Programme énergétique national

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Le Programme énergétique national (PÉN) était une politique de l'énergie du gouvernement du Canada. Il a été créé par le gouvernement du premier ministre Pierre Elliott Trudeau en 1980.

Introduit après les crises énergétiques des années 1970, le PÉN visait :

  • à promouvoir l'autosuffisance pétrolière du Canada,
  • à maintenir les réserves de pétrole, particulièrement pour la base industrielle dans l'est du Canada,
  • à promouvoir la possession canadienne de l'industrie de l'énergie,
  • à favoriser les bas prix,
  • à promouvoir l'exploration pétrolière au Canada,
  • à promouvoir les sources alternatives d'énergie,
  • et à accroître les revenus du gouvernement des ventes de pétrole à travers une variété de taxes et d'accords.

Avant la mise en place de ce programme, même avec les paiements de péréquation, il y avait un transfert de la richesse à partir des provinces de l'est, particulièrement l'Ontario et le Québec, très dépendantes du pétrole, vers les provinces pétrolières de l'Ouest.

Le programme était extrêmement impopulaire dans l'Ouest canadien, où la plus grande partie du pétrole canadien est produite, et augmenta les ressentiments envers le gouvernement fédéral, surtout en Alberta, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan. La plupart des Albertains considéraient que le PÉN était une intrusion injustifiée du gouvernement fédéral dans un champ de compétence provincial, et était construit dans le but de dérober la richesse naturelle à leur province. En gardant les prix de pétrole sous les prix du marché mondial, le programme subventionnait essentiellement les provinces de l'Est, où était la base politique de Trudeau.

Toutefois, Trudeau avait sous-estimé la détermination du premier ministre albertain Peter Lougheed, qui répliqua en freinant le développement de plusieurs projets pour les sables bitumineux. Lougheed gagna l'affection des Albertains lorsqu'il apparut à la télévision nationale pour annoncer que les expéditions de pétrole vers le reste du Canada cesseraient. Ceci eut pour résultat la révision du PÉN pour que le prix du pétrole canadien s'approche éventuellement des prix mondiaux.

La justification du programme a disparu lorsque les prix du pétrole ont chu au début des années 1980. Aux élections de 1984, le Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney fait campagne contre le programme ; son gouvernement l'a abandonné une fois au pouvoir, tel que promis.

Les conséquences du PÉN font encore l'objet, au XXIe siècle, de débats. Peu après sa mise en œuvre, l'économie de l'ensemble du Canada, en particulier des provinces de l'ouest, tomba dans une récession qui dura plusieurs années. Bien des résidents de l'ouest font toujours porter la responsabilité de la récession au PÉN, alors que bien des résidents de l'est invoquent plutôt des facteurs exterieurs au pays.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du PÉN, Petro-Canada était la compagnie pétrolière nationalisée, avec son siège social à Calgary. En anglais, les opposants du PÉN lui donnaient le nom de (en) Pierre Elliott Trudeau Rips Off - Canada (« Pierre Elliott Trudeau pille le Canada »), et le Centre Petro-Canada à Calgary était connu sous le nom de Red Square (« Place Rouge », rappel du régime communiste en URSS) par ces mêmes opposants.

À l'époque du PÉN, on voyait souvent sur les auto-collants pour voiture dans l'ouest canadien le slogan (en) Let the Eastern Bastards Freeze in the Dark (que l'on peut traduire par « Laissez les bâtards de l'Est geler dans la noirceur »).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]