Stand de tir de Balard

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, le stand de tir de Balard fut un lieu de tortures et d’assassinats perpétrés par les nazis. Ce lieu a disparu avec les travaux du boulevard périphérique de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

Le stand de tir de Balard était situé dans le champ de manœuvre d’Issy-les-Moulineaux (mais toutefois situé sur le territoire de Paris dans le 15e arrondissement). Il serait actuellement situé dans l’enceinte du ministère de l'Air.

Ce champ de manœuvre était un quinconce délimité par le quai d’Issy, le boulevard Victor, la rue de la Porte-d'Issy, à Paris 15e et la rue Jeanne d’Arc, la rue Guynemer, le boulevard Gambetta et le boulevard Gallieni à Issy-les-Moulineaux. Il vit, en 1905, les essais des premiers aéroplanes où fut tué accidentellement en 1911 le ministre de la Guerre, Maurice Berteaux.

C’est actuellement une partie du parc Suzanne Lenglen situé sur l'ancien l’héliport de Paris, inauguré en 1957.

Historique[modifier | modifier le code]

Le stand de tir avait été créé en 1938 pour l'entraînement des policiers. Il y avait un stand de 200 mètres et un autre de 50 mètres. La Geheime Feld Polizei (GFP) disposait du stand pour torturer et massacrer les résistants. Ce stand de tir fut « découvert » à la Libération.

Malgré un secret total de la part des nazis, des « signes » avaient traversé le champ de manœuvre et fin août 1944 des curieux vont en reconnaissance vers le ministère de l’Air, qui était occupé par la Luftwaffe depuis juin 1940. Parmi ces curieux, le commissaire de police Henri Danty et le photographe Roger Schall qui vont découvrir l’horreur du stand de 50 mètres (rapport du commissaire Henri Danty) :

  • 3 poteaux d’exécution criblés de balles, dont l’un est presque sectionné par les balles, sur lesquels sont accrochés des bandeaux et des cordages (destinés aux suppliciés) ;
  • 6 poteaux rasés, sectionnés par les balles et 6 poteaux neufs, rangés le long du mur ;
  • un mur recouvert d’amiante qui portait des centaines de traces de mains ;
  • des cercueils contenant chacun plusieurs corps…
  • des fours, dont on peut imaginer qu’ils pouvaient servir pour brûler les corps des martyrs, qui n’ont jamais été retrouvés.

Ce lieu tragique a disparu le 24 juin 1964, lors de travaux de construction d’un bâtiment administratif et de logements pour les troupes.

Le mur d’amiante[modifier | modifier le code]

La construction du mur d’amiante témoigne d’une parfaite connaissance de ses caractéristiques. L’amiante est incombustible. On peut le chauffer à l’infini sans qu’il fonde.
On suppose que des câbles électriques traversaient le mur et alimentaient des résistances chauffant le mur à de très hautes températures. Les résistants qui tombaient sur le mur y laissaient leur vie mais également l’empreinte de leurs mains.

Les victimes[modifier | modifier le code]

Le premier massacre eut lieu le 6 juillet 1942, il fut exécuté par le « Kommando für Kapital Verbrechen », chargé de « gérer » le stand de tir, sur ordre du « chef suprême des SS et de la police », Karl Oberg. Au stand de tir de Balard furent torturées puis fusillées, selon les actes des décès déposés au service de l’État civil de Paris 15e, 143 personnes, parmi lesquelles :

Divers[modifier | modifier le code]

  • Une plaque commémorative comportant les noms des 143 exécutés, officiellement, au stand de tir a été apposée le 23 avril 1961 avenue de la porte de Sèvres, sur le mur de la DGA, exactement là où était placé le stand. Dans le cadre des travaux de construction du nouveau Ministère de la Défense, la plaque a été transférée en face au coin de la BA 117.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]