Yves du Manoir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Wikipédia:Articles de qualité Vous lisez un « article de qualité ».
Yves du Manoir
Yves du Manoir
Fiche d'identité
Nom complet Yves Frantz Loÿs Marie Le Pelley Dumanoir
Naissance
à Vaucresson (France)
Décès (à 23 ans)
à Reuilly (France)
Taille 1,7 m (5 7)
Position Demi d'ouverture
Carrière en senior
Période Équipe M (Pts)a
1923-1927 Racing Club de France 106
Carrière en équipe nationale
Période Équipe M (Pts)b
1925-1927 Drapeau : France France 8 (4[Note 1])

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.

Yves Le Pelley Dumanoir dit Yves du Manoir, né le à Vaucresson en Seine-et-Oise est un international de rugby, polytechnicien français mort le (à 23 ans) aux commandes de son avion à Reuilly dans l'Indre.

En dépit et en raison de la brièveté de sa vie, il bénéficie d'une très grande popularité en France. En témoigne le grand nombre de stades et de voies qui portent son nom, en particulier le stade de Colombes, près de Paris, temple du rugby[Note 2] jusqu'en 1972[Note 3] renommé stade Yves du Manoir quatre mois après sa mort. Hommage également que fut en 1931 la création du challenge Yves du Manoir.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille Le Pelley.

Yves Frantz Loÿs Marie Le Pelley Dumanoir est né le à Vaucresson[Note 4] en Seine-et-Oise (aujourd'hui dans les Hauts-de-Seine). Il est le huitième enfant d'une fratrie de dix (cinq garçons et cinq filles)[Note 5] issue du mariage de Mathieu Jules Marie René, vicomte Le Pelley Dumanoir (1863-1924) et de Jeanne Gabrielle Marguerite Marie Compte de Tallobre (1868-1938)[4],[2],[3].

Yves est issu d'une vieille famille normande, il possède parmi ses ancêtres des marins et des corsaires, avec notamment dans sa parentèle le vice-amiral Georges-René Pléville Le Pelley, dit le corsaire à la jambe de bois (1726-1805)[5],[6]. Le nom de la famille évolue au cours des siècles pour se stabiliser à « Le Pelley Dumanoir »[2],[3],[Note 6]. Ses quartiers de noblesse étaient assez récents : son arrière-grand-oncle Pierre Dumanoir Le Pelley (1770-1829) et son arrière-grand-père ont reçu, quasi simultanément à la restauration du roi Louis XVIII, les titres respectifs de comte en 1814 et vicomte en 1816[Note 7], titres reconnus par la commission des preuves de l'Association de la noblesse française le [Note 8],[9].

Ses parents habitant à Paris[Note 9], c'est tout naturellement que le jeune Yves fait ses classes rugbystiques dans un des deux (déjà) prestigieux clubs de la capitale : le Racing Club de France (R.C.F.).

Formation[modifier | modifier le code]

Photographie prise à Presly en 1925 d'Yves du Manoir en grand uniforme de polytechnicien.
Yves du Manoir en grand uniforme de polytechnicien – Presly 1925 in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 44.

Yves du Manoir est élève au collège Saint-Louis-de-Gonzague à Paris lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale. À la rentrée 1914, son père envoie quatre de ses fils au collège Champittet à Lausanne, puis à la rentrée 1915 au collège Notre-Dame de Bon Secours (en) des pères jésuites à Jersey. À la fin de la guerre, les enfants rentrent en février 1919 en France et Yves poursuit sa scolarité à l’école Sainte-Geneviève à Versailles. Son père lui obtient la dispense de treize mois pour se présenter la même année, à moins de 15 ans, au baccalauréat ès-lettres où il est reçu. L'année suivante 1920, il est reçu au baccalauréat ès-sciences (mathématiques élémentaires)[Note 10].

À la rentrée scolaire 1920-1921, il entre en classes préparatoires au Lycée Saint-Louis de Paris[Note 11] et intègre à tout juste 20 ans l'École polytechnique en 1924[7],[10],[Note 12], où il a en particulier comme camarade de promotion Louis Armand[Note 13], crotale de son casert[Note 14].

Il en sort démissionnaire[Note 15] en 1926 mais doit effectuer ensuite la dernière année de l'engagement spécial de trois ans qu'il a contracté le 1er octobre 1924 lors de son admission à l'École[Note 16] et est nommé le 1er octobre 1926 sous-lieutenant dans l'Aéronautique militaire[14],[Note 17]. Il obtient le brevet militaire d'observateur en ballon[Note 18] le 6 septembre 1927 et en a normalement terminé le 30 avec ses obligations militaires.

Il profite alors de l'opportunité qui lui est offerte de passer le brevet de pilote et reprend du service[Note 18] pour un an à compter du 1er octobre 1927.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Portrait d'Yves le Pelley du Manoir.
Portrait d'Yves Le Pelley du Manoir in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. préface.

Au sortir de la guerre de 14 qui aura marqué durablement et le pays et les esprits, la population meurtrie par ces années de souffrance aspire à tourner la page et à reprendre goût à l'existence comme à l'aventure. Ce sont les années folles qui commencent en 1920 et se terminent en 1929 avec le début de la Grande Dépression. Le spectacle sportif participe à cet engouement. La fréquentation des lieux sportifs augmente sensiblement au cours des années qui suivent la guerre et la presse donne à l'événement sportif une audience et une popularité croissantes. Les journaux jouent un rôle majeur dans la promotion du sport en consacrant au travers des pages sportives une notoriété au Tour de France par exemple. C'est également la presse qui familiarise le public avec les grands noms du football et du rugby. D'ailleurs, la pratique de ce sport, limitée avant la guerre aux seuls milieux aisés, s'étend désormais aux couches populaires. Le succès des Jeux Olympiques de Paris en 1924 est en grande partie dû à la promotion qu'en ont faite les journaux français[Note 19].

La personnalité d'Yves du Manoir réunit de quoi faire rêver le public. C'est un authentique aristocrate — son père est vicomte — sociétaire comme ses frères d'un club huppé où il joue ce sport de voyous pratiqué par des gentlemen. Mens sana in corpore sano, il poursuit des études brillantes et honore simultanément ses premières sélections en équipe de France. Il est bien fait de sa personne, bon camarade, « modeste, gai quoique peu loquace, couvant son rêve intérieur[15] » et ne se prend pas au sérieux. Yves du Manoir « n'attache jamais aux résultats une importance exagérée et ne voit dans le sport qu'un délassement utile et captivant. Sa formule à lui est brève, sans réplique : Nous sommes là pour nous amuser ! Il n'en donne pas moins, à chaque partie, le maximum de ses forces et de son intelligence, heureux de jouer, heureux de vivre[16]. »

Sportif et rugbyman[modifier | modifier le code]

Photographie de l'équipe de rugby 1923 du lycée Saint-Louis de Paris avec Yves du Manoir capitaine.
Équipe de rugby 1923 du lycée Saint-Louis de Paris in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 38.
Match Paris-Londres à Colombes le 27 avril 1924.
Paris-Londres – Colombes 27 avril 1924 in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 39.
Match Sélection Française-All Blacks à Colombes le 11 janvier 1925.
Sélection Française-All Blacks – Colombes 11 janvier 1925.
Match Armée française-Armée britannique à Colombes le 18 avril 1926.
Armée française-Armée britannique – Colombes 18 avril 1926.

Il pratique dès l'enfance diverses disciplines sportives[Note 20] et entend parler du rugby pour la première fois en 1906, époque des débuts de son frère aîné dans l'équipe du collège Stanislas. Au cours de l'année 1919, ses frères Guy et Alain s'initient au rugby dans l'équipe de Sainte-Geneviève ; l'entraînement a lieu pendant la récréation de midi à une heure. Yves ne s'y intéresse pas tout d'abord car il ne se sent pas encore suffisamment aguerri. Il s'isole dans un coin de la cour où se trouvent une barre fixe et quelques agrès : du début à la fin de la récréation, inlassablement pendant plusieurs mois, il travaille sa force et sa souplesse.

Racing club de France et équipe de France[modifier | modifier le code]

En 1920, élève au lycée Saint-Louis, il demande son admission au club où évoluent ses frères Guy et Alain. Il apprend le rugby dans l'équipe junior, mais n'a pas l'occasion de jouer avec ses aînés qui se trouvent dans les équipes supérieures.

Pendant la saison 1921-1922, Yves continue à concilier ses études supérieures avec la pratique du rugby, en équipe inférieure du Racing et aussi dans l'équipe scolaire du lycée. Son frère Alain a été reçu à Grignon, mais les « frères ennemis[18] » ne peuvent se retrouver que rarement sur le même terrain. Au début de la saison 1922-1923, il a l'occasion de jouer avec son frère et quelques anciens équipiers premiers, au mois de décembre, en équipe troisième, contre la première de l'U.S. de Troyes, puis en février contre Fontainebleau.

Le 4 novembre 1923, au stade de Colombes, on va le chercher sur un terrain voisin en équipe troisième, car il manque un demi d'ouverture dans l'équipe première qui affronte en amical le Stade toulousain[Fig 1]. Le dimanche suivant, il va jouer en amical, à Poitiers[Fig 2], avec l'équipe première. Il est dès lors prêt à y tenir sa place et fait un très beau match, le 18 novembre, contre le Stade Français[Fig 3], dans les championnats de Paris[Note 21] de première division. La semaine suivante, contre Cognac[Fig 4], il est associé à son frère qui joue à la mêlée.

Dès ce moment, seuls les matchs de sélection ou internationaux l'éloignent de l'équipe première de son club, avec laquelle il joue un total de 106 parties. Son frère Alain est à l'armée et ne peut plus jouer qu'occasionnellement avec lui. Il dispute alors les poules quarts de finale du championnat de France 1923-1924 et, le 27 avril 1924, le match Paris-Londres[Fig 5],[Note 22].

Pour les saisons 1924-1925 et 1925-1926, du Manoir est à Polytechnique. Il est resté au Racing et joue, en décembre 1924, les matchs de sélection de Toulouse[Fig 6] et de Béziers[Fig 7] pour le Tournoi des V Nations 1925. Il est sélectionné[F 2], le 1er janvier 1925, dans le XV de France, comme demi d'ouverture pour le match France-Irlande[F 3],[Fig 8] à Colombes. Dans une équipe amoindrie[Note 23] par l'élimination, dès le début de la partie, du demi de mêlée, puis du meilleur trois-quarts centre, il garde tout son sang-froid et se multiplie pour résister aux joueurs adverses et contre-attaquer. Yves du Manoir est éblouissant et est désigné « meilleur homme du XV de France »[19],[Note 24],[Note 25]. Ce match fait dire au journaliste Robert Dieudonné : « La première fois qu'on vit paraître dans l'équipe de France ce jeune garçon, la foule, qui ne choisit pas, mais se laisse aller à son instinct, lui consacra tout son enthousiasme[21],[12]. »

Le 11 de ce même mois de janvier, il fait partie de la sélection française contre la Nouvelle-Zélande à Colombes et se signale par la façon dont, après cinq minutes de jeu, il adresse directement une longue passe à son trois-quarts aile Marcel Besson qui marque l'essai et par son dribbling en seconde mi-temps où, prenant de vitesse ses adversaires, il aplatit dans l'en-but et marque le second essai français[Note 26]. Une semaine plus tard, à Toulouse, il fait partie de l'équipe de France qui affronte ces mêmes Néo-Zélandais[F 14],[Fig 10]. Six jours plus tard, il joue à Édimbourg contre les Écossais[F 15],[Fig 11] et passe un drop, puis, le samedi 28 février à Cardiff, il affronte les Gallois[F 16],[Fig 12] et le 13 avril à Colombes l'Angleterre[F 17],[Fig 13] qui remporte de justesse le match. Autant de défaites pour autant de matchs internationaux.

Il fait partie en revanche de l'équipe de Paris qui, à Colombes, bat Londres le 29 mars 1925 ; il y est, « comme toujours, étourdissant en défense comme en attaque, et pourtant il a joué la veille à Twickenham »[Note 27] et fait match nul, avec l'équipe de France militaire, contre l'équipe britannique[Fig 14],[Fig 15].

Très doué pour le rugby, il peut briller à tous les postes des lignes arrières, surtout comme demi d'ouverture[22] ; il est bon botteur et excellent plaqueur. Athlète éclectique, il brille aussi en tennis[Note 28] et natation[Note 29]. Le passionné qu'il est[Note 30] bichonne particulièrement sa motocyclette[Note 31].

Le Racing Club de France est qualifié pour les poules quarts de finale du championnat de France 1924-1925 mais, la saison suivante 1925-1926, le championnat est remanié et passe de 30 à 36 équipes. Le Racing est descendu d'une division et se retrouve en championnat de France Honneur (2e division). Du Manoir n'en continue pas moins à aligner une nouvelle sélection pour le Tournoi des V Nations 1926 avec le match France-Écosse[F 18],[Fig 16] joué à Colombes le 2 janvier 1926 ; « puis l'envie et la sottise obtiennent sa disgrâce[23],[Note 32] », mais cela lui est profondément indifférent.

Son club continue à le convier tous les dimanches aux matchs de son équipe première et sait apprécier ses qualités de joueur et de sportif. Il fait aussi partie, le 11 avril, de l'équipe de Paris contre Londres[Fig 17] puis le dimanche suivant, il commande sur le même terrain de Colombes l'équipe de France militaire contre l'équipe britannique[Fig 18]. Le match a lieu sous la présidence effective du président de la République Gaston Doumergue ; Yves du Manoir fait l'objet d'une décision du 27 avril de l'École polytechnique : « Félicitations. – Le sous-secrétariat d'État à l'Enseignement Technique, Haut Commissaire à la guerre, a demandé au Général commandant l'école de transmettre ses félicitations à l'élève du Manoir pour la brillante partie qu'il a fournie au match de rugby armée Française-armée Britannique du 18 avril[24]. »

Le 2 mai 1926 en finale du championnat de France Honneur (2e division), le Racing triomphe du Sporting club mazamétain et du Manoir fait une partie étourdissante[Note 33]. Grâce à cette victoire, le Racing dispute à nouveau le championnat de première division qui se joue désormais à 40 clubs pour la saison 1926-1927. Tous les dimanches, Yves du Manoir retrouve ses camarades de rugby et ce retour en première division lui ouvre à nouveau les portes de la sélection.

Le 1er janvier 1927, il joue à Colombes le match France-Irlande[F 19],[Fig 20] du Tournoi des V Nations 1927. L'Irlande gagne de justesse et ses détracteurs eux-mêmes doivent faire à nouveau appel à lui pour le match suivant. Il est nommé à 22 ans capitaine de l'équipe de France pour son huitième et dernier match international, le match Écosse-France du 22 janvier 1927[F 20],[Fig 21], mais il sait que « la partie est perdue d'avance[15],[Note 34]. »

Au cours de cette même saison, les principaux autres matches disputés par Yves le sont contre l'armée britannique[Fig 22] le 9 avril 1927 à Blackheath, le lendemain[Note 27] à Colombes avec Paris battu par Londres[Fig 23], contre la Roumanie le 15 mai[Fig 24] au Stade Jean Bouin et contre l'Espagne[25],[Note 35] le 26 mai à Madrid. Dans ces deux derniers matchs, il commande l'équipe qui n'est qu'une sélection nationale. Entre-temps, le Racing Club de France s'est qualifié pour les poules quarts de finale du championnat de France.

La saison suivante 1927-1928, du Manoir abandonne presque le rugby pour ne pas risquer d'être retardé dans son brevet de pilote[Note 18] : d'Avord à Paris, il faut compter en effet une douzaine d'heures de trajet aller-retour et perdre une journée entière pour deux heures d'entraînement. Il refuse d'aller jouer pour son club, à Bordeaux, le 6 novembre 1927. Alain joue avec lui pour la dernière fois le 20 novembre, à Colombes, contre Montauban[Fig 25]. Le dimanche suivant, 27 novembre, il joue pour la dernière fois sur ce terrain de Colombes contre Lézignan[Fig 26] et son tout dernier match le 11 décembre à Brive[Fig 27].

Il ne veut pas enfin se rendre à Cognac, où il doit prendre part au match de sélection Paris-Province du 18 décembre 1927 pour le Tournoi des V Nations 1928 ; il est remplacé par Henri Haget[F 21]. Le lendemain, le journaliste Frantz Reichel[Note 19] en tire cette conclusion dans son article du Figaro :

« Sans établir que la vox populi est un criterium décisif, il y a tout de même une opinion technique d'ensemble qui a bien sa valeur. C'est un élément d'appréciation et de documentation dont on peut se servir. Certains pensent ainsi qu'il n'est pas mauvais qu'une équipe combatte en se sachant soutenue non pas par le seul parti pris de la foule, mais par la confiance réfléchie et enthousiaste de l'assistance. Cette confiance, c'est aux sélectionneurs de la créer en évitant par exemple de commettre l'erreur qui consiste à ignorer la prodigieuse et unique valeur d'Yves du Manoir[27]. »

Statistiques[modifier | modifier le code]

En équipe de France[modifier | modifier le code]

Yves du Manoir dispute huit matchs internationaux avec l'équipe de France de rugby à XV : sept matchs du Tournoi des Cinq Nations entre 1925 et 1927[Note 34] et un test-match en 1925 contre la Nouvelle-Zélande. Il marque un drop soit quatre points[Note 1] lors de sa troisième sélection contre l'Écosse et est capitaine de l'équipe pour sa dernière sélection.

Détails des matchs d’Yves du Manoir en équipe de France
Date Lieu Compétition Match Score Points
Colombes Cinq Nations France - Irlande 3-9 -
Toulouse Test matchs France - Nouvelle-Zélande 6-30 -
Édimbourg Cinq Nations Écosse - France 25-4 4 (1 drop)
Cardiff Cinq Nations Pays de Galles - France 11-5 -
Colombes Cinq Nations France - Angleterre 11-13 -
Colombes Cinq Nations France - Écosse 6-20 -
Colombes Cinq Nations France - Irlande 3-8 -
Édimbourg Cinq Nations Écosse - France 23-6 -

En sélection nationale[modifier | modifier le code]

Yves du Manoir dispute trois matchs internationaux avec la sélection nationale, le premier contre la Nouvelle-Zélande où il marque un essai[Note 1], les deux derniers comme capitaine de l'équipe de France B.

Détails des matchs d’Yves du Manoir en sélection nationale
Date Lieu Match Score Points
Colombes France - Nouvelle-Zélande 8-37 3 (1 essai)
Paris France - Roumanie 44-3 -
Madrid Espagne - France 6-66 -

En équipe de France militaire[modifier | modifier le code]

Yves du Manoir dispute trois matchs internationaux avec l'équipe de France militaire, les trois comme capitaine de l'équipe de France.

Détails des matchs d’Yves du Manoir en équipe de France militaire
Date Lieu Match Score Points
Twickenham Armée britannique - Armée française 9-9 -
Colombes Armée française - Armée britannique 13-19 -
Blackheath Armée britannique - Armée française 13-6 -

En sélection régionale[modifier | modifier le code]

Pour ce traditionnel match entre les deux capitales[Note 22], Yves du Manoir rejoint ses camarades après avoir joué la veille[Note 27] avec l'Armée française en 1925 à Twickenham et en 1927 à Blackheath.

Détails des matchs d’Yves du Manoir en sélection régionale
Date Lieu Match Score Points
Colombes Paris- Londres 30-8 -
Colombes Paris- Londres 28-18 -
Colombes Paris- Londres 8-11 -
Colombes Paris- Londres 3-13 -

Popularité[modifier | modifier le code]

Photographie de 1925 d'Yves du Manoir en international de rugby.
Yves du Manoir – International de rugby 1925 in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 41.

Sur le terrain comme dans la vie, Yves du Manoir ne « se départ jamais d'une grande courtoisie et a — sur toute sa génération — un profond rayonnement[5] ». Courageux, il dit à un troisième ligne l'ayant plaqué aussi méchamment qu'irrégulièrement : « Pourquoi as-tu fait cela ? Tu ne m'as pas fait mal et tu te déconsidères ». Chaleureux, il sait réconforter ses partenaires défaits avec des paroles d'avenir. Modeste, il minimise sans cesse les exploits qu'on lui attribue : « Quand on pense à vous comme les copains pensent à moi, on est toujours en bonne position[28]. » Son jeu, clair, loyal, intelligent, a du « panache » et ce panache plait à la foule : les spectateurs « allaient à Colombes pour voir jouer du Manoir[29]. »

« Une popularité aussi éclatante était presque sans précédent ; outre la qualité, la vivacité et le sens tactique de ce joueur (qui, d'ailleurs, n'était pas bâti en colosse[Note 36]), deux autres circonstances l'expliquaient : d'abord, son affabilité joviale, sa simplicité dénuée de toute ostentation. Ensuite — et peut-être surtout — son titre de polytechnicien. En ces temps où l'instruction secondaire était l'exception et où moins d'une personne sur mille avait la moindre notion d'algèbre, l'X apparaissait dans l'imagerie populaire comme une sorte d'Olympe où se formait un establishment aux mains gantées et aux goûts intellectuels ; qu'un élève — dont le nom était une évocation de chevalerie médiévale — prit plaisir à s'empoigner avec des mineurs gallois ou des forgerons de Glasgow, voilà qui étonnait et ravissait la foule ; quand l'École défilait le 14 juillet, la haie de spectateurs s'entre-chuchotait « du Manoir ? … C'est lequel ? »[12]. »

Circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

Photographie des restes de l'avion d'Yves du Manoir prise à Reuilly le 3 janvier 1928.
Lieu de l'accident - Reuilly (Indre) 3 janvier 1928 in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 88.

« Il souhaitait faire carrière dans la construction navale. Mais son meilleur ami à Polytechnique, pourtant désireux de suivre la même voie, fut versé dans l'aviation. Devant son désespoir, du Manoir lui céda sa place et se tourna vers l'aéronautique. Son destin était écrit[28],[Note 17]. »

En fin de l'année 1927[Note 37], le sous-lieutenant du Manoir, qui a repris du service pour un an afin de devenir pilote[Note 18], est détaché[31] à l'école pratique d'aviation d'Avord[Note 38] à côté de Bourges. Le 26 décembre, il s'envole pour la première épreuve de son brevet de pilote sur avion-école[Note 39] : Avord, Tours et retour. Il doit, pendant le trajet, faire une heure de vol à 2 000 mètres. Il prend son tour dans les derniers, se fait contrôler à Tours, puis reprend la direction d'Avord. Au milieu du retour, il monte à 2 000 mètres. Lorsque l'heure est terminée, le temps s'est couvert et il se trouve au-dessus d'une mer de nuages. II est obligé d'atterrir dans un champ pour se renseigner[34].

De retour à Avord, il confie à ses camarades qu'il a eu beaucoup de mal pour repartir car le terrain sur lequel il avait atterri était lourd et son avion courait au sol longtemps avant de s'élever. Arrivant sur une ligne d'arbres qui borde le terrain, il doit exécuter une acrobatie. Cet incident le fait revenir au camp tardivement en sorte qu'il ne peut partir le même jour pour la dernière épreuve qui consiste à effectuer le triangle Avord - Romorantin - Châteauroux - Avord. Les jours suivants, le temps est défavorable et du Manoir doit ronger son frein[34].

Le au matin, malgré une météo incertaine, il prend un Caudron 59[Note 40] pour exécuter enfin cette ultime épreuve[12]. De tels circuits s'effectuaient en naviguant à vue, avec les seules aides du compas de bord et d'une carte. Aisée quand on pouvait voler haut et avoir une vue étendue, cette navigation devenait problématique quand le pilote rencontrait du mauvais temps : la couverture météo était alors inexistante.

Après son étape à Romorantin[Note 41], le temps se gâte, avec un plafond très bas, de sorte qu'il met une heure après sa première escale pour trouver enfin après Issoudun un repère certain, la voie ferrée à double voie remontant vers Vierzon ; mais est-il au sud ou au nord de Châteauroux[Note 42] ? Pour s'en assurer il veut identifier la petite gare qui se présente devant lui, en descendant assez bas pour déchiffrer son nom : manœuvre qui n'a rien de très exceptionnel à condition que les abords soient bien dégagés. Mais, près de la gare de Reuilly, se dresse une rangée de peupliers.

Du Manoir tente le coup quand même : le fuselage passe les cimes, mais une roue accroche[36]. Son avion s'écrase au bord de la voie vers 11 heures du matin[Note 43] non loin du bourg et à quelques dizaines de mètres du passage à niveau et des premières maisons[37] de la route de Bourges. Grièvement blessé, du Manoir meurt vingt minutes plus tard[34], malgré l'intervention rapide des médecins reuillois[38].

Son corps est transporté à la base aérienne d'Avord. Il est inhumé quelques jours plus tard le 7 janvier[39] au cimetière du Père-Lachaise (19e division)[40],[41],[38] et plus de trois mille personnes assistent aux funérailles[Note 44]. Dans un dernier adieu[Note 44], Robert Bernstein, Président de la Commission du Rugby du R.C.F., annonce que le stade de Colombes portera désormais son nom.

L'après-midi du lundi , au stade de Colombes, la France rencontre l’Écosse. Quand les joueurs français pénètrent sur le terrain, les 50 000 spectateurs scandent le nom d'Yves du Manoir. « Mais en réclamant son joueur préféré, la foule ignorait encore que quelques heures plus tôt celui-ci s'était tué[5]. » L'équipe emmenée par Adolphe Jauréguy[F 22] est dominée 6 à 15 par l'Écosse[F 23], malgré deux essais dont un de l'ouvreur Henri Haget, et le public qui ne sait toujours rien continue à scander son nom[42]. Les joueurs apprennent la nouvelle au cours du banquet d'après-match. Son grand ami Georges Gérald, vice-capitaine, centre de l'équipe de France et du Racing[F 24], qui est en train de porter un toast, s'effondre aussitôt en sanglots devant des Écossais médusés[42],[43],[Note 45].

« Du Manoir faisait partie de ces êtres d'exception, auxquels les fées, après avoir été trop généreuses, retirent tragiquement toutes les faveurs[28] »

.

Distinction et hommages[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Il est nommé chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur à titre posthume le [44],[Note 46].

La stèle[modifier | modifier le code]

La mère d'Yves du Manoir achète une parcelle du terrain au lieu de l'accident et y fait ériger une stèle en forme d'aile d'avion[45], toujours entretenue aujourd'hui par la commune de Reuilly.

Postérité[modifier | modifier le code]

Statue d'Yves du Manoir au centre d'entraînement du Racing 92.
Statue d'Yves du Manoir au centre d'entraînement du Racing 92.

La fin prématurée de ce champion de 23 ans provoque dans le pays une affliction à la mesure de sa ferveur[Note 47].

Vaucresson et Saint-Cast-le-Guildo rebaptisent respectivement « rue Yves du Manoir » et « rue Yves Dumanoir »[v 1] la rue où il était né et celle où il avait sa maison familiale[Note 48]. En 1929, un an après sa mort, l'avenue du Bois à Paris est renommée avenue Yves-du-Manoir[5] par les propriétaires riverains[46],[47] et une quarantaine d'autres villes de France ont également leur allée[v 2], avenue[v 3], boulevard[v 4], impasse[v 5], place[v 6], rue[v 7] ou square[v 8] « Yves-du-Manoir »[48].

Plusieurs établissements scolaires portent le nom d'Yves du Manoir, comme des collèges à Floirac[49] ou à Vaucresson[50].

Quatre mois après sa mort, le stade olympique de Colombes reçoit le nom de Stade Yves du Manoir[Note 49] ; d'autres installations sportives (stade, gymnase, complexe sportif) portent ensuite son nom[Note 50]. Le Racing Club de France, locataire des installations de Colombes depuis 1920, fait ériger à l'entrée du stade sa statue par le sculpteur Jean Puiforcat inaugurée le jour de la Toussaint 1929[57]. Cette statue se trouve désormais à l'entrée du nouveau centre d’entrainement et de formation du Racing 92 installé au parc des Sports du Plessis-Robinson[58],[Note 51] ; le club des supporteurs du Racing 92 s'appelle « Génération Yves du Manoir »[59],[Note 52].

Le journal L'Auto (L'Équipe, aujourd'hui) annonce, le , la création d'une compétition entre clubs de rugby de haut niveau basée sur la simple beauté et la correction du jeu : ce challenge est organisé par le Racing Club de France et porte le nom « Yves du Manoir » en hommage à son esprit, sa loyauté, sa bravoure et son respect. On peut lire dans les colonnes du journal « Pour donner plus d'intérêt aux matchs amicaux, le RCF a décidé d'organiser un challenge qui portera le nom du regretté Yves du Manoir. Ce seul patronage indique dans quel esprit doit être disputée cette compétition : correction et loyauté ».

Quelque vingt ans plus tard, ce même journal L'Équipe publie quotidiennement à partir du une bande dessinée d'une vingtaine d'épisodes intitulée « Yves du Manoir, belle figure du sport »[60] pour le vingt-cinquième anniversaire de sa disparition. Le récit de Jean Heltey, illustré par J.-P. God, est directement inspiré de la monographie que lui a dédiée son frère aîné dont il suit fidèlement le texte.

« Une telle somme d'honneurs, ce modèle de simplicité[Note 53] ne l'avait ni recherchée ni souhaitée. Peut-être se sent-il mieux à l'aise dans sa dernière demeure : au Père-Lachaise, damier de sépultures pompeuses, il est un petit recoin silencieux, insolite, si escarpé que seuls certains emplacements ont permis de creuser des caveaux déjà séculaires, les intervalles étant livrés à une végétation touffue ; une allée étroite et déserte y serpente, comme un tronçon de sentier de randonnée. Là, sur une sobre dalle familiale on peut déchiffrer[40] : Yves Le Pelley du Manoir – Polytechnicien-Officier-Aviateur – 1904-1928[12]. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France : fondé en 1843 par M. Borel d'Hauterive et continué sous la direction de Vte Albert Révérend, vol. 56 (58e année), Paris, Au bureau de la publication, , 454 p. (lire en ligne), p. 204-211 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice Brunet, Élève à l'École, idole de la foule..., in La Jaune et la Rouge, no 408, octobre 1985, [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Duboisset, Les riches heures du rugby, 2002, Éditions Mango Sport Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • René Fernand Marie Le Pelley du Manoir, Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, Paris, Société générale d’imprimerie et d’édition, , 97 p. 
    René Fernand Marie, vicomte Le Pelley du Manoir, est son frère aîné. L'ouvrage[Note 54] est consultable et téléchargeable depuis la bibliothèque centrale de l'École polytechnique [lire en ligne].
  • Richard Escot et Jacques Rivière, Un siècle de rugby, Paris, Calmann-Lévy, , 127 p. (ISBN 9782702136171). 
  • Henri Garcia, La fabuleuse histoire du rugby, 2001, Éditions Minerva, Genève, Suisse Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Cent ans de XV de France, 2005, éditions Midi Olympique – Société Occitane de Presse Document utilisé pour la rédaction de l’article

Iconographie[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • 1925 France - Nouvelle-Zélande (6 - 30) (on reconnait Yves du Manoir avec son no 10, de dos à la 24e seconde, de face à la 74e seconde du film)
  • 1926 France - Écosse (6 - 20) (les visiteurs écossais jouent avec leur maillot bleu marine ; on reconnait Yves du Manoir avec son no 10 de dos à la 19e seconde du film)
  • 1927 Écosse - France (23 - 6) (les visiteurs français jouent avec leur maillot bleu ; Yves du Manoir, capitaine de l'équipe de France, joue son dernier match international)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes, odonymie et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c À partir de 1891 et jusqu'en 1948 inclus, le nouveau décompte des points attribue quatre points pour un drop ; l'essai vaut trois points de 1891 à 1993 inclus et sa transformation deux points depuis 1893. [lire en ligne]
  2. Le rugby à XV apparaît pour la dernière fois au programme olympique des Jeux de 1924. Trois équipes sont en lice, les États-Unis (champions olympiques en titre), la France et la Roumanie. Le match pour l'attribution du titre se déroule le 18 mai 1924 au stade de Colombes devant 20 000 personnes : l'équipe américaine bat l'équipe de France sur le score de 17 à 3[1],[F 1]. Le rugby fait son retour aux Jeux olympiques d'été de 2016 à Rio de Janeiro, dans sa version de rugby à sept.
  3. C'est dans le stade de Colombes, renommé Yves-du-Manoir en 1928, que se sont disputés depuis le 17 février 1920 quasiment tous les matchs internationaux de rugby – hormis le match France-Écosse du 1er janvier 1924 au stade Pershing à Paris pendant les travaux des Jeux olympiques – jusqu'à la mise en service du nouveau Parc des Princes en 1972. Ce stade a également abrité la finale de la Coupe du monde de football de 1938.
  4. « Mes parents avaient loué pour la saison une villa dénommée Villa des Buis. Curieuse coïncidence, cette date marquait précisément l'anniversaire de ma naissance, treize ans plus tôt. Mes frères Georges, Guy et Alain avaient respectivement sept, quatre et deux ans et l'arrivée de ce cinquième garçon fut accueillie avec joie. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 11)
  5. Yves est le cinquième garçon ; à sa naissance, les 3 filles aînées, dont 2 jumelles, sont décédées respectivement en 1898 et 1896. Les deux dernières filles naissent en 1909 et 1912[2],[3].
  6. Sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique, son patronyme est orthographié « Le Pelley du Manoir »[7].
  7. Sous la première restauration, le roi Louis XVIII accorde à Pierre Dumanoir Le Pelley le titre de comte héréditaire par lettres patentes du 2 décembre 1814, portant règlement d'armoiries : coupé, au I : d'argent au vaisseau équipé d'azur; au II : parti : a) d'azur à la croix d'argent cantonnée aux 1 et 4 cantons d'une aigle éployée d'or; «aux 2 et 3, d'une étoile d'argent; b) d'or au dextrochère armé de sable, mouvant du flanc sénestre et tenant une épée du même.
    Sous la seconde restauration, Charles Jean Marie Armand Le Pelley Dumanoir reçoit le titre de vicomte héréditaire par lettres patentes du 5 février 1816, avec règlement d'armoiries : d'azur, à la croix d'argent cantonnée aux 1 et 4 d'une aigle éployée d'or et aux 2 et 3 d'une étoile d'argent.
    (in Annuaire de la noblesse de France : Le Pelley du Manoir et de Pléville, p. 207-208)
  8. Le dossier est transmis par Charles Marie Armand Le Pelley du Manoir, fils de Henri Marie Georges né à Lyon le 10 septembre 1863 six minutes après son frère jumeau Mathieu Jules Marie René, père d'Yves du Manoir. Les jumeaux portent le titre de vicomte sur les actes d'état civil – mariage, naissance et, le cas échéant, décès des enfants – qu'ils signent tous deux vicomte Le Pelley Dumanoir[2],[3]. La famille est reconnue en tant que famille subsistante de la noblesse française[8].
  9. À la naissance d'Yves, ses parents habitent à Paris, au 1, rue de l'Alboni (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 12). Au décès du père d'Yves en 1924, la famille est domiciliée à Paris, au 2bis, avenue des Sycomores[2],[3].
  10. « Âgé de quatre ans, Yves rejoignit ses frères à l'école Saint-Louis de Gonzague […] La guerre ayant éclaté, mon père décida […] d'envoyer mes quatre frères au collège de Champittet à Lausanne […] La fin de l'année scolaire 1915 valut à Yves une quantité de prix […] On décida que mes frères continueraient leurs études chez les Pères Jésuites, à Notre-Dame de Bon Secours dans l'île de Jersey […] A mon retour de captivité, en février 1919, […] mes frères revinrent en France continuer leurs études à l'école Sainte-Geneviève à Versailles […] Pour présenter Yves au baccalauréat, mon père n'obtint qu'avec peine les treize mois de dispense nécessaires. Yves fut reçu et commença aussitôt l'étude des mathématiques élémentaires. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 12-21)
  11. « En juillet 1920, il revint de la Sorbonne en annonçant avec une ferme assurance qu'il serait admissible ; mais lorsque la liste fut affichée, son nom n'y figurait pas. Il ne se troubla pas pour si peu et refusa d'admettre la faillite de ses calculs […] Devant son insistance, on fit une vérification et on trouva en effet que la note du professeur, recopiée 8 sur 20 était 18 sur 20, soit 36 sur 40. Il entra à Saint-Louis pour préparer Polytechnique qu'il avait en vue depuis longtemps... Yves continua ses études à Saint-Louis pendant la saison 1921-1922... En octobre 1922, Yves rentre à Saint-Louis […] Il se présente à Polytechnique au mois de juillet et, jouant de déveine, rate la composition d'anglais qu'il eût dû réussir, ce qui le fait refuser pour cinquante points […] Il retourne donc à Saint-Louis en octobre 1923. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 27-38)
  12. Dans son dossier conservé à la bibliothèque de l'École polytechnique, on le trouve candidat aux concours des années 1922, 1923 et 1924, concours qu'il passe dans des circonstances poignantes : « Le de cette année 1924, mon père qui paraissait atteint d'une grippe bénigne, fut emporté au milieu de la nuit. Je n'eus que le temps d'aller réveiller Yves qui assista à ses derniers instants... Quelques heures après la mort de mon père, Yves dut aller se présenter pour le dernier de ses examens ; il sut surmonter son chagrin pendant ces quatre heures de composition de Mathématiques. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 40)
    Il est classé 184e au concours d'admission et sort 218e sur 227 élèves en 1926[11],[7]. Il s'y signale par « sa participation zélée à la préparation du Point Gamma[12] », ce qui accréditerait plutôt son appartenance à la Khômiss 1924[9].
  13. À l'X, Louis Armand est très lié avec Yves du Manoir qui, lui, s'intéresse plus au rugby qu'à l'enseignement de l'École[13].
  14. En argot polytechnicien (désuet) le crotale du casert est le chef de chambrée.
  15. Malgré les mesures prises pour améliorer le recrutement de l'armée et des corps d'ingénieurs de l'État par l'École polytechnique — notamment l'augmentation des traitements et des soldes et l'autorisation de se présenter à l'école au delà de la limite d'âge normale sous la condition de contracter un engagement — un nombre assez important d'élèves préfèrent déjà, à la sortie de l'école, l'industrie privée [lire en ligne].
  16. Les élèves signent au moment de leur admission un engagement spécial de 3 ans avec l'armée qui court du 1er octobre de l'année d'entrée et un engagement vis-à-vis de l'État de le servir pendant 10 ans à l'échéance du premier [lire en ligne].
  17. a et b « Cette carrière, c'étaient les constructions navales […] Il décida donc de demander à faire son année de service dans la marine […] Il obtint la marine […] Mais voici qu'un incident, en apparence négligeable, allait changer totalement sa destinée. Un de ses camarades qui avait aussi demandé la marine fut refusé et désigné pour l'aviation. Il en éprouvait un grand chagrin car il avait demandé la marine pour y faire sa carrière. Yves avait trop bon cœur pour ne pas comprendre toute l'amertume de cette vocation brisée, irrévocablement brisée à moins d'un geste […] Il fit ce geste ; il proposa de permuter. On voulut l'en dissuader ; on lui représenta qu'il devait suivre ses goûts personnels avant de se soucier de ses camarades […] On insista […] « Je ne peux pas faire cela à un camarade » répondit-il. Toute insistance devenait dès lors inutile. C'est ainsi qu'il fut nommé sous-lieutenant dans l'aéronautique et entra le au 3e groupe d'ouvriers de l'aéronautique à Versailles pour y suivre le cours d'application. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 64-66)
  18. a, b, c et d « En aviation, il obtint le 29 juillet 1927 le certificat d'instruction technique théorique et pratique, puis le 27 août le brevet militaire d'observateur en avion et enfin, le 6 septembre, le brevet militaire d'observateur en ballon. Avant d'aborder la carrière d'ingénieur, il voulut être ouvrier ; comme son ancêtre Pléville Le Pelley, il tenait à ne commander que ce qu'il saurait exécuter. Aussi reprit-il du service pour un an afin de devenir pilote. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 84)
  19. a et b Frantz Reichel, entre autres, est responsable au Figaro de la rubrique sportive dont il est à l'origine. Sportif extrêmement polyvalent, il a remporté le titre de champion de France de rugby à XV avec le Racing Club de France en 1900 et participé la même année aux Jeux olympiques avec l'équipe de France qui remporte le tournoi et le titre. La F.F.R. donnera son nom au championnat de France junior de rugby (Coupe Frantz-Reichel).
  20. Son frère aîné[17] écrit « Mon père avait été pour nous le meilleur des pères […] Il avait depuis longtemps compris tous les bienfaits de l'éducation physique et ayant lui-même pratiqué bien des sports, faisait tout son possible pour nous aider à les pratiquer à notre tour. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 40)
  21. Ces championnats concernent le football et le rugby.
  22. a et b C'est en 1911 que fut joué le premier match entre les deux capitales. Londres triompha par 21 points à 17 ; l'année suivante Paris était battu par 22 points à 12. En 1913 et 1914 Paris triompha par 15 points à 11 et par 11 points à 3. Puis ce fut la guerre, et les deux équipes ne se retrouvèrent en présence qu'en 1920, où Paris s'adjugeait la victoire par 21 points à 10. En 1921, Londres battait Paris par 16 points à 6. Le match ne se joua pas en 1922, faute d'entente sur la date mais en 1923 Paris remportait un succès par 22 points à 14. Avant la rencontre de 1924, Paris mène par 4 victoires à 3.
  23. Le remplacement de joueurs blessés n'était pas autorisé à l'époque ; ce n'est qu'à partir de 1968 qu'il n'est autorisé, dans la limite de 2 par équipe, qu'après avis contradictoire du médecin de chaque équipe, condition sine qua non supprimée en 1983. Le nombre de remplacements sur blessure passe ensuite à trois en 1989, puis à quatre en 1992. L'année suivante voit l'instauration du remplacement temporaire autorisé sur saignement (5 minutes) puis, un an après, n'est autorisé qu'un seul remplacement temporaire sur saignement, par joueur (10 minutes). Après que l'International Rugby Board a gommé de ses statuts en août 1995 toute référence à l'amateurisme, le rugby devient un sport professionnel et le coaching (remplacement pour des raisons tactiques) est autorisé depuis 1996 : seuls les joueurs présents sur le banc de touche sont autorisés, sous certaines conditions, à entrer sur le terrain, soit un effectif potentiel maximum de l'équipe de 22 joueurs [lire en ligne].
  24. « Le meilleur homme sur le terrain fut le demi d'ouverture français du Manoir. Ce joueur qui jouait il y a deux ans dans l'équipe quatrième du Racing Club de France a fourni surtout en défense sur l'homme et sur la balle une partie remarquable. Quand il saura mieux faire le trou à l'ouverture il sera à l'ouverture ce que Struxiano[F 4] fut à la mêlée ; c'est-à-dire le joueur qui fait jouer toute l'équipe[20]. »
  25. « Signalons aussi les débuts d'Yves Le Pelley du Manoir, le sociétaire du Racing, à l'ouverture, dont le match laisse entrevoir tout le talent : coup de pied puissant, clairvoyance de l'action à lancer, passe précise. Même si ce match a surtout mis en évidence son courage défensif. » in Escot et Rivière 1997, p. 70
  26. Pour l'anecdote, l'invité d'honneur en tribune est Winston Churchill. Ce match présente la particularité de réunir sur le terrain côté français trois polytechniciens sociétaires du Racing club de France : outre Yves du Manoir (promotion 1924), demi d'ouverture, Étienne Piquiral[F 5] (promotion 1921) est troisième ligne aile et Jacques Müntz (promotion 1901) juge de touche. Les deux joueurs vont ensuite se retrouver quatre fois en équipe de France, rigoureusement aux mêmes postes de demi d'ouverture pour l'un, de troisième ligne aile droite pour l'autre : le 13 avril 1925 à Colombes pour France-Angleterre[F 6], le 2 janvier 1926 à Colombes pour France-Écosse[F 7], le 1er janvier 1927 à Colombes pour France-Irlande[F 8] et enfin le 22 janvier 1927 à Édimbourg pour Écosse-France[F 9].
    « ... La paire de demis Dupont[F 10] et du Manoir aussi bonne en défense qu'en attaque lorsqu'elle put attaquer ... Besson[F 11] a, hier, me semble-t-il, gagné définitivement ses galons d'international ... Parmi nos avants, tous actifs et courageux, Lasserre[F 12], Piquiral, Levasseur[F 13], Berrurier furent les plus remarquables »[Fig 9].
  27. a, b et c « Quand on faisait appel à lui, qu'il surgissait après des nuits dans les trains, les bateaux, les avions, une ivresse empourprait sa figure: J'arrive. Etes-vous contents ? » « Il est l'homme des grands voyages, des arrivées inattendues à l'ultime seconde. Il se cache aux soufflets des wagons pour enfiler sa culotte de rugby ; trois minutes avant le coup d'envoi, on le voit surgir en tenue d'un vieux taxi. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 47 et 57)
  28. « Il prit part au tournoi de tennis de Saint-Cast, sport qu'il affectionnait et dans lequel il serait devenu de première force s'il avait eu le temps de s'y entraîner. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 55)
    Pendant sa scolarité à Polytechnique, il remporte le tournoi de tennis dont la finale est arbitrée par Jean Borotra, lui-même polytechnicien de la promotion 1920S [lire en ligne].
  29. En , au cours d'une compétition de la Fédération de Natation, il obtient le 3e prix de plongeon et le 5e prix de natation du championnat national inter-scolaire. (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 29)
  30. « Au 15 août 1927, il mit à profit quelques jours de congé pour nous rejoindre à l'Étang en motocyclette ; on eût pu le croire fatigué d'une telle randonnée. Mais, à peine arrivé, il nous annonça : « Maintenant, je sais la faire déraper ». Et il réussissait en effet à manœuvrer sa machine comme un jouet. (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 84) »
  31. Certains élèves pilotes en mal de divertissement s'adonnaient à la moto. Très bricoleur, du Manoir démonta complètement le moteur de sa Douglas puis le remonta consciencieusement. Il lui resta dans la main une petite poignée de boulons, vis et écrous qu'il jeta dédaigneusement dans l'herbe ; et miraculeusement, le moteur tourna fort bien[12].
  32. « Jamais un mot, quand on l'écarta du quinze de France, ne traduisit son regret. Pourtant, nous savions, nous, ses amis, que chez lui, au fond d'une armoire, les maillots pliés... Yves dit : « Sans doute qu'ils ont trouvé mieux ». Et il n'en reparla plus, plus jamais. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 47)
  33. « Yves du Manoir a d'ailleurs fait une étourdissante partie. Il a été de toutes les offensives, a été de toutes les défenses ; il a rarement aussi bien joué qu'hier, et si bien, qu'on peut affirmer qu'il mérite d'être classé parmi les joueurs les plus extraordinaires qui ont évolué sur un terrain de rugby. Partisans du R. C. F. et partisans de Mazamet l'ont également applaudi »[Fig 19].
  34. a et b L'équipe d'Écosse a remporté le grand-chelem en 1925, terminé première ex-æquo avec l'Irlande du tournoi 1926 et s'apprête à terminer encore première ex-æquo avec l'Irlande en 1927. L'équipe de France obtient la cuillère de bois en 1925 et 1926 et terminera encore dernière en 1927.
  35. « ... enfin Du Manoir, dans une forme éblouissante, actif, décidé, perçant, droit, spectaculaire au plus haut point[26]. »
  36. Yves du Manoir mesure en effet 1,70 m pour 78 kg[F 2] : « Au physique, une puissance énorme, condensée dans les épaules, dans les cuisses ; des cheveux briseurs de peignes, un nez à la Dempsey, une bouche aux fortes lèvres. Les yeux sont pâles et froids comme la mer bretonne […] les bras, d'une longueur exceptionnelle. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 57)
  37. En 1927, l'aviation commerciale est en plein essor[30]. C'est l'année où Nungesser et Coli disparaissent le 8 mai 1927 avec leur Oiseau blanc et où, moins de deux semaines plus tard, les 20 et 21 mai 1927, Charles Lindbergh traverse l'Atlantique d'Ouest en Est.
  38. Avord dans le Cher, a abrité une école pratique d’aviation de 1921 à 1939[32],[33].
  39. Les avions-école étaient sans frein ni amortisseur ni hypersustentation, mais heureusement lents ![12]
  40. Le Caudron 59 est un biplace d'entraînement de l'école de pilotage d'Istres au début des années 1920[35].
  41. « Contrôlé à Romorantin, il bifurqua, au-dessus de Valençay, non pas vers Levroux et Châteauroux mais sur une ligne sensiblement identique allant à Issoudun par Vatan. À Issoudun, l'absence de terrain d'aviation lui fit comprendre qu'il s'était trompé et il s'engagea vers le Nord le long de la ligne de chemin de fer. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 86)
  42. « Il n'est pas possible de savoir exactement ce qui se passa alors ; le fait qu'il volait à basse altitude semble indiquer qu'il cherchait à repérer une localité ; par contre, il fut aperçu par moments à plusieurs kilomètres de la ligne de chemin de fer pour y revenir ensuite, ce qui laisserait supposer qu'il n'était pas satisfait de la marche de son moteur et cherchait à atterrir. Il coupa la ligne à très faible altitude au-dessus de Reuilly, vira à hauteur de la gare, comme pour revenir sur ses pas. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 86)
  43. L'acte de décès enregistré en mairie de Reuilly indique 11 heures.
  44. a et b
  45. « Cette catastrophe connue à Paris très tard dans la soirée, fut annoncée à la fin du banquet qui réunissait les équipes de France et d'Écosse. Notre trois-quarts centre Gérald, chargé de représenter Jauréguy en cette circonstance, l'apprit à l'instant même où il devait prendre la parole pour féliciter l'équipe écossaise de sa victoire. Les premières paroles du « toast » officiel lui vinrent aux lèvres puis, incapable de maîtriser son émotion, Gérald s'effondra tout secoué de sanglots. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 89-90)
  46. « LE PELLEY DUMANOIR (Yves), sous-lieutenant : jeune officier, ayant toujours fait preuve d'un allant remarquable. Tué par chute d'avion, le 2 janvier 1928, au cours d'un vol sur la campagne. A été cité. »
    (in Journal officiel de la République française du 13 juin 1930, Ministère de la guerre, décorations à titre posthume, décret du 5 juin 1930 [lire en ligne])
    La citation fait l'objet d'une correction au Journal officiel de la République française du 22 avril 1933 :
    « LE PELLEY DUMANOIR (Yves), sous-lieutenant : jeune officier d'un allant exceptionnel, d'une personnalité puissante, qui avait conquis, dans le domaine du sport, une renommée mondiale. Tué en service commandé par chute d'avion, le 2 janvier 1928, au cours d'un vol sur la campagne. A été cité. »
    (in Journal officiel de la République française du 22 avril 1933, Ministère de la guerre, ERRATA AU JOURNAL OFFICIEL, décorations à titre posthume [lire en ligne])
  47. En ce début de l'année 1928, la télévision française n'a encore jamais émis, Roger Couderc est dans sa dixième année, les postes de radio n'équipent pas encore tous les foyers et seule la presse écrite relaie l'information.
  48. « Les grandes vacances se passaient soit à Berck, soit à La Baule, puis à Saint-Cast où venus en 1908, nous adoptâmes cette jolie station d'été et mon père y fit construire une villa. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 12-13)
  49. La fin des années 80 et le début des années 90 marquent la fin de Colombes. En effet, à compter de 1988, le stade n’est plus aux normes et les places debout interdites. C’est en 1993, que la tribune Marathon ainsi qu’une grande partie des virages Argenteuil et Colombes sont détruits, faisant passer le Stade Yves du Manoir d’un stade international à un stade régional. À compter de cette date, divers projets de rénovation seront lancés sans qu’aucun n’aboutisse. Le 20 décembre 2002, le Conseil général des Hauts-de-Seine devient propriétaire du stade et des installations du site [lire en ligne]. La statue de Puiforcat est rendue au Racing Club de France qui l'installe dans le nouveau centre d’entrainement et de formation du Racing Metro 92 Rugby.
  50. Ces installations sont : 1 L'appellation Altrad Stadium qui date de juillet 2014 ne concerne que l'enceinte principale, et ce pour une durée limitée (contrat de naming sur trois ans) ; le complexe sportif dans son ensemble, y compris les terrains d’entraînement et le stade annexe Éric Béchu, conserve le nom de Yves-du-Manoir.
  51. Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, a inauguré le 15 octobre 2012 le nouveau « centre d’entrainement et de formation du Racing Metro 92 Rugby » (consulté le 2 février 2014).
  52. À la suite de la création en 2001 d'une section professionnelle de rugby par le R.C.F et l'US Métro sous le nom de Métro Racing 92, dans le cadre d’une Société anonyme sportive professionnelle appelée Racing club de France Rugby, rebaptisée en 2005 Racing Métro 92, et jusqu'au 10 juin 2015, ce club de supporteurs s'est appelé club des supporters du Racing Métro 92.
  53. Son frère aîné le décrit ainsi : « Trop simple pour affecter une gravité qui n'était ni de son âge, ni de son tempérament, trop modeste pour tirer vanité des études qu'il poursuivait brillamment ou de sa réputation d'athlète, il était aussi trop franc pour dissimuler sa nature : gaie, primesautière, presque enfantine » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. préface)
  54. La préface de ce livre de souvenirs qui parlent à la famille fait comprendre qu'il a d'abord été commencé dans les mois qui ont suivi le décès mais, après que la maladie a obligé l'auteur d'interrompre son travail, terminé seulement en 1931 notamment « pour tous ceux enfin qui m'ont demandé ce livre en souvenir de lui » lors de la création du challenge éponyme. Le journal Match publie en effet d'abord le 3 janvier 1928, lendemain de sa mort, puis le 10 janvier 1928 deux articles en hommage à Yves du Manoir :
    • « Au matin de France-Écosse », in Match no 65, 3 janvier 1928 [lire en ligne]
    • « Yves du Manoir... dans la vie », in Match no 66, 10 janvier 1928 [lire en ligne]
    Quelques mois plus tard, son frère aîné publie sous le pseudonyme Renaud du Manoir une série d'articles retraçant la vie d'Yves qu'il n'achèvera qu'avec la parution du livre :
    • « La vie brève et sportive d'Yves du Manoir », in Match no 83, 8 mai 1928 [lire en ligne]
    • « La vie brève et sportive d'Yves du Manoir », in Match no 84, 15 mai 1928 [lire en ligne]
    • « La vie brève et sportive d'Yves du Manoir », in Match no 85, 22 mai 1928 [lire en ligne]
    • « La vie brève et sportive d'Yves du Manoir », in Match no 86, 29 mai 1928 [lire en ligne]
    • « La vie brève et sportive d'Yves du Manoir », in Match no 87, 5 juin 1928 [lire en ligne]

Odonymie[modifier | modifier le code]

L'odonymie est l'étude des odonymes lesquels comportent deux parties : un nom individuel (« Victor-Hugo », « République », etc.) et un indicateur du type de voie dont il s'agit (« rue », « boulevard », etc.). De nombreuses villes ont ainsi leur allée, avenue, boulevard, impasse, place, rue ou square « Yves-du-Manoir » :

  1. rue Yves Dumanoir :
    1. Saint-Cast-le-Guildo (Côtes-d'Armor) [lire en ligne]
    2. Taverny (Val-d'Oise) [lire en ligne]
  2. allée Yves du Manoir :
    1. Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) [lire en ligne]
    2. Le Beausset (Var) [lire en ligne]
    3. Nantes (Loire-Atlantique) [lire en ligne]
  3. avenue Yves du Manoir :
    1. Paris (Seine) [lire en ligne]
    2. Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) [lire en ligne]
  4. boulevard Yves du Manoir :
    1. Béziers (Hérault) [lire en ligne]
    2. Dax (Landes) [lire en ligne]
  5. impasse Yves du Manoir :
    1. Bois d'Arcy (Yvelines) [lire en ligne]
    2. Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) [lire en ligne]
    3. Saint-Xandre (Charente-Maritime) [lire en ligne]
  6. place Yves du Manoir :
    1. Cholet (Maine-et-Loire) [lire en ligne]
    2. Mions (Rhône) [lire en ligne]
    3. Perpignan (Pyrénées-Orientales) [lire en ligne]
    4. Thuir (Pyrénées-Orientales) [lire en ligne]
    5. Tonneins (Lot-et-Garonne) [lire en ligne]
  7. rue Yves du Manoir :
    1. Albi (Tarn) [lire en ligne]
    2. Athis-Mons (Essonne) [lire en ligne]
    3. Aurillac (Cantal) [lire en ligne]
    4. Batilly (Meurthe-et-Moselle) [lire en ligne]
    5. Carbon-Blanc (Gironde) [lire en ligne]
    6. Clisson (Loire-Atlantique) [lire en ligne]
    7. Floirac (Gironde) [lire en ligne]
    8. La Teste-de-Buch (Gironde) [lire en ligne]
    9. Laroque-d'Olmes (Ariège) [lire en ligne]
    10. Mérignac (Gironde) [lire en ligne]
    11. Migennes (Yonne) [lire en ligne]
    12. Perpignan (Pyrénées-Orientales) [lire en ligne]
    13. Poissy (Yvelines) [lire en ligne]
    14. Reuilly (Indre) [lire en ligne]
    15. Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) [lire en ligne]
    16. Saint-Gaudens (Haute-Garonne) [lire en ligne]
    17. Saint-Médard-en-Jalles (Gironde) [lire en ligne]
    18. Saint-Pierre-du-Mont (Landes) [lire en ligne]
    19. Sainte-Luce-sur-Loire (Loire-Atlantique) [lire en ligne]
    20. Salses-le-Château (Pyrénées-Orientales) [lire en ligne]
    21. Saujon (Charente-Maritime) [lire en ligne]
    22. Toulon (Var) [lire en ligne]
    23. Toulouse (Haute-Garonne) [lire en ligne]
    24. Vaucresson (Hauts-de-Seine) [lire en ligne]
  8. square Yves du Manoir :
    1. Massy (Essonne) [lire en ligne]

Références[modifier | modifier le code]

Site de la Fédération française de rugby[modifier | modifier le code]

La Fédération française de rugby publie sur son site un ensemble de fiches des joueurs et des matchs de l'équipe de France, dont quelques-unes sont référencées ci-dessous :

  1. « Finale de rugby, Jeux Olympiques - 1924 » (consulté le 17 février 2015).
  2. a et b « DU MANOIR Yves, international no 187 » (consulté le 17 février 2015).
  3. « France - Irlande, Tournoi des V Nations - 1925 » (consulté le 17 février 2015).
  4. « STRUXIANO Philippe, international no 97 » (consulté le 6 novembre 2016).
  5. « PIQUIRAL Étienne, international no 172 » (consulté le 23 juillet 2015).
  6. « France - Angleterre, Tournoi des V Nations - 1925 » (consulté le 23 juillet 2015).
  7. « France - Écosse, Tournoi des V Nations - 1926 » (consulté le 23 juillet 2015).
  8. « France - Irlande, Tournoi des V Nations - 1927 » (consulté le 23 juillet 2015).
  9. « Écosse - France, Tournoi des V Nations - 1927 » (consulté le 23 juillet 2015)
  10. « DUPONT Clément, international no 115 » (consulté le 23 juillet 2015).
  11. « BESSON Marcel, international no 175 » (consulté le 23 juillet 2015).
  12. « LASSERRE Félix, international no 102 » (consulté le 23 juillet 2015)
  13. « LEVASSEUR Robert, international no 196 » (consulté le 23 juillet 2015).
  14. « France - Nouvelle-Zélande, Test Match - 1925 » (consulté le 17 février 2015).
  15. « Écosse - France, Tournoi des V Nations - 1925 » (consulté le 17 février 2015).
  16. « pays-de-Galles - France, Tournoi des V Nations - 1925 » (consulté le 17 février 2015).
  17. « France - Angleterre, Tournoi des V Nations - 1925 » (consulté le 17 février 2015).
  18. « France - Écosse, Tournoi des V Nations - 1926 » (consulté le 17 février 2015).
  19. « France - Irlande, Tournoi des V Nations - 1927 » (consulté le 17 février 2015).
  20. « Écosse - France, Tournoi des V Nations - 1927 » (consulté le 17 février 2015).
  21. « HAGET Henri, international no 230 » (consulté le 17 février 2015).
  22. « JAUREGUY Adolphe, international no 116 » (consulté le 17 février 2015).
  23. « France - Écosse, Tournoi des V Nations - 1928 » (consulté le 17 février 2015).
  24. « GERALD Georges, international no 220 » (consulté le 17 février 2015).

Archives du Figaro[modifier | modifier le code]

La bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France met en consultation sur son site Gallica la collection complète des numéros du Figaro de 1826 à 1942 d'où sont extraits les articles ci-après relatifs à des rencontres de rugby disputées par Yves du Manoir :

  1. 4 novembre 1923 : R.C.F - Stade Toulousain (6-6).
  2. 11 novembre 1923 : R.C.F - Stade Poitiers (6-0).
  3. 18 novembre 1923 : R.C.F - Stade Français (12-3).
  4. 25 novembre 1923 : R.C.F - Cognac (8-3).
  5. 27 avril 1924 : Paris-Londres (30-8).
  6. 7 décembre 1924 : France A - France B (16-8).
  7. 21 décembre 1924 : France - Reste de la France (36-19).
  8. 1er janvier 1925 : France-Irlande (3-9).
  9. 11 janvier 1925 : Sélection française-Nouvelle Zélande (8-37).
  10. 18 janvier 1925 : France-Nouvelle-Zélande (6-30).
  11. 24 janvier 1925 : Écosse-France (25-4).
  12. 28 février 1925 : Galles-France (5-11).
  13. 13 avril 1925 : France-Angleterre (11-13).
  14. 28 mars 1925 : Armée britannique-Armée française (9-9).
  15. 29 mars 1925 : Paris-Londres (28-18).
  16. 2 janvier 1926 : France-Écosse (6-20).
  17. 11 avril 1926 : Paris-Londres (8-11).
  18. 18 avril 1926 : Armée française-Armée britannique (13-19).
  19. 2 mai 1926 : R.C.F. - S.C. de Mazamet (17-3).
  20. 1er janvier 1927 : France-Irlande (3-8).
  21. 22 janvier 1927 : Écosse-France (23-6).
  22. 9 avril 1927 : Armée britannique-Armée française (13-6).
  23. 10 avril 1927 : Paris-Londres (3-13).
  24. 15 mai 1927 : France-Roumanie (44-3).
  25. 20 novembre 1927 : R.C.F. - U.S. Montauban (15-0).
  26. 27 novembre 1927 : R.C.F. - F.C. Lézignan (13-6).
  27. 11 décembre 1927 : C.A. Brive - R.C.F. (0-13).

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) [vidéo] Vidéo du match des Jeux de 1924 sur YouTube.
  2. a, b, c, d et e Alain Brachon, « Yves Franz Loÿs Marie LE PELLEY DUMANOIR », sur le site de généalogie Geneanet, (consulté le 7 janvier 2014).
  3. a, b, c, d et e Guillaume de Tournemire, « Yves Franz Loÿs Marie Le Pelley du Manoir (Le joueur de Rugby) », sur le site de généalogie Geneanet (consulté le 6 novembre 2016).
  4. Acte de naissance d'Yves Frantz Loÿs Marie Le Pelley Dumanoir, [lire en ligne].
  5. a, b, c et d Bernard Stéphane, Dictionnaire des noms de rues, Mengès, (ISBN 2-85620-018-4), p. 742-743
  6. Guillaume de Tournemire, « Georges René Le Pelley de Pléville (le corsaire à la jambe de bois) », sur le site de généalogie Geneanet (consulté le 10 janvier 2014).
  7. a, b et c « Le Pelley du Manoir, Yves Franz Loys Marie (X 1924 ; 1904-1928) », sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique (consulté le 6 novembre 2016)
  8. « Le Pelley du Manoir - 17 décembre 1949 », sur le site de l'Association de la noblesse française (consulté le 8 janvier 2014).
  9. a et b Alain Brachon, Serge Delwasse et Julien Ricaud, « Yves du Manoir, des mythes au mythe », sur le site de La Jaune et la Rouge, (consulté le 6 novembre 2016).
  10. « Le Pelley du Manoir Yves X1924 », sur le site de l'École polytechnique (consulté le 6 novembre 2016).
  11. Liste d'admission à l'école polytechnique, in Journal officiel du , [lire en ligne].
  12. a, b, c, d, e, f et g Maurice Brunet, Élève à l'École, idole de la foule…, in La Jaune et la Rouge, no 408, octobre 1985, [lire en ligne].
  13. Henry Dreyfus, Itinéraire d'un X Cheminot 1916 - 1998, Publibook, (ISBN 9782748309164, lire en ligne), p. 117
  14. Nomination dans l'aéronautique (active), décret du 14 septembre 1926, [lire en ligne].
  15. a et b Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 68
  16. Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 68-69
  17. Alain Brachon, « René Fernand Marie LE PELLEY DUMANOIR », sur le site de généalogie Geneanet, (consulté le 7 janvier 2014).
  18. Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 16, 29, 39
  19. Henri Garcia et Antoine Blondin, La fabuleuse histoire du rugby, Paris, Minerva, , 1022 p. (ISBN 9782830706147), p. 299
  20. Georges Bruni, Le Gaulois, 2 janvier 1925 [lire en ligne]
  21. « Histoire », sur le site du château de Boisrenault (consulté le 7 janvier 2014).
  22. Vidéo du match France - Nouvelle-Zélande de 1925. On reconnait Yves du Manoir (no 10) de dos à la 24e seconde, de face à la 74e seconde du film.
  23. Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 61, 94
  24. Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 64
  25. 26 mai 1927 : Espagne-France(6-66), sur le site de Frédéric Humbert consacré au rugby.
  26. Gaston Bénac, Match no 30, 31 mai 1927 [lire en ligne]
  27. Article du Figaro du 19 décembre 1927 [lire en ligne].
  28. a, b et c Escot et Rivière 1997, p. 78
  29. Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. préface
  30. « L'aviation commerciale », sur le site de Pierre Dennez, (consulté le 8 janvier 2014).
  31. Détachement à l'école pratique d'aviation d'Avord, décision ministérielle du 22 octobre 1927, [lire en ligne].
  32. « Avord, école pratique d’aviation (1921–1939) », sur le site des archives départementales du Cher, (consulté le 7 janvier 2014).
  33. « Base aérienne », sur le site de la mairie d'Avord, (consulté le 8 janvier 2014).
  34. a, b et c Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 85-86
  35. « Photo du Caudron 59 », sur le site personnel d'Albin Denis, (consulté le 8 janvier 2014).
  36. Stéphanie Meyniel, « Le 2 janvier 1928 dans le ciel : Mort d’Yves du Manoir », sur le site Air-journal, site d’information sur le transport aérien, (consulté le 10 janvier 2014).
  37. « Yves du Manoir (lieu de l'accident) », sur le site Google Maps (consulté le 6 novembre 2016).
  38. a et b Rémi Marcel, Yves du Manoir, victime du brouillard à Reuilly, in Berry Magazine numéro spécial Deux siècles de calamités et de faits divers, avril 1995, p. 68.
  39. Annuaire de la Noblesse de France, 1929, 78e volume (86e année), p. 154, [lire en ligne].
  40. a et b François Ribailly, « Tombe Yves du Manoir », sur le site aerosteles.net de Marc Bonas, (consulté le 7 janvier 2014).
  41. « Yves du Manoir(1904-1928) », sur le site de l'association des amis et passionnés du Père-Lachaise, (consulté le 7 janvier 2014).
  42. a et b Cent ans de XV de France, 2005, éditions Midi Olympique – Société Occitane de Presse, p. 35.
  43. François Duboisset, Les riches heures du rugby, Éditions Mango Sport, , p. 19.
  44. « Document n°1 du dossier d'Yves Le Pelley Dumanoir dans la [[base Léonore]] », base Léonore, ministère français de la Culture.
  45. Marc Bonas, « Yves du Manoir (lieu de l'accident) », sur le site aerosteles.net de Marc Bonas, (consulté le 7 janvier 2014).
  46. « avenue Yves Du Manoir », sur un site de la mairie de Paris (consulté le 8 janvier 2014).
  47. Jean-Marie Cassagne, PARIS - Dictionnaire du nom des rues, p. 571, éditions Parigramme, 2012, (ISBN 2-84096-764-2).
  48. Voies et lieux-dits de France de la base de données du ministère des Finances et des Comptes publics [lire en ligne] ; toutes les rues sur toutes les villes de France [lire en ligne].
  49. « Collège Yves du Manoir de Floirac (académie de Bordeaux) », sur le site du ministère de l’Éducation nationale (consulté le 12 juin 2014).
  50. « Collège Yves du Manoir de Vaucresson (académie de Versailles) », sur le site du collège Yves du Manoir de Vaucresson (consulté le 12 juin 2014) ; plan de situation [lire en ligne].
  51. « installations sportives de l'École polytechnique », sur le site de l’École polytechnique (consulté le 10 janvier 2014).
  52. « Gymnase Yves du Manoir », sur le site officiel l'office de tourisme de Bourges (consulté le 12 juin 2014).
  53. « Gymnase Yves du Manoir », sur le site officiel de la ville de Floirac (consulté le 12 juin 2014), ; plan de situation [lire en ligne].
  54. « Gymnase Yves du Manoir », sur le site officiel de la ville de Vaucresson (consulté le 12 juin 2014), ; plan de situation [lire en ligne].
  55. Plan de situation du complexe Yves du Manoir d'Aubigny-sur-Nère [lire en ligne]
  56. « Salle Yves du Manoir », sur le site officiel de la ville de Haute-Goulaine (consulté le 12 juin 2014)
  57. L'illustration, 9 novembre 1929, no 4523, [lire en ligne].
  58. « Centre d'Entraînement et de Formation du Plessis-Robinson », sur le site du Racing Metro 92 Rugby (consulté le 2 février 2014).
  59. « Génération Yves du Manoir », sur le site de l'association « Génération Yves du Manoir » (consulté le 18 janvier 2016).
  60. « Yves du Manoir, belle figure du sport », Archives du journal L'Équipe, [lire en ligne].
  61. Le site de Frédéric Humbert, consacré au rugby.
Cet article est reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 9 août 2014 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.