Énergie au Canada

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Énergie au Canada
L'exploitation des sables bitumineux en Alberta
L'exploitation des sables bitumineux en Alberta
Bilan énergétique (2011)
Offre d'énergie primaire (TPES) 251,8 M tep
(10 544,2 PJ)
par agent énergétique gaz naturel : 33,2 %
pétrole : 32,5 %
électricité : 21,6 %
charbon : 7,8 %
Énergies renouvelables 13,2 %
Consommation totale (TFC) 179,3 M tep
(7 508,9 PJ)
par habitant 7,30 tep/hab.
par secteur ménages : 18,3 %
industrie : 31,5 %
transports : 32,8 %
services : 14,8 %
agriculture : 2,7 %
Électricité (2011)
Production 636,99 TWh
par filière hydro : 59 %
thermique : 22,8 %
nucléaire : 14,7 %
biomasse/déchets : 1,7 %
éoliennes : 1,6 %
autres : 0,3 %
Combustibles (2011)
Production pétrole : 173,3 Mtep
gaz naturel : 132,3 Mtep
charbon : 33,7 Mtep
Commerce extérieur (2011)
Importations électricité : 14,96 TWh
pétrole : 34,5 Mtep
gaz naturel : 26 Mtep
charbon : 6 Mtep
Exportations électricité : 51,52 TWh
pétrole : 118,8 Mtep
gaz naturel : 76,8 Mtep
charbon : 20,1 Mtep
Sources
IEA[1]

Le secteur de l'énergie au Canada est choyé par l'abondance de ses ressources et la proximité immédiate d'un marché naturel, en l'occurrence les États-Unis. Le pays est le 10e producteur d'énergie au monde, avec 1,9 % de la production mondiale[K 1] et le 6e producteur d'électricité avec 2,9 %[K 2]. Sa production d'électricité est tirée en majorité (62,5 %) des énergies renouvelables, en particulier de l'hydraulique (59 %).

Il est le plus grand producteur mondial d'uranium et figure parmi les plus grands producteurs d'hydroélectricité, de pétrole, de gaz naturel et de charbon. Seuls la Russie, la Chine, les États-Unis et l'Arabie saoudite produisent davantage d'énergie que le Canada.

Mais les Canadiens sont des consommateurs d'énergie boulimiques : 7,3 tep/habitant en 2011[K 3] et dépassent même à cet égard leurs voisins américains (7,02 tep/hab)[K 4], avec qui ils forment le plus grand marché commun énergétique dans le monde. Le Canada envoie 98 % de ses exportations énergétiques totales vers les États-Unis et constitue ainsi le principal fournisseur énergétique de la plus grande économie mondiale. Le Canada exporte aussi des quantités significatives d'uranium et de charbon en Asie, en Europe et en Amérique latine.

Bien qu'il soit un exportateur net d'énergie, le Canada importe néanmoins de grandes quantités de combustibles fossiles. Il est à la fois fournisseur et client sur les marchés mondiaux du charbon et du pétrole en raison de la distance qui sépare les principaux gisements, dans l'ouest du Canada, des principaux centres de consommation, concentrés en Ontario et au Québec, dont les raffineries ne peuvent traiter les sables bitumineux qui constituent aujourd'hui la plus grande partie de la production canadienne. L'exploitation des sables bitumineux de l'Athabasca crée de graves pressions sur l'environnement et a fait du Canada l'un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre par habitant au début du XXIe siècle, ce qui a entaché sa réputation internationale[2],[3]. Les émissions de CO2 liées à l'énergie atteignaient au Canada 530 Mt en 2011, soit 15,37 tonnes de CO2 par habitant[K 3] (États-Unis : 16,94 t/hab[K 4], Monde : 4,5 t/hab[K 1], France : 5,04 t/hab[K 3]).

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Dans les classements que publient l'Agence internationale de l'énergie et Observ'ER, le Canada apparaît parmi les 10 premiers pays du monde pour plusieurs indicateurs :

Place du Canada dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Pétrole brut[K 5] Production 6e 2012 182 Mt 4,4 % 1er : Arabie saoudite (544 Mt), 2e : Russie, 3e : États-Unis
Exportation nette 9e 2011 82 Mt 4,1 % 1er : Arabie saoudite (353 Mt)
Gaz naturel[K 6] Production 5e 2012 157 Mds m³ 4,6 % 1er : États-Unis (681 Mds m³)
Exportation nette 4e 2012 57 Mds m³ 6,9 % 1er : Russie (185 Mds m³)
Charbon[K 7] Exportation nette 8e 2012 25 Mt 2,1 % 1er : Indonésie (383 Mt)
Nucléaire[K 8] Production 7e 2011 94 TWh 3,6 % 1er : États-Unis (821 TWh)
Puissance installée 7e 2011 13 GW 3,5 % 1er : États-Unis (102 GW)
% nucléaire/élec* 8e 2011 14,7  % 1er : France (79,4 %)
Hydroélectricité[K 9] Production[4] 3e 2012 380,1 TWh 10,4 % 1er : Chine (823 TWh)
Puissance installée 4e 2010 75 GW 7,5 % 1er : Chine (194 GW)
% hydro/élec 4e 2011 59,0  % 1er : Norvège (95,3 %)
Produits pétroliers[K 10] Production 9e 2011 93 Mt 2,4 % 1er : États-Unis (824 Mt)
Électricité[K 2] Production 6e 2011 637 TWh 2,9 % 1er : Chine (4716 TWh)
Exportation nette 3e 2011 37 TWh 13 % 1er : France (56 TWh)
Énergie éolienne[4] Production 9e 2012 11,8 TWh 2,2 % 1er : États-Unis (140,9 TWh)
* % nucléaire/total production d'électricité
** production d'électricité à partir de combustibles fossiles

Énergie fossile[modifier | modifier le code]

Pétrole[modifier | modifier le code]

Il a fallu plus d'un siècle avant que l'industrie pétrolière canadienne connaisse un véritable départ. Le Canada se targue d'avoir exploité le premier puits commercial au monde, à Petrolia, dans le sud-ouest de l'Ontario en 1858, mais le potentiel pétrolier de l'Alberta est mis en valeur depuis le début du XXe siècle. Un premier grand champ pétrolifère, celui de Turner Valley, est exploité à compter des années 1920[5].

La découverte d'un important gisement de pétrole à Leduc en février 1947 – une municipalité rurale située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est d'Edmonton – arrive à point nommé pour le Canada. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la consommation de pétrole est en pleine croissance, en raison du développement du transport routier.

À cette époque, le charbon constituait plus de la moitié de toute l'énergie primaire consommée au Canada, alors que le pétrole et le gaz ne répondaient qu'au tiers des besoins énergétiques. La production de pétrole domestique ne comblait que 11 % de la demande des raffineries canadiennes, le reste étant importé[6].

Leduc et les premiers pipelines[modifier | modifier le code]

Le puits Leduc #1.

La découverte de Leduc entraîne une augmentation marquée de la prospection et des nouvelles découvertes, mais le pétrole de l'Alberta ne pourra être commercialisé à une grande échelle à moins qu'il puisse être transporté à coût modique vers les places de raffinage. En 1949, le gouvernement de Louis St-Laurent fait adopter la Loi sur les pipelines, qui s'inspire largement de la Loi sur les chemins de fer.

La nouvelle loi, adoptée à la veille d'une élection fédérale, établit un cadre légal balisant la construction et l'exploitation des oléoducs et gazoducs interprovinciaux et internationaux qui relieront les gisements et les lieux de transformation. Parmi les premiers à saisir l'occasion, la société américaine Imperial Oil débute la construction d'un oléoduc de 720 km, l’Interprovincial Pipeline, reliant Edmonton à Regina[7].

Reste maintenant à déterminer le tracé de l'oléoduc pour atteindre les raffineries de l'Ontario. Afin de réduire les coûts, on envisage de transporter le brut jusqu'au lac Supérieur, où il serait chargé sur des pétroliers et acheminé au centre pétrochimique de Sarnia. Deux tracés s'affrontent. D'un côté, Imperial Oil, le propriétaire du pipeline, fait la promotion d'un tracé en ligne droite qui rejoint le lac Supérieur, à Superior, dans le nord du Wisconsin. De l'autre, l'opposition conservatrice au Parlement revendique, au nom d'un nationalisme énergétique canadien, la construction d'un oléoduc entièrement en sol canadien, qui aurait Port-Arthur (aujourd'hui Thunder Bay) pour terminus.

Le problème est épineux pour C.D. Howe, député de Port-Arthur et « ministre de tout » dans les gouvernements de Mackenzie King et de Saint-Laurent. Howe et le gouvernement acceptent la proposition d'Imperial et le pétrole commence à s'écouler dans le pipeline de 1 840 km dès décembre 1950, juste à temps pour alimenter la croissance substantielle de l'économie canadienne au cours de la période 1951-1956[8]. Le pipeline TransMountain, reliant Edmonton, Vancouver et les raffineries de Puget Sound, dans l'État de Washington est inauguré en 1954.

Compte tenu du débat houleux à la Chambre des communes au sujet de la construction du gazoduc Trans-Canada en 1956, l'élite politique canadienne, tant libérale que conservatrice, arrive à la conclusion que le développement du secteur pétrolier au Canada serait mieux servi par un tribunal administratif, qui désamorcerait le caractère explosif de ces questions. La commission Gordon, mise sur pied par les libéraux, arrive à cette conclusion dès 1957, mais le nouveau premier ministre, John Diefenbaker, décide plutôt de confier le dossier de la réglementation de cette industrie à un groupe dirigé par l'homme d'affaires Henry Borden, un conservateur.

Office national de l'énergie[modifier | modifier le code]

Malgré ses ressources pétrolières connues et sa capacité de production — qui augmente de 300 000 à 437 000 barils par jour entre 1955 et mai 1957 en raison de la crise de Suez —, le Canada demeure un importateur net de pétrole. La rareté de l'infrastructure de transport entre régions productrices et consommatrices ne permet pas de développer les deux tiers du potentiel[9].

L'année suivante, la production albertaine redescend sous les 300 000 barils et deux visions contradictoires s'affrontent. D'une part, les producteurs indépendants canadiens, menés par la compagnie Home Oil et appuyés du premier ministre albertain, Ernest Manning, militent pour l'approvisionnement des raffineries de Montréal avec la construction d'un oléoduc qui aurait acheminé 200 000 barils par jour en 1960, pour augmenter a 320 000 barils en 1965[10].

Le projet aurait eu l'avantage de sécuriser l'accès au marché domestique pour les producteurs indépendants canadiens afin d'écouler un plus grand volume le plus rapidement possible, de créer de l'activité économique dans toutes les régions canadiennes, tout en réduisant les importations de brut dans l'est du Canada, ce qui aurait eu un avantage sur la balance des paiements et la sécurité des approvisionnements[11].

Toutefois, le coût du pétrole albertain livré à Montréal, principale place de raffinage du Canada à l'époque, aurait coûté 10 % plus cher que le brut vénézuélien livré par bateau par le Saint-Laurent ou l'oléoduc Portland-Montréal, affirment les compagnies pétrolières internationales installées à Montréal, ce qui aurait eu pour effet d'augmenter les prix à la pompe. Dans tout ce dossier, les parlementaires québécois demeurent silencieux, convaincus par l'argument des Sept Sœurs[11].

La commission Borden propose donc un compromis. Elle recommande la création d'un Office national de l'énergie et la création d'un marché protégé pour le pétrole canadien, mais établit une « frontière » au-delà de laquelle le pétrole serait acheté sur le marché international. Les régions à l'est de la rivière des Outaouais – en gros, le Québec et les provinces de l'Atlantique – continueront de s'approvisionner sur le marché international alors que les régions à l'ouest consommeront le pétrole de l'Alberta. La frontière, appelée la « ligne Borden », sera établie par le gouvernement Diefenbaker en 1961[12].

Politique d'exportation[modifier | modifier le code]

Toronto en 1971.

La Politique nationale du pétrole (PNP) de 1961 tient compte des intérêts des uns et des autres; l'Alberta se garantit un marché réservé pour sa production dont les coûts sont plus élevés que le prix mondial, l'Ontario obtient l'expansion de son industrie pétrochimique et Montréal peut conserver ses prix moins élevés[13]. L'équilibre de la balance commerciale est atteint pour le gouvernement fédéral puisque les importations de pétrole à bas prix de l'est sont compensées par des exportations du pétrole plus cher vers les États-Unis[14].

La place marginale occupée par les producteurs canadiens dans l'industrie pétrolière préoccupe assez peu les politiciens fédéraux dans les années qui précèdent le premier choc pétrolier. À l'exception de mesures fiscales proposées dans le discours du budget de 1963 de Walter L. Gordon, mesures qui ont dû être retirées en raison de l'opposition du Parti progressiste-conservateur, des pétrolières et des milieux financiers, les gouvernements Pearson et Trudeau ne freinent pas le mouvement de concentration de la propriété de l'industrie par des intérêts américains. Ainsi, en 1962, les huit grandes sociétés pétrolières internationales possèdent 62 % des concessions et 95 % de la capacité de raffinage[14]. Tout au plus, les gouvernements font-ils quelques acquisitions, dont un intérêt de 45 %, acquis en 1967 dans la Panartic Oils, une entreprise de prospection spécialisée dans les projets spéculatifs des régions pionnières dans l'Arctique. Les gouvernements successifs se contentent plutôt de promouvoir l'exportation du pétrole canadien vers les États-Unis et l'Office national de l'énergie accède aux demandes de permis.

Le ministre de l'Énergie dans le premier gouvernement Trudeau, Joe Greene, s'était fait une priorité d'augmenter les ventes de pétrole et de gaz canadien, allant même jusqu'à affirmer en 1971 que le Canada disposait de 923 ans de réserves de pétrole et de 392 ans de réserves de gaz[14]. Ces prévisions fort optimistes ne résisteraient pas aux événements qui allaient secouer le monde occidental moins de deux ans plus tard.

Le statu quo pour l'industrie commence à changer le 10 septembre 1971. Ce soir-là, les Albertains chassent le Crédit social du pouvoir après 36 années de règne ininterrompu. Le nouveau premier ministre, le conservateur Peter Lougheed, décide d'entamer des négociations avec l'industrie afin d'augmenter la redevance pétrolière prélevée par sa province et que le gouvernement précédent avait fixée à 16,7 % dans une loi datant de 1949. Le gouvernement va de l'avant et propose l'ajout d'une taxe sur les réserves, qui a le même effet que d'augmenter la redevance à 23 % en 1972. Cette proposition est retirée quelques mois plus tard, en raison de mesures fédérales et Lougheed décide unilatéralement de réorganiser le système de redevance, en fonction des augmentations de prix, ce qui désarçonne l'industrie, qui croyait pourtant avoir à faire avec un conservateur partisan de la libre entreprise[15].

Premier choc pétrolier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Premier choc pétrolier.
La guerre du Kippour incite le gouvernement canadien à imposer un contrôle des prix et des exportations de pétrole canadien.

Pendant ce temps à Ottawa, le gouvernement est mal préparé à l'embargo déclaré par les membres de l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), à la suite du déclenchement de la guerre du Yom Kippour.

Le gouvernement fédéral manque d'information sur la situation et les réserves pétrolières et ses interventions précédentes dans le secteur pétrolier – notamment la tentative de prise de contrôle par le gouvernement de Home Oil, à l'époque la plus importante société pétrolière sous contrôle canadien[note 1] – avaient été dictées par des impératifs politiques[16]. La création d'une société pétrolière nationale devient une question abordée publiquement afin de faire face à la domination des capitaux américains sur les ressources naturelles canadiennes.

Les fonctionnaires travaillent sur une politique énergétique qui est rendue publique en juin 1973. La politique aborde la création d'une société pétrolière nationale (SPN) qui « pourrait être l'instrument puissant qui permettrait au Canada de faire contrepoids aux influences étrangères dans son propre secteur pétrolier et gazier ». Le rapport évite toutefois de trancher la question, se contentant de souligner certains avantages et inconvénients d'une telle décision[17].

Mais la situation géopolitique devient de plus en plus tendue et les prix montent. Le gouvernement Trudeau qui, quelques années plus tôt, moussait les exportations à destination des États-Unis et se targuait d'avoir des réserves immenses devient plus discret. L'Alberta, qui exporte 1,2 Mbbl/j en 1973 grâce à la levée des contrôles à l'importation américains, produit à la limite de ses capacités. L'Office national de l'énergie intervient et, pour la première fois de son histoire, refuse de permettre une partie des exportations, en raison de la capacité limitée de transport[18].

Les partis d'opposition réclament la création d'une SPN et les consommateurs sont mécontents de la hausse des prix à la pompe. Le 4 septembre 1973, Un mois avant le déclenchement des hostilités au Proche-Orient, le gouvernement annonce trois mesures. Il impose un gel « volontaire » des prix intérieurs pour cinq mois, annonce le prolongement de l'oléoduc interprovincial de Toronto à Montréal et impose une taxe à l'exportation de 40 cents le baril[19],[20]. Cette taxe à l'exportation passe à 1,90 dollar en décembre 1973, à 2,20 dollars en janvier 1974, à 4 dollars en avril et à 5,20 dollars en juin[20].

Parallèlement à cette effervescence à Ottawa, de nouveaux réseaux d'approvisionnement sont organisés d'urgence pour desservir les raffineries de l'est. En attendant l'ouverture de l'oléoduc Toronto-Montréal, qui livrera ses premiers volumes au milieu de 1976, des pétroliers et des trains font la navette entre Sarnia et Montréal, tandis que d'autres vaisseaux sont chargés de brut à Vancouver pour être expédiés à l'est, via le canal de Panamá.

Contrôle des prix[modifier | modifier le code]

Évolution du prix international, en bleu, et du prix administré canadien, en rouge,entre 1962 et 1987.
La raffinerie d'Oakville, en Ontario.

Le 22 novembre, le premier ministre Trudeau intervient à la télévision pour affirmer que l'Alberta a touché un avantage de 500 millions $ dans le passé en vendant du pétrole au prix fort à l'Ontario et que désormais, l'Alberta devrait subventionner les consommateurs de l'est[21], une première salve dans la guerre qui opposera Ottawa et Edmonton pendant toute une décennie.

La question fondamentale que soulève le nouveau programme de fixation d'un prix unique est le suivant : doit-on fixer ce prix unique en fonction du pétrole international livré au quai à Montréal ou utiliser le prix d'Edmonton? Les libéraux fédéraux se présentent comme l'arbitre ultime entre les intérêts des provinces productrices, qui veulent maintenir des prix plus élevés afin d'assurer la sécurité et la pérennité des approvisionnements et les provinces consommatrices, plus préoccupées par le maintien de leur secteur manufacturier et qui réclament, en conséquence, des prix plus bas[22].

Tandis qu'Ottawa en appelle à la « responsabilité fraternelle » des Albertains envers leurs compatriotes, Edmonton réplique que le pétrole et le gaz sont des ressources non renouvelables et qu'elles doivent être vendues « uniquement à des prix qui reflètent leur valeur réelle »[22].

Selon Peter Foster[23], Ottawa n'avait pas simplement pour but de préserver une équité théorique entre les régions. La croissance spectaculaire des revenus pétroliers du gouvernement albertain, qui produisait 90 % du brut canadien, pouvait mettre en péril le système de péréquation, bien que les revenus énergétiques n'étaient pas totalement comptabilisés dans le cadre de la formule[24]. Et pendant qu'Edmonton augmente substantiellement ses redevances, Ottawa exclut ces paiements des dépenses déductibles, ce qui frappe doublement les producteurs.

En situation minoritaire au Parlement et donc soucieux des conséquences électorales des prix du pétrole, Trudeau convoque les premiers ministres à une conférence fédérale-provinciale sur l'énergie en janvier 1974, où il obtient des provinces l'adoption du principe d'un prix unique pour le pétrole à travers le Canada. Le prix du baril est fixé en mars à 6,50 $ pour le marché intérieur et à 10,50 $ pour le pétrole destiné à l'exportation, la différence entre les deux prix constituant une taxe à l'exportation. Les prix restent en vigueur jusqu'au 1er juillet 1975 et réduisent considérablement les volumes exportés, qui passent de 1,2 million de barils en 1973 à 282 000 barils quatre ans plus tard[25].

Le gouvernement fédéral peut donc respirer un peu. Après l'élection de juillet, où le Parti libéral obtient une majorité, le gouvernement fait adopter la Loi sur l'administration du pétrole, qui renforce les pouvoirs fédéraux en cas d'impasse dans les négociations avec les provinces. Une conférence fédérale-provinciale convoquée en avril 1975 ne réussit pas à obtenir un consensus, l'Ontario faisant valoir que 90 % de la hausse des 18 mois précédents s'était retrouvée dans les coffres des provinces productrices et du gouvernement fédéral. Ottawa conclut donc à l'échec de ce mécanisme et utilise donc ses nouvelles compétences en vertu de la Loi sur l'administration du pétrole pour imposer une hausse de 1,50 $ du prix administré qui passe à 8 $ le baril, à compter de juillet 1975. Les prix augmenteront graduellement deux fois par année durant les années suivantes, pour atteindre 80 % du prix mondial en 1978[26].

Petro-Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Petro-Canada.

Le 6 décembre 1973, le gouvernement fédéral présente un programme en 11 points afin de remplacer la politique pétrolière héritée du rapport Borden. La pièce maîtresse de cette politique – qui a pour objectif l'autosuffisance canadienne en matière pétrolière avant la fin des années 1970[note 2] –, est l'annonce de la création prochaine d'une société pétrolière nationale, qui aurait pour mandat d'augmenter la présence d'intérêts canadiens dans l'industrie. Doern et Toner précisent toutefois que la volonté du gouvernement fédéral n'était pas de nationaliser le secteur, la création de ce qui deviendra Petro-Canada devant plutôt être considérée comme une alternative à la nationalisation[27].

Le projet de loi C-32 est présenté à la Chambre des communes en mai 1974, mais il mourra au feuilleton quelques jours plus tard, en raison de la défaite du gouvernement minoritaire. Reporté au pouvoir avec un mandat majoritaire lors de l'élection du 8 juillet 1974, le gouvernement libéral réintroduit le projet de loi abandonné avant la fin des travaux du Parlement précédent[28].

Dans le projet de loi qui a été adopté en 1975, Petro-Canada avait le mandat d'accroître la propriété canadienne dans le secteur, toujours dominé par Imperial et les autres majors américains, de servir d'intermédiaire avec d'autres SPN et d'investir dans l'exploration dans les régions pionnières de l'Arctique. Sans l'exclure totalement, la déclaration du premier ministre Trudeau de décembre 1973 avait insisté pour réduire les attentes au sujet de l'entrée de Petro-Canada dans les activités en aval – le raffinage et la vente au détail[28].

Le 1er janvier 1976, la nouvelle société de la Couronne amorce ses opérations modestement par une rencontre de ses quatre employés dans un café de Calgary. Pendant les premiers mois de son existence, Petro-Canada joue un rôle modeste, gérant les quelques intérêts pétroliers du gouvernement fédéral, dont la participation à Panartic Oil et la participation de 15 % dans le projet Syncrude d'exploitation des sables bitumineux.

En août, elle acquiert la société Arcan, la filiale canadienne du groupe Atlantic Richfield pour la somme de 340 millions $, ce qui permet à la société de débuter ses opérations d'exploration, notamment dans le delta du Mackenzie et dans la région de l'île de Sable, en Nouvelle-Écosse[29].

Moins de deux ans plus tard, Petro-Canada lance une offre publique d'achat sur Husky Oil, qui détenait des droits sur le gisement de Lloydmister, à la frontière de l'Alberta et de la Saskatchewan, mais la société d'État est doublée en douce par Alberta Gas Trunk Line (qui allait devenir NOVA). Qu'à cela ne tienne, l'attention portée à la prise de contrôle ratée de Husky en masque une autre transaction, avec Pacific Petroleum, qui est négociée en parallèle. La transaction de 1,5 milliard $, annoncée en novembre 1978 et complétée en juillet de l'année suivante, est financée à partir d'une émission d'actions privilégiées en devises américaines auprès des principales banques à charte canadiennes[30].

Bien que principalement impliquée dans l'exploration et l'extraction, Pacific est une entreprise intégrée, « présente dans le raffinage, la distribution et la commercialisation à l'ouest de Thunder Bay »[31], mettant la société de la Couronne en concurrence directe avec les entreprises privées en aval pour les dollars des consommateurs.

La situation présente un dilemme pour le gouvernement conservateur minoritaire de Joe Clark, qui prend brièvement les rênes du pouvoir après l'élection du 22 mai 1979. Car aussi impopulaire qu'elle puisse être au sein du nouveau gouvernement – M. Clark a promis de privatiser la société pétrolière –, l'apparition de stations-service de Petro-Canada suscite une forte adhésion du public[32].

Deuxième choc pétrolier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième choc pétrolier.
La révolution iranienne de 1979 force le gouvernement de Joe Clark à intervenir dans le dossier énergétique.

Une autre raison refroidit l'ardeur du gouvernement à privatiser la société pétrolière nationale. La situation internationale s'emballe en raison de la prise de contrôle de l'Iran par les Gardiens de la Révolution et en conséquence, le prix du brut double dans la deuxième moitié du mois de mai 1979[33].

À nouveau, la situation géopolitique force le gouvernement du Canada à intervenir dans le dossier énergétique. Joe Clark se trouve pris — comme Trudeau avant lui —, entre les positions irréconciliables de deux premiers ministres aux intérêts diamétralement opposés. Et l'appartenance à la même famille politique des trois protagonistes de 1979 ne change rien à la situation. Bill Davis de l'Ontario plaide que chaque hausse d'un dollar du prix du brut augmente l'inflation de 0,6 % et le chômage de 0,2 % dans la province la plus populeuse du pays, tandis que Peter Lougheed de l'Alberta demande une hausse de prix qui ajusterait les prix administrés canadiens aux cours en vigueur à Chicago, en plus de demander le maintien de la proportion des revenus tirés par sa province. Clark doit également considérer l'impact sur les finances publiques d'un niveau de subvention élevé dans un contexte de déficit budgétaire important au niveau fédéral. En l'absence de consensus, le gouvernement présente une augmentation de la taxe d'accise sur l'essence de 18¢ le gallon, dans le budget présenté par le ministre des Finances, John Crosbie, le 11 décembre 1979. Quelques jours plus tard, le gouvernement conservateur subira la défaite dans un vote de confiance, ce qui provoque une deuxième élection générale en moins d'un an[34].

Mais contrairement à 1975, alors que Trudeau avait fait fi de l'intransigeance de Davis, Lougheed est le grand perdant de l'impasse de 1979. En contribuant à l'impasse qui a provoqué la défaite des Tories en chambre et au retour de Pierre Elliott Trudeau, l'année suivante, le premier ministre albertain s'est retrouvé avec un interlocuteur fédéral beaucoup plus enclin à imposer une politique plus centralisatrice, soulignent Doern et Toner[35].

Programme énergétique national[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme énergétique national.

Développement du pétrole non conventionnel[modifier | modifier le code]

La plate-forme pétrolière de Terra Nova, au large de Terre-Neuve.

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Charbon[modifier | modifier le code]

Depuis la fermeture des charbonnages, la centrale de Lingan de Nova Scotia Power, en Nouvelle-Écosse, est alimentée avec du charbon importé.

L'exploitation du charbon au Canada remonte au XVIIe siècle alors qu'une petite mine de charbon débute ses opérations dans la région de Minto, au Nouveau-Brunswick. En 1720, les soldats français ouvrent une mine au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, afin d'approvisionner la forteresse de Louisbourg. Après la Conquête, les mines du Cap-Breton ont commencé à exporter leur production vers Boston et d'autres ports aux États-Unis. Dans l'ouest canadien, des gisements ont commencé à être exploités à compter de 1852. À compter des années 1880, la construction du chemin de fer transcontinental à travers l'Alberta et la Colombie-Britannique a entraîné l'ouverture de mines à proximité du chemin de fer. Dès 1911, les mines de l'ouest produisaient déjà la majorité du charbon canadien et constituent aujourd'hui 95 % du total canadien[36].

Afin de protéger les mines du Cap-Breton de la concurrence américaine qui accédait au marché ontarien par les Grands Lacs, le gouvernement canadien impose des droits de douane dès 1887. Le gouvernement fédéral a longtemps poursuivi une politique de protection du charbon de la Nouvelle-Écosse qui s'est poursuivie par l'implication du gouvernement d'Ottawa dans l'exploitation des gisements de la région de Sydney, par l'entremise de la Cape Breton Development Corporation, ou DEVCO à compter de 1967. Les mines de Linden, Phalen et Prince ont cessé leur exploitation entre 1992 et 2001.

L'Alberta est aujourd'hui le principal producteur de charbon, qui abonde dans son sous-sol; on y retrouve des dépôts de charbon sur 48 % du territoire.

Électricité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Électricité au Canada.
Une turbine Francis horizontale à la centrale de Pointe-du-Bois au Manitoba.

Le Canada utilise en majorité (à 62,5 % en 2012) les énergies renouvelables pour produire son électricité, en particulier l'hydraulique (59 %) ; les centrales thermiques fossiles apportent 22,5 % et le nucléaire 15 %. L'hydroélectricité, avec 480 centrales dont la puissance cumulée atteint 70 000 MW en 2012, a progressé de 0,8 % par an en moyenne entre 2002 et 2012, mais ce rythme pourrait s'accélérer car le ptentiel hydroélectrique encore inexploité est estimé à 163 000 MW et le gouvernement a prévu d'y investir entre 55 et 70 milliards € au cours des 15 prochaines années, afin d'accroître la puissance installée de 14 000 MW, en particulier pour le Lower Churchill Project qui consiste à exploiter le cours inférieur du fleuve Churchill au Labrador, avec deux nouvelles centrales produisant 16,7 TWh/an[37].

Le développement de l'hydroélectricité a affecté profondément la vie économie et politique canadienne, dans la mesure où l'« hydro » — un terme souvent utilisé au Canada pour désigner toutes les formes d'électricité —, a symbolisé la transition entre le « vieux » développement industriel du XIXe siècle et un nouveau type de développement industriel, qui marquera le Canada au XXe siècle[38].

En Ontario, trois entreprises se font compétition pour développer le potentiel hydraulique de la partie canadienne des chutes du Niagara. Après plusieurs années de délais, la construction débute sur les deux premiers sites en 1902, et deux ans plus tard sur le troisième. Parallèlement à ces développements, un groupe de municipalités du sud de l'Ontario discutent entre elles afin d'obtenir un approvisionnement stable en énergie hydroélectrique. Avec réticence, le premier ministre ontarien, George William Ross, organise l'Ontario Power Commission en 1903 afin de coordonner les efforts. Mais cette tentative ne portera pas fruit en raison du refus par les entrepreneurs de garantir l'approvisionnement aux villes. Ce refus provoque une controverse publique et le gouvernement met en place une commission d'enquête dirigée par Adam Beck, qui recommande la mise sur pied d'un réseau de distribution public. Le gouvernement provincial forme la Commission hydro-électrique de l'Ontario en 1906, afin de réglementer l'industrie et de déterminer les moyens de distribution de l'électricité aux municipalités. Les électeurs approuvent la municipalisation aux élections municipales de 1907 et des contrats sont signés avec un des exploitants des chutes du Niagara. La Commission, qui allait être connue sous le nom d'Ontario Hydro, commence ses livraisons en octobre 1910[38].

À Winnipeg et Vancouver, des entreprises privées ont d'abord développé le potentiel hydroélectrique dans les principaux centres. La British Columbia Electric Railway est la première entreprise à développer un site hydroélectrique en Colombie-Britannique. L'entreprise reste sous contrôle privé jusqu'après la Première Guerre mondiale. Dans la capitale manitobaine, le magnat du chemin de fer, William Mackenzie, construit la première centrale manitobaine sur la rivière Winnipeg afin de répondre aux besoins de la meunerie Ogilvie. Les citoyens décident cependant de briser le monopole de l'entreprise de M. Mackenzie et votent en faveur de la construction d'une centrale concurrente sur la rivière Winnipeg au coût de 3,25 millions de dollars en 1906[38].

Une fois le développement débuté, la puissance installée s'accroît très rapidement au cours des deux premières décennies du siècle dernier. Entre 1890 et 1914, la puissance des centrales passe de 72 000 hp à 2 millions hp[39].

Étatisation et électrification rurale[modifier | modifier le code]

Le développement du secteur électrique s'est accéléré au lendemain de la Première Guerre mondiale avec un mouvement de prise de contrôle des services publics d'électricité par les gouvernements provinciaux. C'est le cas notamment en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, qui mettent en place des services publics qui absorbent plus ou moins rapidement les entrepreneurs privés à compter des années 1920. Les entreprises électriques nationalisées ont notamment pour mandat de développer l'électrification rurale et de développer le potentiel hydroélectrique des provinces. La phase de consolidation de l'industrie est complétée en 1963 par la deuxième phase de la nationalisation de l'électricité au Québec.

Sous la gouverne de l'État, les sociétés électriques provinciales investissent massivement dans le secteur électrique afin de stimuler le développement économique. C'est notamment le cas de Joey Smallwood à Terre-Neuve, de W.A.C. Bennett en Colombie-Britannique, d'Ed Schreyer au Manitoba et de Robert Bourassa au Québec. Cette vision de l'impact de l'hydroélectricité sur le développement industriel a longtemps été défendue par les historiens économiques et les leaders politiques[40].

Développements hydroélectriques[modifier | modifier le code]

En tant qu'exploitants des systèmes d'électricité, plusieurs gouvernements provinciaux ont massivement investi dans la construction d'installations hydroélectriques sur leur territoire durant les années 1960 et 1970. BC Hydro a construit les barrages Gordon M. Shrum sur la rivière de la Paix (2 730 MW) et les aménagements de Mica (1 805 MW) et de Revelstoke (1 980 MW), sur le fleuve Columbia. Manitoba Hydro a aménagé trois ouvrages sur le fleuve Nelson — les centrales de Kettle, Long Spruce et Jenpeg —, pour une puissance combinée de plus de 2 300 MW, CF(L)Co construisait la controversée centrale de Churchill Falls (5 428 MW) et même Énergie NB aménageait le fleuve Saint-Jean à Mactaquac (672 MW), près de Fredericton.

C'est cependant au Québec que l'activité de construction de nouveaux ouvrages hydroélectriques a été la plus soutenue. Entre 1965 et 1984, Hydro-Québec met successivement en service les 7 centrales du projet Manic-Outardes, un complexe de 6 224 MW sur la Côte-Nord, puis les trois premières centrales du projet de la Baie-James sur la Grande Rivière (10 282 MW).

En dépit de la durée des travaux allongée par des grèves, des conflits territoriaux épineux avec les communautés autochtones, des coûts très élevés et des dépassements parfois massifs, les grandes centrales hydroélectriques canadiennes produisent aujourd'hui une quantité substantielle d'énergie renouvelable à un coût stable et largement inférieur aux autres filières de production. À la Baie-James, par exemple, le coût de production ne s'élève qu'à 1,5 cent le kilowatt-heure[41]. En conséquence, les tarifs d'électricité des résidents du Manitoba, du Québec et de la Colombie-Britannique figurent parmi les plus bas en Amérique du Nord[42] et dans les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie[43].

Autres énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Parc éolien à North Cape, Île-du-Prince-Édouard.
Parc éolien à Pubnico Point, Comté de Shelburne, Nouvelle-Écosse.

La puissance installée éolienne du Canada s'est accrue de 26 % en 2013 (20 % en 2012), atteignant 7 803 MW en fin d'année (9e rang mondial) grâce aux 1 599 MW installés dans l'année ; en 2012, le marché éolien canadien a représenté 2 milliards de dollars canadiens (1,5 Mds €) d'investissements. La province leader est l'Ontario (2 043 MW), mais sur les 936 MW installés en 2012, 46 % l'ont été au Québec[44].

Le Canada était en 2012 le 9e producteur mondial d'électricité éolienne : 11,8 TWh, soit 2,2 % du total mondial[4]. L'éolien produit 1,8 % de l'électricité canadienne en 2012, et la biomasse 1,7 % ; la part du solaire n'est que de 0,04 % et celle des énergies marines de 0,004 %. L'éolien a connu un taux de croissance moyen annuel de 40 % entre 2002 et 2012 ; le gouvernement prévoit un doublement de la puissance installée d'ici 2016 et souhaite porter la part de l'éolien dans la production d'électricité à 20 % en 2025 ; la biomasse n'a cru que de 1,8 % par an depuis 2002, mais son potentiel est immense grâce aux ressources forestières et agricoles encore peu exploitées. La filière photovoltaïque a commencé à recevoir des investissements significatifs avec 268 MW installés au cours de l'année 2012 et la puissance installée totale atteint 766 MW fin 2012, surtout dans l'Ontario grâce à un système de prix garanti ; le gouvernement a décidé d'accorder un soutien au "net metering" (aide pour la part autoconsommée de la production solaire) qui devrait encourager un développement rapide de la filière[37].

En 2012, l'industrie éolienne a installé 936 MW d'éoliennes, portant le total de la puissance installée du pays à 6 200 MW, en accroissement de 20 % ; ces travaux ont représenté 2 milliards de dollars canadiens (1,5 Mds €) d'investissements[45].

La province leader est l'Ontario (2 043 MW), mais sur les 936 MW installés en 2012, 46 % l'ont été au Québec qui atteint 1 348 MW installés en fin d'année 2012 ; la production éolienne du Canada a surtout décollé à partir de 2006, année où sa capacité a plus que doublé, passant de 684 à 1 460 MW. Le Plan Énergétique à Long Terme du gouvernement de l'Ontario prévoit 7000 MW en 2018 ; pour atteindre cet objectif, le tarif d'obligation d'achat (feed-in tariff) pour l'électricité produite par les éoliennes a été fixé à 0,115 CAD/kWh (9 c€/kWh). Le nouveau gouvernement québécois prépare un 4e appel d'offres pour 700 MW de nouveaux projets, réaffirmant son engagement à atteindre 4000 MW d'énergies renouvelables en 2015 ; des consultations se préparent pour une stratégie post-2015. L'industrie éolienne prévoit que le Canada atteindra 12000 MW d'éoliennes en 2015 et 20 % de la production électrique du pays en 2025[45].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Le Canada est un leader dans le domaine de l'énergie nucléaire. La première mine d'uranium canadienne au Grand Lac de l'Ours a fourni de la matière première pour le Projet Manhattan. Aujourd'hui Cameco et Areva sont des producteurs majeurs d'uranium pour répondre aux besoins de l'industrie nucléaire. Cameco exploite le plus grand gisement mondial d'uranium à McArthur River, dans le Nord de la Saskatchewan.

Le premier réacteur nucléaire canadien, le ZEEP, a été construit en 1945. Le Canada a construit son premier réacteur de recherche, le NRX au laboratoire de Chalk River en Ontario en 1947. C'est à partir de cette base que le Conseil national de recherches Canada et Énergie atomique du Canada Limitée a construit la famille de réacteurs nucléaires CANDU.

Disposant d'un potentiel hydroélectrique relativement faible, l'Ontario s'est tourné vers l'énergie nucléaire dès les années 1960. Ontario Hydro fait construire une centrale de 200 MW à Douglas Point en 1968, puis 20 réacteurs commerciaux sur trois sites à Pickering, Bruce et Darlington entre la fin des années 1960 et le début des années 1990[46]. Parallèlement à ces développements, le Nouveau-Brunswick et le Québec font construire un réacteur CANDU chacun. Ces deux réacteurs seront mis en service en 1983.

Les années 1990 seront cependant difficiles pour l'industrie nucléaire canadienne. La dette énorme souscrite pour construire les réacteurs ainsi que les problèmes de fiabilité et de durée de vie des CANDU deviendront des questions politiques brûlantes en Ontario. Afin de résoudre le problème, le gouvernement conservateur de Mike Harris décide d'ouvrir le marché de la production d'électricité à la compétition. L'ouverture aux capitaux privés a permis la réfection et la remise en service de la majorité des réacteurs de la centrale de Bruce, reprise par un groupe dirigé par Cameco et British Energy. Le gouvernement ontarien a considéré lancer la construction de deux nouvelles centrales nucléaires, mais les coûts de construction, évalués à 26 milliards de dollars[47] et l'incertitude relativement à l'avenir de la division CANDU d'EACL[48], ont convaincu le gouvernement ontarien de suspendre l'appel d'offres en juin 2009.

Libéralisation des marchés[modifier | modifier le code]

À l'instar de plusieurs autres pays occidentaux, l'industrie canadienne de l'électricité a été réorganisée durant les années 1990. Mais compte tenu de la nature provinciale des activités dans le secteur électrique, la restructuration s'est manifestée de manière différente, d'une province l'autre. Dans certains cas, elle s'est limitée à effectuer une séparation fonctionnelle de certains monopoles provinciaux verticalement intégrés, comme ce fut le cas par exemple avec BC Hydro et Hydro-Québec, qui se sont rapidement conformées à l'ordonnance 888 de la Federal Energy Regulatory Commission en créant des filiales pour gérer leurs réseaux de transport en 1997[49].

Par contre, la restructuration a été beaucoup plus profonde dans d'autres provinces. En Alberta, la propriété des installations de production a été libéralisée dès 1998. Selon l'Agence internationale de l'énergie, plus de 3 000 MW de nouvelles centrales ont été construits par des entreprises privées en Alberta entre 1998 et 2004[50]. Un marché de gros concurrentiel de l'électricité a été mis en place depuis 1996 et la concurrence de la vente au détail a été instaurée le 1er janvier 2001. Le gouvernement albertain a toutefois dû intervenir pour plafonner les prix de détail à 11 cents le kilowatt-heure pour un an, en raison des contre-coups de la crise de l'énergie en Californie, qui a perturbé tous les marchés de l'ouest de l'Amérique du Nord à l'hiver 2000-2001[51].

En Ontario, le programme de la « révolution du bon sens » de Mike Harris a conduit au démantèlement de la société de la Couronne Ontario Hydro en cinq composantes dès octobre 1998 en vue d'implanter un régime de libre concurrence et de la privatiser partiellement. Les centrales électriques, y compris les trois centrales nucléaires de la province ont été confiées à Ontario Power Generation, dont on voulait réduire la part de marché à 35 %[52]. Le réseau de transport et de distribution devient Hydro One, en attendant une introduction en bourse[53], qui sera stoppée par la Cour supérieure de l'Ontario[54].

La libéralisation des ventes au détail a été complétée en mai 2002 et les prix ont brièvement chuté au printemps. Cependant, un été chaud et des retards à remettre en service une partie du parc de production nucléaire ont fait grimper les prix plus rapidement qu'anticipé par le gouvernement. Des hausses de prix d'environ 30 % provoquent l'insatisfaction du public et forcent le gouvernement à geler rétroactivement le prix de gros de l'électricité au niveau de mai 2002[55].

Consommation d'énergie[modifier | modifier le code]

Le Canada est un pays dont intensité énergétique est élevée. La consommation d'énergie primaire par unité de PIB par habitant figure parmi les plus élevés au monde. Il existe plusieurs raisons structurelles qui expliquent cette forte intensité énergétique de l'économie canadienne. Plusieurs secteurs industriels — comme les métaux non ferreux, les pâtes et papiers et l'exploitation pétrolière et gazière —, sont de grands consommateurs d'énergie, un climat rigoureux, un niveau de vie élevé et l'absence de contraintes d'espace font en sorte que le chauffage et les transports nécessitent une grande quantité d'énergie[56].

Secteur industriel[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Résidences et commerces[modifier | modifier le code]

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Questions constitutionnelles[modifier | modifier le code]

Le régime politique canadien partage les compétences relatives à l'énergie entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. La constitution du Canada confie les ressources naturelles et une partie des pouvoirs en matière d'environnement aux provinces, qui sont notamment responsables de l'exploration, du développement, de la conservation et de la gestion des ressources non renouvelables, en plus d'être compétentes en matière de la production, du transport et de la distribution de l'électricité. Une majorité de provinces sont aussi propriétaires des sociétés de la Couronne qui dominent l'industrie électrique dans leurs territoires respectifs.

Le gouvernement fédéral exerce principalement ses compétences en matière de réglementation du commerce interprovincial et international, notamment par la réglementation du transport ferroviaire et pipelinier, ainsi que de la navigation. En matière de normalisation, Ottawa est aussi responsable de l'efficacité énergétique, en particulier des normes du bâtiment, de celles pour les véhicules neufs et des programmes d'étiquetage des produits de consommation. Le secteur de l'énergie nucléaire est également de compétence fédérale, particulièrement en matière de permis et de sécurité. Enfin, le gouvernement fédéral exerce une compétence plus étendue dans les territoires.

Ce partage des pouvoirs entre les deux paliers de gouvernement oblige le gouvernement fédéral et les provinces à coordonner leurs politiques respectives. Ce système a engendré plusieurs conflits dans le passé, notamment au sujet du pétrole et du transport de l'électricité, en raison des intérêts divergents qui divisent souvent les provinces. Ces conflits sont motivés à la fois par des conflits idéologiques et par des ressources naturelles inégalement réparties sur le territoire créant des bilans énergétiques qui varient grandement d'une région à l'autre.

Réglementation fédérale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Office national de l'énergie.

Créé en 1959, l'Office national de l'énergie est un tribunal administratif responsable de la réglementation en matière de transport d'énergie. L'office autorise la construction et l'exploitation des oléoducs, des gazoducs, accorde des permis pour l'importation et l'exportation d'énergie - dont les exportations d'électricité -, en plus de gérer l'exploitation des zones arctiques et des ressources offshore qui ne sont pas couvertes par des ententes fédérales-provinciales.

En 1985, le gouvernement fédéral et les gouvernements de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan se sont entendus pour déréglementer les prix du pétrole brut et du gaz naturel. Le pétrole offshore au large de la côte atlantique font l'objet d'ententes entre Ottawa et les provinces de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Réglementations provinciales[modifier | modifier le code]

Un monteur de ligne d'Énergie NB inspecte une ligne à haute tension à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick).

Bien que les activités de production de l'énergie soient largement libéralisées, y compris dans le domaine de la production d'électricité, où l'opérateur généralement public n'est plus le seul fournisseur d'électricité de la province, les domaines du transport et de la distribution du gaz naturel et de l'électricité restent généralement des monopoles réglementés par des commissions des services publics ou régies de l'énergie. Dans le domaine de l'électricité, la majorité des provinces contrôlent toujours les sociétés de transport et de distribution. Les tarifs d'électricité sont moins élevés dans les provinces, comme le Manitoba et la Colombie-Britannique, où l'État dispose d'un vaste parc hydroélectrique et distribue l'électricité tandis que les tarifs les plus élevés sont payés dans les provinces de l'Atlantique et en Alberta, où l'électricité provient majoritairement de sources thermiques.

En vertu de leurs compétences sur le développement des ressources naturelles, l'aménagement du territoire et l'environnement, les provinces ont aussi le pouvoir d'encourager ou de limiter le développement énergétique sur leur territoire, en accordant des baux sur les terres de la Couronne ou en imposant des mécanismes de tarification incitative (feed-in tariff) pour accélérer le développement des énergies renouvelables.

Les provinces productrices ont par ailleurs mis en place un système de redevances et de taxes sur la production du pétrole et du gaz naturel. Elles accordent également les permis de production et soutiennent financièrement les forages.

Prix de détail de l'électricité dans quelques grandes villes canadiennes
Prix hors taxes au 1er avril 2009[42]
Ville Distributeur Résidentiel[note 3] Petite puissance[note 4] Moyenne puissance[note 5] Grande puissance[note 6]
Saint-Jean Newfoundland Power/NL Hydro 11,02 11,32 8,45 3,98
Charlottetown Maritime Electric 17,29 17,98 15,68 10,72
Halifax Nova Scotia Power 12,88 12,65 10,45 7,70
Moncton Énergie NB 11,66 12,09 10,66 6,66
Montréal Hydro-Québec 6,87 8,94 7,21 4,53
Ottawa Hydro Ottawa 11,27 10,75 8,76 8,15
Toronto Toronto Hydro 11,46 11,07 9,33 8,29
Winnipeg Manitoba Hydro 6,94 6,83 5,21 3,45
Regina SaskPower 10,91 8,76 8,12 5,11
Edmonton EPCOR 10,22 9,81 7,50 5,69
Calgary ENMAX 12,13 11,81 10,39 9,38
Vancouver BC Hydro 7,13 8,02 5,62 4,03

Efficacité énergétique[modifier | modifier le code]

En vertu de ses pouvoir en matière de commerce international, le gouvernement fédéral joue un rôle majeur dans les domaines de l'efficacité énergétique et de la normalisation. Les différentes normes canadiennes. se contentent souvent de calquer les mesures en vigueur aux États-Unis, son voisin et principal partenaire commercial. Ainsi, les règles en matière d'efficacité énergétique dans le secteur de l'automobile sont des adaptations des CAFE[57] que le National Highway Traffic Safety Administration impose à son industrie automobile, tandis que le programme ÉnerGuide d'étiquetage de l'efficacité énergétique des électroménagers, des appareils électroniques et du matériel de bureau, entre autres, sont le pendant canadien du programme Energy Star, de l'Environmental Protection Agency[58].

Fiscalité[modifier | modifier le code]

Gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Carte du Canada indiquant les augmentations des émissions de GES par province/territoire en 2008, comparativement à l'année de base 1990.
  •      augmentation de 50 % et plus
  •      augmentation de 30 % à 50 %
  •      augmentation de 20 % à 30 %
  •      augmentation de 10 % à 20 %
  •      augmentation de 0 % à 10 %
  •      diminution de 0 % à 10 %
  •      Chaque carré représente des émissions de 2 tonnes CO2 éq. par habitant

Bien que le Canada se soit engagé à titre de signataire du protocole de Kyōto à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à 6 % sous les niveaux de l'année de référence 1990 pour la période 2008-2012, le pays n'a toujours pas mis en œuvre un plan de réduction des émissions.

Déjà, en 2006, le gouvernement minoritaire du premier ministre conservateur Stephen Harper a annoncé qu'il n'atteindrait pas les engagements du Canada, malgré plusieurs projets de lois adoptés par les partis d'opposition à la Chambre des communes du Canada.

Depuis, l'absence de crédibilité du Canada en matière environnementale est la cible de critiques soutenues de la communauté internationale. À la fin de 2009, le Canada a été successivement pointé du doigt à la conférence de l'APEC[59], au sommet du Commonwealth[60] et à la conférence de Copenhague[61].

Pendant que le gouvernement fédéral tarde à mettre en place un mécanisme de contrôle et de réduction crédible, plusieurs gouvernements provinciaux ont mis en place des programmes substantiels afin de réduire les émissions sur leurs territoires respectifs. La Colombie-Britannique, le Manitoba, l'Ontario et le Québec ont joint les rangs de la Western Climate Initiative[62], un groupe de 7 états de l'ouest des États-Unis dont l'objectif est de mettre en place un cadre commun de plafonnement et d'échange de crédits de carbone. Ces mêmes provinces ont également pris des engagements à l'égard de la réduction et annoncé des mesures concrètes de réduction des gaz à effet de serre.

Les programmes de réduction dans d'autres provinces, et en particulier en Alberta, sont beaucoup moins avancés, selon une évaluation du think tank Pembina Institute, qui déplore que les objectifs albertains soient « dangereusement bas » et qu'ils aillent « à contre-sens de la grande majorité des juridictions dans le monde industrialisé »[63].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Émissions de gaz à effet de serre des usages énergétiques au Canada, 1990-2008[64]
en kt éq. CO2 Variation 1990-2008 (%) Part du total 2008 (%)
1990 1995 2000 2004 2005 2006 2007 2008
Électricité 95 500 101 000 132 000 127 000 125 000 117 000 125 000 119 000 en augmentation 24,6 % 16,2 %
Industries des combustibles 51 000 54 000 66 000 72 000 66 000 66 000 70 000 68 000 en augmentation 33,3 % 9,3 %
Mines et extraction de pétrole et gaz 6 190 7 840 10 400 14 900 15 600 16 800 23 200 23 900 en augmentation 286,1 % 3,3 %
Combustion industrielle 55 000 53 300 53 400 51 500 47 600 47 000 49 400 43 400 en diminution 21,1 % 5,9 %
Résidentiel 43 000 45 000 45 000 43 000 42 000 40 000 44 000 43 000 en augmentation0 % 5,9 %
Commercial et institutionnel 25 700 28 900 33 100 37 700 36 700 33 400 34 900 34 900 en augmentation 35,8 % 4,8 %
Transport 145 000 159 000 178 000 188 000 192 000 191 000 199 000 198 000 en augmentation 36,6 % 27,0 %
Sources fugitives 42 700 57 000 64 700 65 600 64 700 65 800 64 700 63 800 en augmentation 49,4 % 8,7 %
Usages énergétiques 469 000 510 000 587 000 603 000 593 000 581 000 614 000 597 000 en augmentation 27,3 % 81,3 %
Usages non-énergétiques 123 000 131 000 130 000 138 000 138 000 137 000 136 000 137 000 en augmentation 11,4 % 18,7 %
Total des émissions 592 000 641 000 717 000 741 000 731 000 718 000 750 000 734 000 en augmentation 24,0 % 100,0 %
Émissions de gaz à effet de serre par province/territoire au Canada, 1990-2008[64]
en kt éq. CO2 Variation 1990-2008 (%) Part du total 2008 (%)
1990 1995 2000 2004 2005 2006 2007 2008
Flag of Newfoundland and Labrador.svg Terre-Neuve-et-Labrador 9 450 8 250 8 720 10 100 10 100 9 530 10 700 10 100 6,9 % 1,4 %
Drapeau : Île-du-Prince-Édouard Île-du-Prince-Édouard 1 980 1 880 2 200 2 290 2 230 2 110 2 070 1 970 -0,5 % 0,3 %
Drapeau : Nouvelle-Écosse Nouvelle-Écosse 19 000 18 600 20 900 22 800 21 800 20 100 20 700 20 900 10,0 % 2,9 %
Drapeau : Nouveau-Brunswick Nouveau-Brunswick 15 900 16 800 19 900 21 300 21 000 18 700 19 100 18 000 13,2 % 2,5 %
Drapeau : Québec Québec 82 800 79 400 82 300 89 100 85 400 83 800 86 800 82 000 -1,0 % 11,2 %
Flag of Ontario.svg Ontario 176 000 174 000 200 000 199 000 200 000 192 000 200 000 190 000 8,0 % 26,0 %
Flag of Manitoba.svg Manitoba 18 600 19 800 21 200 21 400 21 000 21 100 21 700 21 900 17,7 % 3,0 %
Flag of Saskatchewan.svg Saskatchewan 43 400 59 100 66 500 71 700 72 300 71 300 74 000 75 000 72,8 % 10,3 %
Flag of Alberta.svg Alberta 171 000 200 000 226 000 234 000 231 000 234 000 246 000 244 000 42,7 % 33,4 %
Flag of British Columbia.svg Colombie-Britannique 49 300 57 500 61 600 64 600 62 100 61 100 64 500 65 100 32,0 % 8,9 %
Territoires 2 031 2 438 2 054 2 090 1 946 1 784 2 267 2 161 6,4 % 0,3 %
Canada[note 7] 589 461 635 330 709 320 738 380 728 876 715 524 747 837 731 131 24,0 % 100 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La société Cygnus, parente de Home Oil devait être vendue à l'américaine Ashland Oil Corporation. Après l'intervention avortée du gouvernement, elle a finalement été acquise par Consumer Gas de Toronto en mars 1971.
  2. La politique de Trudeau fait écho au Project Independence, une initiative similaire annoncée par le président américain Richard Nixon, quatre semaines auparavant, le 7 novembre 1973
  3. 1000 kWh mensuel.
  4. Puissance : 40 kW, consommation 10 000 kWh, facteur d'utilisation:35 %.
  5. Puissance : 1 000 kW, consommation 400 000 kWh, facteur d'utilisation:56 %.
  6. Puissance : 50 000 kW, consommation 30 600 000 kWh, facteur d'utilisation:85 %.
  7. Certaines émissions ne sont rapportées qu'au niveau canadien.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b p. 48-50
  2. a et b p. 27
  3. a, b et c p. 51
  4. a et b p. 57
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  8. p. 17
  9. p. 19
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  • Autres références
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) G. Bruce Doern et Glen Toner, The Politics of Energy: The Development and Implementation of the NEP, Toronto, Methuen,‎ 1985, 523 p. (ISBN 0458989207)
  • Earle Gray, Quarante ans dans l'intérêt du public : histoire de l'Office national de l'énergie., Vancouver, Douglas & McIntyre,‎ 2000, 149 p. (ISBN 1550548026)
  • (en) Kenneth Norrie, Douglas Owram et J.C. Herbert Emery, A History of the Canadian Economy, Toronto, Nelson,‎ 2008, 466 p. (ISBN 978-0-17-625250-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Statistique Canada :