Tueurs nés

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Tueurs nés

Titre québécois Le Meurtre dans le sang
Titre original Natural Born Killers
Réalisation Oliver Stone
Scénario Quentin Tarantino (histoire)
Oliver Stone
Richard Rutowski
David Veloz
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Regency Enterprises
Alcor Films
Ixtlan
New Regency Pictures
J D Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Action
Policier
Satire
Sortie 1994
Durée 118 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Tueurs nés (Natural Born Killers) ou Le meurtre dans le Sang au Québec est un film américain réalisé par Oliver Stone et sorti en 1994.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mickey et Mallory, un jeune couple, décident de s’embarquer dans une virée sanglante, tuant les gens qu’ils rencontrent sur leur route, eux qui ont été victimes de mauvais traitements de la part de leurs parents respectifs. Leur déchéance à travers les États-Unis est détaillée dans les médias.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Mickey (Woody Harrelson) et Mallory (Juliette Lewis) tuent, par plaisir, toutes les personnes présentes dans un fast-food de bord de route. Ils laissent cependant un employé en vie pour qu'il raconte les faits et participe ainsi à construire leur légende. Ils prennent ensuite la route pour trouver de nouvelles victimes.

Le film revient ensuite sur leur rencontre : Mallory est une jeune fille qui vit dans une famille à problèmes. Son père la viole et sa mère feint l'ignorance. Un soir, elle rencontre Mickey Knox, un livreur, et tous deux partent pour une virée en voiture avec le véhicule du père de Mallory. Celui-ci porte plainte pour vol : Mickey est emprisonné quelque temps et Mallory retourne à sa vie habituelle. À sa sortie de prison, Mickey vient libérer Mallory, qu'il n'a pas oubliée, et tue ses parents. C'est le début d'une virée sur les routes au cours de laquelle le couple tue gratuitement plus de cinquante personnes, dont bon nombre de policiers.

Mickey demande la main de Mallory au bord d'un pont, et scelle leur union en entaillant leurs deux paumes de mains. Il tient tout particulièrement à leur mariage, qu'il considère comme hautement symbolique et irrévocable. La scène montre que Mickey se considère comme « le Dieu de [son] propre univers », ce qui peut expliquer pour partie son absence de barrières morales.

Le détective Jack Scagnetti (Tom Sizemore), un policier dépourvu de scrupules et lui-même tueur de prostituées à ses heures, se lance à la poursuite du couple. Pendant ce temps, Mickey et Mallory deviennent de véritables stars : ils sont admirés de nombreuses personnes qui les trouvent fascinants, même si tous reconnaissent, à regret, que leur comportement n'est pas moralement admissible. Les médias suivent la virée sanglante du couple de très près, la transformant en une sorte de spectacle en temps réel. Tout le monde oscille ainsi entre la condamnation et la fascination morbide.

Mickey et Mallory tombent en panne d'essence près de la tente d'un vieil indien. Le vieil homme, qui semble avoir un lien particulier avec les serpents à sonnette du lieu, reconnaît en Mickey un « démon » mais n'a pas pour autant peur d'eux. Au contraire, il cherche à les aider à se débarrasser de leurs mauvais esprits. Mickey, réveillé en sursaut après une sorte d'hallucination, tire sur l'indien et le tue. Mallory lui en veut beaucoup pour ce meurtre que Mickey regrette, le qualifiant d'accident. Pour la première fois, il semble éprouver des remords et avoue qu'il était prêt à cesser de tuer. Sur le chemin du retour vers leur véhicule, les deux jeunes gens sont mordus par des serpents à sonnette, d'une façon ou d'une autre attirés et rendus agressifs par la mort du vieil indien.

Alors qu'ils cherchent à se soigner dans une pharmacie, Mickey et Mallory sont reconnus par l'employé qui déclenche une alarme silencieuse. Il est tué mais Jack Scagnetti parvient à mettre la main sur Mallory et à obtenir la reddition de Mickey. Le couple part en prison.

Un an plus tard, un célèbre présentateur de télévision, Wayne Gale (Robert Downey Jr.) veut obtenir les confessions de Mickey avant que celui-ci et sa femme ne subissent une lobotomie et finissent leurs jours à l'hôpital. Mickey Knox accepte, convaincu par les chiffres de l'audimat qui montrent qu'il n'est pas encore le tueur en série le plus médiatique des États-Unis, étant toujours second derrière Charles Manson. Wayne Gale prépare donc une interview en prison avec l'accord du directeur, Dwight McClusky (Tommy Lee Jones), qui tient son établissement d'une main de fer et n'hésite pas à s'en prendre lui-même aux détenus récalcitrants. Cependant, celui-ci a un plan pour se débarrasser définitivement de ceux qu'il considère comme des déchets irrécupérables à l'issue de l'interview : il prévoit de confier leur transfert vers l'hôpital à Scagnetti, afin que le policier les tue sur le chemin.

Au cours de l'interview de Mickey, les propos qu'il tient sur le libre-arbitre, sa tentative de rédemption et l'acceptation de sa nature profonde (il se définit comme un « tueur-né ») galvanisent les prisonniers qui déclenchent une mutinerie générale. Tandis que les prisonniers prennent peu à peu le contrôle du pénitencier, Scagnetti retrouve Mallory dans sa cellule et fait, lui aussi, preuve d'un mélange de dégoût et de désir. Mallory se refuse à lui et réaffirme sa fidélité à son mari. Pendant ce temps, la situation dans la prison devient critique et l'interview est interrompue. Mickey en profite pour faire diversion : il abat un gardien et s'empare d'une arme. Souhaitant rester au centre de l'attention, il entraîne Wayne Gale et son équipe à sa suite, qui continuent à filmer en direct. Gale, que la situation de stress métamorphose, prend fait et cause pour Mickey Knox, partageant son excitation et son sentiment de liberté. Ils arrivent à la cellule de Mallory et Mickey la libère en abattant Scagnetti.

Le couple réussit son évasion grâce au soutien de leur otage volontaire et des détenus mutinés. McClusky ne peut que les regarder sortir, impuissant, et se fait lyncher par ses prisonniers. Gale est toujours avec eux, et les trois finissent dans un sous-bois. Le journaliste croit avoir créé un lien assez fort avec le tueur pour assurer sa survie : il n'en est rien, Mickey tenant au contraire un discours très différent de celui qu'il a tenu lors de l'interview. Il semble revenu à un complet fatalisme et accepte sans problème son goût pour le meurtre.

Mickey et Mallory tuent Wayne Gale, résigné, sous l'œil de la caméra qui tourne toujours et qu'ils laissent derrière eux comme un ultime témoignage. Ils fantasment sur leur avenir radieux ensemble, et les dernières images du film les montrent dans un camping-car accompagnés de leurs enfants.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis : 26 août 1994
Drapeau de l'Italie Italie : 29 août 1994 (Mostra de Venise 1994)
Drapeau de la France France : 21 septembre 1994
  • Interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en France

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du projet[modifier | modifier le code]

Le scénario original est en fait l’œuvre de Quentin Tarantino. Au début des années 1990, il vend les droits du script aux producteurs Jane Hamsher et Don Murphy pour 10 000 $ et tente, sans succès, de le réaliser lui-même pour 500 000 $[2]. Les producteurs le vendent finalement à la Warner. Oliver Stone découvre à ce moment là le scénario et pense que c'est le projet idéal, après la production difficile de son précédent film, Entre Ciel et Terre[3].

Avec l'aide de Richard Rutowski et David Veloz, Stone réécrit le script, en conservant cependant quasiment mot pour mot les dialogues de Tarantino. Stone modifie cependant en profondeur la structure initiale du script, en recentrant l'attention sur les deux tueurs en série, tout en donnant un rôle très important aux médias par l’intermédiaire du journaliste Wayne Gale (Robert Downey Jr.). Quentin Tarantino, insatisfait de la version de son script revisitée par Oliver Stone, renie alors publiquement la paternité du scénario final[4]. Il demande en conséquence que ne soit mentionnée au générique que son implication dans la création de l’histoire originale. Dans une interview de 1993, quelque temps avant la sortie du film en salles, Quentin Tarantino déclare toutefois n'avoir aucune animosité envers Oliver Stone :

« Ça ne sera pas mon film, ça sera le film d'Oliver Stone et Dieu le bénisse. J'espère qu'il fait un bon travail avec. Si je n'y étais pas émotionnellement attaché, je suis sûr que je le trouverais très intéressant. Si vous aimez ce que je fais, vous pourriez ne pas aimer ce film. Mais si vous aimez ce qu'il fait, vous allez probablement l'aimer. Cela pourrait être la meilleure chose qu'il ait jamais faite, mais en aucun cas faite avec moi[5],[6]. »

— Quentin Tarantino

En réécrivant le script, Oliver Stone le fait également changer de registre. Le film passe du statut de film d'action à celui de film satirique, critiquant les médias.

Distribution[modifier | modifier le code]

Michael Madsen avait un temps été envisagé pour incarner Mickey. Il aurait refusé sur les conseils de Quentin Tarantino, qui venait de le diriger dans son Reservoir Dogs[4]. Ses autres partenaires comme Steve Buscemi et Tim Roth furent aussi envisagé pour le même rôle.

Quant au rôle de Mallory, le premier choix était Rosanna Arquette tandis que Gary Oldman et James Woods furent pressentis pour le rôle de Scagnetti.

Pour le rôle de McClusky, Lance Henriksen et Gene Hackman furent pressentis et pour le rôle de Wayne Gale, Powers Boothe et Billy Bob Thornton furent pressentis.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage dure 56 jours. Il a lieu notamment sur le pont Rio Grande Gorge Bridge, aux environs de Taos au Nouveau-Mexique, pour la scène du mariage. Les scènes de l'émeute en prison ont été filmé dans le pénitencier Stateville Correctional Center à Crest Hill dans l'Illinois. Le tournage a également lieu dans d'autres villes du Nouveau-Mexique (Albuquerque, San Jose, Shiprock, Farmington, Gallup) mais également en Arizona (Holbrook, Winslow) ainsi qu'à Hammond dans l'Indiana[7].

Afin de rester dans l'ambiance hystérique du film, de la musique agressive était diffusée sur les plateaux de Tueurs nés. Selon d'autres témoignages, des coups de feux étaient également tirés en l'air pour mieux maintenir les acteurs dans une tension permanente[4].

Musique[modifier | modifier le code]

Natural Born Killers

Bande originale par Divers artistes
Film Tueurs nés
Sortie 23 août 1994
Durée 75 min 22 s
Genre Musique de film
Producteur Trent Reznor
Label Nothing / Interscope

La bande originale est produite par Trent Reznor de Nine Inch Nails. Il enregistre certains morceaux spécialement pour le film, comme Burn. Le reste de la B.O. est constitué de chansons et compositions déjà existantes comme Une nuit sur le Mont Chauve, de Moussorgski.

Des montages de dialogues et d'ambiances sonores sont également présents sur le disque.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Malgré, ou grâce à, son contenu polémique, Tueurs nés a été récompensé à de nombreuses reprises, notamment à la Mostra de Venise 1994 où le film a cumulé le Grand prix spécial du jury et le prix Pasinetti de la meilleure actrice pour Juliette Lewis. Oliver Stone a également été nommé au Golden Globe du meilleur réalisateur en 1995[8].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le film tente en filigrane de montrer comment les médias décrivent les actes criminels de manière sensationnelle mais également le fait que de nombreux tueurs en série ont été élevés au rang de stars par les journalistes. Cependant, le film a été surtout critiqué à sa sortie pour sa violence visuelle et verbale, bien que le réalisateur affirme que celle-ci est consciemment exagérée.

Beaucoup de tueurs en série sont mentionnés dans le film : Charles Whitman, Ted Bundy, Charles Manson, etc. L'histoire s'inspire par ailleurs du couple de tueurs Charles Starkweather et Caril Ann Fugate qui sévit en 1957. Bruce Springsteen écrivit la chanson Nebraska sur eux.

Impacts dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

̈* Ce film controversé est accusé d'avoir encouragé des copycat comme la tuerie de la Heath High School (en) ou la fusillade de Columbine[9].

  • Il a été fait nombre de parallèles entre l'Affaire Rey-Maupin et Tueurs nés : Oliver Stone les aurait inspirés puisqu'une affiche de son film aurait été retrouvée dans la maison où logeait le couple. Les policiers chargés de l'enquête ont affirmé[10] que cette affiche ne se trouvait pas dans l'enceinte de la maison lorsqu'ils l'ont fouillée. Elle aurait été rajoutée a posteriori.
  • Tueurs nés est cité par le personnage de Mitsuko Sôma dans le manga Battle royale.
  • Talib Kweli fait référence à Mickey et Mallory Knox dans sa chanson Respiration[11].
  • Jay-Z par des protagonistes dans All I Need[12].
  • Une parodie, Unnaturally Born Killers, est sortie en 1996[13].
  • Dans Kill Bill: Vol. 2, Bill dit à la Mariée qu'elle n'est pas « une abeille travailleuse... tu es un tueur né » (« not a worker bee...you're a natural born killer bee »)[14].
  • Les rappeurs Ice Cube et Dr. Dre ont enregistré un duo intitulé Natural Born Killaz.
  • Le film est parodié dans le film de 1997 Plump Fiction sous le titre Natural Blonde Killers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates de sortie - Internet Movie Database
  2. Jane Hamsher, Killer Instinct, Broadway,‎ 1998, 48–51 p. (ISBN 0-7679-0075-8)
  3. Interview d'Oliver Stone par Charlie Rose
  4. a, b et c Secrets de tournage - AlloCiné
  5. "It's not going to be my movie, it's going to be Oliver Stone's, and God bless him. I hope he does a good job with it. If I wasn't emotionally attached to it, I'm sure I would find it very interesting. If you like my stuff, you might not like this movie. But if you like his stuff, you're probably going to love it. It might be the best thing he's ever done, but not because of anything to do with me.
  6. Graham Fuller, Quentin Tarantino: Interviews, Peary, Gerald,‎ 1998, 57–59 p. (ISBN 1-57806-051-6), « Graham Fuller/1993 »
  7. Lieux de tournage - Internet Movie Database
  8. (en) Awards - Internet Movie Database
  9. Axel Cadieux, Une série de tueurs. Les serial killers qui ont inspiré le cinéma, Capricci Éditions,‎ 2014 (ISBN 979-1023900200, lire en ligne), p. 37
  10. Faites entrer l'accusé, France 2, 19 février 2008
  11. (en)Blackstar - Respiration Lyrics
  12. (en) Jay-Z - All I Need
  13. Unnaturally Born Killers (1996) IMDb
  14. (en) Tueurs nés IMDb