le degré de licence en la matière (Juda Minz se prononce par exemple contre les déguisements transgressant la prohibition biblique du travestissement[49]). Toutefois, c’est l’attitude indulgente qui prévaut[45], d’autant que diverses mesures sont prises pour contrôler le chaos, dont les moindres ne sont pas les autres coutumes de Pourim[21].

Coutumes sociales[modifier | modifier le code]

L’échange de colis et les dons aux indigents deviennent avec le temps l’un des aspects principaux de Pourim[45].

Ils ont pour but, selon Israël Isserlein, une certaine égalisation sociale dans l’accès à la joie en ce jour, transcendant même la barrière entre Juifs et Gentils[50]. Il a aussi été suggéré plus récemment que ces coutumes répondaient trait pour trait aux accusations portées par Haman envers le peuple juif, puisqu’il les déclare dispersés et qu’ils se montrent solidaires[51].

Observance de Pourim dans le judaïsme rabbinique[modifier | modifier le code]

« [Nous te sommes aussi reconnaissants] pour les miracles, la rédemption, les haut-faits, les actes salvateurs, les merveilles, les consolations et les batailles que Tu as faits pour nos pères en ces jours [et] en ce temps, au temps de Mardochée et Esther dans Suse la capitale, lorsque Haman le mauvais s’est élevé contre eux, qu’il a demandé de détruire, tuer et perdre tous les Juifs, jeunes, vieux, femmes et enfants en un jour, le treizième jour du douzième mois qui est le mois d’adar, et de piller leurs biens. Toi, dans Ta grande miséricorde, Tu as anéanti son conseil, corrompu ses pensées et Tu lui as renvoyé son salaire à la figure. On l’a pendu avec ses fils à l’arbre ».

Texte du ’Al Hanissim, bénédiction spécifique de Pourim[52].

La fête de Pourim est célébré depuis le soir du 14 adar au soir du 15, en terre d'Israël comme en Diaspora, dans les villes qui n'étaient pas fortifiées à l'époque de Josué. Les habitants de ces villes fortifiées, dont Jérusalem, célèbrent le Pourim de Suse qui a lieu le jour suivant[53]. Cette situation donne lieu, lorsque le Pourim de Suse a lieu à chabbat, au Pourim meshoulash (« Pourim tripartite »), où les célébrations sont réparties sur trois jours[54].

Bien que les jours de Pourim soient qualifiés de yom tov (Esther 9:19), ils n’ont pas le caractère saint du chabbat ni des autres fêtes bibliques ; il n’y a aucune restriction d’activité et les mariages sont permis[55]. Cependant, les activités professionnelles et, plus généralement, tout ce qui pourrait empêcher de se réjouir en ce jour, sont découragés voire, en certains endroits, restreints[56]. En outre, les marques publiques de deuil sont interdites[57].

Du point de vue rituel, Pourim se distingue par ses quatre prescriptions (mikra meguila, mishte vesimha, mishloah manot, matanot laèviyonim). Du point de vue liturgique, une bénédiction spécifique intitulée Al Hanissim et analogue à celle de Hanoucca est intercalée dans la bénédiction de hoda'a (« reconnaissance [de la majesté divine] ») des prières du soir, du matin et de l’après-midi ainsi que dans la bénédiction qui suit les repas pris le 14 adar, afin de louer Dieu pour les miracles réalisés en faveur des Juifs[58].

Lors des années embolismiques, où un second mois d’adar, dit adar beth ou vèadar est intercalé dans le calendrier, Pourim est célébré le 14e jour de ce second mois[59]. Les 14 et 15 adar du premier mois fait l’objet de quelques manifestations de joie, appelées Pourim katan[60].

À l’approche de la fête[modifier | modifier le code]

La joie que l’on doit manifester à Pourim commence dès l’entrée du mois d’adar[61]. Cependant, les pieux jeûnent le 7 et le 9 adar[62], et le 14 adar lui-même est précédé par le Taanit Esther un jour de jeûne instauré vers le VIIIe siècle en souvenir des Juifs qui se sont rassemblés en ce jour dans l’attente de leurs ennemis[45].

Soir de Pourim[modifier | modifier le code]

Il est d’usage d’accueillir Pourim comme chabbat, avec des habits de fête et une belle table[63]. L’office du soir est précédé par l’offrande d’une somme équivalente à trois fois la moitié de l’unité de monnaie locale - il ne s’agit pas du don aux pauvres, bien que l’argent collecté leur soit souvent redistribué, mais d’une réminiscence de l’impôt du mahatsit hasheqel, autrefois prélevé en adar pour les besoins du culte dans le Temple[64].

Première lecture de la meguila[modifier | modifier le code]

Une crécelle de Pourim (ra'ashan ou gregger), agitée pour couvrir la voix du lecteur de la Meguila lorsqu'il prononce le nom de Haman.

La première lecture de la meguila (hébreu : מקרא מגילה Mikra Meguila) se fait le soir, après l’office de prière[65]. Elle est obligatoire pour tous, hommes et femmes et se fait de préférence à la synagogue[66]. Il est recommandé d’y amener les enfants qui n’ont pas encore atteint leur majorité religieuse, pour autant qu’ils ne perturbent pas (trop) leurs parents lors de la lecture[67].

La lecture se fait dans un rouleau manuscrit (et non dans une édition imprimée) dont les lettres sont toutes lisibles[68]. De nombreuses communautés ont pour coutume de réagir bruyamment à la mention du nom de Haman (elle a ses défenseurs[69] et ses détracteurs[70]). Comme il est obligatoire d’écouter toute la lecture de la meguila, l’officiant marque une pause à ces moments[71]. D’aucuns suivent par précaution la lecture dans leur propre meguila manuscrite (pour autant qu’elle soit conforme et sans fautes)[72].

Bien que la prescription d’écouter la meguila concerne les femmes et que certaines autorités médiévales estiment qu’elles devraient pouvoir la lire, ce n’est pas l’usage, à l’exception de certaines communautés orthodoxes modernes ; la lecture s’y fait toutefois dans un cercle exclusivement composé de femmes[73].

Festin[modifier | modifier le code]

Hamantashen faits maison

Un festin joyeux (hébreu : משתה ושמחה Mishte vesimha) fait suite à la lecture de la meguila. Il est de coutume de le faire précéder par une étude de la Torah ou, à tout le moins, quelques mots afin de lui conférer davantage de dignité (et pour prévenir les excès[74]). Il est si important d’y bien boire et manger que, lorsque Pourim a lieu un dimanche, certaines autorités autorisent à se restreindre sur le troisième repas de chabbat afin de mieux profiter du mishte[75].

La table comprend souvent des plats typiques de la fête, en particulier des pâtisseries triangulaires fourrées (hamantashen chez les ashkénazes, fazuelos chez les séfarades, orrechi d'Aman en Italie etc.), des kreplach (beignets farcis à la viande, au foie ou au poulet servis dans la soupe), et des fèves (car Esther n’aurait, à l’instar de Daniel, mangé que des fèves à la cour du roi Assuérus, afin d’éviter d’enfreindre le code alimentaire des Juifs)[41],[76]. Certains mangent lacté à l’instar de Chavouot, car les Juifs ont accepté la Torah en ce jour[77].

Diverses attitudes se rencontrent quant à la consommation de vin et d’alcools[39], depuis ceux qui estiment qu’il suffit d’être légèrement embrumé et de ne plus pouvoir calculer la valeur numérique de « maudit soit Haman » et « béni soit Mardochée » jusqu’à ceux qui autorisent véritablement de confondre les deux phrases[78]. Tous reconnaissent cependant qu’il est interdit de s’enivrer jusqu’au point de ne plus pouvoir réaliser les prescriptions[25] (comme l’action de grâce après les repas[79]) et d’aucuns découragent aussi l’intoxication chez les individus sensibles pour des raisons d’étiquette[80].

Journée de Pourim[modifier | modifier le code]

Le jour de Pourim doit être joyeux et les manifestations de deuil comme le jeûne ou l’oraison funèbre sont à proscrire[81].

L’office du matin est globalement similaire à celui de la veille, avec intercalation de l’Al Hanissim, lecture de la meguila et festin. À la différence de Hanoucca, on ne récite pas le Hallel car les miracles n’ont pas eu lieu en terre d’Israël et que les Juifs sont restés en Perse ; on ne lit cependant pas non plus le Tahanoun (office de supplications)[82].

Une lecture publique du passage Vayavo Amalek (Exode 17:8-16) est faite avant la lecture de la meguila, afin de souligner le caractère perpétuel de la lutte entre Israël et Amalek ; certains ont coutume de répéter le dernier verset[83]. Le psaume 22 est récité après la lecture de la meguila, car il contient, selon les rabbins, de nombreuses allusions à la reine Esther à l’heure de sa détresse, alors qu’elle s’apprête à se présenter devant le roi[82].

La journée se passe ensuite dans la liesse et l’exubérance, les échanges de cadeaux et les dons aux démunis.

Envoi de colis[modifier | modifier le code]

Mishlohim déposés devant une porte

L'envoi de colis alimentaires (hébreu : משלוח מנות Mishloah manot) incombe à toute personne ayant atteint la majorité religieuse (12 ans pour les filles, 13 pour les garçons), y compris les endeuillés[84]. Il faut, pour s'en acquitter, envoyer au moins deux plats prêts à être consommés à une personne[85] le jour de Pourim même[75] (les femmes envoient aux femmes, les hommes aux hommes[86]).

Dons aux démunis[modifier | modifier le code]

La prescription des dons aux démunis (hébreu : מתנות לאביונים matanot laèvyonim) nécessite de faire un don à deux pauvres au moins ; elle a priorité sur le mishloah manot car la réjouissance des pauvres revêt, selon la tradition, une importance particulière devant Dieu[85].

Comme le mishloah manot, elle concerne les hommes et les femmes[86], les endeuillés[84] et même les pauvres[87]. Il convient de ne pas faire de distinction entre ceux-ci et toute personne prête à accepter le don peut en bénéficier, y compris un non-Juif[87].

Lorsque le 15 adar a lieu un chabbat, ces dons doivent être réalisés avant le chabbat, afin de permettre aux pauvres d'en profiter[54].

Observance de Pourim dans les traditions non-rabbiniques[modifier | modifier le code]

Dans le karaïsme[modifier | modifier le code]

Les Karaïtes, adeptes d'un courant qui reconnaît l'autorité de la Bible hébraïque mais non celle du Talmud en matière de Loi juive, n'ont pas de coutumes unifiées en ce qui concerne les Yemei HaPourim (« jours des sorts »). Ils ont, en vertu de l'interprétation de chacun, lieu ou non à la même date que celle du calendrier rabbinique[88].

La Meguila est lue à la fin des deux chabbat qui précèdent Pourim, ce qui pourrait être une réminiscence de l'ancienne coutume de la lire depuis le début du mois d’adar jusqu'au 15e jour de ce mois[89].

De nombreuses communautés karaïtes auraient célébré les Yemei HaPourim par des jeûnes de deux ou 70 jours en souvenir des persécutions de Haman[90]. Toutefois, les coutumes de l'ancienne communauté cairote semblent avoir été sensiblement similaires à celles de leurs voisins rabbanites : ils la surnommaient Eid Al-Maskharah (« fête de la mascarade ») et confectionnaient des wedan hjmdn (« oreilles de Haman »). Ils avaient par ailleurs coutume d'allumer des cierges en ces jours et les jugeaient propices aux annonces de mariage[91].

Dans le samaritanisme[modifier | modifier le code]

Les Samaritains, adeptes d’un mosaïsme non-juif dont la Bible ne comprend que les six premiers Livres du canon hébraïque, ignorent Pourim, fête nationale judéenne mais non samaritaine[92].

Dans la tradition des Beta Israël[modifier | modifier le code]

Les Beta Israël d’Éthiopie sont les dépositaires d’un judaïsme pré-rabbinique principalement basé sur la Bible, en voie de disparition depuis leur émigration massive en Israël et leur adoption du judaïsme orthodoxe.

Il a longtemps été considéré qu’ils ignoraient la fête de Pourim, n’en réalisant aucune rite alors qu’ils observent un jeûne d’Esther (soma Esther) conforme au texte biblique. Wolf Leslau a cependant démontré que la date de la fête d’Esther était incluse dans leur calendrier et qu’elle était vraisemblablement tombée en désuétude au cours du temps[93].

Interprétations et observances modernes[modifier | modifier le code]

Une scène typique de Pourim, près de Jérusalem

Pourim en Israël[modifier | modifier le code]

Pourim est une fête extrêmement populaire en Israël, dans l’ensemble des secteurs de la population juive. Les colis alimentaires y sont devenus des paniers chargés de victuailles et les mascarades ont pris la dimension de véritables festivals, les Adeloyada (parades costumées à thème), parfois comparées au carnaval de Rio ou au Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans. Inaugurées à Tel Aviv en 1912, elles se sont propagées à d’autres villes depuis[94],[95].

L’accent est fortement mis sur les enfants, autorisés à venir en déguisement à l’école dans les jours qui précèdent Pourim[94] Des comptines ont également été composées pour eux, parmi lesquelles Hag Pourim, composé par Levin Kipnis sur une mélodie traditionnelle[96], Leitzan katan ne'hmad de Sarah Levi Tanai[97], Ani Pourim de Levin Kipnis et Nahoum Nardi[98] etc.

Pourim et le solstice d'hiver[modifier | modifier le code]

Les nombreuses difficultés chronologiques posées par le Livre d’Esther ont amené certains à douter de son authenticité et à y voir un prétexte pour justifier l’adoption de pratiques non-israélites[2].

L’histoire de Pourim présente en effet de grandes ressemblances avec les romans persans et ses coutumes sociales extravagantes rappellent les célébrations du solstice d’hiver, dont les Sacaea babyloniens et le Norouz iranien : on y célèbre la victoire du nouvel an sur l’ancien en élisant une reine d’un jour, en distribuant des dons aux pauvres et en s’adonnant à diverses extravagances[99],[100].

« Anti-Pourim »[modifier | modifier le code]

L’histoire et le thème de Pourim étaient bien connus du régime nazi : au lendemain de la Nuit de Cristal, Julius Streicher présente ce pogrom comme un acte d’autodéfense car les Juifs auraient massacré le peuple allemand aussi sûrement qu’ils avaient « charcuté 75 000 Persans »[101]. De même, dans le cadre des aktions menées les jours des fêtes juives afin d'en faire des jours de deuil et d'en nier jusqu’aux fondements, dix Juifs sont pendus à Pourim en 1942 à Zduńska Wola pour « venger les dix fils de Haman »[102].
Conscient d’être considéré comme l’« archi-Haman[103] » voire le « nouvel Amalek[104] », Hitler déclare le 30 janvier 1944 que si l’Allemagne est vaincue, les Juifs pourront célébrer un « second Pourim » ; de même, quelques secondes avant d’être pendu, Julius Streicher s’exclame « Purim Fest 1946 ! »[105].

En janvier 2011, le régime de Mahmoud Ahmadinedjad aurait fait déclasser les mausolées supposés d’Esther et Mardochée où les Juifs d’Iran, qui se considèrent comme les descendants d’Esther, se rendent traditionnellement en pèlerinage à Pourim[106] ; il aurait ordonné que le site soit converti en « mémorial pour les victimes d’Esther et Mardochée » et que la fête de Pourim soit renommée « festival juif du massacre des Iraniens »[107].

Seconds Pourim[modifier | modifier le code]

L’association de Pourim à la délivrance miraculeuse mais discrète se maintient au travers les âges. C'est ainsi que naissent les Pourim sheniim (« seconds Pourim »), célébrations locales voire familiales d'évènements perçus comme une rescousse divine. Ils donnent parfois lieu à des rites de la même nature que Pourim comme la lecture synagogale d’une meguila composée pour l’occasion. La plupart tombent en désuétude mais quelques-uns sont encore observés de nos jours[108].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. NIV Study Bible, Introductions to the Books of the Bible, Esther, Zondervan, 2002
  2. a et b (en) Emil G. Hirsch, John Dyneley Prince & Solomon Schechter, « Esther », sur Jewish Encyclopedia,‎ 1901-1906
  3. Esther 2:8-17
  4. Esther 2:21-23
  5. Esther 3:1
  6. Cf. Gugenheim 1992, p. 141
  7. Esther 3:5-15
  8. Esther 4:1-5:3
  9. Esther 5:4-8
  10. Esther 6:1-12
  11. Esther 7:1-3
  12. Esther 7:9-10
  13. Esther 8:1-11
  14. Esther 9:16-17
  15. Esther 9:18
  16. Esther 9:22, cf. Jewish Encyclopedia 1906
  17. T.B. Meguila 7a
  18. T.B. Houllin 139b, cf. Gugenheim 1992, p. 141-142
  19. Cf. Mishna Meguila 3:4 & T.B. Meguila 31a
  20. Tanna Devei Eliyahou, Seder Eliyahou Rabba, ch. 20 & Targoum Sheni 4:13
  21. a, b et c Cf. (en) « Purim Themes and Theology », sur My Jewish Learning (consulté le 28 juin 2011)
  22. T.B. Meguila 6b ; cf. Minhaggei Maharash MeNeustadt (édition Elfenbein, New York 1938), chap. 134
  23. T.B. Chabbat 88a & Mordekhaï sur Baba Kamma ix., cf. Jewish Encyclopedia 1906
  24. Tikkounei Zohar 57, cf. Encyclopedia Judaica 2008
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  34. Cf. T.B. Meguila 21b
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  36. Teshouvot Hagueonim Ha'hadashot (édition Emmanuel, 1995), n°65, au nom de Saadia Gaon, Siddour, p. 369 & Sefer Kol Bo, chapitre 45, cf. Jewish Encyclopedia 1906 & Encyclopedia Judaica 2008
  37. Rem"a sur C.A. O.H. 490:17, citant le Sefer Aboudraham et cité par Jewish Encyclopedia 1906
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  41. a et b Encyclopedia Judaica 2008
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  50. C.A. O.H. 494:3, cf. Jewish Encyclopedia 1906
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  102. (en) Arthur A. Cohen et Paul R. Mendes-Flohr, 20th Century Jewish Religious Thought: Original Essays on Critical Concepts, Movements, and Beliefs, Philadelphia, Jewish Publication Society of America,‎ 2009 (ISBN 978-0827608924), p. 948
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  106. Cf. (en) Parvaneh Vahidmanesh, « Sad fate of Iranian Jews », sur Payvand (consulté le 29 juin 2011)
  107. (en) A. Joffe, « Cyrus, Ahmadinejad, and the Politics of Purim », sur Jewish Ideas Daily (consulté le 29 juin 2011)
  108. (en) Encyclopedia Judaica, Purims, special,‎ 2008 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]