Queue (anatomie)

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La traîne d'un paon est constituée de plumes sus-caudales tandis que les vraies plumes caudales sont plus courtes et servent à maintenir la roue déployée[1].

La queue, appelée aussi appendice caudal, est un appendice que possèdent la plupart des vertébrés, à l'exception de l'homme, des amphibiens anoures et gymnophiones et quelques poissons (poisson-lune). Elle s'attache au niveau des hanches des animaux, et est située après l'anus.

Du point de vue de l’anatomie, la queue est le prolongement de la colonne vertébrale et correspond à l’ensemble des vertèbres caudales libres situées après le bassin.

Anatomie[modifier | modifier le code]

La queue est le prolongement de la colonne vertébrale, et est généralement composée de vertèbres plus ou moins mobiles et parfois soudées entre elles. Le record dans le monde animal est détenu par le pangolin et le Tégu commun qui ont 50 vertèbres caudales[2].

Chez les invertébrés[modifier | modifier le code]

Ici, par exemple, la queue est un moyen de défense (scorpion)

Le terme queue désigne également l'appendice de certains arthropodes, comme par exemple les scorpions ou les crevettes. Bien qu'ils aient une apparence caudale, ces appendices ne sont pas de véritables queues car ils n'ont pas de vertèbres caudales.

Les prolongements filiformes au bas de chaque ailes postérieures des imagos des lépidoptères, c'est-à-dire des papillons, de la famille des Papilionidae sont appelées d'une manière impropre, « queue ».

Chez les vertébrés[modifier | modifier le code]

La queue chez les tétrapodes (amphibiens, reptiles, oiseaux etmammifères) correspond à la régionalisation du squelette axial. Chez les poissons et les tétrapodes marins, la queue intervient dans la propulsion aquatique. Avec la sortie des eaux, la queue garde une fonction dans la locomotion (cas des oiseaux) et en acquiert de nouvelles (communication, préhension, équilibre, défense)[3]

Oiseaux[modifier | modifier le code]

On parle fréquemment de queue chez les oiseaux pour désigner l'ensemble des plumes du postérieur de ces animaux appelées rectrices. Ces plumes sont en général mobiles, et aident aux manœuvres de vol. Anatomiquement parlant, les oiseaux ont queue très raccourcie comprenant quatre vertèbres caudales libres et les trois ou quatre dernières vertèbres soudées en un seul os, le pygostyle[4].

Poissons/mammifères marins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nageoire caudale.

Reptiles[modifier | modifier le code]

La queue des reptiles est généralement bien développée, et a plusieurs usages selon l'espèce. Chez les crocodiliens, elle sert principalement d'organe de propulsion dans l'eau, et est aplatie verticalement. Les iguanes et les varans l'utilisent pour se défendre (à la manière d'un fouet), mais aussi pour grimper et nager. Elle peut également servir de balancier pour garder l'équilibre durant la course ou les sauts, ainsi que de réserve de graisse. Certains reptiles ont la capacité de perdre une partie de leur queue volontairement, phénomène appelé autotomie.

Du point du bue morphologique, la queue conique des serpents est peu distincte du tronc mais peut se repérer car elle est située après la fente cloacale. Du point de vue anatomique, la colonne vertébrale est constituée de vertèbres troncales auxquelles sont attachées une paire de côtes. Ces côtes sont absentes ou limitées aux premières vertèbres caudales[5].

Amphibiens[modifier | modifier le code]

La présence ou l’absence de queue est un caractère de diagnose pour distinguer les deux principaux ordres modernes d'amphibiens : les anoures (littéralement « sans queue » : grenouilles et crapauds), les urodèles (littéralement « à queue visible » : tritons et salamandres).

Queue humaine[modifier | modifier le code]

Queue de l'embryon humain.

Les embryons humains possèdent une queue qui fait environ un sixième de leur taille. Pendant le développement de l'embryon en fœtus, la queue se résorbe dans le corps en croissance. Ce développement d'une queue est en fait chez l'homme une structure résiduelle. Dans des cas assez rares un enfant naît porteur d'une « queue molle », qui ne contient aucune vertèbre, mais seulement des vaisseaux sanguins, des muscles, et des nerfs, bien qu'un très petit nombre de cas documentés fassent état de queues contenant du cartilage ou jusqu'à cinq vertèbres. Les techniques modernes permettent aux médecins d'éliminer cette queue à la naissance. La plus longue queue humaine attestée a appartenu à un garçon de douze ans qui vivait dans l'ancienne Indochine française ; elle mesurait 229 millimètres. Un nommé Chandre Oram[6],[7], né en Inde, est célèbre pour sa queue qui faisait 330 millimètres, mais on pense qu'il ne s'agissait pas d'une vraie queue mais d'un cas de spina bifida.

Les humains possèdent un os caudal – le coccyx – fixé au bassin, là où d'autres mammifères ont une queue. Cet os caudal est constitué de vertèbres soudées, quatre habituellement, à l'extrémité de la colonne vertébrale. Il ne dépasse pas à l'extérieur, mais a une fonction anatomique : c'est un point d'attache pour des muscles comme le gluteus maximus.

Fonctionnalités[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Queue préhensile.
L' Alopex lagopus (renard arctique) dort enroulé dans sa queue comme dans une couverture pour se protéger du froid.

La plupart des vertébrés possèdent une queue plus ou moins développée. Malgré tout, certains animaux n'en possèdent pas comme l'homme, le gorille, le capybara ou encore certains mammifères marins.

La taille, la mobilité et la force de la queue varient selon les espèces.

Chez certaines espèces, la queue est préhensile et permet de s'accrocher aux branches pour aider aux déplacements (chez certains singes et certains geckos). Chez d'autres espèces, la queue participe à l'équilibre du corps (les félins et les kangourous par exemple) ou à la motricité (chez les crocodiles, la queue aide à la nage).

Chez certains reptiles (en particulier les lézards), la queue peut être séparée du corps volontairement (autotomie) comme mécanisme de défense. Des muscles spécialisés permettent de séparer les vertèbres selon des lignes de découpe pré-déterminées. La queue continue d'être agitée de spasmes, occupant le prédateur pendant que le reptile prend la fuite. La queue peut en général repousser, mais cette capacité peut être partielle ou limitée.

Chez d'autres animaux et plus particulièrement chez les oiseaux, elle est un ornement de séduction sexuel comme chez le paon et chez d'autre espèces un simple caractère sexuel secondaire comme chez les tortues marines.

Chez certains animaux comme les poissons et les mammifères marins, elle est appelée nageoire caudale (ou palette pour les mammifères) et leur permet de se propulser dans l'eau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L. Delapchier, Les oiseaux du monde, Éditions N. Boubee,‎ 1959, p. 98
  2. (en) Herbert Wilbur Rand, The Chordates, Blakiston,‎ 1950, p. 587
  3. Paul Pirlot, Morphologie évolutive des Chordés, Les Presses de l'Université de Montréal,‎ 1969, p. 272
  4. Lucien Cuénot, L'évolution biologique, Masson,‎ 1951, p. 58
  5. Jean-Philippe Chippaux, Venins de serpent et envenimations, IRD Editions,‎ 2002, p. 34
  6. (en) Chandre Oraon, Man With Tail, Worshipped As God
  7. (pt) A Pessoa com o Maior Rabo do Mundo

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]