Al-Kahf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Al-Kahf est le nom traditionnellement donné à la 18e sourate du Coran. al-Kahf (سورة الكهف) est un mot arabe qui peut être traduit par "la caverne" ou la "grotte", en référence au récit des Dormants d'ÉphèseAs'hâb Al-Kahf — contenu dans cette sourate. Elle est composée de 110 versets[1].

Les sujets abordés par sourate al-Kahf[modifier | modifier le code]

La sourate al-Kahf aborde les sujets suivants : l'histoire des gens de la caverne, la Parabole du Jardin, l'histoire de Moïse et d'al-Khadîr, l'histoire de Dhû-l-Qarnayn.

Selon les ouléma, cette sourate porte essentiellement sur les fitna. Elle éclaire la voie au musulman pour préserver sa foi face aux tentations suivantes:

1- la perte de la foi: Le récit des Sept Dormants (versets 9 à 25), ici appelés « gens de la caverne » (ahl al-kahf)[2], qui se sont enfui pour préserver leur foi. Dieu les a plongé dans un sommeil durant 309 années, jusqu'à ce que la religion de Dieu fût érigée. Les versets 28 et 29 montrent la solution pour ne pas perdre la foi:

Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier. (28) Et dis: «La vérité émane de votre Seigneur». Quiconque le veut, qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s’ils implorent à boire on les abreuvera d’une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure! (29)

2- la tentation des richesse matérielles : Le récit du propriétaire des deux jardins, ingrat vis-à-vis des bienfaits du Dieu, montre la conséquence de telle ingratitude:

Et propose-leur l’exemple de la vie ici-bas. Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel; la végétation de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Allah est certes Puissant en toutes choses (45) Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance. (46)

3- la tentation de la connaissance: L'histoire du Prophète Moïse avec l'homme pieux Al-Khidr montre les limites des connaissances de l'homme même s'il est investi d'une mission divine suprême. Moise possédait la Connaissance du monde extérieur où l'on vit, mais il n'accédait pas à certains mystères des actions entreprises par Al-Khidr. La morale du récit c'est que l'on doit pas prétendre à la Connaissance Suprême:

Ils trouvèrent l’un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous. (65) Moïse lui dit: «Puis-je te suivre, à la condition que tu m’apprennes de ce qu’on t’a appris concernant une bonne direction?» (66) [L’autre] dit: «Vraiment, tu ne pourras jamais être patient avec moi. (67) Comment endurerais-tu sur des choses que tu n’embrasses pas par ta connaissance?» (68) [Moïse] lui dit: «Si Allah veut, tu me trouveras patient; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres». (69)

4- la tentation du pouvoir: Le récit de Ḏūl-Qarnayn montre à ceux qui possèdent ou aspirent au pouvoir sur les humains, que le Roi Juste Ḏūl-Qarnayn a accompli des actions mémorables et défendait les causes des sujets démunis:

Et ils t’interrogent sur Ḏūl-Qarnayn. Dis: «Je vais vous en citer quelque fait mémorable» (83) Vraiment, Nous avons affermi sa puissance sur terre, et Nous lui avons donné libre voie à toute chose. (84) Il suivit donc une voie. (85) Et quand il eut atteint le Couchant, il trouva que le soleil se couchait dans une source boueuse(1), et, auprès d’elle il trouva une peuplade [impie]. Nous dîmes: «Ô Ḏūl-Qarnayn! ou tu les châties, ou tu uses de bienveillance à leur égard». (86) Il dit: «Quant à celui qui est injuste, nous le châtierons; ensuite il sera ramené vers son Seigneur qui le punira d’un châtiment terrible. (87) Et quant à celui qui croit et fait bonne œuvre, il aura, en retour, la plus belle récompense. Et nous lui donnerons des ordres faciles à exécuter». (88) Puis, il suivit (une autre) voie. (89) Et quand il eut atteint le Levant, il trouva que le soleil se levait sur une peuplade à laquelle Nous n’avions pas donné de voile pour s’en protéger. (90) Il en fut ainsi et Nous embrassons de Notre Science ce qu’il détenait. (91) Puis, il suivit (une autre) voie. (92) Et quand il eut atteint un endroit situé entre les Deux Barrières (montagnes), il trouva derrière elles une peuplade qui ne comprenait presque aucun langage. (93) Ils dirent: «Ô Ḏūl-Qarnayn, les Yā jūj et les Mā jūj(2) commettent du désordre sur terre. Est-ce que nous pourrons t’accorder un tribut pour construire une barrière entre eux et nous?» (94) Il dit: «Ce que Mon Seigneur m’a conféré vaut mieux (que vos dons). Aidez-moi donc avec votre force et je construirai un remblai entre vous et eux. (95) Apportez-moi des blocs de fer». Puis, lorsqu’il en eut comblé l’espace entre les deux montagnes, il dit: «Soufflez!» Puis, lorsqu’il l’eut rendu une fournaise, il dit: «Apportez-moi du cuivre fondu, que je le déverse dessus». (96) Ainsi, ils(3) ne purent guère l’escalader ni l’ébrécher non plus. (97) Il dit: «C’est une miséricorde de la part de mon Seigneur. Mais, lorsque la promesse de mon Seigneur viendra, Il le nivellera(1). Et la promesse de mon Seigneur est vérité». (98) Nous les laisserons, ce jour-là, déferler comme les flots les uns sur les autres, et on soufflera dans la Trompe et Nous les rassemblerons tous. (99) Et ce jour-là Nous présenterons de près l’Enfer aux mécréants, (100) dont les yeux étaient couverts d’un voile qui les empêchait de penser à Moi, et ils ne pouvaient rien entendre non plus. (101) Ceux qui ont mécru, comptent-ils donc pouvoir prendre, pour alliés, Mes serviteurs en dehors de Moi? Nous avons préparé l’Enfer comme résidence pour les mécréants. (102) Dis: «Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres? (103) Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent faire le bien. (104)

Caractéristiques du sourate al-Kahf[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la sourate al-Kahf est récitée tous les vendredis (de jeudi après la prière du maghrib à vendredi jusque la même prière). D'après un hadith, celui qui lit la sourate Al-Kahf le vendredi aura une lumière pour le guider jusqu'au prochain vendredi.

Les croyants estiment que la lecture des dix premiers versets de cette sourate permet de se protéger contre le Dajjal (l'antéchrist) lorsqu'il apparaîtra vers la fin des temps[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La traduction (Kazimirski) de la sourate Al-Kahf

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des symboles musulmans, Malek Chebel, éd. Albin Michel, p.187
  2. Mohammed Arkoun, « Lecture de la sourate 18. », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 35e année, N. 3-4, 1980, p. 419.
  3. L'islam politique au sud du Sahara: identités, discours et enjeux Hommes et sociétés,Muriel Gomez-Perez,Muriel Gomez-Perez,KARTHALA Editions, 2005,ISBN 978-2-84586-615-7, 9782845866157