Mortain
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| Mortain | |
|---|---|
Perspective sur la ville de Mortain |
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| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Basse-Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Avranches |
| Canton | Mortain (chef-lieu) |
| Code commune | 50359 |
| Code postal | 50140 |
| Maire Mandat en cours |
Michel Desfoux[1] 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes de Mortain |
| Site web | www.ville-mortain.fr |
| Démographie | |
| Population | 1 767 hab. (2009) |
| Densité | 238 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 102 m — maxi. 327 m |
| Superficie | 7,44 km2 |
Mortain est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie, peuplée de 1 767 habitants[2].
Sommaire |
[modifier] Géographie
Cœur du « Mortainais », la ville de Mortain se situe dans un paysage de bocage préservé, en bordure de la forêt qui porte son nom, sur un flanc granitique et gréseux du Massif armoricain. La ville surplombe la vallée de la Cance où le grès armoricain affleure dans des encaissements rappelant des paysages des Vosges ou du Massif central où les torrents côtoient la roche et la végétation en formant des cascades. Lieu enchanteur qui donna naissance à bien des légendes…
[modifier] Toponymie
Le nom de Mortain est mentionné sous les formes Moretoin en 1022-1026, Mauritonio vers 1055, comes Moretania en 1049 - 1066, Moreton vers 1063, Mauritonii vers 1060-1066, Moritonium 1082, Moritolium en 1204, fortericia Moritolii en 1210, Moretuin en 1241.
Albert Dauzat et Charles Rostaing expliquent ce nom[3]par un *Mauritanum [Fundum], comme les différents Mortagne, qui font référence des établissements de Maures au Bas Empire. Cependant, cela ne convient pas sur le plan phonétique, puisque les formes anciennes postulent plutôt un *Moritonium, par conséquent l'origine du nom serait toute différente[4]. De plus, rien ne prouve historiquement qu'il y ait eu un poste de soldats ou des colons mauresques à l'époque du Bas Empire romain.
Pour Ernest Nègre, il s'agit d'un nom de personne germanique pris absolument, à savoir Martoinus[5]. Il aurait d'abord évolué de Mar- en More-, peut-être par influence des noms comme Mortagne, puis postérieurement au milieu du XIIIe siècle *Moretain par substitution du suffixe -ain à -on.
[modifier] Histoire
[modifier] Le haut Moyen Âge
Saint Évroult christianisa la région de Mortain. Il aurait fait construire une église à l'emplacement d'un temple païen[6]. La collégiale dans le centre ville porte aujourd'hui son nom.
[modifier] Époque ducale (933-1204)
En 993, Guillaume Longue-Épée prend possession de Mortain, il est le probable fondateur du château (en bois à l'origine). C'est à l'époque de Guillaume Longue-Épée que fut mis en place le comté de Mortain. Le premier comte fut Mauger de Normandie (fils du duc Richard Ier).
Le deuxième comte de Mortain, Guerleng, prit part à la révolte contre Guillaume le Bâtard qui deviendra plus tard Guillaume le Conquérant. Guillaume mit fin à la révolte et destitua Guerleng du comté de Mortain pour mettre son demi-frère Robert de Conteville à sa place. Le comté avait une situation stratégique importante aux portes de la Bretagne et du Maine qui étaient hostiles au duché de Normandie. Mortain était à cette époque une ville fortifiée de premier plan. La juridiction du comté s'étendait sur la quasi totalité de l'actuel département de la Manche et sur une partie de l'Orne et du Calvados.
Robert de Mortain participa à la conquête de l'Angleterre aux côtés de son demi-frère. Une stèle commémorant cet évènement est aujourd'hui visible sur la place du château : « Moi Robert par la grâce de Dieu comte de Mortain suis parti à la guerre portant l'étendard de St Michel - 1066. » Suite à la victoire des Normands, la cour du comte Robert de Mortain devint une des plus brilllantes d'Europe.
En 1082, le comte Robert fonda la collégiale Saint-Évroult sous l'influence de son chapelain Vital de Mortain (ermite et conseiller du comte Robert). Le comte Robert fut également à l'origine du collège de Mortain, l'un des plus vieux de France. Un autre ermite important dans le Mortainais vécu sous Robert, il s'agit de saint Guillaume Firmat. Ses reliques sont aujourd'hui conservées dans la collégiale.
En 1105, une abbaye fut fondée près de l'église paroissiale du Neufbourg. Adeline en fut la première abbesse sous la direction de son frère Vital, évoqué ci-dessus.
La bataille de Tinchebray en 1106 permit au roi d'Angleterre Henri Ier de s'emparer du comté de Mortain et de son château. Le comte Guillaume (fils de Robert de Mortain) qui soutenait Robert Courteheuse, duc de Normandie, fut fait prisonnier. Le comté de Mortain fut alors sous domination anglaise.
En 1120, Adeline et ses religieuses quittent l'abbaye du Neufbourg pour édifier l'abbaye Blanche à l'emplacement où nous la connaissons aujourd'hui. Le nom de cette abbaye provient de l'habit blanc que portaient les moniales.
Vers 1204, le roi de France Philippe Auguste envahit la Normandie et rattacha ainsi le comté de Mortain à la couronne de France.
[modifier] La guerre de Cent Ans
Pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse de Mortain tombe avec la Normandie entre les mains des Anglais. Elle fut reprise en 1449 par les Français.
[modifier] Époque moderne
Les guerres de religion ont provoqué quelques évènements à Mortain. Les huguenots attaquèrent Mortain le 6 mars 1562. Ils mirent le feu à la ville et notamment à la collégiale.
Le 24 juillet 1613, Mademoiselle Marie de Montpensier établit un ermitage sous l'invocation de saint Michel sur les hauteurs de la Montjoie d'où on peut apercevoir le mont Saint-Michel. L'ermitage s'effondra pendant la Révolution.
[modifier] Époque contemporaine
Le 23 août 1789, la paroisse de Mortain et la paroisse du Rocher s'unissent en une seule municipalité. Le premier maire est M. Le Sacher de la Palière. Mortain fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d'arrondissement de 1800 à 1926.
Le 24 décembre 1795, la ville est attaquée par des Chouans. Les combats furent très meurtriers mais les Chouans ne purent s'emparer de Mortain.
La chapelle Saint-Michel appelée aussi « petite chapelle » a remplacé l'ancien ermitage de la Montjoie. la chapelle a été bénie en 1852. Cette construction est une initiative menée par Hyppolyte Sauvage et l'abbé Eugène Gervais.
Le site de la petite chapelle fut au cœur des combats acharnés en août 1944 lors de la contre-attaque de Mortain et la ville fut en grande partie détruite.
[modifier] Héraldique
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Les armes de la commune de Mortain se blasonnent ainsi : |
Ce blason est emprunté aux armoiries de la famille d'Évreux-Navarre (éteinte, branche des Capétiens), anciens comtes de Mortain et d'Évreux et rois de Navarre.
[modifier] Administration
| Période | Identité | Parti | Qualité |
|---|---|---|---|
| En 1789 | Denis Gabriel le Sacher de La Palière | ||
| En 1790 | Anselme François René Duhamel (donna sa démission) | ||
| 1790 - 1791 | Gabriel François de Vaufleury de Saint Cyr (donna sa démission) | ||
| 1791 - 1792 | Jacques André Dodart | ||
| En 1792 | André Julien Jean Baptiste François Anfray de la Cotentinière | ||
| 1793 - 1830 | Jean Baptiste François Bouillon de la Lorerie | ||
| En 1814 | Mathieu Pouget fut maire pendant 100 jours. M. Bouillon de La Lorerie reprit ensuite sa fonction | ||
| 1830 - 1831 | Jean François Germain Leverdays | ||
| 1832 - 1848 | Siméon Anne Mathurin Leverdays | ||
| 1848 - 1850 | Louis Marie Charles Thomas Leverdays | ||
| 1850 - 1854 | Siméon Anne Mathurin Leverdays (mourut en fonction) | ||
| 1856 - 1867 | Jacques-André dit Auguste Piel | ||
| 1867 - 1878 | Henri Moulin | ||
| 1878 - 1885 | François Adolphe Marin Amand | ||
| 1885 - 1900 | Gustave Placide Aimable de Baillancourt Courcol | ||
| 1900 - 1908 | Octave-François Delaunay | ||
| 1909 - 1919 | Henri-Charles Josset | ||
| 1919 - 1947 | Charles Jouenne | ||
| 1947 - 1968 | Louis Hourdin | ||
| 1968 - 1983 | Dr Gilles Buisson | ||
| 1983 - 1995 | Gabriel Destais | ||
| 1995 - 2008 | Noël Blin | ||
| 2008 - en cours | Michel Desfoux |
[modifier] Démographie
[modifier] Lieux et monuments
[modifier] Les cascades
- la Grande Cascade située sur la Cance, en limite avec le Neufbourg,
- la Petite Cascade, sur le Cançon, affluent de la Cance, est improprement appelée Petite Cascade de Mortain car située en limite des communes du Neufbourg et de Romagny. À proximité, sur la rive droite de la Cance et du Cançon, le Rocher de l'Aiguille est situé sur Romagny. Le site, assez bucolique, a été équipé pour faire de l'escalade. Il y a une piscine découverte et un petit camping à proximité.
[modifier] L'abbaye Blanche
Fondée en 1120. Vitraux contemporains de Serge Nouailhat.
[modifier] La collégiale
La salle du Trésor de la collégiale abrite le chrismale, objet unique au monde.
[modifier] La Petite Chapelle
Elle est située sur le point culminant de la commune, en bordure de la forêt de Mortain. On peut y distinguer par jour de beau temps le mont Saint-Michel. Un lieu-dit à proximité de la chapelle porte le nom de « Montjoie ». Dans son Étude sur la signification des noms de lieux du Département de la Mayenne, Hippolyte Sauvage donne Mons Jovis (« mont de Jupiter ») comme origine étymologique de Montjoie.
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Robert de Mortain, comte de Mortain, demi-frère de Guillaume le Conquérant
- Siméon Bonnesoeur-Bourginière (1754-1844), conventionnel, commissaire de la Manche, président du tribunal de Mortain
- Charles Frémine, écrivain normand
- Alain Rémond, chroniqueur français
- Dr Jules Buisson (1878-1964), historien régional
- Yves Pouliquen, ophtamologue, écrivain et membre de l'Académie française.
- Henri Breuil, dit l'abbé Breuil, préhistorien
- Chanoine Léon Blouet (1893-1971), archiprêtre de Saint-Evroult (1933-1948) pendant la seconde Guerre mondiale, historien de Mortain
- Dr Gilles Buisson (1911-2003), médecin, écrivain, maire de Mortain de 1968 à 1983
- Hugues Hourdin (né en 1953), conseiller d'Etat, ancien conseiller municipal de Mortain
- Daniel Mangeas (né en 1949), speaker officiel de compétitions cyclistes (dont le Tour de France (cyclisme))
- Baptiste Lecaplain (né en 1985), humoriste français
[modifier] Jumelages
[modifier] Bibliographie
- Léon Blouet et Docteur Gilles Buisson, La Montjoie héroïque, Imprimerie du Mortainais, 1953
- Docteur Gilles Buisson, Mortain dans la bataille de Normandie, Presses de la Cité, 1971
- Docteur Gilles Buisson, Mortain 44 : Objectif Avranches, Ocep, 1984
- Docteur Gilles Buisson, Mortain : À travers les âges, Ocep, 1990
- Hippolyte Sauvage, Recherches historiques sur l'arrondissement de Mortain, G. Monfort, 1981
- Docteur Gilles Buisson, Le Mortainais, ses gens et ses parlers, glossaire, Le Viquet, Saint Jean 1990, n°88
- Hippolyte Sauvage, Légendes normandes recueillies dans l'arrondissement de Mortain, Lorisse (réimpr. 2004)
- Victor Gastebois et Jean-Yves Mulot, La vente des biens nationaux de première origine dans le district de Mortain, Manche
- Victor Gastebois, Le vieux Mortain, Office de tourisme de Mortain (réimpr. 2000)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Notes et références
- Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[10].
- http://www.ville-mortain.fr/specific/formats/format.jsp?id=34&folder=4&url=Liste%20des%20Conseillers%20Municipaux
- Population municipale 2009 (site de l'Insee)
- Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris 1978. ISBN 2-85023-076-6
- François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Éditions Picard 1985. ISBN 2-7084-0299-4.
- Ernest Nègre, Toponymie générale de la France. 2. Formations non-romanes, Volume 2, Droz, p. 854.
- Mortain à travers les âges, Gilles Buisson
- GASO, la banque du blason - Mortain Manche. Consulté le 6 novembre 2011
- Source : Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Mortain », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Consulté le 15 octobre 2011
- Insee : historique des populations par commune depuis le recensement de 1962
- Mortain sur le site de l'Institut géographique national (archive Wikiwix)
[modifier] Liens externes
- Normandie Mémoire Espace Historique : La poussée alliée et la contre-attaque de Mortain (août 1944)
- Site de la commune
- Mortain sur le site de l'Insee