Simulation (programme nucléaire)

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Simulation est le nom d'un programme nucléaire de défense française entre 1996 et 2010 qui consiste à réaliser des simulations d'essais nucléaires.

L'arrêt des essais nucléaires suivi de l'adhésion de la France au Traité d'interdiction complète des essais nucléaires en 1996, entraîna une rupture dans l’histoire de la mise au point des armes nucléaires en France. Cette évolution majeure est la création du programme Simulation, qui doit permettre d'assurer la continuité de la capacité scientifique et technique nécessaire pour garantir sur le long terme la sûreté et la fiabilité des armes de la force de dissuasion. Simulation est conduit par la Direction des applications militaires (DAM) du Commissariat à l'Energie Atomique.

Pour ce faire, le CEA a développé trois outils de très haute technologie, l'outil de radiographie à rayons X Airix, les supercalculateurs TERA-10 et TERA-100, le laser Mégajoule.

Dans la même logique[1], les États-Unis, sous le contrôle du DoE, se dotent de moyens comparables à ceux du programme Simulation, bien qu’ils n’aient pas ratifié le Tice : le NIF (National Ignition Facility) en construction au laboratoire Lawrence Livermore (Californie) délivrera la même énergie que le laser Mégajoule français ; la machine à radiographier DARHT, équivalent d’Airix, est exploitée au laboratoire de Los Alamos (Nouveau-Mexique) ; le programme ASCI implique les deux laboratoires précédents et ceux de Sandia (Nouveau-Mexique). Il est dédié au développement des logiciels de simulation de l’arme nucléaire et à l’acquisition des moyens de calculs associés. Et annoncé le 6 septembre 2006, le superordinateur Roadrunner, équivalent du TERA-10, mis en service en juin 2008 et destiné aux calculs de simulations d'armes nucléaires.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis janvier 1994, dans le cadre de la Conférence du désarmement des Nations unies, des négociations ont été conduites en vue de la conclusion du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires. En 1994, le président François Mitterrand décide le développement du programme Simulation par la Direction des applications militaires du CEA. Ce programme doit permettre à la France de garantir la sûreté et la fiabilité des armes de la dissuasion, fondé sur le calcul. Il est financé par le ministère de la Défense et doit durer 15 ans.

La France, qui a signé, en 1996, le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, a commencé immédiatement à démanteler le Centre d'expérimentations du Pacifique.

Le programme Simulation passe la mise en place de trois outils majeurs : Airix, TERA-10 et le laser Mégajoule.

Airix[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Airix.

Cet outil de radiographie à rayons X, mis en service en décembre 2000 à Moronvilliers, permet au CEA d'examiner dans le temps très bref d'une implosion les mouvements de matières précédant le fonctionnement nucléaire d'une arme. Cette machine est le plus puissant générateur de rayons X jamais construit en France. Elle a été fabriquée par le groupe Thomson.

TERA-10 et TERA-100[modifier | modifier le code]

Le supercalculateur TERA-10 de la société Bull et du CEA-DAM (Direction des applications militaires du CEA), qui remplace AlphaServer SC45, a été installé en décembre 2005 dans le centre du CEA de Bruyères-le-Châtel. D'une puissance de près de 53 teraflops (52 840 Gflops), il est composé de 9 968 processeurs de nouvelle génération Intel Itanium2 Montecito. Il dispose de près de 30 teraoctets de mémoire (29 904 Go) et tourne sous Linux. La configuration finale comprend 56 serveurs d'entrées/sorties NovaScale gérant un petaoctet d'espace disque avec une bande passante de 100 Go/s.

En 2010 le supercalculateur TERA-100 presque vingt fois plus puissant que TERA-10 est conçu et développé, toujours par Bull et le CEA-DAM sur le centre du CEA de Bruyères-le-Châtel. En 2012 il demeure le seul ordinateur pétaflopique, et donc le plus puissant, d'Europe, classé 9 ème dans le top mondial[2]. TERA-100' est une grappe de 4 370 serveurs rassemblant 138 368 cœurs Intel Xeon 7500 et entrainant un système d'exploitation Linux[3]. Ce supercalculateur dispose de plus de 140 000 barrettes de mémoire centrale pour atteindre une capacité de 300 téraoctets de RAM et de disques durs pour une capacité totale de 20 pétaoctets dont le débit atteint le chiffre record de 500 gigaoctets par seconde. Sa puissance de calcul a établi le record à 1,05 pétaflops (Rmax), soit un peu plus de 1015 opérations par seconde sur des nombres flottants.

Laser Mégajoule[modifier | modifier le code]

Le laser Mégajoule devrait être disponible en 2014 et permettra l'inflammation et la combustion de matières thermonucléaires à une micro-échelle. Il est mis en œuvre par la DAM sur le site du Barp, près de Bordeaux. Ce laser sera le plus énergétique au monde.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. source cea.fr
  2. (fr) Mise sous tension de Tera 100, supercalculateur le plus puissant d’Europe, Techno-Sciences, 29 mai 2010.
  3. http://www.cea.fr/le_cea/actualites/mise_sous_tension_tera_100-34598