Langues ouraliennes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne les langues ouraliennes. Pour les peuples ouraliens, voir Ouraliens.
Langues ouraliennes
Région Hongrie, Pays baltes, Scandinavie, Finlande, Russie
Classification par famille
  • - langues ouraliennes
Codes de langue
ISO 639-5 urj
IETF urj
Distribution des langues fenniques, ougriennes, samoyèdes, et youkaguire.

Les langues ouraliennes (du nom de l'Oural, leur lieu supposé d'origine) sont une famille d'une trentaine de langues parlées par à peu près 20 millions de personnes en Europe et en Asie. Les langues ouraliennes ayant le plus de locuteurs sont le hongrois, le finnois et l'estonien.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

Si la répartition interne des langues ouraliennes est sujette à débat depuis sa création, deux sous-familles, les langues finno-ougriennes et les langues samoyèdes, sont reconnues comme bien distinctes, bien que certains considèrent les langues samoyèdes comme une des branches de la famille finno-ougrienne. Elles auraient toutes deux pour ancêtre le proto-ouralien (en), qui se serait divisé en proto-finno-ougrien et proto-samoyède (en).

De nombreuses recherches ont été faites pour relier les langues ouraliennes à d'autres familles de langues. Aucune ne fait consensus à l'heure actuelle ; la moins controversée est peut-être celle visant à relier cette famille au youkaguire.

D'assez nombreuses ressemblances existent avec les langues indo-européennes, ce qui s'explique au moins en partie par des contacts anciens (et toujours d'actualité) (l'hypothèse « indo-ouralienne » de Collinder).

La théorie reliant les langues ouraliennes aux langues altaïques en une superfamille ouralo-altaïque, un temps très populaire, est aujourd'hui reconsidérée, notamment dans le cadre des études eurasiatiques : cela ne signifie pas qu'ouralien et altaïque ne seraient pas apparentés, mais que ces deux familles ne formeraient pas un taxon valide.

Une théorie a été proposée par Michael Fortescue, spécialiste des langues eskaléoutes et tchoutches-kamtchatkiennes, reliant ouralien, youkaguire, tchoutcho-kamtchatkien et eskaléoute dans une famille « ouralo-sibérienne » dans son livre Language Relations across Bering Strait (1998).

Les super-familles qui pourraient inclure les langues ouraliennes sont les suivantes :

Classification interne[modifier | modifier le code]

La classification traditionnelle des langues ouraliennes est la suivante. Les noms obsolètes sont en italique.

Les langues mordves sont plus proches des langues finno-sames que du mari.

Typologie[modifier | modifier le code]

Les principales caractéristiques structurelles communes aux langues ouraliennes sont les suivantes :

  • ce sont des langues agglutinantes ;
  • un grand nombre de cas (en moyenne 13–14), par exemple :
    • erza : 12 cas,
    • estonien : 14 cas,
    • finnois : 15 cas (ou plus),
    • hongrois : 18 cas (et d'autres suffixes agissant comme des cas),
    • same d'Inari : 9 cas,
    • komi : dans certains dialectes, jusqu'à 27 cas,
    • moksha : 13 cas,
    • nénètse : 7 cas,
    • same du Nord : 6 cas,
    • oudmourte : 16 cas,
    • vepse : 24 cas ;
  • un système de cas ouralien dont toutes les langues ouraliennes actuelles descendent :
    • le nominatif singulier n'a pas de suffixe casuel,
    • les suffixes d'accusatif et de génitif sont des nasales (-n, -m, etc ...),
    • une distinction tripartite dans le système des cas de localisation qui sont divisés en formes qui correspondent à peu près à « de », « vers », « dans / à » ; c'est particulièrement visible, par exemple en hongrois qui possède plusieurs séries de cas de localisation, comme les séries « à l'intérieur », « à l'extérieur », « au-dessus » ;
  • une harmonie vocalique, perdue récemment en estonien standard, mais qui survit dans ses dialectes ;
  • pas de genre grammatical ;
  • un verbe négatif présent dans presque toutes les langues actuelles ;
  • une palatalisation des consonnes ne dépendant pas de la voyelle qui suit, sauf dans certaines langues fenniques, qui après l'avoir perdue l'ont à nouveau acquise, sous l'influence de certaines voyelles ;
  • pas d'accent jouant un rôle en phonétique ;
  • un grand nombre de postpositions alors que les prépositions sont très rares. ;
  • un vocabulaire commun d'à peu près 200 mots, notamment des parties du corps, des membres de la famille, des animaux, des objets naturels, des verbes et pronoms basiques, et des numéraux ; les dérivés augmentent le nombre de mots communs ;
  • des suffixes possessifs, mais pas de pronom possessif ;
  • le duel perdu par certaines branches ;
  • des marqueurs de pluriel communs : -j / -i et -t /-d ;
  • pas de verbe « avoir » mais une structure employant la copule et un suffixe possessif, ou un cas particulier ; par exemple : le finnois « Minulla on kala » (mot à mot « sur_moi est poisson ») ;
  • les numéraux sont suivis d'un singulier ;
  • l'accent est toujours sur la première syllabe, à quelques rares exceptions près.

Une sélection de cognats[modifier | modifier le code]

Français Proto-ouralien Finnois Estonien Same du Nord Erza Mari Komi Khanty Mansi Hongrois Nénètse
feu *tuli tuli tuli dolla tol tul tyl- - - tűz tu
poisson *kala kala kala guolli kal kol - kul kul hal xalya
panier *pesä pesä pesa beassi pize pəžaš poz pel pit'ii fészek pyidya
main, bras *käti käsi käsi giehta ked´ kit ki köt kaat kéz -
œil *śilmä silmä silm čalbmi śel´me šinča śin sem sam szem sæw°
brasse *süli syli süli salla sel´ šülö syl Löl täl öl tyíbya
veine / nerf *sïxni suoni soon suotna san šün sën Lan taan ín te'
os *luwi luu luu - lovaža lu ly loγ luw csont le
foie *mïksa maksa maks - makso mokš mus muγəl maat máj mud°
urine *kunśi kusi kusi gožža - kəž kudź kos- końć- húgy -
aller *meni- mennä minema mannat - mija- mun- mən- men- menni myin-
vivre *elä- elää elama eallit - ila- ol- - - élni yilye-
mourir *kaxli- kuolla - - kulo- kola- kul- kol- kool- halni xa-
laver *mośki- - mõskma - muśke- muška- myśky- - - mosni masø-

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Abondolo, Daniel (ed., 1998), The Uralic Languages, Londres et New York, (ISBN 0-415-08198-X)
  • (en) Collinder, Björn (1957), Survey of the Uralic Languages, Stockholm.
  • (en) Collinder, Björn (1960), An Etymological Dictionary of the Uralic Languages, Stockholm.
  • (en) Décsy, Gyula (1990), The Uralic Protolanguage: A Comprehensive Reconstruction, Bloomington, Indiana.
  • (fr) / (en) Jocelyne Fernandez-Vest (dir.), Les Langues ouraliennes aujourd'hui. Approche linguistique et cognitive, Paris, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque de l'École des hautes études, sciences historiques et philologiques » t. 340, 2005
  • (hu) Hajdu, Péter, (1963), Finnugor népek és nyelvek, Gondolat kiadó, Budapest [Transl. G. F. Cushing as Finni-Ugrian Languages and Peoples (1975), André Deutsch, Londres].
  • (hu) Hajdú, Péter, (1975), Uráli népek. Nyelvrokonaink kultúrája és hagyományai, Corvina Kiadó, Budapest. [trad. Les Peuples Ouraliens Leur Culture Leurs Traditions, Horvath, Roanne].
  • (fi) Laakso, Johanna (1992), Uralilaiset kansat (Uralic Peoples), PorvooHelsinkiJuva, (ISBN 951-0-16485-2)
  • (de) Rédei, Károly (ed.) (1986-88), Uralisches etymologisches Wörterbuch, Budapest.
  • (fi) Sammallahti, Pekka, Matti Morottaja (1983): Säämi – suoma – säämi škovlasänikirje. Helsset/Helsinki: Ruovttueatnan gielaid dutkanguovddaš/Kotimaisten kielten tutkimuskeskus, (ISBN 951-9475-36-2)
  • (en) Sammallahti, Pekka (1988): Historical Phonology of the Uralic Languages, dans Denis Sinor (dir.), The Uralic Languages, pp. 478-554, Leiden, E.J. Brill.
  • (fr) Sauvageot, Aurélien (1930), Recherches sur le vocabulaire des langues ouralo-altaïques, Paris.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]