Philippe Laguérie

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Philippe Laguérie est un prêtre catholique traditionaliste français, né le 30 septembre 1952 à Sceaux. Il est le supérieur de l'Institut du Bon-Pasteur (IBP), société de droit pontifical, dont la particularité est l'usage des livres liturgiques de 1962.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille catholique, il entre au séminaire à Écône au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et est ordonné prêtre le 29 juin 1979 par Mgr Lefebvre. Un de ses frères est également prêtre de cette fraternité.

D'abord préfet de discipline et professeur de philosophie et théologie à l'école Saint-Michel à Niherne, dans l'Indre, il prend, à partir de 1984, la succession de Mgr François Ducaud-Bourget comme "curé" de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, située à Paris, dans le Ve arrondissement[1].

Durant la période où l'abbé Laguérie officiait (de 1984 à 1997), les connexions avec les personnalités d'extrême droite n'étaient pas rares. En 1987, alors que Jean-Marie Le Pen vient de créer le scandale par ses propos sur les chambres à gaz, on entend l'abbé à la télévision française prendre la défense du président du Front National, qu'il présente comme une victime de la « grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans » et prendre la défense de négationnistes en ces termes : « les thèses des professeurs Roques et Faurisson sont parfaitement scientifiques »[2]. En 1991, il présentera le Front national comme étant le « Parti le moins éloigné du droit naturel ».

À l'époque, un rapprochement s'est également effectué avec les membres de l'AGRIF et avec l'ancien député Front national Bernard Antony. C’est ainsi que, par exemple, à l’occasion de la sortie du film La Dernière Tentation du Christ en 1988, on peut voir Philippe Laguérie et Bernard Antony appeler tous deux à manifester pour l'interdiction du film ou la suppression des scènes les plus « blasphématoires »[3]. Ces appels seront suivis de nombreux actes de violence dont l'attentat du cinéma Saint-Michel dans la nuit du 22 au 23 octobre 1988, qui sera attribué à des militants de l'AGRIF proches de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet[4].

L'église, occupée illégalement par les traditionalistes[5], devint un important lieu de rassemblement pour l'extrême droite française. Le 25 juillet 1996, l'abbé Laguérie procède à la célébration d'une messe pour les obsèques de Paul Touvier, ancien fonctionnaire de police collaborationniste, condamné pour crimes contre l'humanité en 1994 pour l’exécution de sept Juifs lorsqu'il était chef de la milice lyonnaise sous l'occupation allemande. Au cours de cette messe, l'abbé Philippe Laguérie qualifiera l'ancien milicien d'« âme sensible, délicate et même nuancée » et souhaite se faire « l'avocat de Paul Touvier auprès de Dieu », fustigeant la LICRA, les communistes, les franc-maçons, la presse, etc[6]. Il tente en mars 1993 avec l'aide de quatre cents fidèles d'occuper l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Chassé par la police, il est sanctionné le 10 par l'abbé Paul Aulagnier puis pardonné le 14[7].

En 1998, il rejoint Bordeaux, où il obtient de la mairie en 2002 l'autorisation d'utiliser l’église Saint-Éloi à côté de la Grosse cloche, église désaffectée entre 1981 et 2001 qu'il rend au culte. Il est exclu par le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Mgr Bernard Fellay, le 16 septembre 2004, à la suite de critiques faites par lettres privées à certains de ses confrères quant au fonctionnement des séminaires de la FSSPX et quelques mois avant la tenue du chapitre général auquel s'est représenté son supérieur général.

L’Institut du Bon-Pasteur[modifier | modifier le code]

Le 8 septembre 2006, l'abbé Laguérie est nommé supérieur du nouvel Institut du Bon-Pasteur (IBP), fondé avec l’accord du pape Benoît XVI, institut de droit pontifical dont le siège est à Bordeaux où se trouve aussi l'église Saint-Éloi où il exerce son ministère après une convention signée avec Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux. Cet acte rétablit la pleine communion de l'abbé Laguérie (et de ses fidèles) avec l'Église catholique locale. Il coïncide avec le motu proprio « Summorum Pontificum » délivré le 7 juillet 2007 par le pape Benoît XVI, qui assouplit considérablement l'usage de la liturgie romaine tridentine (définie par le concile de Trente, et actualisée, dans sa dernière version, par le missel romain de 1962) qui précédait celle introduite par le concile Vatican II. D'aucuns y voient un signe d'apaisement prochain du conflit opposant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et le Saint-Siège, avant une éventuelle réintégration.

Selon le droit canon, l'Institut de droit pontifical du Bon-Pasteur est une société de vie apostolique dépendant à la fois de la commission Ecclesia Dei et de la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Il exerce une juridiction ordinaire sur les prêtres qui en dépendent.

Le 1er février 2007, un décret du cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, érige Saint-Éloi en paroisse personnelle[8], en l'église Saint-Éloi[9].

Le 31 août 2013, l'abbé Laguérie est réélu pour 6 ans à la tête de l'Institut du Bon-Pasteur. Le 12 septembre suivant, Rome entérine cette élection.

Prêtre médiatique et figure emblématique du catholicisme traditionaliste en France, il est parfois invité à s'exprimer sur les ondes et à la télévision.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il aura notamment l'occasion de marier Albert Spaggiari et Emilia de Sacco.
  2. "Des moulins à vent"
  3. Extrême France
  4. L'absolution des terroristes
  5. Senat.fr
  6. « Requiem pétainiste pour Touvier », Libération, 26 juillet 1996.
  7. cf Quid, in religion catholique
  8. Canon 518 : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c’est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif. »
  9. Décret d'érection de la paroisse personnelle de Saint-Éloi