La Lettre à Élise

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Bagatelle en la mineur
WoO 59
« La Lettre à Élise » (Für Elise)
Image décrite ci-après
Beethoven vers 1811
Bagatelle en la mineur (« Für Elise »)
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Genre Bagatelle
Musique Ludwig van Beethoven
Effectif Piano
Dates de composition 1810
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La Bagatelle en la mineur, WoO 59, « La Lettre à Élise » (Für Elise) est une pièce musicale pour piano en la mineur composée par Ludwig van Beethoven en 1810[1],[2],[3].

À l'instar de plusieurs œuvres contemporaines, le thème annonce le style de Chopin.

Qui était Élise ?[modifier | modifier le code]

On ne sait pas vraiment qui était Élise. Selon une des hypothèses les plus probables, Beethoven aurait initialement appelé ce morceau Für Therese (Pour Thérèse), celle-ci étant soit son ex-fiancée Thérèse de Brunswick, soit Therese Malfatti von Rohrenbach zu Dezza (1792–1851), que Beethoven a demandée en mariage en 1810[4],[5], requête qu'elle a rejetée. En 1816, Thérèse, qui était la fille du Viennois Jacob Malfatti von Rohrenbach (1769–1829), a épousé le noble autrichien Wilhelm von Droßdik (1771–1859)[6]. Quand l'œuvre a été publiée en 1865, Ludwig Nohl, qui l'a découverte, aurait alors mal transcrit le titre illisible en Für Elise (Pour Élise)[7].

Une autre hypothèse de Klaus Martin Kopitz est que la dédicataire était la sœur d'un chanteur présent dans Fidelio présentée à Beethoven par ce dernier. À l'époque Beethoven dirigeait et aurait rencontré Elisabeth Röckel (en), qui se faisait appeler Élise[8].

Structure musicale[modifier | modifier le code]

Partition de la Lettre à Élise

Cette petite pièce est de forme rondo[3]: Poco moto, 3/8, en la mineur[3]. Elle comporte 103 mesures[3] et sa durée d'exécution est d'environ 3 minutes[9].

La structure de la pièce, très marquée, est AABACA. La partie principale, A, en la mineur, de caractère chantant, chopinien si l'on veut, est elle-même de structure très carrée a1a2+reprise+a3a1a2+reprise avec a1 comme antécédent, a2 comme conséquent et a3 comme imitation en do majeur. Elle consiste en un motif développé à la main droite, formant presque une succession de rosalies, accompagnée par les arpèges de la main gauche.

La section B, en fa majeur, est de caractère badin, en style galant, dix-huitiémiste, sur une basse d'Alberti, la mélodie n'étant énoncée qu'une seule fois et aboutissant directement à la transition en do avec des triples croches à la main droite. Après un jeu sur l'introduction de la pièce (alternance mi-ré#) nous retrouvons la partie principale A pour une énonciation sans reprises (a1a2a3a1a2).

La section C, de caractère dramatique sur une pédale obstinée sur la, s'ouvre à la main droite sur un accord de septième diminuée, pour une idée mélodique quelque peu fiévreuse dans le contexte des autres sections, en deux parties, le début de la seconde partie répétant le début de la première et aboutissant par chromatisme en un sib majeur napolitain (quoique cassé par le si bécarre) qui permet de revenir en la mineur. La transition se fait sur des arpèges montants en triolets de doubles croches suivie d'une gamme chromatique descendante permettant de revenir à la partie principale.

La pièce ne comporte pas de ralenti mais certains pianistes ralentissent à la fin pour donner aux auditeurs une impression d'achèvement.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Repères discographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Paris, Jean-Claude Lattès,‎ 1991, p. 31 et 416
  2. Jean Massin et Brigitte Massin, Ludwig van Beethoven, Paris, Fayard,‎ 1967, p. 577
  3. a, b, c et d Élisabeth Brisson, Guide de la musique de Beethoven, Paris, Fayard,‎ 2005, p. 526 et 527
  4. Lettre du 2 mai 1810 à son ami Wegeler dans laquelle il lui demande un extrait de baptême
  5. Ludwig Van Beethoven, Les lettres de Beethoven : L'intégrale de la correspondance 1787-1827, préface de René Koering (traduction d'après l'allemand par Jean Chuzeville, suivant l'édition anglaise établie en 1960 par Emily Anderson, Actes Sud, coll. « Beaux Arts »,‎ 2010, 1737 p. (ISBN 978-2-7427-9192-7), p. 297
  6. Michael Lorenz, « Baronin Droßdik und die verschneyten Nachtigallen. Biographische Anmerkungen zu einem Schubert-Dokument », Schubert durch die Brille 26, Tutzing: Schneider, 2001, p. 47-88.
  7. Max Unger, « Beethoven and Therese von Malfatti », in The Musical Quarterly 11, n° 1 (1925): 63-72.
  8. L'émission Le Mot du jour sur France Musique a consacré un numéro à ces récentes découvertes. Voir aussi un article de La Tribune de Genève.
  9. Durée moyenne basée sur les enregistrements discographiques cités
  10. « le style est exceptionnellement rayonnant et juste, la richesse mélodique immédiatement expressive ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1984 (ISBN 978-2-2215-0233-4), p. 79.
  11. « Un toucher subtil au service d'une poésie et d'un lyrisme rarement atteints ». Guide Akaï du disque : Disques classiques, Akaï France,‎ 1982 (ISBN 978-2-2530-2849-9), p. 57
  12. Enregistrement salué par un Diapason d'or dans la revue Diapason n° 308 du mois de septembre 1985
  13. Trudelies Leonhardt joue sur pianoforte
  14. Cet enregistrement a été salué par un Choc du Monde de la musique dans la revue Le Monde de la musique du mois d'octobre 2006
  15. Linda Nicholson joue sur un pianoforte Johann Fritz de 1815
  16. Enregistrement salué par la note de 5 diapasons dans la revue Diapason du mois d'octobre 2009, p. 93
  17. Enregistrement salué par un Choc Classica dans la revue Classica du mois de juin 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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