Station-service

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Station-service Total ouverte 24h/24 à Courtaboeuf.
Station-service en Italie.
Station-service Orlen à Berlin (Allemagne).
Station-service en Islande.

Une station-service (ou essencerie en Afrique) est une infrastructure positionnée sur le bord d'une route ou d'une autoroute destinée principalement à fournir du carburant aux automobilistes. Le mot « station-service » est à l'origine un anglicisme (« service station »).

Outre les pompes à carburant, les stations les plus équipées offrent aussi des services nécessaires aux véhicules automobiles : boutique d'accessoires automobiles, station de gonflage des pneumatiques, petite mécanique et dépannage.
Elles proposent également des services à destination des automobilistes : toilettes, épicerie, restauration, téléphone public.

En France[modifier | modifier le code]

Sur les autoroutes françaises, les stations-service offrent des aires de stationnement et de repos, avec souvent une boutique approvisionnée en nourriture (par 8 à 8 pour BP et Carrefour pour Total) et en produits de confort pour la route. Cependant, ces tarifs sont majorés en raison de l'ouverture permanente, d'une redevance autoroutière (le cartel des concessionnaires d'autoroute oblige les pompistes à prendre à leur charge certains travaux d'aménagement et d'entretien d'autoroute), l'obligation de disposer de carburants ainsi que le raccourcissement de la durée des concessions à quinze ans (contre vingt auparavant). Suite à la fusion de Total avec Elf, l'État a cédé plusieurs concessions à Carrefour et E.Leclerc afin de réduire le quasi-monopole détenu par les compagnies pétrolières mais ces deux grands distributeurs renoncent dorénavant aux appels d'offres, jugeant ces stations peu rentables : avec la décroissance des volumes observée depuis 2005 et les changements irréversibles de consommation constatés depuis le pic des prix en 2008, la distribution de carburant a atteint un palier.

Sur l'ensemble du territoire en 2010, le nombre de stations a été divisé par trois en trente ans, du fait de la réorganisation du réseau routier et de la concurrence des grandes surfaces[1]. Ce sont les 1 400 indépendants (sur les 4 500 stations en France) qui souffrent le plus.

La grande distribution et son modèle « low cost » ne représente qu'un tiers du parc avec 4 902 stations mais 60,8 % du carburant vendu en France, contre seulement 12 % en 1980[2].

En 2006, les carburants disponibles en France sont essentiellement : les supercarburants sans plomb 95 et 98, le diesel, et le GPL. L'essence ordinaire a disparu dans les années 1991-1992 et le supercarburant (avec plomb) au début des années 2000.

La forte diminution du nombre de stations-service depuis les années 1980 s'explique notamment par l'essor de la grande distribution et la plus grande autonomie des véhicules (800 km dans les années 2010 en moyenne contre 400 km dans les années 1980), tandis que les stations rurales ont subi une réglementation de plus en plus lourde et difficilement soutenable financièrement. Alors que la grande distribution détenait 12 % du marché en 1980, il en possède en 2013 63 %, bien que les pétroliers et indépendants possèdent fin 2012 6175 sites sur 11662, contre 4947 à la grande distribution[3].

Évolution du nombre de stations-service en France[4][modifier | modifier le code]

Station service ELF en Côte-d'Or, mars 2008.
Events permettant l'approvisionnement d'une station service, ici Total
1980 41 500
1985 32 000
1990 24 500
1995 18 406
2000 16 227
2001 15 498
2002 14 918
2003 14 219
2004 13 835
2005 13 504
2006 13 170
2007 12 929
2008 12 699
2009 12 522
2010 12 051

Stations-service et pollution[modifier | modifier le code]

Le plomb tétraéthyle toxique est interdit depuis 2000 en Europe, mais remplacé par du benzène ou des additifs qui restent toxiques.
Station-service Preem à Karlskrona en Suède

Les « pompistes » étaient autrefois directement soumis aux vapeurs d'essence contenant des substances cancérigènes et susceptibles de causer des troubles de la vigilance. Ils ont été remplacés par des systèmes de self-service avec paiement par carte la nuit.

Les principaux problèmes environnementaux sont :

  • pollution chronique et parfois accidentelle des sols et des nappes, par des fuites de cuves ou à partir de carburant déversé sur le sol ;
  • pollution de l'air par les vapeurs nocives de carburant (contenant de puissants solvants organiques (COV), dont benzène cancérigène et mutagène) ;
  • émissions de gaz à effet de serre (légères pertes de méthane au débranchement du pistolet) ;
  • atteintes à la santé via l'exposition chronique à de faibles doses de benzène : Une étude[5] française récente a conclu que pour un enfant, habiter près d'une station-service ou d'un garage automobile augmentait (de + 60 %) le risque de leucémie aigüe chez l’enfant.

En Europe, la Commission a proposé un projet[6] le 4 décembre 2008 visant à garantir le captage et le recyclage des vapeurs d’essence nocives dans les stations-service. Les vapeurs captées et les renvoie soit vers un réservoir de stockage souterrain aménagé sur le site de la station-service soit directement vers la pompe à essence : le projet a été soumis au Conseil et au Parlement européen pour un examen (procédure de codécision). Le Parlement européen a voté un texte le 5 mai 2009[7], après accord préalable avec les États membres. Il doit encore être adopté par le Conseil.

Un système de la phase II de la récupération des vapeurs d’essence (ou PVR-phase II ; Petrol Vapour Recovery) sera obligatoire pour :

  • les pompes à essence de toutes les stations-service existantes, nouvellement bâties ou subissant une rénovation importante et dont le débit est supérieur à 500 m3 d'essence par an, ou dont le débit est au-dessus de 100 m3 par an et si elle est intégrée dans un bâtiment utilisé comme lieu permanent de travail ou d’habitation ;
  • les stations-service existantes de plus grande taille, dont le débit est supérieur à 3 000 m3 par an. Obligatoire avant le 31 décembre 2008 (anticipation de deux ans de la date initialement prévue par la Commission[8]).

Dispositif de distribution[modifier | modifier le code]

Les pompes à carburant sont équipées de pistolets distributeurs, qui sont pourvues d'un système d'arrêt automatique.

Coupe d'un pistolet de distribution.
1.Flux de carburant 2.Bec 3.Tube 4.Capteur 5.Anneau de Venturi 6.Diaphragme 7.Chambre à vide 8.Dispositif d'arrêt automatique 9.Gachette

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les stations services disparaissent, Géomètres n°2082, juin 2011
  2. AFP, « Total lance ses deux premières stations-service à bas coût Total Access », sur Le Point,‎ 3 octobre 2011 (consulté le 4 octobre 2011)
  3. Fabrice de Monicault, « Une activité très disputée », in Le Figaro, encart « Économie », jeudi 21 novembre 2013.
  4. Évolution du nombre de stations-service - France - Union française des industries pétrolières (UFIP)
  5. Brosselin P. et al., Acute childhood leukaemia and residence next to petrol stations and automotive repair garages: the ESCALE study (SFCE), Occupational and Environmental Medicine (septembre 2009), vol.66, n°9 p.598-606 ; (Résumé de l'étude conduite par Jacqueline Clavel et ses collègues de l’INSERM de Villejuif, de 2003 à 2004 sur 765 enfants victimes de leucémie aiguë et 1 681 cas contrôlés.
  6. La proposition de directive, COM (2008) 812
  7. Position de parlement européen
  8. Information de la Commission européenne

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]