Thiant

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Thiant
Thiant
Thiant sous la neige en décembre 2010.
Blason de Thiant
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Valenciennes
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut
Maire
Mandat
Jean-Marie Lecerf
2020-2026
Code postal 59224
Code commune 59589
Démographie
Gentilé Thiantais, Thiantaises
Population
municipale
2 998 hab. (2018 en augmentation de 13,17 % par rapport à 2013)
Densité 357 hab./km2
Population
agglomération
335 262 hab. (2018)
Géographie
Coordonnées 50° 18′ 23″ nord, 3° 26′ 57″ est
Altitude Min. 26 m
Max. 72 m
Superficie 8,39 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Valenciennes (partie française)
(banlieue)
Aire d'attraction Valenciennes (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Aulnoy-lez-Valenciennes
Législatives Dix-neuvième circonscription
Localisation
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Thiant
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Thiant

Thiant est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située au confluent de la rivière l'Écaillon et du fleuve Escaut.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La commune de Thiant est desservie par le réseau bus Transvilles via les lignes 102, 103 et 104.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[1]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique altéré » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[2].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[3]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[1]

  • Moyenne annuelle de température : 10,6 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 3,8 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 2,8 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 15 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 2] : 725 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,8 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 9,3 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Valenciennes », sur la commune de Valenciennes, mise en service en 1987[7] et qui se trouve à 8 km à vol d'oiseau[8],[Note 3], où la température moyenne annuelle est de 10,9 °C et la hauteur de précipitations de 708 mm pour la période 1981-2010[9].

Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 4], « Lille-Lesquin », sur la commune de Lesquin, mise en service en 1944 et à 40 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 10,4 °C pour la période 1971-2000[11] à 10,8 °C pour 1981-2010[12], puis à 11,3 °C pour 1991-2020[13].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Thiant est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 5],[14],[15],[16]. Elle appartient à l'unité urbaine de Valenciennes (partie française), une agglomération internationale dont la partie française regroupe 56 communes[17] et 335 262 habitants en 2018, dont elle est une commune de la banlieue[18],[19].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Valenciennes (partie française) dont elle est une commune de la couronne[Note 6]. Cette aire, qui regroupe 102 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[20],[21].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68,3 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (71,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,7 %), zones urbanisées (14,3 %), forêts (8,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,5 %), prairies (3,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,1 %)[22].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[23].

Onomastique (origine du nom)[modifier | modifier le code]

L'histoire de Thiant commence en 877 apr. J.-C., quand le roi Charles le Chauve cède le village à l'abbaye des Dames de Denain. Il s'appelait alors Teonis villa.

  • 1076 : Tiens.
  • 1154 et 1174 : Tiens, cartulaire de l'abbaye de Vicoigne.
  • 1158 : Tians, cartulaire de l'abbaye de Marchiennes.
  • 1173 : Teans, cartulaire de l'abbaye d'Anchin.
  • 1176 : Thions, Ier cartulaire du Hainaut.
  • 1260 : Thians, Ier cartulaire de Flandre.
  • 1349 : Tyans, pouillé du diocèse de Cambrai.
  • Thiens, Thens (documents divers).

Sur l'origine du nom Thiant, M. Bullet donne l'étymologie suivante (à considérer avec prudence) : [Ty]= habitation ; [-an]= rivière.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Il y 20 000 ans, le Nord de la France connaissait un climat péri glaciaire semblable à celui de l'actuelle toundra sibérienne. À l'emplacement de Thiant se trouvait une étendue gelée parcourue par les rennes, les mammouths et des tribus de chasseurs nomades aux mœurs très semblables à celles des actuels Inuits. De moins 20 000 ans à moins 8 000 ans environ, la région connait une phase de déglaciation à l'issue de laquelle le climat devient favorable pour que les tribus porteuses de la culture néolithique venant du Proche-Orient colonisent la région et y commencent la grande aventure de l'agriculture. La colonisation agricole du site de Thiant démarre donc vraisemblablement entre moins 8 000 et moins 7 000 ans. Les premières maisons communes au toit de chaume apparaissent, l'élevage des bovins, moutons, chèvres, etc., se développe ainsi que la culture des céréales et la fabrication de céramique. À partir de moins 4 000 ans, l'usage du bronze provoque une phase d'expansion de la communauté agricole vivant à l'emplacement de Thiant, le bronze permettant de fabriquer des outils agricoles autrement plus efficace que les outils de pierre et d'os de la période précédente.

Une épée de bronze fut découverte en 1890 dans l'ancienne usine de Phosphate du Cambrésis, rue Jean-Jaurés. D'autres découvertes dont quatre petits masques en bronze, de la vaisselle de bronze ainsi que des fragments métalliques et de poterie, conservés au Musée des beaux-arts de Valenciennes, permettent de supposer la présence d'une tombe à char au moins.

À partir de moins 2 900 ans, l'usage du fer renforce l'expansion agricole et l'arrivée de peuples celtes venant d'au-delà du Rhin vers moins 2 300 ans contribue en quelques centaines d'années à faire évoluer la structure politique de la région vers celle que trouvera Jules César lors de la conquête romaine du Ier siècle av. J.-C.

À partir de moins 2 200 ans, la tribu établie à l'emplacement du village actuel appartient au peuple nervien. Agriculteurs mais aussi guerriers renommés, les Nerviens étendent leur territoire de la région de Cambrai jusqu'aux Pays-Bas. L'Escaut sert de frontière naturelle avec les voisins Atrébates (territoire de Prouvy).

Antiquité[modifier | modifier le code]

En moins 57 av. J.-C., Jules César vient avec six légions battre une coalition regroupant plusieurs peuples dont les Nerviens. César venant d'Amiens et Thiant se trouvant à l'entrée du territoire nervien par rapport à cet axe d'arrivée, des guerriers ayant vécu sur le territoire de la commune ont participé aux combats. Cette impression est accentuée par le fait que les Romains ont ensuite installé un camp retranché sur les hauteurs de Famars (le fanum martis) afin d'avoir une vue plongeante sur le territoire des communes longeant l'Escaut dont Thiant.

Cette bataille (environ 36 000 légionnaires contre 85 000 guerriers « gaulois ») marque également l'entrée de la localité dans « l'Histoire » car César a relaté cette bataille dans ses écrits regroupés sous le nom de Guerre des Gaules.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1080, le premier seigneur connu porte le nom Gérard de Thians.

Il faut ensuite attendre le XIVe siècle pour savoir que le village subit, en 1340 et 1346, divers incendie par les menées guerrières du duc Jean de Normandie.

  • 1349, épidémie de choléra.
  • 1478, Thiant est pillé par Louis XI.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

  • 1554, épidémie de peste.
  • 1562, le treizième seigneur, Jean de Thiant, meurt sans enfant le 11 février. Sa pierre tombale et celle de ses deux épouses se trouvent encore de nos jours dans l'église paroissiale.
  • 1570-1580, Jeanne, sœur du dernier seigneur, Jean de Thiant (mort en 1562), apporte son héritage en dot à son époux, Guillaume de Merode. Cette deuxième dynastie des seigneurs de Thiant est originaire du Duché de Juliers en Rhénanie.
  • 1600, une perspective cavalière du village est réalisée par Adrien de Montigny, qui incorpore son aquarelle au sein des Albums de Croÿ.
  • 1628, la terre et seigneurie de Thiant est érigé en comté par le roi d'Espagne, par lettres données à Madrid, pour Ernest de Merode, (maison de Merode), gouverneur et prévôt du comté de Valenciennes, baron de Harchies. Ernest de Merode est le fils du seigneur de Waroux, commune actuelle d'Ans, grand maître d'hôtel du prince- électeur de l'Électorat de Cologne qui récemment a été créé comte du Saint-Empire, et est frère du comte de Merode, qui a obtenu ce titre de comte en retour des signalés services rendus pendant les guerres d'Allemagne où il avait le commandement d'un corps de 8 000 hommes[24]; l'un de ses parents, Albert de Merode s'est illustré en défendant la grande ville hennuyère, au cours du siège de cette cité, en 1656.
  • 1678, comme la contrée, Thiant devient française par les traités de Nimègue, suivi du traité d'Utrecht
  • 1708-1709, famine causée par la gelée des récoltes.
  • 1723, construction supposée de la maison supposée la plus vieille de Thiant (aujourd'hui rue Anatole France).
  • 1740, gelée, mort et disette.
  • 1752, construction de l'ancienne église, en remplacement de la précédente qui menaçait ruine.
  • 1778, le pont de Thiant sur l'Ecaillon, en bois, est remplacé par un pont de pierre.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1793, occupation Autrichienne
  • 1808, ouragan épouvantable, destructions.
  • 1814-1816, présence de troupes prussiennes, russes et anglaises.
  • 1832, épidémie de choléra. 32 victimes.
  • 1866, choléra. 23 morts.

Première Guerre mondiale 1914-1918[modifier | modifier le code]

Dès septembre 1914, l'occupation commence. Jusqu'en 1918, le village sera utilisé comme base arrière de repos et de formation. Les écoles seront aussi régulièrement utilisées comme hôpitaux, le front étant à Cambrai. La population est sous haute surveillance et les jeunes hommes ainsi que les anciens sont régulièrement envoyés à l'arrière du front pour des travaux de terrassement et de manutention diverses. Les femmes sont affectées aux travaux des champs ainsi qu'a diverses corvées notamment à la Kommandantur du village. Le maire de Thiant, Henri Mallez assure la gestion du village dans des conditions difficiles sans cesse en butte aux exigences de la Kommandantur et devant assurer le ravitaillement de la population ; sa femme sera retenue en otage en Allemagne au camp d'Holzminden pendant toute la guerre.

  • 1917, les Allemands installent dans la commune une école de formation au maniement des mortiers de gros calibres (minnen werfe schule) qui sera inspectée en 1917 par le Kaiser Guillaume II .
  • 1918, la population du village est évacuée durant la dernière semaine d'octobre 1918 avant la bataille de Thiant, le 24 octobre, durant laquelle les Allemands tenteront une de leurs dernières contre-offensives. Le village est passablement détruit et l'église est dynamitée. Elle sera rasée après la guerre et une nouvelle église plus grande sera reconstruite. Plus de huit cents obus seront tirés en une semaine. À l'issue des combats, 72 militaires du Commonwealth, en majorité des écossais, seront enterrés dans le cimetière communal.

Les Allemands ne cessent plus de reculer, bousculés par les soldats du Commonwealth dont l'avance s’arrêtera 15 jours plus tard à Mons en Belgique le 11 novembre 1918. Un correspondant de guerre Américain écrira un article sur la bataille de Thiant qui paraîtra dans le New York Times en novembre 1918.

Seconde Guerre mondiale 1939-1945[modifier | modifier le code]

Pendant la « drôle de guerre » en 1939, le village est centre mobilisateur et voit arriver des hommes de toute la France, notamment des Bretons. L'état d'impréparation de l'armée française durant cette période marquera les jeunes hommes du village prêts à en découdre et dont certains s'illustreront dans les FTP quelque temps plus tard. Les anciens sont quant à eux confiants, convaincus que dans le pire des cas « on les arrêtera à Arras » comme en 1914. Les jeunes ont été élevés dans l'amour de la patrie et la haine de l'Allemand par leurs instituteurs tandis que les anciens sont majoritairement contre la guerre, traumatisés par le massacre de 1914-1918 ou tant de jeunes hommes du village ont disparu et par les quatre ans d'occupation qu'ils ont vécu. Le village verra passer les troupes qui montent vers la Belgique pour arrêter les Allemands ; elles sont mal habillées et équipées et utilisent en partie du matériel de transport civil réquisitionné (bus, camion divers) ; les hommes du village en sont étonnés et inquiets. La défaite de la campagne de Belgique marquera le début de l'évacuation pour la population et bien des civils y laisseront la vie, mitraillés le long des routes, bombardés en gare de Douai, etc. L'avance inexorable de l'armée Allemande obligera au retour au village après quelques semaines de terreur. Le 23 mai 1940, alors qu'il revient d'une dernière inspection du village, le capitaine Charles Dupraz du 5e régiment de tirailleurs marocains meurt pour la France, tué par l'explosion du pont routier de l'Escaut. Il est enterré au cimetière de Thiant durant toute la guerre, puis transféré dans sa ville natale d'Annemasse en Haute-Savoie après la libération. Ses hommes, durant les combats sur l'Escaut, combattent vaillamment et l'armée allemande subi de lourdes pertes enterrées à Verchain-Maugré près du cimetière anglais de Pluvinage (ces hommes seront déterrés en 1942 pour leur transfert en Allemagne). Durant toute la guerre, des agressions et des sabotages sont perpétrés contre l'occupant par les résistants FTP. Leur chef, Jean Repaire, est arrêté et déporté dans les camps de concentration nazis, il sera libéré en 1945 . L'un d'entre eux, Charles Bride, sera poursuivi par la Gestapo et se réfugiera en Belgique où il poursuivra le combat avec la résistance belge, il est également arrêté le 14 juillet 1944 et restera interné au camp de travail de Dresden, à l'est de l'Allemagne jusqu'en avril 1945. Robert Segart, autre résistant FTP, échappera à la capture et s'illustrera lors de la libération du village en capturant seul un groupe de soldats allemands.

Le 2 septembre 1944, jour de la libération du village par les troupes américaines, vers 18h, deux jeeps de l’armée américaine en provenance de Haspres sont interceptées à l’entrée du village par des soldats allemands postés en embuscade dans la rue de Denain (actuellement rue Barbusse) et dans la rue de Moncheaux. À bord de ces jeeps, le capitaine Allan H. Reed, le major Jack C. Heist, le sergent Zan D. Hassin, le soldat John H. Miller. Après une fusillade de plusieurs minutes, le major Heist et le sergent Hassin sont abattus. Le soldat Miller, blessé, est achevé par l’officier allemand au pied du poteau EDF situé derrière le monument. Le capitaine Reed blessé de neuf balles aux bras et aux jambes gît sur la route perdant beaucoup de sang. M. et Mme Herlem sortent alors de leur maison et prennent le capitaine pour l’emmener à leur domicile. Les soldats allemands les mettent en joue pour les abattre à leur tour mais l’officier voyant les enfants de la famille (dont Marie Josée alors âgée de treize ans) à la porte de la maison, ordonne aux soldats de laisser faire. Quelques minutes après les sentinelles allemandes postées à la chapelle de la rue de Denain reviennent en signalant l’arrivée d’une colonne de chars américains et les Allemands remontent dans leur véhicules et partent vers Vendegie où ils seront interceptés par une autre colonne de chars américains. Le capitaine Reed survit encore une vingtaine de minutes à ses blessures. Placé dans le couloir de la maison Herlem, il est examiné par le docteur Piet et un médecin militaire américain qui tentent de le sauver, mais il avait perdu trop de sang. Avant de mourir il a le temps de parler avec les époux Herlem ; il dit notamment qu’il était prêt à mourir et il explique qu’il a une famille aux États-Unis et qu’il a deux enfants. Les époux Herlem l’ont embrassé pour sa famille et il a encore eu le temps de boire un verre d’eau après quoi, il est mort.

Ces quatre militaires Américains ont été placés ensuite dans l’école des filles (actuelle salle du temps de vivre) et ils ont été veillés jour et nuit par la population qui s’est relayée pour cela. Le 5 septembre 1944 au matin, après une messe dans l’église de la commune, dite par l’abbé Marcais et une cérémonie militaire sur la place, durant laquelle les résistants de la commune ont présenté les armes, les quatre militaires ont été enterrés provisoirement au cimetière de Sollers près de Melun. Après accord des familles, ils seront, pour trois d’entre eux, rapatriés aux États-Unis.

  • Le capitaine Allan H. Reed repose depuis novembre 1948 au cimetière de Sunset Hill à Corning en Californie et avait 27 ans.
  • Le major Jack C. Heist repose depuis juin 1949 au cimetière militaire Américain d’Épinal en France et avait 25 ans.
  • Le sergent Zan D. Hassin repose depuis juin 1949 au cimetière Greenwood de Hot Springs dans l'Arkansas et avait 25 ans.
  • Le soldat John H. Miller repose depuis avril 1949 au cimetière d’Arlington Fort Mayer en Virginie et avait 36 ans.

Une dalle rappelant leur sacrifice a été inaugurée en 2000 et est honorée par une cérémonie officielle chaque année depuis lors. La famille du capitaine Allan Reed est venue se recueillir à Thiant en septembre 2011.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Une centrale solaire photovoltaïque est prévue sur un terrain situé sur les finages d'Haulchin, Thiant et Douchy-les-Mines au début des années 2020[25],[26].

Économie[modifier | modifier le code]

Eternit[modifier | modifier le code]

Bien après l'ouverture à Prouvy en septembre 1922 de la première usine française Eternit[27], c'est à Thiant que le scandale de l'amiante s'est en France concrétisé alors que de sérieux problèmes de santé environnementale et santé au travail se posaient dans l'usine Eternit (de même que dans d'autres usines de ce type en France et dans le monde). Deux ouvriers d'Eternit Thiant victimes d'un mésothéliome mortel ont déposé en 1996 une plainte (la première en France) au tribunal de Valenciennes, contre Eternit, pour n'avoir pas pris les mesures de précaution et de sécurité nécessaires à la protection des salariés contre l'exposition aux fibres d'amiante.

Cette plainte a conduit Joseph Cuvelier, patron d'Eternit à Thiant (et PDG du groupe français Eternit de 1971 à 1994)[28] à être mis en examen (en 2009, à Paris) pour « homicides et blessures involontaires »[29]. Un monument aux victimes de l'amiante de Thiant (et d'autres usines) a été inauguré en 2003[30], Caronte-Martigues (Bouches-du-Rhône), Albi (Tarn) et Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine)[31],[32].

Les sites de Thiant et d'Haulchin existent encore (reconvertis au ciment fibré sans amiante), alors que l'usine de Prouvy a été fermée.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
décembre 1919 Henri Mallez   Agriculteur
décembre 1919 septembre 1937
(décès)
Henri Segard SFIO  
1940 Edmond Cacheux PCF Ouvrier
1945 Albert Laurette    
1965 Edmond Cacheux PCF Ouvrier
mars 1965 février 1994 Robert Fromont PCF Ouvrier métallurgiste
décembre 2005
(démission)
Francis Carpentier[33] PCF  
En cours Jean-Marie Lecerf PCF  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[34]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[35].

En 2018, la commune comptait 2 998 habitants[Note 7], en augmentation de 13,17 % par rapport à 2013 (Nord : +0,41 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
7477758739459539981 0381 0621 066
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 2081 2761 3561 4331 6181 6121 7351 7891 928
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 1192 3181 9552 1802 3472 4372 3872 4552 859
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013
2 9252 6992 6352 5932 5682 5382 5342 5302 649
2018 - - - - - - - -
2 998--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis Insee à partir de 2006[37].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Thiant en 2007 en pourcentage[38].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,3 
5,3 
75 à 89 ans
10,9 
10,7 
60 à 74 ans
13,2 
21,6 
45 à 59 ans
20,9 
20,8 
30 à 44 ans
18,0 
21,2 
15 à 29 ans
19,6 
20,1 
0 à 14 ans
17,1 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[39].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Thiant

Les armes de la commune de Thiant se blasonnent ainsi :
De sinople semé de billettes d'argent, au lion du même, armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout.[40]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[4].
  3. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  4. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  5. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  6. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  7. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

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