Chien viverrin

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Chien viverrin

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Un chien viverrin (Nyctereutes procyonoides)
à Kurikka, en Finlande.

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Canidae
Genre Nyctereutes

Nom binominal

Nyctereutes procyonoides
(Gray, 1834)

Répartition géographique

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Répartition du chien viverrin :

     /    Zone d'origine

     /    Zone d'introduction

     /    Zone où il est inexistant

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides), également connu sous le nom japonais de tanuki, est une espèce de mammifère carnivore qui ressemble à un raton-laveur mais qui appartient à la famille des canidés dont il est le seul représentant à hiberner. C'est la seule espèce actuelle du genre Nyctereutes.

Ce canidé à la morphologie trapue est davantage un opportuniste alimentaire qu'un réel prédateur. Charognes, œufs, insectes, oisillons, escargots, petits rongeurs, grenouilles et même crapauds au venin desquels il semble résister, constituent l'essentiel de son régime alimentaire enrichi toutefois de quelques végétaux type baies ou champignons. Durant l'automne, le poids du viverrin augmente considérablement afin de lui permettre de constituer des réserves pour l'hibernation. Cependant, l'hibernation n'est pas systématique puisqu'elle dépend de la température. Si celle-ci ne descend pas au-dessous de -5 °C, ils peuvent rester actifs ou ne s'endormir que pour quelques jours. De mœurs principalement nocturnes, ce sont des animaux plutôt discrets et solitaires et l'on n'observe pas de structure sociale aussi élaborée que chez d'autres canidés, bien que certains individus apprécient la présence de leurs congénères.

Originaire de l'Asie de l'Est, le chien viverrin a été élevé intensivement pour sa fourrure en Europe et en Russie notamment pendant le XXe siècle. Des spécimens se sont échappés ou ont été introduits pour augmenter la production et ont formé depuis des populations dans l'Europe de l'Est. Il est actuellement en pleine expansion dans le reste de l'Europe, où sa présence est indésirable car il est considéré comme une espèce nuisible et invasive.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Un spécimen au zoo de Ueckermünde, en Allemagne.

Le chien viverrin est un canidé au corps longiligne, avec de courtes pattes et un pelage épais aux poils longs et soyeux. Chez l’adulte, la longueur tête et corps varie de 80 à 110 cm, auquel il faut ajouter une queue de 15 à 25 cm. La hauteur au garrot avoisine 35 à 40 cm. Le chien viverrin est le seul canidé à posséder un masque facial sombre. Il ressemble au raton laveur et au loup par sa silhouette, son masque facial et ses poils longs. Cependant, son masque facial est interrompu au niveau du nez alors qu'il est continu chez le raton laveur et sa queue courte est de couleur unie, contrairement au raton laveur dont la queue est longue et annelée. Son poids varie en fonction du sexe, de l’âge et des saisons et oscille entre 4 et 6 kg en été et entre 6 et 10 kg en hiver. Il existe également un chat viverrin.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Originaire d'Extrême-Orient, jusqu'au début du XXe siècle son aire était limitée à l’Asie de l'Est et couvre la région de l’Amour-Oussouri en Russie, la Corée, la Chine orientale, le Japon et le nord de l’Indochine.[réf. nécessaire]

Situation en Europe[modifier | modifier le code]

Introduction en ex-URSS[modifier | modifier le code]

Entre 1928 et 1955, plus de 9 000 sujets, ont été lâchés dans la partie européenne de l’ex-Union soviétique en vue d’y augmenter la production de fourrures. En effet, la fourrure de cet animal était très prisée et servait en particulier à produire des vêtements pour l'armée soviétique. Les premières introductions ont eu lieu en 1928 en Ukraine, suivies d'autres expériences d'introduction dans le milieu naturel, dans les régions européennes et quelques régions asiatiques de l’ancienne URSS, depuis la Carélie jusqu’en Moldavie en passant par la Baltique, la Biélorussie et l’Ukraine, ainsi que dans des secteurs de la Russie, le Caucase, le Kazakhstan et l’île de Sakhaline en Asie extrême-orientale. Dans les années 1940–1950, l'élevage du chien viverrin s'est intensifié en URSS, en particulier en raison des besoins importants de l'armée rouge au cours de cette période. Des animaux échappés de ces élevages sont alors venus renforcer les populations sauvages. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les besoins en fourrure n'étant plus si importants, de nombreux élevages ont fermé et les animaux furent lâchés. Plus de 9 000 animaux furent lâchés entre 1948 et 1955[1].

Expansion en Europe[modifier | modifier le code]

L’espèce connut alors une rapide expansion vers le nord, le centre, et l’ouest de l’Europe. Les premiers spécimens observés dans les pays limitrophes l'ont été en Finlande, au milieu des années 1930. L'animal a ensuite colonisé l'Europe de l'Ouest.

Expansion du chien viverrin en Europe, par décennie
Décennie Observations
1920 - 1930 Introduction en Ex-URSS.
1930-1940 Poursuite des lâchers en ex-URSS. Premières observations en Finlande.
1940 - 1950 Élevage et lâchers importants en ex-URSS. Observations en Suède et Slovaquie (ex-Tchécoslovaquie).
1950 - 1960 Observations en Roumanie et Pologne.
1960 - 1970 Observations en Bohème et Moravie (ex-Tchécoslovaquie),

Allemagne de l'Est et de l'Ouest, Autriche, Hongrie et Bulgarie.

1970 - 1980 Observations en France et ex-Yougoslavie.
1980 - 1990 Observations en Norvège et aux Pays-Bas
1990 - 2000 Observations en Suisse et au Luxembourg.
2000 - 2010 Observations dans les Alpes Carniques, Italie (2005). Découverte d'un chien viverrin mort près de Maienfeld dans les Grisons en Suisse (juin 2009). Il s'agit de la 6e observation effectuée en Suisse.

Découverte d'un chien viverrin mort en Belgique (avril 2010)[2]

Entre 1935 et 1984, le chien viverrin a colonisé 1,4 million de kilomètres carrés de territoire[3]. Il est aujourd'hui jugé fréquent dans les régions situées en Russie, dans le sud de la Finlande, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Biélorussie, en Ukraine, en Moldavie, dans le nord et l’est de la Pologne et dans l’est de la Roumanie. Son expansion s'est ralentie dans les années 1970, en raison du manque d’habitats appropriés et du fait également d'un taux de mortalité élevé (chasse, capture et accident avec des automobiles). Cependant, au cours des années 1990, un regain d’expansion a été enregistré en Allemagne, mis en évidence par une augmentation très sensible du nombre d'animaux tués par les chasseurs[4]:

Nombre de chiens viverrins tués par la chasse en Allemagne
Saison de chasse Nombre d'animaux tués
1991/1992 12
1994/1995 204
1997/1998 1 735
2000/2001 7 161
2003/2004 18 634

Situation de l'espèce en France[modifier | modifier le code]

En France, le premier signalement certain a été recueilli en 1975 en Moselle, à Schwerdorff, localité frontalière avec l’Allemagne. Une enquête de 2005[5] a permis de recenser 74 observations détaillées, dont 15 sur la base de dépouilles, crânes et clichés. Ces mentions proviennent de 11 départements dont 7 dans l'Est du pays. Des cas de reproduction in natura ont été enregistrés en Haute-Saône. La répartition hétérogène de ces observations dans l'espace et dans le temps suggère deux scenarii à l'origine de la présence de l'espèce sur le territoire français. Les observations réalisées dans l'Est du pays (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Saône et Vosges) correspondraient pour l'essentiel à des individus provenant des proches populations allemandes. Celles réalisées dans les départements éloignés de cette frontière correspondraient à des individus évadés de parcs zoologiques ou de chez des particuliers, l'espèce étant réputée ne pas réaliser de déplacements sur de longues distances.

Les observations de chiens viverrins restent, en France, encore marginales et ne laissent pas pressentir une installation durable avec une population importante. Observés sur le territoire depuis les années 1970, particulièrement en Alsace et en Lorraine, et bien que les conditions naturelles leur soient plutôt favorables, les effectifs de ces animaux ont peu progressé en 30 ans en France. Cependant, un arrêté du 30 septembre 1988 intègre le chien viverrin dans la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles par arrêté préfectoral. Certaines préfectures prennent effectivement des mesures en ce sens[6]. Le développement des populations de chiens viverrins, en France, semble suspendu à l'évolution de l'espèce en Allemagne de l'Ouest.

Exploitation de la fourrure du chien viverrin[modifier | modifier le code]

La fourrure du chien viverrin est très demandée pour sa qualité. Intensivement chassé au Japon, mais surtout en Russie, l'élevage de chiens viverrins pour leur fourrure a commencé en 1928. A partir des années 40, on leur a préféré l'élevage de renard roux, plus cher[7]. Il est toujours chassé au Japon où il représente 11% des animaux tués[8]. Une étude de 2004 montre que l'élevage de chiens viverrins pour leur fourrure atteignait 1,5 millions d'animaux[9].

Les chiens viverrins sont souvent élevés dans des conditions épouvantables, comme tous les animaux à fourrure : gardés dans des cages inadaptées, trop petites, battus, dépecés vivants... En 2011, une vidéo[10] montrant l'horreur de cette production de fourrure a choqué l'opinion publique internationale, mais la situation a peu évolué depuis. Le chien viverin est aussi élevé pour sa fourrure en Russie. De plus, l'importation de fourrure de chiens et chats est interdite en Europe[11], l'importation de fourrure de chiens viverins est donc illégale, ce qui conduit à des étiquetages mensongers des produits en fourrure. Les associations de défense des animaux ont prouvé qu'on retrouve facilement du chien viverrin en Europe, notamment dans les boutiques de mode de Londres, ou sous forme d'objets de décoration étiquetés fausse fourrure[12].

Le tanuki, chien viverrin mythique au Japon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tanuki.

Le tanuki est, dans la mythologie japonaise, l'un des yōkai (esprits) de la forêt, inspiré du chien viverrin auquel les Japonais attribuent des pouvoirs magiques. Maître des déguisements, il est réputé pouvoir changer de forme à volonté. Les tanukis sont souvent représentés avec un chapeau de paille, une gourde de saké, un ventre rebondi qu'ils utilisent comme un tambour et des testicules de grande taille. Symbole de chance et de prospérité, ils sont présents dans l'art et les contes japonais depuis le Moyen Âge.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nowak & Pielowski, 1964 ; Heptner & Naumov, 1974 ; Nowak, 1974, 1984 et 1993
  2. http://www.lalibre.be/toutelinfo/belga/130301/un-chien-viverrin-espece-interdite-en-belgique-retrouve-mort-a-oostmalle.html
  3. E. Nowak, « Verbreitungs- und Bestandsentwicklung des Marderhundes, Nyctereutes procyonoides » (Gray, 1834) in Europa, publié dans Zeitschrift für Jagdwissenschaft, volume 30, numéro 3, septembre 1984, aux éditions Springer (Berlin/Heidelberg), p. 137-184.
  4. François Léger et Sandrine Ruette, « Le chien viverrin en France », Faune Sauvage no 269, novembre 2005.
  5. F Léger S Ruette, 2005
  6. Des arrêtés préfectoraux de Moselle (http://www.moselle.pref.gouv.fr/demarches_administratives/d_a_div_arr_nuisible.pdf) le déclarent nuisible compte tenu de son origine exogène, de sa présence déjà constatée antérieurement et des déséquilibres que l'introduction de cette espèce est susceptible d’engendrer dans la faune locale ainsi que de sa capacité à propager des maladies dans la mesure où l’espèce tend à coloniser le territoire départemental, et national, par un déplacement d’est en ouest.
  7. (en)Vladimir Georgievich Geptner, A. A Nasimovich, Robert S Hoffmann, Andreĭ Grigorʹevich Bannikov, A. A Sludskiĭ, Mammals of the Soviet Union, Vol. II, Part 1a, Sirenai and Carnivora (Sea cows; Wolves and Bears), Smithsonian Institution Libraries and National Science Foundation, 1998, (ISBN 1-886106-81-9).
  8. (en)Quality of the Environment in Japan 1995, section 6 "The Status of the Diversity of Wildlife", The Status of Wildlife Resources (rapport annuel du ministère japonais de l'Environnement).
  9. [PDF]Fun Fur ? A report on the Chinese fur industry, Care for the Wild, p.3.
  10. Christophe Marie de la Fondation Brigitte-Bardot, Des animaux dépecés vivants pour des bottes fourrées : ne l'acceptons pas, Le Plus, Le Nouvel Observateur, 6 octobre 2011.
  11. Résolution législative du Parlement européen du 19 juin 2007 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil interdisant la mise sur le marché, l'importation dans la Communauté et l'exportation depuis cette dernière de fourrure de chat et de chien et de produits en contenant (COM(2006)0684 – C6-0428/2006 – 2006/0236(COD)), Parlement européen.
  12. [PDF]The Gory Fur Trail from China to the UK, Care for the Wild.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]