Rocky Raccoon

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Rocky Raccoon est une chanson des Beatles, composée par Paul McCartney bien que créditée Lennon/McCartney. Composée au début de l'année lors du séjour des Beatles en Inde, elle paraît le 22 novembre 1968 sur l'« album blanc ». Elle raconte l'histoire d'un cow-boy des Black Hills, en quête de vengeance après s'être fait voler sa petite amie.

Composition[modifier | modifier le code]

Vue sur les Black Hills
Rocky Raccoon, cow-boy inventé par McCartney, est originaire des Black Hills.

Paul McCartney compose Rocky Raccoon à Rishikesh début 1968, lors du séjour des Beatles en Inde. Assis sur un toit avec John Lennon et le chanteur écossais Donovan, il gratte quelques accords et improvise l'histoire de celui qui s'appelle encore « Rocky Sassoon ». McCartney le rebaptise plus tard « Rocky Raccoon », pour sonner plus cow-boy, car il s'agit bien d'une chanson sur un thème de western[1]. Sur fond d'humour et de parodie pince-sans-rire du genre, Paul McCartney raconte l'histoire de Rocky Raccoon, le personnage principal, et d'une fille prénommée Magill[2].

Avant d'entonner le chant à proprement parler, Paul McCartney commence par réciter un texte introductif résumant le contexte de l'histoire. Il s'agit de Rocky Raccoon, un jeune garçon des Black Hills dans le Dakota, dont la petite amie s'est enfuie avec un autre, non sans l'avoir frappé juste avant. Rocky décide de se venger, et se prépare dans une chambre du saloon de la ville du coin[3]. « Je ne sais rien des Appalaches, des cow-boys ou des Indiens. Je me suis contenté d'inventer. », explique McCartney[4].

C'est à ce moment que McCartney commence à chanter et attaque le premier couplet. Dans sa chambre, Rocky Raccoon ne trouve qu'une Bible de Gédéon (Gideon's Bible). Finalement, il s'arme d'un revolver et provoque son rival, « Daniel », en duel. Cependant, comme le dit la chanson, « Daniel est le premier à dégainer et tirer, et Rocky s'écroule dans un coin »[3]. La narration cesse pour laisser place au solo de piano, et le médecin arrive à l'entame du second couplet. « Puant le gin », ce docteur aurait été inspiré d'un vrai médecin que Paul McCartney a connu quelques années plus tôt lors d'un accident de mobylette[1].

Au dernier couplet, Rocky Raccoon retourne dans sa chambre, « où il ne retrouve que la Bible de Gédéon ». Les deux derniers vers de la chanson révèlent à ce propos un sens caché : il ne s'agit pas d'une Bible éditée par les Gédéons, elle a en fait appartenu à quelqu'un se prénommant comme ça. Paul McCartney explique : « J'aime ce passage, lorsqu'il trouve la bible et pense qu'un type nommé Gideon a dû la laisser là pour le suivant. J'aime l'idée que Gideon est un personnage[2]. »

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Rocky Raccoon est enregistrée en une seule session le 15 août 1968 aux studios EMI. Cette chanson fait partie de celles où George Martin, le producteur des Beatles, joue d'un instrument, en l'occurrence un solo de piano honky tonk. La chanson est terminée en dix prises, incluant les overdubs, mais il a fallu un certain temps à Paul McCartney pour finaliser les paroles, qui ont évolué au gré de l'enregistrement. Il tente ainsi plusieurs vers qui ne figurent pas dans la version finale de la chanson (« Roll over, Rock...he said ooh, it's OK doc »)[5].

Une version alternative de la chanson est présente sur la compilation Anthology 3, et témoigne de l'évolution des paroles, où Rocky Raccoon n'est pas encore issu des Black Hills du Dakota, mais d'une petite ville du Minnesota. Le texte introductif de la chanson, récité par McCartney, est lui aussi significativement différent de la version finale[2] :

« Rocky Raccoon, he was a fool unto himself

And he would not swallow his foolish pride
Mind you, coming from a little town in Minnesota
It was not the kind of thing that a young guy did

When a fella went and stole his chick away from him. »

La chanson est remixée en mono le soir du 15 août[5].

Interprètes[modifier | modifier le code]

source[6]

Publication[modifier | modifier le code]

Rocky Raccoon paraît le 22 novembre 1968 sur le double album The Beatles (« l'album blanc »), sur le label Apple Records[7]. Elle est placée sur la seconde face du premier disque, entre le Piggies de George Harrison et le Don't Pass Me By de Ringo Starr.

Dans une chronique de l'album, Ian MacDonald range Rocky Raccoon parmi les chansons « les moins tolérables » de l'opus, dans la catégorie des titres « reposant sur des blagues qui s'essoufflent vite », à l'instar de The Continuing Story of Bungalow Bill ou Wild Honey Pie[8].

Reprises[modifier | modifier le code]

Rocky Raccoon est reprise dès 1968 par Ramsey Lewis sur Mother Nature's Son. On dénombre aussi des reprises de Richie Havens, Phish, ou Maureen McGovern[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Steve Turner, p. 161
  2. a, b et c (en) Rocky Raccoon sur beatlesbible.com. Consulté le 8/11/2011
  3. a et b (en) Paroles de Rocky Raccoon, sur stevebeatles.com. Consulté le 11/03/2011
  4. (en) Interview de Paul McCartney - Rocky Raccoon, sur beatlesinterviews.org. Consulté le 11/03/2011
  5. a et b Mark Lewisohn, p. 149
  6. Ian MacDonald, p. 308
  7. Tim Hill, p. 332
  8. Ian MacDonald, p. 342
  9. (en) Reprises de Rocky Raccoon, sur secondhandsongs.com. Consulté le 11/03/2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tim Hill, The Beatles : Quatre garçons dans le vent, Place des Victoires,‎ 2008 (ISBN 978-2-84459-199-9)
  • Collectif (Mojo), The Beatles, 1961-1970 : Dix années qui ont secoué le monde, Éditions de Tournon (ISBN 2-914237-35-9)
  • Steve Turner, L’intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ 1995 (ISBN 2-258-04079-5)
  • (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions : The Official Story of the Abbey Road Years, 1962-1970, Londres, Hamlyn-EMI,‎ 1988 (ISBN 0-600-55784-7)
  • (en) Ian MacDonald, Revolution in the Head, Londres, Pimlico,‎ 2005 (ISBN 1-8441-3828-3)