Funkspiel

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Funkspiel, expression allemande qui signifie Jeu radio, est le nom donné à une opération de contre-espionnage allemand de la Seconde Guerre mondiale mise en place par la Gestapo, qui consistait à utiliser les émetteurs radio des opérateurs clandestins capturés pour dialoguer à leur place directement avec Londres.

Son rôle[modifier | modifier le code]

Cette opération permettait aux services de renseignements nazis d'intercepter les informations militaires des Alliés, de leur transmettre de fausses informations et de repérer d'autres émetteurs clandestins.

Principaux jeux[modifier | modifier le code]

Quelques radio-jeux menés par Josef Götz du Sicherheitsdienst (SD) sont présentés dans cette section dans l'ordre chronologique de leur démarrage, en utilisant les noms qu'il leur donnait lui-même.

Radio-jeu Bloom[modifier | modifier le code]

  • Arrestation : 15 avril 1943, Fonsorbes, près de Toulouse.
  • Opérateur radio : Marcus Bloom « Urbain », du réseau PRUNUS de Maurice Pertschuk « Eugène ».
  • Début du radio-jeu : quelques jours après l'arrestation, Josef Götz engage un jeu avec Londres.
  • Fin du radio-jeu : mi-juin.
  • Résultats : aucun.

Radio-jeu Archambaud[modifier | modifier le code]

Radio-jeu Bertrand et Valentin[modifier | modifier le code]

  • Arrestation : 21 juin 1943, Dhuizon (Loir-et-Cher).
  • Opérateur radio : John Macalister « Valentin », du réseau ARCHDEACON que Frank Pickersgill « Bertrand » vient former dans les Ardennes.
  • Début du radio-jeu : première quinzaine d'août, la radio-jeu Norman étant encore en cours.
  • Fin du radio-jeu : mai 1944.
  • Résultats : Josef Placke (SD) se fait passer pour Frank Pickersgill à Hirson. Quatre agents sont arrêtés. Un groupe fictif est formé à Verdun. 20 parachutages sont opérés, conduisant à la réception de 240 containers.

Radio-jeu Achille[modifier | modifier le code]

Radio-jeu Rousset[modifier | modifier le code]

  • Arrestation : 7 septembre 1943, Paris.
  • Opérateur radio : Marcel Rousset « Léopold », du réseau BUTLER de Jean Bouguennec « Max ». Il cherche à prévenir Londres en faisant croire aux Allemands qu'il doit transmettre en français pour Marcel Fox et en anglais pour Francis Garel. En réalité, c'est le contraire. Londres ne comprend pas et demande en réponse pourquoi BUTLER a changé son modus operandi.

Radio-jeu Madeleine ou Phono[modifier | modifier le code]

Radio-jeu Tell[modifier | modifier le code]

Radio-jeu Newman[modifier | modifier le code]

Fin de l'opération[modifier | modifier le code]

Le dernier message truqué que les Allemands auraient échangé avec Londres par le biais de cette manœuvre aurait été celui-ci : « Merci pour votre collaboration et pour les armes que vous nous avez envoyées ». Mais les Allemands ne pensaient pas que les services de renseignements britanniques avaient déjà compris le stratagème depuis au moins deux semaines avant cette transmission. Résultat, si les Allemands avaient pu tirer certains bénéfices de ces émetteurs clandestins, cette nouvelle arme finit par se retourner contre eux ; à partir de mai 1944, il ne fut plus question de cette opération.

Source[modifier | modifier le code]

  • Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, Paris, Fayard, 1962, p. 521-523.