Institut du Bon-Pasteur

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44° 50′ 08″ N 0° 34′ 15″ O / 44.83556, -0.57083

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Institut du Bon-Pasteur
Repères historiques
Fondation 2006
Fondateur(s) Philippe Laguérie
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux Traditionaliste
Vocation Défense de la Tradition, célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain (livres de 1962), opposition forte aux nouveautés libérales introduites par le concile Vatican II bien qu'acceptation de ce dernier
Dirigeant Philippe Laguérie
Localisation six pays dont principalement la France
Sur Internet
Site internet http://www.institutdubonpasteur.org
Pages connexes http://www.ibp-angelus.fr

L’Institut du Bon-Pasteur (IBP) est une société de vie apostolique de droit pontifical érigée le 8 septembre 2006 par la Congrégation pour le clergé. Il a eu son siège (appelée « Maison générale ») à Migné-Auxances, dans la Vienne (France)[1] de 2011 à 2013[2].

Création et but de l’Institut[modifier | modifier le code]

L'Institut rassemble au début, sous l'autorité de l'abbé Philippe Laguérie, d’anciens prêtres et séminaristes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) auxquels est accordé l'« usage exclusif de la forme extraordinaire du rite romain (dite tridentine)» (Statuts II §2). « Enfin, aux membres de cet Institut, elle confère le droit de célébrer la liturgie sacrée, en utilisant, et vraiment comme leur rite propre, les livres liturgiques en vigueur en 1962, à savoir le missel romain, le rituel romain et le pontifical romain pour conférer les ordres, et aussi le droit de réciter l’office divin selon le bréviaire romain édité la même année ». Commission pontificale « Ecclesia Dei » décret no118/2006. et qui s'engagent à « respecter le Magistère authentique » du Siège Romain, dans « une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église » (Statuts II §2), tout en effectuant « une critique constructive » du IIe concile œcuménique du Vatican.

Ses membres fondateurs sont les abbés : Philippe Laguérie (Supérieur Général), Paul Aulagnier, Guillaume de Tanoüarn, Christophe Héry, Henri Forestier et Claude Prieur (à l'époque diacre). La majorité sont d'anciens membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) ayant pour la plupart occupé des postes importants au sein de cet institut, ce qui fait d’eux des « prêtres bâtisseurs » du mouvement traditionaliste en France.

En septembre 2011, l'IBP revendique 27 prêtres[3]. Lors du chapitre général de juillet 2012, le vote devant désigner, pour un nouveau mandat de cinq ans, le supérieur général, aboutit à une crise électorale. Grâce à l'intervention modératrice de Dom Antoine Forgeot, abbé émérite de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault et commissaire apostolique nommé par le Vatican, cette crise s'acheva en septembre 2013, confirmant l'abbé Philippe Laguérie en tant que supérieur général.

Particularité de l’IBP par rapport à la Fraternité Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

L’institut a des statuts proches de ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), également société de vie apostolique, à laquelle l’usage de la liturgie traditionnelle a aussi été accordé. La principale différence statutaire entre les deux sociétés réside dans la notion de rite exclusif et de « rite propre » inscrite dans les statuts de l’IBP qui est plus précise que les statuts de la FSSP : « La fin particulière de la Fraternité S. Pierre est de réaliser ce but par l’observance fidèle des “traditions liturgiques et disciplinaires” conformément aux dispositions du Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, qui est à l’origine de sa fondation »[4] L’institut a également obtenu de Rome de pouvoir faire une « une critique sérieuse et constructive » du concile Vatican II.

Fondations de l’Institut et structures associées[modifier | modifier le code]

L’église Saint-Éloi[modifier | modifier le code]

Ancien siège de l’Institut depuis février 2007 et jusqu'en août 2011, l’église Saint-Éloi à Bordeaux est une paroisse personnelle[5] confiée à l’IBP par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux[6].

L’occupation de l’église par les traditionalistes ne date cependant pas de 2007. Depuis 1993 la ville de Bordeaux en dispose avec l’accord du diocèse de Bordeaux. Le 28 janvier 2002, la municipalité d’Alain Juppé confie ce lieu à l’association « Église Saint-Éloi », menée par l’abbé Philippe Laguérie, qui s’engage à le restaurer[7].

Le diocèse, ainsi que le Parti socialiste (PS) notamment[8], ont contesté cette décision. La bataille juridique qui s’amorce dure deux ans et se conclut avec la délibération du conseil municipal de juin 2004, défavorable à l’association, mais qui prend acte de la décision du tribunal (en première instance en décembre 2002[9] et confirmé en appel en avril 2004[10]). La convention qui liait la ville à l’association « Église Saint-Éloi » est alors rompue et l'association se rend coupable d'occupation illégale. Pourtant, les traditionalistes ne quitteront pas les lieux, et ne seront jamais expulsés, ce qui provoquera de violentes critiques à l'égard de Juppé[11], accusé de complaisance[12].

Comme le supposait à l'époque l'abbé Paul Aulagnier, futur fondateur de l'IBP, cette situation ne pouvait se régler que par une conciliation entre les traditionalistes et le Saint-Siège. Tout en reconnaissant le bien-fondé du jugement du tribunal administratif[13], il sait que personne ne viendra déloger les occupants de Saint-Éloi et qu'une "solution canonique" est seule envisageable. Ainsi, lorsque l'Institut du Bon-Pasteur est érigé par Benoît XVI, à la condition que ses membres reconnaissent l'autorité du Pape et du Concile Vatican II, une entente est de nouveau possible entre les occupants de Saint-Éloi et le cardinal Jean-Pierre Ricard. Cette entente donne naissance à la création de la paroisse personnelle de Saint-Éloi, pour une durée expérimentale de cinq ans.

L’église Saint-Éloi est souvent la cible de vandalisme[14].

Le séminaire Saint-Vincent-de-Paul[modifier | modifier le code]

Saint-Vincent-de-Paul est le séminaire de formation des prêtres de l'IBP, à Courtalain, dans le diocèse de Chartres.

Il a été ouvert le 21 octobre 2006, sous la direction de l'abbé Paul Aulagnier[15]. Le corps professoral est alors composé des abbés Henri Forestier, recteur, Yannick Vella, vice-recteur, Roch Perrel, Leszek Krolikowski et Stefano Carusi[16]. Par la suite, en novembre 2009, l’abbé Henri Forestier quittera son poste de recteur pour s’employer entièrement au couvent des Petites Sœurs du Bon Pasteur, dont il a participé à la fondation le 8 septembre 2008[17]. L’abbé Yannick Vella a quant à lui rejoint la paroisse bordelaise de Saint-Éloi dont il est nommé curé durant l’été 2009[18]. Ont rejoint le corps professoral les abbés Emmanuel de Ducla et Matthieu Raffray[19]. Depuis septembre 2013, l’abbé Paul Aulagnier assume les fonctions de recteur du séminaire.

Cours Saint-Projet[modifier | modifier le code]

Fondée en 2005 à Bordeaux, rue d’Ornano, par l’Association Saint-Projet[20], l’école a ouvert ses portes le 9 janvier 2006. L'Association Saint-Projet, sous la présidence de l'avocat bordelais Thomas Rivière, est constituée de paroissiens de l’église Saint-Éloi[21].

Le Cours Saint-Projet est constitué de trois entités : une école maternelle mixte nommée Notre-Dame des Enfants, une école primaire mixte dite Saint-Projet et un collège pour garçons, le Collège Saint-Jean-Bosco (auparavant, et depuis 2002, Collège Pacelli sous la direction du Prieuré Sainte-Marie, de Bruges). À l’origine, l’école et la maternelle comptaient une quarantaine d’élèves. Elles en comptent aujourd’hui une centaine.

Le Cours Saint-Projet délivre un enseignement catholique traditionaliste, se revendiquant d’éducateurs chrétiens tel que saint Jean-Baptiste de la Salle ou saint Jean Bosco. Jusqu'en 2010, il est à noter que le cumul des heures hebdomadaires d'histoire-géographie et de sciences naturelles est inférieur à celui des heures de messe et de catéchisme. En sus des institutrices et des professeurs employés par l'Association Saint-Projet, l'école est placée sous la direction d'un abbé de l’Institut du Bon-Pasteur. À la création du cours, il s'agissait de l'abbé Régis Spinoza, remplacé pour la rentrée 2009-2010 par l'abbé Jean-Pierre Gaillard[18].

Le 27 avril 2010, une émission de France 2, les Infiltrés, a tourné en caméra cachée des séquences dans le collège[22], qui donnent l’impression que les contenus enseignés sont tronqués et que les élèves de l’école sont antisémites, ce qui a donné lieu à une polémique. Les responsables du collège et les parents ont protesté dès le lendemain contre les méthodes employées et le fait que les enfants auraient été manipulés[23]. Le 3 juin 2010, arguant que le collège ne « donne pas l’éducation à laquelle les enfants ont droit » selon l’inspecteur d’académie André Mercier, le rectorat de Bordeaux a mis en demeure les parents d’élèves du Collège Saint-Jean-Bosco d’inscrire leurs enfants dans un autre établissement scolaire, sous peine de poursuites judiciaires[24].

L’Angélus[modifier | modifier le code]

En juillet 2009, l'IBP fonde l’Angélus, à Presly, dans le Cher[25].

Cette institution a pour but de délivrer un enseignement aux enfants de primaire (mixte), collège et lycée (garçons uniquement)[26]. Cet enseignement, délivré par des frères et des laïcs, est supervisé par l’abbé Régis Spinoza. L’Angélus vise également à mettre en place un internat pour garçons, une hôtellerie et des activités de scoutisme. L'essentiel de leurs activités est donc tourné vers la jeunesse et les familles. L’Angélus entretient des liens avec les Europa Scouts[27].

Le 22 août 2013, l'Angélus a changé de tutelle : c'est la Fraternité Enseignante des Cœurs de Jésus et de Marie qui a pris le relais de l'IBP.

Le lieu est ouvert au public dans le cadre de la messe dominicale et hebdomadaire.

Les Petites-Sœurs du Bon Pasteur[modifier | modifier le code]

Une fondation religieuse féminine, appelée provisoirement «Les Petites Sœurs du Bon Pasteur», est née dans l'élan de l'Institut, le 8 septembre 2008. Le jour de l'ouverture du couvent, sur la commune de Bargemon, une messe est donné par l'Abbé Philippe Laguérie[28]. C'est à l'Abbé Henri Forestier, alors Recteur du séminaire Saint-Vincent de Paul, qu'est confié la charge de s'occuper du couvent.

Mais le 11 octobre 2010, un communiqué du secrétariat général de l'Institut affirme l'autonomie complète de cette fondation : "L'existence et la nature de cette communauté expérimentale, dans la mesure de sa permanence future, n'engage en rien la responsabilité de l'Institut du Bon-Pasteur, mais celle de l'ordinaire du diocèse qui l'accueille. Toute recommandation de l'une par l'autre constituerait une tromperie."[29]

La chapelle du Bon-Jésus[modifier | modifier le code]

La chapelle du Bon-Jésus à Marseille, aussi connue sous le nom de chapelle des Pénitents noirs, est ponctuellement desservi par l’abbé Christophe Héry en repos dans la region.

Réseau international[modifier | modifier le code]

La Pologne[modifier | modifier le code]

Le 11 octobre 2008, l’abbé Grzegorz Sniadoch est ordonné prêtre en l’église Saint-Éloi. Il est rejoint en Pologne par Sœur Maria Maksymiliana, alors unique sœur occupant le couvent des Petites Sœurs du Bon Pasteur, le 13 avril 2009.

L’église paroissiale de Beatae Mariae Virginis in Arena, à Wroclaw, fait officiellement partie du réseau de l’IBP, dont le représentant en Pologne est toujours l’abbé Grzegorz Sniadoch[30].

Controverses et polémiques[modifier | modifier le code]

Après son départ de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l’abbé Laguérie s’installe à l’église Saint-Éloi, à Bordeaux. Une partie de la gauche bordelaise lui reproche de célébrer chaque 23 juillet une messe en la mémoire du maréchal Pétain[31]. Le 23 juillet 2005, alerté par Sud Ouest, une manifestation a lieu devant l’église pour empêcher la messe[32].

En juillet 2008, bien qu’il ait été exclu de la Fraternité Saint-Pie X et qu’il dirige maintenant l’Institut du Bon-Pasteur, l’abbé Laguérie reste néanmoins proche des milieux d’extrême-droite. En 2008, c’est à Saint-Éloi que sera baptisé le quatrième enfant de l’humoriste Dieudonné, enfant dont le parrain serait Jean-Marie Le Pen, présent à la cérémonie selon le journal Libération[33].

En 2010, l'émission de France 2, les Infiltrés prétend démontrer une connexion entre la paroisse de Saint-Éloi et l'association nationaliste Dies Irae. En caméra caché, les journalistes filment les membres de Dies Irae tenir des propos racistes et antisémites. Très vite, le diocèse de Bordeaux[34] et l'IBP nieront toute relation avec Dies Irae[35]. Pourtant, au cours du reportage, on peut voir l'abbé Laguérie affirmer que "Fafa est un ami". "Fafa", surnom de Fabrice Sorlin, leader de Dies Irae et ancien candidat du Front National, qui n'hésitera pas lui à reconnaître ses liens avec l'église Saint-Éloi "Les prêtres de Saint-Éloi me connaissent. [...] Je ne comprends pas pourquoi ils me crachent dessus. Leur attitude est profondément lâche et stérile. Qu'ils prennent leurs responsabilités. La paroisse et l'école traditionaliste Saint-Projet feraient mieux de balayer devant leur porte. [...] L'abbé Laguérie qui m'a marié est un ami. Il est venu une fois voir l'avancement des travaux de notre cave."[36]

Membres de l’IBP[modifier | modifier le code]

L’Institut du Bon-Pasteur (IBP) compte parmi ses membres :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le 12/13 (France 3 - édition régionale Poitou-Charentes) du samedi 10 septembre 2011
  2. http://www.francebleu.fr/societe/religion/les-catholiques-traditionalistes-ont-demenage-1161284
  3. Blog de l'abbé Laguérie
  4. Extrait des Constitutions de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre
  5. Canon 518 : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c’est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif. »
  6. Décret d’érection de la paroisse personnelle de Saint-Éloi
  7. Convention de mise à disposition de 2002
  8. Texte de Michèle Delaunay
  9. Décision du tribunal administratif - 2002
  10. Décision de la cour administrative d'appel - 2004
  11. Saint-Eloi met Juppé sous tension
  12. Exemple de critique à l'égard du maire de Bordeaux sur le dossier Saint-Eloi
  13. Commentaire de Paul Aulagnier au sujet du dossier Saint-Eloi
  14. Infos Bordeaux
  15. Historique de l'Institut du Bon Pasteur
  16. Première publication du Bon Pasteur de Courtalain
  17. Site de Institute of the Good Shepherd
  18. a et b Edito de la 301° publication du Mascaret
  19. Site du séminaire Saint-Vincent-de-Paul
  20. Site web du Cours Saint-Projet
  21. Article en ligne du quotidien 20 Minutes
  22. Les Infiltrés - extrait
  23. Article en ligne du blog Riposte Catholique
  24. Article en ligne du quotidien Sud Ouest
  25. Nouvelle fondation dans le Cher
  26. Site de l'Angelus
  27. Visite du président de Scouts Europa
  28. Edito des Petites Sœurs du Bon Pasteur
  29. Communiqué de l'Abbé Leszek Królikowski
  30. Emplacement de l’église paroissiale de Beatae Mariae Virginis in Arena
  31. Bordeaux, Capitale des Intégristes
  32. Archive MJS
  33. Les liens du Baptême
  34. Communiqué du Diocèse
  35. Sud Ouest
  36. Interview de Fabrice Sorlin