Émile Benveniste

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Émile Benveniste
Linguiste occidentalXXe siècle
Naissance 27 mai 1902
à Alep, Syrie, Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman.
Décès 3 octobre 1976 (à 74 ans)
à Versailles, Drapeau de la France France
École/tradition structuralisme
Principaux intérêts Langues indo-européennes
Grammaire comparée
Sémantique générale
Œuvres principales Problèmes de linguistique générale 1 et 2
Influencé par Ferdinand de Saussure
Claude Lévi-Strauss
Antoine Meillet
Roman Jakobson
A influencé Julia Kristeva
Roland Barthes Antoine Culioli

Émile Benveniste (prononciation : [bɛ̃venist]) est un linguiste français né à Alep, en Syrie, le 27 mai 1902 et mort à Versailles le 3 octobre 1976. Il est né Ezra Benveniste, et a obtenu sa naturalisation en 1924. Il s'est illustré par ses travaux dans le domaine de la grammaire comparée des langues indo-européennes, ainsi qu'en linguistique générale.

Aperçu biographique[modifier | modifier le code]

Élève d'Antoine Meillet à l'École pratique des hautes études, il y enseigne ensuite à partir de 1927, et au Collège de France à partir de 1937. Il est fait prisonnier en 1940, mais parvient à s'évader et se réfugie en Suisse, où il reste jusqu'en 1945.

De 1945 à 1959, il est secrétaire adjoint de la Société de linguistique de Paris, puis il en est le secrétaire de 1959 à 1970. En 1960, il est fait membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et en 1965 devient également membre de l'Accademia dei Lincei. En 1961, il fonde, avec Claude Lévi-Strauss et Pierre Gourou, L'Homme, revue française d'anthropologie.

De 1964 à 1975, il est le directeur de la Revue des Études arméniennes (REA).

En décembre 1969, il subit une attaque qui le laisse aphasique. Il meurt sept ans plus tard, en 1976, à l'âge de 74 ans.

Apport scientifique[modifier | modifier le code]

Sa production scientifique s'est étalée sur une cinquantaine d'années, à partir de 1922. Les dix premières années sont principalement consacrées à sa discipline d'origine, l'iranien, avec quatre ouvrages et de très nombreux articles.

À partir de 1932, il se tourne véritablement vers la linguistique comparée des langues indo-européennes ; c'est dans cette période qu'il acquiert une dimension internationale, notamment avec la publication de sa thèse principale, Les Origines de la formation des noms en indo-européen (1935), où il propose une théorie de la racine indo-européenne qui a fortement marqué l'évolution ultérieure de la linguistique indo-européenne. Après la période difficile de la guerre, il fait paraître en 1948 Noms d'agent et noms d'action en indo-européen, qui est, selon Calvert Watkins (en), « le plus beau livre de grammaire comparée qu'on ait écrit au vingtième siècle... le chef-d'œuvre, la cime du structuralisme classique européen[1] ». Watkins cite comme « l'apport le plus durable de Benveniste à la grammaire comparée » l'idée résumée dans cette phrase (extraite de la conclusion de son article sur « Actif et moyen dans le verbe[2] ») : « Il est dans la nature des faits linguistiques, puisqu'ils sont des signes, de se réaliser en oppositions et de ne signifier que par là. »

Dans la dernière période, l'intérêt pour la linguistique générale, aussi bien d'un point de vue formel que dans ses rapports avec l'organisation sociale, passe au premier plan mais toujours en lien direct avec la linguistique indo-européenne. Cet intérêt s'exprime pleinement dans ses Problèmes de linguistique générale (parus en 1966 et 1974), qui introduisent en France la linguistique de l'énonciation[3] et dans sa dernière œuvre, le Vocabulaire des institutions indo-européennes (parue en 1969, quelques semaines avant que la maladie ne le frappe), fruit d'une démarche très novatrice par laquelle il cherche des significations sociales profondes, des « structures enfouies » sous les systèmes de distinctions sémantiques.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Problèmes de linguistique générale, 1, 1966, Paris, Gallimard.
  • Problèmes de linguistique générale, 2, 1974, Paris, Gallimard.
  • Le Vocabulaire des institutions indo-européennes 1 et 2, 1969, Paris, Minuit.
  • (en) The Persian religion, according with the chief greek texts, 1974, Paris, Geuthner.
  • Dernières Leçons. Collège de France (1968-1969), 2012, Paris, Gallimard/Seuil/EHESS.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. In E. Benveniste aujourd'hui, p. 7.
  2. Repris dans Problèmes de linguistique générale, I, p. 168-175.
  3. Michèle Perret "Benveniste et la token-réflexivité", Le signe et la lettre, hommage à Michel Arrivé, Paris, L'Harmattan, pp.411-418, 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emilie Brunet et Rudolf Mahrer, Relire Benveniste. Réceptions actuelles des problèmes de linguistique générale, Louvain la neuve, éd. Academia (coll. Sciences du langage. Carrefours et points de vue), 2011
  • Gérard Dessons, Émile Benveniste, l'invention du discours, éditions In Press, 2006 (réédition d'un essai paru en 1993 aux éditions Bertrand-Lacoste : le texte a été remanié, réactualisé et augmenté).
  • Irène Fenoglio, « Les notes de travail d'Émile Benveniste » in Langage & Société 127, Paris, MSH, 2009, p. 23-49.
  • Irène Fenoglio, « Conceptualisation et textualisation chez Emile Benveniste », in Modèles Linguistiques tome XXX-1, vol. 59, 2009, p. 71-99.
  • Irène Fenoglio, « Déplier l'écriture pensante pour re-lire l'article publié. les manuscrits de "l'appareil formel de l'énonciation" d'emile Benveniste" in Relire Benveniste. Réceptions actuelles des problèmes de linguistique générale, Louvain la neuve, éd. Academia (coll. Sciences du langage. Carrefours et points de vue), 2011, p. 263-304.
  • Chloé Laplantine, Émile Benveniste, l'inconscient et le poème (thèse de doctorat de Paris 8 - Saint-Denis), Limoges, Éditions Lambert-Lucas, 2011.
  • Serge Martin (dir.), Émile Benveniste pour vivre langage, éditions L'Atelier du grand tétras, 2009 (comprend des textes inédits manuscrits retranscrits de Benveniste).
  • Claudine Normand et Michel Arrivé (dir.), Émile Benveniste, vingt ans après, colloque de Cerisy, 12-19 août 1995, numéro spécial de Linx, 1997.
  • Guy Serbat (éd.), E. Benveniste aujourd'hui (Actes du colloque international du CNRS, Université François-Rabelais, Tours, septembre 1983), Paris, Société pour l'information grammaticale, 1984.
  • Jean-Claude Milner, Le périple structural, Le Seuil, 2002.
  • Aya Ono, La Notion d'énonciation chez Émile Benveniste, préface de Michel Arrivé et postface de Claudine Normand, Limoges, Éditions Lambert-Lucas, 2007.
  • Daniel Delas, Saussure, Benveniste et la littérature In: Langages, 39e année, n°159. 2005. Linguistique et poétique du discours. À partir de Saussure. La composition de ce numéro a été confiée à Jean-Louis Chiss et Gérard Dessons. pp. 56–73.

Article connexe[modifier | modifier le code]