Django Unchained

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Django Unchained

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Logo original du film.

Titre québécois Django déchaîné
Réalisation Quentin Tarantino
Scénario Quentin Tarantino
Acteurs principaux
Sociétés de production The Weinstein Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western spaghetti
Sortie 2012
Durée 165 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Django Unchained ou Django déchaîné au Québec et au Nouveau-Brunswick est un western spaghetti[1] américain écrit et réalisé par Quentin Tarantino, sorti en 2012.

Nommé pour cinq Oscars dont celui du meilleur film en 2013, le film est récompensé à deux reprises ; meilleur acteur dans un second rôle pour Christoph Waltz et meilleur scénario original pour Quentin Tarantino.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Charriot du docteur Schultz.
Charriot du docteur Schultz.

L'action commence dans le Texas, en 1858 : une file d'esclaves enchainés avance péniblement sous la garde des frères Ace et Dicky Speck. En pleine nuit, le groupe croise le docteur King Schultz, qui voyage sur son ancienne roulotte de dentiste ambulant. Schultz, ignorant l'hostilité manifeste des Speck, demande aux prisonniers si l'un d'entre eux connait les dénommés « frères Brittle » ; celui qui s'avérera être Django répond par l'affirmative. Mais lorsque Schultz insiste pour acquérir Django, Ace Speck le menace de son fusil. Schultz tue rapidement Ace, libère Django, et laisse les autres esclaves s'occuper de Dicky.

Une fois en ville, Schultz explique à Django qu'il est un chasseur de primes et qu'il doit ramener les frères Brittle, morts ou vifs ; malheureusement, Schultz ignore à quoi ressemblent ses proies, et il a donc besoin de quelqu'un pour les lui montrer. Il propose à Django de l'accompagner jusqu'à ce qu'ils aient retrouvé les Brittle ; leur travail accompli, Django sera libre et recevra même quelques dollars. Django accepte. Les deux associés localisent les trois frères dans la plantation de Spencer Bennet ; ils accèdent au domaine en se faisant passer pour des acheteurs esclavagistes, puis abattent les Brittle.

Avant de se séparer, le docteur Schultz demande à Django ce qu'il fera désormais. Ce dernier explique qu'il partira à la recherche de sa femme Broomhilda, dont il ignore le destin après leur tentative ratée de fuir la plantation où ils étaient retenus. Schultz, originaire de Düsseldorf, est très étonné par le prénom germanique de l'épouse de Django, qui lui remémore ce qu'il prétend être « la plus connue des légendes allemandes » (la Chanson des Nibelungen). Et comme Shultz se sent vaguement responsable de Django, qui est le premier esclave qu'il libère, il lui propose de prolonger leur association jusqu'à la libération de Broomhilda. Django accepte et passe l'hiver suivant à s'entrainer avec le docteur. Devenu un tireur d'exception, Django recueille une première prime et conserve l'avis de recherche qui y est associé comme porte-bonheur.

À Greenville (Mississippi), où Django avait été vendu, Schultz et Django recontrent le nouveau maitre de Broomhilda, le richissime Calvin J. Candie, propriétaire de la plantation Candyland. Entre autres cruautés, cet homme aux apparences raffinées oblige ses esclaves les plus forts à se battre à mort dans des combats de « lutte mandingue ». Schultz et Django sont conscients que Calvin Candie ne consentira à les rencontrer que s'il y trouve son intérêt ; ils l'aborderont donc en prétendant vouloir acheter le meilleur lutteur de Candie pour une somme énorme, soit 12 000 dollars, et puis ils renonceront à la négociation pour n'acheter « que » Broomhilda. L'approche fonctionne : Candie les invite chez lui. Durant leur voyage, pour éviter de se faire démasquer, Django et Schultz doivent se montrer insensibles à la condition des autres esclaves (ils doivent par exemple renoncer à sauver D'Artagnan, un lutteur affaibli et borgne, que Candie fait dévorer par ses chiens pour le punir d'avoir fui).

Arrivés à Candyland, Schultz et surtout Django se heurtent à l'hostilité de Stephen, le fidèle majordome noir de Candie. Ils parviennent à organiser une discrète entrevue avec Broomhilda, qui s'évanouit de surprise en apercevant Django. Hélas, pendant le diner dans le pavillon des maitres où Broomhilda fait le service, la sœur de Calvin Candie remarque : « Il semble que cette pouliche ait un petit faible pour Django » ; ceci alerte Stephen, qui s'isole avec Candie pour lui exposer ses déductions : l'achat du lutteur n'a été qu'un prétexte pour s'introduire ici et ensuite acheter Broomhilda. Calvin Candie retourne avec ses invités et, au dessert, se livre à une démonstration extrêmement violente qui aboutit à une offre unique présentée comme un ultimatum : le prix de Broomhilda passe à 12 000 dollars. Schultz et Django acceptent, et un contrat de vente est conclut.

Après avoir payé, et alors que Django, Schultz et Broomhilda sont sur le point de partir, Candie exige que Schultz lui serre la main afin de finaliser la transaction. Schultz refuse catégoriquement. Candie insiste lourdement, prétendant que dans le Sud, seule une poignée de main officialise une transaction. Semblant se résigner, Schultz s'approche de Candie... et lui tire une balle en plein cœur avec un Derringer dissimulé dans sa manche ; il se retourne vers Django et, semblant s'excuser, lui dit : « J'ai pas pu résister ». Dans la fusillade qui s'ensuit, Schultz se fait abattre par le garde du corps de Candie, Pooch, qui lui-même se fait descendre par Django. Django abat ensuite un grand nombre de gardes, mais se rend quand Broomhilda est prise en otage. Le lendemain matin, Stephen annonce à Django qu'il sera vendu à la compagnie minière LeQuint Dickey, qui fait succomber les gens au travail.

En route pour la mine, Django explique à ses gardiens qu'il est un chasseur de primes injustement emprisonné : il prétend que de dangereux bandits se sont réfugiés à Candyland après avoir tué Schultz, Candie, et du personnel ; il a été vendu à la mine, car il faisait un coupable idéal. Pour prouver ce qu'il dit, Django présente son premier avis de recherche, ce présumé porte-bonheur qu'il a soigneusement conservé, et convainc ses surveillants. Lorsque les gardiens le libèrent et lui donnent un pistolet, Django les abat, s'empare de dynamite et d'un cheval, et fonce à Candyland.

Pendant son retour vers la plantation, Django massacre les dresseurs des molosses qui ont dévoré D'Artagnan. Il découvre aussi le corps de Schultz, sur lequel il prend les papiers qui affranchissent Broomhilda, puis libère sa femme. Lorsque les occupants de Candyland reviennent de l'enterrement de Calvin Candie et pénètrent dans le hall du bâtiment principal, Django libère les serviteurs, abat les hommes de main et la sœur de Candie, et termine en tirant dans les rotules de Stephen. Fou de rage, le majordome prédit la capture de Django. Calmement, ce dernier enflamme la mèche reliée à la dynamite qu'il a installée dans la maison, et puis va rejoindre Broomhilda. Ensemble, ils assistent à l'explosion, contemplent les flammes, et s'éloignent à cheval.

Dans une scène post-crédits, un groupe d'esclaves qui ont paru plus tôt se demandent qui Django était vraiment.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légendes : Version française (VF) sur AlloDoublage[5], RS Doublage[6] et Voxofilm[7] ; Version québécoise (VQ) sur Doublage.qc.ca[8]

Bande originale[modifier | modifier le code]

Django Unchained

Bande originale de divers artistes
Sortie 18 décembre 2012
Durée 53:28
Genre Rap, musiques de film, …
Producteur Quentin Tarantino (exécutif)
Stacey Sher
Reginald Hudlin
Pilar Savone
Holly Adams[9]
Label Drapeau des États-Unis Republic Records
Drapeau de la France Mercury
Critique

Bandes originales par Quentin Tarantino

Le film allie chansons inédites et compositions déjà existantes. Parmi les titres inédits, 100 Black Coffins de Rick Ross coécrit et produit par Jamie Foxx, Who Did That to You? de John Legend, Ancora qui d'Ennio Morricone et Elisa et Freedom d'Anthony Hamilton et Elayna Boynton[11]. Un mashup de Untouchable de Tupac Shakur et The Payback de James Brown[12] se retrouvent dans le film.

Frank Ocean a enregistré une chanson pour le film, que Tarantino a rejetée : « Ocean a écrit une ballade fantastique, c'était très romantique et poétique, mais il n'y avait tout simplement pas de scène pour ça[13]. » L'artiste a cependant dévoilé le morceau, Wiseman, sur internet[14].

La bande originale est commercialisée le 18 décembre 2012. Dans le livret de l'album, Quentin Tarantino explique ne pas avoir voulu utiliser des versions numériques des musiques, mais bien les versions de ses propres disques vinyles avec tous les « pops and cracks »[9].

Liste des titres[15],[16]
No Titre Auteur(s) Interprète(s) Durée
1. Winged (Dialogue) Quentin Tarantino James Russo 0:08
2. Django (tiré de Django) Luis Bacalov Rocky Roberts[9] & Luis Bacalov 2:53
3. The Braying Mule (tiré de Sierra torride) Ennio Morricone Ennio Morricone 2:33
4. In That Case Django, after You… (Dialogue) Quentin Tarantino Christoph Waltz & Jamie Foxx 0:38
5. Lo chiamavano King (His Name Was King) (tiré de On m'appelle King) Luis Bacalov Edda Orso 1:58
6. Freedom Anthony Hamilton, Elayna Boynton, Kelvin Wooten Anthony Hamilton & Elayna Boynton 3:56
7. Five-Thousand-Dollar Nigga's and Gummy Mouth Bitches (Dialogue) Quentin Tarantino Don Johnson & Christoph Waltz 0:56
8. La corsa (2e version) (tiré de Django) Luis Bacalov Luis Bacalov 2:18
9. Sneaky Schultz and the Demise of Sharp (Dialogue) Quentin Tarantino Don Stroud 0:34
10. I Got a Name Norman Gimbel Jim Croce 3:15
11. I giorni dell'ira (Days of Anger) (tiré de Le Dernier Jour de la colère) Riz Ortolani Riz Ortolani 3:05
12. 100 Black Coffins Jamie Foxx Rick Ross 3:43
13. Nicaragua (tiré de Under Fire) Jerry Goldsmith Jerry Goldsmith featuring Pat Metheny 3:29
14. Hildi's Hot Box (Dialogue) Quentin Tarantino Samuel L. Jackson & Leonardo DiCaprio 1:16
15. Sister Sara's Theme (tiré de Sierra torride) Ennio Morricone Ennio Morricone 1:26
16. Ancora qui Ennio Morricone, Elisa Toffoli Ennio Morricone & Elisa 5:08
17. Unchained (The Payback/Untouchable) James Brown & Tupac 2:51
18. Who Did That to You? Paul Epworth John Legend 3:48
19. Too Old to Die Young Brother Dege Brother Dege 3:43
20. Stephen the Poker Player (Dialogue) Quentin Tarantino Samuel L. Jackson 1:02
21. Un monumento (tiré de Les Cruels) Ennio Morricone Ennio Morricone 2:30
22. Six Shots Two Guns (Dialogue) Quentin Tarantino Samuel L. Jackson & Jamie Foxx 0:05
23. Trinity (Titoli) (tiré de On l'appelle Trinita) Franco Micalizzi Annibale E I Cantori Moderni 3:03
24. Ode to Django (The D Is Silent) (titre bonus iTunes[17]) RZA RZA 4:58

Autres morceaux du film, non présents sur le CD[18],[19]

  1. Rito finale - Ennio Morricone (tiré de La Cité de la violence)
  2. Norme con ironie - Ennio Morricone (tiré de La Cité de la violence)
  3. Town of Silence (2e version) - Luis Bacalov (tiré de Django)
  4. Gavotte - Grace Collins
  5. Town of Silence - Luis Bacalov (tiré de Django)
  6. Requiem and Prologue - Masamichi Amano et l'Orchestre philharmonique de Varsovie (version du Dies Irae de Verdi tirée de Battle Royale)
  7. The Big Risk - Ennio Morricone (tiré de L'assaut des jeunes loups)
  8. Minacciosamente lontano - Ennio Morricone (tiré de Les Cruels)
  9. Blue Dark Waltz - Luis Bacalov (tiré de Django)
  10. La Lettre à Élise - Ashley Toman
  11. Freedom - Richie Havens
  12. Ain't No Grave (Black Opium Remix) - Johnny Cash
  13. Dopo la congiura - Ennio Morricone (tiré de Les Cruels)

Production[modifier | modifier le code]

« J’aimerais faire un western, mais plutôt que de le situer au Texas, faisons-le à l’époque de l’esclavage. Ce sujet, tout le monde a peur de le traiter. Il faut qu’on l’éclaire nous-mêmes. Vous pouvez faire un film sous la forme d’une leçon d’histoire gonflante sur des esclaves qui s’échappent grâce au Chemin de fer Clandestin. Ou vous pouvez faire un film excitant. En faire toute une aventure. Un western spaghetti qui se passe à cette époque[20]. »

Quentin Tarantino

Développement[modifier | modifier le code]

Quentin Tarantino avait exprimé depuis plusieurs années son intention de réaliser un western spaghetti, notamment en hommage à ceux de Sergio Leone. Le titre The Angel, The Bad And The Wise avait d'ailleurs été évoqué, en référence à Le Bon, la Brute et le Truand[21], mais il s'avère que ce titre se rapporte à un projet de Franco Nero en qualité de réalisateur, un western avec Keith Carradine et Treat Williams, où le réalisateur ferait un caméo ainsi que Robert Rodriguez. Finalement, son propre film s'inscrirait davantage dans la lignée du Django (1966) de Sergio Corbucci[22], qui donna suite à toute une série de films plus ou moins raccrochés à l'original.

Quentin Tarantino déclare avoir bouclé le script le 26 avril 2011[23], avant d'annoncer une sortie pour Noël 2012 aux États-Unis[24].

Influences[modifier | modifier le code]

Le film s'inspire de films western spaghetti comme Django de Sergio Corbucci (1966), mais également du western américain black comme Buck et son complice (1972) de Sidney Poitier, ou Boss Nigger (1975) de Jack Arnold[25]. Quentin Tarantino compare également son film à Nevada Smith de Henry Hathaway (1966)[26].

Par ailleurs, Tarantino explique que d'un point de vue thématique son film renvoie vers Der Ring des Nibelungen, cycle de quatre opéras composés par Richard Wagner, et l'un de ses personnages, Siegfried : dans le film, Christoph Waltz reconnaît en Jamie Foxx un véritable Siegfried et lui dit : « Quand un Allemand croise un Siegfried dans la vraie vie, ce n'est pas rien ! »[25]. De plus, le personnage incarné par Kerry Washington se nomme Broomhilda en référence à Brunehilde. Et Siegfried délivre Brunehilde des flammes, dans le film de Quentin Tarantino comme dans l'opéra de Richard Wagner[27].

Casting[modifier | modifier le code]

L'acteur-chanteur Jamie Foxx incarne le personnage de Django. Avant ce choix, Will Smith était pressenti pour le rôle[28]. Mais il refuse l'offre de Tarantino, trouvant que le personnage de Django n'est en fait pas le personnage principal. L'acteur souhaite modifier le scénario, notamment que le personnage tue lui-même le méchant, ce qu'a refusé le réalisateur[29]. Les noms d'Idris Elba, de Terrence Howard, ou de Chris Tucker ont également été cités[30],[31].

Christoph Waltz joue pour la seconde fois dans un film de Quentin Tarantino, après avoir incarné le colonel SS Hans Landa dans Inglourious Basterds.

Si le réalisateur a d'abord proposé à Leonardo DiCaprio d'endosser le rôle du personnage finalement incarné par Christoph Waltz, l'acteur a décliné (comme pour Inglourious Basterds[32]) pour préférer incarner un autre personnage, celui du méchant Calvin Candie.

Samuel L. Jackson, habitué aux films de Tarantino, joue le vieux régisseur esclave du méchant propriétaire. L'acteur Franco Nero, qui avait tenu le rôle principal du film Django (1966) de Sergio Corbucci, fait une apparition dans le rôle d'un propriétaire d'esclave italien, dont le lutteur mandingue vient de se faire tuer par celui de Calvin Candie[33].

En novembre 2011, Quentin Tarantino avait déclaré qu'il voulait Jonah Hill. Mais ce dernier avait décliné, en raison d'un emploi du temps incompatible avec le tournage de Django Unchained. Cependant, en juin 2012, une solution est finalement trouvée et Jonah Hill rejoint la distribution en cours de tournage[34].

Annoncé dans le rôle d'Ace Woody, le bras-droit de Calvin, Kevin Costner quitte finalement le projet pour cause d'emploi du temps incompatible. Kurt Russell, qui a déjà travaillé avec Tarantino sur Boulevard de la mort, est ensuite proposé pour le rôle[35], puis il se désiste à son tour, officiellement pour différend artistique. Du coup, le rôle d'Ace Woody disparaît au profit de celui de Billy Crash interprété par Walton Goggins, acteur remarqué dans les séries Justified et The Shield, désormais plus étoffé, leurs scènes fusionnant[36].

Alors que le tournage a déjà commencé, Joseph Gordon-Levitt abandonne son rôle en cours, pour se consacrer à sa première réalisation[37], c'est Quentin Tarantino lui-même qui le remplace dans les scènes de son personnage. Sacha Baron Cohen qui devait participer au film, abandonne pour des raisons de promotions. Anthony LaPaglia a également quitté le film pendant le tournage, en raison d'un conflit d'emploi du temps et pour diverses raisons[38].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a débuté en février 2012[39]. Certains lieux utilisés étaient des décors créés à l'origine pour la série télévisée Deadwood[40].

Lieux de tournage[41] :

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

En juin 2012, The Weinstein Company annonce officiellement la sortie nord-américaine pour le 25 décembre 2012. Le 7 juin 2012, une bande-annonce de 2 minutes 30 est rendue publique. Puis, le 14 juin 2012, une deuxième bande-annonce est diffusée. La sortie française, quant à elle, a lieu le 16 janvier 2013.

Durant la promotion du film, courant décembre 2012, Quentin Tarantino révèle qu'une autre version du film dure trois heures. Il déclare : « Je ne suis pas exactement sûr de ce que je pourrais faire avec ce montage. Je vais attendre de voir comment le film marche à travers le monde. Ensuite, je prendrai une décision »[42].

Par ailleurs, le producteur Harvey Weinstein avait suggéré de séparer le film en deux parties, comme pour Kill Bill. Mais Tarantino explique que cela ne « marcherait pas avec ce film. C'était une décision consciente dès le tout début de ne pas utiliser mes astuces narratives habituelles… Ici, vous devez suivre le voyage de Django jusqu'à la fin »[42].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Quentin Tarantino a avoué avoir glissé un lien caché avec Pulp Fiction : dans Django Unchained, un membre du gang du Smitty Bacall s'appelle Crazy Craig Koons, qui serait un ancêtre du Capitaine Koons interprété par Christopher Walken dans Pulp Fiction. Par ailleurs, le réalisateur a déclaré que Broomhilda von Shaft avait un lien identique avec le policier Shaft qui apparaît notamment dans Les Nuits rouges de Harlem[43].

Lorsque Amerigo Vassepi (Franco Nero) s'approche du bar et demande à Django d’épeler son nom, celui-ci lui explique comment cela se prononce en précisant que le « D » est muet. La réponse de Vassepi est : « Je sais ». Cette référence rappelle que Nero a incarné le personnage éponyme dans le film Django de Sergio Corbucci en 1966.

Dans la scène de lynchage par des membres du Ku Klux Klan, plusieurs figurants sont des cascadeurs âgés de 70 ans qui ont entraîné Jamie Foxx et Christoph Waltz au tir rapide et qui ont naguère travaillé avec John Wayne[44].

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Box-office arrêté le… Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis 162 805 434 $[2],[45] 16 mai 2013 21
Drapeau de la France France 4 303 569 entrées[45] 28 mai 2013 19
Monde Monde 425 368 238 $[2] 22 septembre 2013 -
  • Budget du film : 100 000 000 $

En France, le film dépasse les quatre millions d'entrées courant mars 2013 et devient ainsi le meilleur score de Quentin Tarantino, devant Inglourious Basterds (2 866 173 entrées) et Pulp Fiction (2 864 640 entrées)[46].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Sur le site Rotten Tomatoes, le film a reçu des critiques majoritairement favorables, avec une note moyenne de 8/10 et 88 % d'avis favorables basées sur 222 critiques. Le site les résume en indiquant que le film est « Intrépide, sanglant, et stylistiquement audacieux, Django Unchained est un autre chef-d’œuvre incendiaire de Quentin Tarantino »[47]. Sur le site AlloCiné, Django Unchained a reçu la note rare de 4,5/5 basée sur 33 critiques de presse, et une moyenne de 4,6/5 par les spectateurs[48] ce qui lui permet d'être classé comme étant le meilleur film de tous les temps selon les internautes d'allociné[49].

Sur l'IMDb, il détient une moyenne de 8,5/10 obtenue sur une moyenne de 418 191 utilisateurs[50]. Sur FilmAffinity, il possède une moyenne de 7,9/10 pour plus de 80 000 votes[51]. Sur Metacritic, il obtient le score de 81/100 basé sur 42 critiques et 8,5/10 par 1 533 utilisateurs[52].

Inexactitudes historiques[modifier | modifier le code]

Bien que Tarantino ait dit à propos du combat mandingue « j'ai toujours été conscient que ces choses existaient », il n'existe aucune preuve historique que les propriétaires d'esclaves aient jamais mis en scène des affrontements comme celui représenté dans le film[53],[54]. Au contraire, l'historienne Edna Greene Medford note qu'il n'y a que des rumeurs non documentées sur de tels combats[55]. David Blight, le directeur du Centre de Yale pour l'étude de l'esclavage, précise que ce n'était pas une question de réserve morale ou éthique qui empêchait les propriétaires d'esclaves de laisser ceux-ci combattre les uns contre les autres, mais plutôt l'intérêt économique : les propriétaires ne voulant pas risquer leurs investissements financiers importants dans des combats de gladiateurs[53].

En outre, l'utilisation de bâtons de dynamite constitue un anachronisme : Alfred Nobel l'invente en 1866 et en dépose le brevet en 1867, alors que l'action est censée se dérouler en 1858. Autre gaffe, un shérif porte une carabine Winchester à répétition modèle 1873 à une époque où l'on chargeait encore les fusils par la bouche.

Pour David Denby dans le New Yorker, il est impossible de prendre Django Unchained pour un portrait tant soit peu exact de l'esclavage. Le film s'inscrit dans une série de films où Tarantino, jouant avec les conventions de genre, mêlant violence et sadisme, n'hésite pas à inventer certaines cruautés du Sud esclavagiste pour les besoins de son propos[56].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Source : Internet Movie Database[57].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Controverse[modifier | modifier le code]

Le site internet américain Spill.com a fortement critiqué l'utilisation abusive du mot « nègre » (nigger en anglais)[61]. Cependant, certains critiques[62] trouvent l'emploi du mot justifié par le contexte historique du film[63]. Le réalisateur afro-américain Spike Lee, qui s'est déjà plusieurs fois opposé à Tarantino pour la même raison, déclare qu'il est contre le film et qu'il ne le verra pas : « Je pense que ça serait manquer de respect à mes ancêtres. C’est tout ce que j’ai à dire. Je ne peux pas leur manquer de respect ». Il a ajouté sur Twitter que « l'esclavage américain n'était pas un western spaghetti de Sergio Leone. C'était un holocauste. Mes ancêtres étaient des esclaves. Volés de l'Afrique. Je leur ferai honneur »[64]. Louis Farrakhan déclare à ce sujet : « Le film a changé la direction des armes »[65].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Django Unchained
One shot
Scénario Quentin Tarantino
Reginald Hudlin (adaptation)
Dessin R. M. Guéra
Jason Latour
Couleurs Giulia Brusco

Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue originale anglais
Éditeur Vertigo
Collection Vertigo Deluxe
ISBN 9782365773867
Nb. de pages Drapeau : France 272[66]
Nb. d’albums Drapeau : États-Unis 7 volumes[67]

Adaptation en comics[modifier | modifier le code]

Reginald Hudlin a adapté en comics la première version du scénario de Quentin Tarantino. Il a été édité aux États-Unis par Vertigo, en 7 petits volumes[68],[69],[70],[71],[72],[73],[74].

En France, une exposition a eu lieu à la galerie Chappe à Paris, présentant les illustrations de R. M. Guéra pour ce projet[75].

La bande dessinée sort en France en un seul volume de 272 pages, le 24 janvier 2014 chez Urban Comics[66].

La bande dessinée contient certaines scènes absentes du film, et précise l'histoire de Broomhilda ainsi que l’hostilité entre Stephen et Django[67].

Django / Zorro[modifier | modifier le code]

Dans la foulée des comics Django Unchained, Quentin Tarantino annonce son envie d'écrire un cross-over entre Django et Zorro, avec la collaboration de Matt Wagner et édité chez Dynamite Entertainment[76].

« C'est en lisant les histoires de Zorro que j'ai eu la conviction que c'était une bonne idée de réunir ces deux icônes. Et l'idée d'histoire qui m'est venue est vraiment palpitante, et je pense que ce sera un nouveau chapitre excitant pour ces deux personnages[77]. »

— Quentin Tarantino

Le premier tome Django / Zorro #1 sort donc chez Dynamite Entertainment en novembre 2014 aux États-Unis[78].

Version longue[modifier | modifier le code]

Lors d'un entretien durant le Festival de Cannes 2014, Quentin Tarantino déclare réfléchir à une version longue d'environ 4 heures : « Je ne refais pas le montage de mes films, car je le considère comme définitif. Ce n'est pas une chose sur laquelle je reviens ». Mais il précise cependant que le film possède « 90 minutes qui n'ont pas été montrées. [...] Ce que j'aimerais, c'est en sortir une version de 4 heures. Pas en film, mais sous la forme d'une mini-série de 4 épisodes d'une heure chacun. [...] Si l'on présente un film de 4 heures à quelqu'un, il n'aura pas envie de le voir. Alors que 4 épisodes d'une mini-série, ça le branche tout de suite plus ». Il envisage ainsi 4 chapitres d'une heure chacun[79].

Clin d’œil[modifier | modifier le code]

Dans le western comique de Seth MacFarlane, Albert à l'ouest (2014), Jamie Foxx fait un caméo dans une courte scène post-générique. Il arrive dans une sorte de foire dans laquelle un forain blanc propose une attraction où l'on peut tirer au pistolet sur des dessins d'esclaves noirs. Django arrive et tue l'homme blanc[80].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Django Unchained, 6 clés pour décrypter le western spaghetti », L'Express.fr, 15 janvier 2013.
  2. a, b et c (en) « Django Unchained », sur Box Office Mojo (consulté le 4 juillet 2014)
  3. Dans la version française, les dialogues francophones sont remplacés par de l'espagnol
  4. (en) Dates de sortie mondiales - Site officiel de Sony Pictures
  5. « Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage, consulté le 20 janvier 2013
  6. « Deuxième fiche du doublage français du film » sur RS Doublage, consulté le 20 janvier 2013
  7. « Troisième fiche du doublage français du film » sur Voxofilm, consulté le 28 février 2013
  8. « Fiche du doublage québécois du film » sur Doublage.qc.ca, consulté le 4 janvier 2013
  9. a, b et c Crédits du livret de l'album de la bande originale.
  10. (en) Review - Allmusic
  11. (en) Django Unchained Soundtrack Details - FilmMusicReporter
  12. Tupac refait surface sur la BO du prochain Tarantino - FranceTV.fr
  13. (en) Quentin Tarantino reveals why Frank Ocean was scrapped from Django Unchained soundtrack - New Musical Express
  14. (en) Frank Ocean Unveils New Song “Wiseman” Left Out of Django Unchained - PopDust.com
  15. (en) Django Unchained soundtrack collects spaghetti western classics and surprises - Examiner.com
  16. (en) Tracklist: Django Unchained Soundtrack - Complex.com
  17. (en) Playlist - iTunes Store
  18. (en) Django Unchained complete soundtrack list with movie references
  19. (en) Soundtrack - Internet Movie Database
  20. Le prochain Tarantino sera Django Unchained - CommeAuCinéma.com
  21. « Un western spaghetti pour Quentin Tarantino? », sur lyricis.fr,‎ 1er mars 2011
  22. « Des news du prochain Tarantino ! », sur AlloCiné,‎ 2 mai 2011
  23. (en) « Quentin Tarantino's Next Film IS 'Django Unchained!' »
  24. « Une date de sortie pour le prochain Tarantino ! »,‎ 23 juin 2011
  25. a et b « Method Man Tarantino », Première, no 430/431,‎ décembre-janvier 2012, p. 123
  26. Leclerc Fabrice, « Django Unchained : Tarantino version Inglourious Cow-boys », Studio Ciné Live, no 40,‎ août-septembre 2012, p. 93-96
  27. « Before Wagner’s Cycle, but That Legend Has a Familiar Ring », The New York Times, 21 février 2013.
  28. Will Smith chez Tarantino ? - AlloCiné
  29. Will Smith révèle finalement pourquoi il a refusé Django Unchained - VodKaster.com, 26 mars 2013
  30. Django Unchained : DiCaprio engagé, Jamie Foxx en négociations - Première.fr
  31. Jamie Foxx, Leonardo DiCaprio, Christoph Waltz dans le nouveau Tarantino - Écran Noir
  32. Tarantino veut Will Smith pour son DJANGO UNCHAINED - Cinemateaser.com
  33. "Django Unchained": A Discussion of Violence, Race, and Cinema", 17 janvier 2013 - Examiner.com
  34. Django Unchained : Jonah Hill revient ! - AlloCiné
  35. Quentin Tarantino retrouve Kurt Russell - AlloCiné
  36. What Was Cut From Django Unchained site Vukture
  37. (en) Joseph Gordon Levitt Exits Quentin Tarantino’s Django Unchained - WhatCulture.com
  38. Django Unchained : un vrai bordel selon Anthony LaPaglia - Cinemovies.fr
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