Brusque (Aveyron)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Brusque.
Brusque
Vue générale
Vue générale
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Arrondissement Millau
Canton Camarès
Intercommunalité Communauté de communes du Rougier de Camarès
Maire
Mandat
André Bernat
2014-2020
Code postal 12360
Code commune 12039
Démographie
Gentilé Brusquois
Population
municipale
301 hab. (2011)
Densité 8,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 46′ 10″ N 2° 57′ 02″ E / 43.7694444444, 2.9505555555643° 46′ 10″ Nord 2° 57′ 02″ Est / 43.7694444444, 2.95055555556  
Altitude Min. 416 m – Max. 1 080 m
Superficie 36,18 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Aveyron

Voir sur la carte administrative d'Aveyron
City locator 14.svg
Brusque

Géolocalisation sur la carte : Aveyron

Voir sur la carte topographique d'Aveyron
City locator 14.svg
Brusque

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Brusque

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Brusque

Brusque (occitan : Brusca) est une commune française, située dans le département de l'Aveyron en région Midi-Pyrénées.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Camarès Sylvanès Fayet Rose des vents
Peux-et-Couffouleux N Tauriac-de-Camarès
O    Brusque    E
S
Murat-sur-Vèbre Arnac-sur-Dourdou Mélagues

Site[modifier | modifier le code]

Brusque est traversée par le Dourdou de Camarès. La commune est limitrophe de la ligne de partage des eaux Méditerranée-Atlantique, située dans sa presque totalité du côté Atlantique.

La commune est située sur une zone de transition entre la plaine de Saint-Affrique et les monts de Lacaune, au relief très accidenté. Elle culmine avec le Merdelou, qui est le massif le plus élevé du sud-Aveyron et recèle plusieurs avens importants. Le climat se rapproche de celui de Lacaune, avec de très fortes précipitations d'avril à octobre, entraînant souvent de fortes crues.

Le village lui-même est situé au confluent du Dourdou et du ruisseau de Sanctus, qui sont franchis par un pont de confluent.

Hameaux[modifier | modifier le code]

La commune compte de nombreux hameaux. Dans sa recension des lieux habités de l'Aveyron de 1868, Jean-Louis Dardé comptait sept « villages » (plus de 25 habitants), six « hameaux » (moins de 25) et vingt-trois lieux-dits qui sont des maisons isolées. Les hameaux actuels sont au nombre de onze : Brox, Cambias, Cribas, Cusses, La Devèze de Brusque, Le Crouzet, Mialet, Moulergues, Pressouyres, La Regagnerie, Saussières, Sials, Le Tannat, Viales. Le domaine de Céras est devenu un village de vacances centré autour d'un plan d'eau artificiel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Brusque

D'or aux deux chevaux affrontés de sable[1].

Des origines à la constitution du consulat[modifier | modifier le code]

On trouve sur le terroir de Brusque des traces d'occupation ancienne, notamment un oppidum de l'époque gallo-romaine, et des traces d'activité minière. Ainsi l'aven naturel de Bouco-Payrol se prolonge par d'importantes galeries de mines ayant servi à l'exploitation du cuivre depuis le Ier siècle av. J.-C.[2].

Brusque est le siège d'une viguerie carolingienne, voisine mais indépendante de celle de Camarès, et signalée dès 883 dans le cartulaire de l'abbaye de Vabres. Ces domaines sont dans la mouvance du comté de Rodez. La viguerie de Brusque comprenait les territoires des actuelles communes de Arnac, Fayet, Mélagues, Tauriac, ainsi que Blanc (actuelle commune de Peux-et-Couffouleux). Cette dernière paroisse s'en détachera rapidement, tandis que les cinq autres resteront groupées jusqu'à la Révolution en une communauté unique, qui portera successivement les noms de baronnie de Brusque, marquisat de Brusque-Fayet.

Brusque fut détaché au Xe siècle du comté de Rodez pour former partie de la vicomté d'Albi, domaine de la famille Trencavel. C'est en 1060 qu'est citée pour la première fois la présence d'un « castrum » à Brusque. Jusqu'au début du XIIe siècle, la terre de Brusque est donnée en fiefs, qui s'émiettent et on trouve de nombreux co-seigneurs (jusqu'à 5 simultanément), portant le nom « de Brusque ». Les Trencavel reprennent le territoire en main, par rachat, en 1156, tandis que la famille « de Brusque » se replie sur ses possessions de Blanc, dorénavant détaché du Brusquès.

Avec la croisade des Albigeois, Brusque passa successivement aux mains de Simon de Montfort puis des comtes de Toulouse Raymond VI et Raymond VII. Ce dernier accorda la constitution d'un consulat en 1244. Cette manœuvre visait sans doute à s'attacher la fidélité de la ville, pour contrer l'influence du sénéchal de Béziers, représentant le roi. En effet, à peu près à la même époque, le château de Brusque fut assiégé par les troupes royales.

La seigneurie de Brusque jusqu'à la Renaissance[modifier | modifier le code]

On ignore à quelle date, antérieure à 1316, Brusque fut inféodé par le roi à la famille des Clermont-Lodève. La seigneurie restera dans les mains de leurs descendants jusqu'à la veille de la Révolution. Elle sera érigée en baronnie en 1367. Les Clermont-Lodève remettront parfois la gestion de Brusque à des vassaux, sans qu'on en ait la liste exhaustive.

En 1328, le roi Philippe VI concède aux habitants de Brusque le droit de tenir une foire. Après la bataille de Poitiers (1356), Brusque avec tout le Rouergue passe sous obédience anglaise. La victoire de Bouchard VII de Vendôme à la bataille de Montlaur, en 1369, fit repasser la ville dans le giron français.

Dans la première moitié du XVIe siècle Tristan II de Clermont-Lodève ou l'un de ses fils fit construire le château de Fayet, conçu comme résidence d'agrément occupant une place plus centrale dans leurs nombreuses possessions.

Des guerres de Religion à la Révolution[modifier | modifier le code]

Article connexe : Réforme protestante.

La propagation de la Réforme dans la Haute-Marche du Rouergue s'accompagna de graves troubles  : l'implantation des églises réformées de Millau en 1561, Saint-Affrique en 1562, Camarès en 1563 s'effectua en force ; de nombreux villages eurent à subir siège ou exactions. Mais Brusque semble avoir traversé la période sans connaître d'acte de violence, et la communauté protestante y a vite grossi, en coexistence pacifique avec les catholiques. L'église réformée de Brusque est dans la dépendance de celle de Camarès jusque vers 1600, où elle prend son indépendance.

La baronnie de Brusque passe sur ses entrefaites par mariage à la famille d’Arpajon-Sévérac, qui semble avoir voulu garder une certaine neutralité en matière religieuse. Elle est érigée en marquisat en 1610. Lors du traité de Paris (1626), Louis XIII accorde quatre places-fortes aux protestants en Rouergue (et quatre seulement), dont Brusque. Quelques troubles accompagneront la révocation de l'édit de Nantes.

En 1689, la seigneurie passe par mariage aux La Rochefoucauld, comtes de Roucy, puis de nouveau en 1725 à Louis Antoine de Gontaut-Biron. Tous ces seigneurs résidaient maintenant habituellement à Paris. Peu avant la Révolution, la veuve de Louis Antoine vendait le marquisat de Brusque-Fayet à François de Nougarède.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1977 en cours André Bernat UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 301 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 057 848 1 080 1 151 1 236 1 200 1 175 1 160 1 193
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 258 1 348 1 181 1 301 1 367 1 280 1 197 1 246 1 143
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
999 976 887 825 788 743 738 701 545
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
594 540 527 422 366 326 314 301 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Maison Carrière. Belle demeure typiquement aveyronnaise construite en pierre. Cette maison construite pour la famille Carrière, s'élève dans le quartier du Castellat. Un beau jardin suspendu domine de sa hauteur la rivière Dourdou.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
  • Château fort (castellat) mentionné pour la première fois en 1060, pour lequel on trouve trace de travaux d'entretien encore en 1464, mais qui est en ruines dès avant la Révolution.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • Ancien ermitage dédié à Saint-Thomas Becket. La tradition veut que le Saint y ait séjourné. L'ermitage est attesté depuis 1552. Il y résida un ermite jusqu'à la Révolution.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
  • Église Saint-Martin.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
  • Clocher de l'ancienne église Saint-Jacques du Castellat[5].

Vues d'ensemble et édifices divers[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Comme pour de nombreux villages du Rouergue méridional, les habitants de Brusque sont affublés d'un sobriquet collectif (ou escais). En l'occurrence, lous porto faïsses de Brusco (en écriture normalisée : los porta faisses de Brusca) signifie les porteurs de fagots de Brusque. Ce sobriquet évoque la difficulté des communications et la possibilité, négociée dès l'avènement du consulat, laissée aux habitants de la communauté de se procurer du bois de chauffage dans la forêt de Maravable.[réf. nécessaire]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • les frères Roque : Victor (1829-1896), Henri (1833-1911) et Xavier (1835-), natifs de Cusses, négociants en Indochine, . Victor est propriétaire avec Marcelin Larrieu des messageries fluviales de Cochinchine[6], et considéré en 1883 comme le "négociant français le plus important du Tonkin[7]".
  • Xavier Coste (1852-1955), cordonnier du village, était le doyen des cordonniers de France à sa mort et un centenaire connu pour son braconnage intensif, jusqu'à l'âge de 98 ans dans le Dourdou. Il partagea sa longue vie entre Brusque, Autignac, St-Gervais et Fayet, où vivent maintenant ses descendants.
  • Jeanne Canac (1861-1952), femme écrivain, de son nom de plume Victor Féli.
  • Pierre Martin-Valat (né à Brusque en 1929, décédé à Montpellier en 2013), écrivain catholique français.
  • Le pasteur Pierre Bourguet, né en 1902 à Crest (Drôme), d'une famille protestante originaire des Cévennes et installée à Brusque au début du XIXe siècle. Le pasteur Bourguet a été Président de l’Église réformée de France, de 1955 à 1968, vice-président de la Fédération protestante de France, Président de la région européenne de l'Alliance réformée mondiale. Auteur de divers ouvrages d'art et de théologie (Le visage de Jésus, Opinions sur le Concile, La croix huguenote, Huguenots le sobriquet mystérieux, etc.), Pierre Bourguet était aussi un aquarelliste apprécié. Il résidait volontiers dans sa maison du Castellat à Brusque, où il est décédé le 1er août 1984.
  • Mère Marie-Basilie Carrière. Née à Brusque en 1883. Profession religieuse le 28 août 1901 dans la congrégation des sœurs de la sainte Famille. Décédée le 11 octobre 1966 à l'âge de 83 ans à Montauban-Sapiac après 65 ans de vie religieuse. À l'âge de 16 ans, elle se sépare de ses parents Jean Carrière né le 22 avril 1851 à Brusque et Eugénie Delmas née le 1er avril 1853 à Brusque. Elle fit sa profession le 28 août 1901. Après un an passé à Payrin, la jeune religieuse quitte la France pour l'Espagne et restera 24 ans dans ce pays qui lui fût si cher. C'est à Cordoue qu'elle a laissé le meilleur de sa jeunesse, de 1913 à 1925, puis de nouveau durant les années 1949 /1950 comme supérieure. En 1925, la direction de la Maison de Miranda de Ebro lui fut confiée. Elle n'y passa que deux ans, mais améliora considérablement les locaux. On la regardait comme une personne de grand jugement, comme une âme profondément surnaturelle aussi. Son premier acte fut l'intronisation officielle du sacré Cœur dans la maison : c'était la grande dévotion de son cœur. À Miranda et plus tard à Cordoue, Mère Marie Basilie a laissé le souvenir d'une excellente supérieure très compréhensive. Accessible, bonne et souriante et aimant le dialogue. En 1927, elle doit quitter ce pays qui était devenu le sien. Une année à Sannois, puis de nouveau, il fallait partir cette fois ci pour l'Égypte. À Mansourah, où elle resta 7 ans, la révérende Mère fut aimée et appréciée. Quand Mère Marie Basilie arriva à Auch comme supérieure en 1935, la première impression qu'elle donna à la communauté fut celle d'une religieuse vraiment intérieure, âme de prières et de paix. À Finhan, la dernière maison où la révérende Mère exerça son activité, elle laissa le souvenir d'une religieuse toute donnée au Seigneur. Elle devait ensuite passé 6 ans dans la maison de Sapiac avant son décès au couvent des Sœurs de La Sainte Famille à Montauban où elle repose depuis au petit cimetière des religieuses dans le jardin de l'institution.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Martin-Valat, Des pierres jaillissaient les fontaines : liturgies rouergates, Paris, les Éd. du Cerf, coll. « Épiphanies »,‎ 1997, couv. ill. ; 20 cm, 186 p. (ISBN 2-204-05705-3, ISSN 0750-1862, notice BnF no FRBNF36191866)
  • (oc+fr) Christian-Pierre Bedel (préf. M. le Conseiller général), Lo Pont : Arnac, Brusca, Faiet, Gissac, Melagas, Montanhòl, Pèus-e-Cofolèus, Silvanés, Tauriac / Christian-Pierre Bedel e los estatjants del canton de Camarés, Rodez, Mission départementale de la culture, coll. « Al canton »,‎ 2000, ill., couv. ill. ; 28 cm, 320 p. (ISBN 2-907279-50-5, ISSN 1151-8375, notice BnF no FRBNF37657611)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.newgaso.fr/lecture_fiche_commune.php3?page=f12039
  2. Référence pour toute la période de l'Ancien Régime : Jean Cot, Chronique et description du Brusquès. Ouvrage consultable en ligne
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  5. Article "Étapes et étages de Brusque" de André Soutou, dans la Revue du Rouergue no 5 du printemps 1986.
  6. Étienne Denis, Bordeaux et la Cochinchine, 1965
  7. Vice-amiral de Marolles, La dernière campagne du commandant Rivière. Souvenirs., Plon, 1932