Geheime Feldpolizei

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La Geheime Feldpolizei ou GFP était, pendant la Seconde Guerre mondiale, l'équivalent allemand de la sûreté française aux armées, la police secrète militaire.

La GFP (sûreté) et la Feldgendarmerie (prévôté) sont les bras séculiers de l’Abwehr dans son rôle de contre-espionnage. Chargée d'assurer la sécurité des forces armées, la GFP est spécialisée dans la lutte contre la Résistance intérieure et extérieure. Son action et ses méthodes lui valent le surnom de "Gestapo de la Wehrmacht". Jusqu’en 1942, la Geheime Feldpolizei, composée de plusieurs "Gruppen" d’une centaine d'hommes chacun, est sous l'autorité de la Wehrmacht qui assure sa propre sécurité.

La Geheime Feldpolizei en France[modifier | modifier le code]

Le chef de la GFP pour la France Philip Greiner Paris porte le titre de "Leitender Feldpolizeidirektor" auprès du Gouverneur Militaire en France. Il est installé à l'hôtel Lutetia, PC de l'Abwehr (renseignement et contre-espionnage) en zone occupée, ce qui facilite les liaisons. Plusieurs Groupes sont installés dans la capitale. On peut citer ceux de l'hôtel Terrasse, avenue de la Grande-Armée, celui de l'hôtel Cayré, boulevard Raspail, etc. Entre 1940 et 1942, la GFP est organisé au sein des trois circonscriptions militaires (Militarverwaltungsbezirk) de la zone occupée. Circonscription A (Saint Germain), Circonscription B celui de Dijon, siège d'un poste Abwehr dont la compétence s'étend jusqu'en Suisse et en Belgique et Circonscription C celui de Bordeaux-Angers. Pour le Nord de la France (Départements du Nord et du Pas de Calais), le siège de la GFP se trouvait à Bruxelles, rue de la Traversière et comme tel rattaché au Gouverneur Militaire pour la Belgique et le Nord de la France.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Les cadres sont des policiers de métier (Kripo, Gestapo) mobilisés dans la Wehrmacht. Également mobilisés, les agents allemands de base ont été choisis pour leur connaissance du pays et de la langue. Enfin, la GFP recrute sur place des enquêteurs indigènes fort bien payés qui pénètrent les mouvements de résistance.

Quelques membres[modifier | modifier le code]

Réorganisations[modifier | modifier le code]

En mai 1942, un Höherer der SS und Polizeiführer pour la zone occupée, Karl Oberg, est nommé à Paris. Les compétences de la GFP passent à la SIPO SD. Le Commandant de la SIPO SD Helmut Knochen procède à plusieurs réorganisations, afin de renforcer la répression contre la Résistance. Les chefs et les agents de la GFP de 23 groupes GFP passent sous le contrôle global du Sipo-SD où ils sont intégrés, avec des grades SS, dans le cadre des KdS (états-majors régionaux). Dans certains cas, exemple à Dijon, les officiers de la GFP, avec leur grade SS tout neuf, prennent le commandement du détachement local de Sipo-SD. Les autres groupes GFP sont dissous. Seuls subsistent les groupes GFP attachés auprès d'unités allemandes stationnées en France.
Le groupe 6/10 est composé des éléments les plus sadiques de la GFP, qui comptera le « Kommando für Kapitalverbrechen » (crime suprême) chargé du Stand de tir de Balard.

Les groupes de GFP basés dans les départements français du Nord et du Pas-de-Calais, placé sous le commandement militaire allemand de Bruxelles dès juin 1940, ne sont pas fusionnés avec les services locaux de la Sipo-SD. Ils continuent à agir dans les deux départements français jusqu'à la libération en septembre 1944. (Groupe 3 Lille et Valenciennes, Groupe 9 Calais, Groupe 737 Arras etc...) ainsi que les Groupes de GFP Luftwaffe (La Madeleine, banlieue lilloise).

Rôle de la police française[modifier | modifier le code]

Dans un pays occupé, les conventions internationales stipulent que l'ordre doit être assuré par la police de ce pays et non par celle de la puissance occupante. Dans tous les pays envahis par la Wehrmacht, cette mesure censée atténuer les rigueurs d'une occupation militaire va, au contraire, aggraver la dureté et l'efficacité de la répression, d'autant que, pour des raisons politiques ou liées à l'intérêt personnel, de trop nombreux fonctionnaires collaborent activement. Or, ils ont une profonde expérience de la population qui aurait normalement dû faire défaut aux polices allemandes.

Les Brigades Spéciales de la préfecture se trouvent soumises à la GFP (allemande).
Les interventions routinières de police, tel que la recherche de renseignements, les perquisitions, les filatures, les premiers interrogatoires et les tortures étaient assurées par la BS2 (Brigade Spéciale N°2) de la préfecture.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Archives Nationales
  • Service Historique de la Défense
  • Archives départementales de la Côte d'Or

Liens externes[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • 1940-1942 Les Dossiers Secrets De La Police Allemande En Belgique - Tome 1 et 2 de Charles Jean-Léon (La Geheime Feldpolizei en Belgique et dans le nord de la France).
  • The Senior Leadership Cadre of the Geheime Feldpolizei, 1939-1945 Brown Holocaut Genocide studies, 2003.
  • "Geheime Feldpolzei, Klaus Gessner Militarverlag DDR 1986.
  • "Die geheim Feldpolizei" Robert Winter Melchior historischer Verlag 2013