Le Crapouillot

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Le Crapouillot
Image illustrative de l'article Le Crapouillot

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Fondateur Jean Galtier-Boissière
Date de fondation août 1915
Date du dernier numéro octobre 1996
Ville d’édition Paris

ISSN 0751-5553

Le Crapouillot est un périodique satirique français, au départ journal de tranchées, créé en août 1915 par Jean Galtier-Boissière. Son dernier numéro, le no 126, a été publié en octobre 1996.

Origine du titre[modifier | modifier le code]

Le mot « crapouillot », qui signifie littéralement « petit crapaud », désigne, dans le vocabulaire des poilus, un mortier de tranchée français et par extension ses munitions, les torpilles d'artillerie.

Historique du support[modifier | modifier le code]

De 1915 à 1939[modifier | modifier le code]

L'histoire de la revue, née dans les tranchées en 1915 et nommée Le Crapouillot, ne peut pas être dissociée du nom de son fondateur Jean Galtier-Boissière.

Le premier numéro, sorti en août 1915 avec comme sous-titre « gazette poilue — feuille de guerre », donne le ton avec comme manchette : « courage les civils ! »

Le caporal Jean Galtier-Boissière a pour relais son père, médecin resté à l'arrière du front, pour tout ce qui concerne l'édition. Le ton du Crapouillot tranche avec la plupart des autres journaux de tranchées qui sont plus destinés à distraire qu'à dépeindre la réalité de la guerre.

L'humour n'est pas négligé, l'ironie pointe à chaque page. Certains numéros sont caviardés par la censure. La paix revenue, le numéro de annonce, sous le dessin d'un buste de poilu : « Et maintenant au travail ».

En avril 1919, Le Crapouillot devient une revue littéraire et artistique sous-titré « arts, lettres, spectacles » regroupant des écrivains non conformistes comme Francis Carco, Pierre Mac Orlan, Francis Delaisi, Henri Béraud, Claude Blanchard, Gus Bofa et des dessinateurs comme Dunoyer de Segonzac, André Villeboeuf, André Dignimont, Jean Oberlé, Rouveyre, Louis Touchagues, André Foy, Jean-Louis Forain, Jeanne Rosoy...

Les collaborateurs de la revue couvrent les événements des arts, lettres, spectacles (dont le cirque, le cinéma). Les engagements politiques des amis de Jean Galtier-Boissière vont du communiste engagé Jean Bernier, au maurrassien Lucien Farnoux-Reynaud, en passant par l'inclassable Lucien Mainssieux.

Certains collaborateurs et Galtier-Boissière lui-même, sont souvent très féroces dans leurs comptes rendus, leurs critiques et leurs articles. La revue est résolument un reflet de l'opinion des auteurs. Cela valut un peu plus d'une quarantaine de procès intentés au Crapouillot, en un peu plus de quarante ans sous la direction de Galtier-Boissière.

À partir de 1930, Le Crapouillot ne fait plus paraître que des numéros spéciaux bimestriels à caractère satirique ayant pour thème : « La guerre inconnue », « Histoire de la IIIe République », « Les Deux cents familles », « Vraie et fausse noblesse », « Les fusillés pour l'exemple » en août 1934, « Hitler, est-ce la Guerre ?… ». Suspendu en septembre 1939, il paraît à nouveau en 1948 avec « l'Histoire d'une guerre ».

De 1948 à 1996[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, Jean Galtier-Boissière cesse toute publication malgré quelques sollicitations pendant l'occupation allemande. Il séjourne longuement à Barbizon. Après guerre, Le Crapouillot abandonne sa vocation première, les arts et lettres qui sont confiés au Petit Crapouillot (206 numéros). La revue traite de dossiers sérieux comme l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, de sujets plus légers comme la sexualité mais aussi de ses contemporains et leurs travers. La revue est reprise par Jean-Jacques Pauvert de 1965 à 1966.

Ce ton n'est pas abandonné après 1967 et les sujets traités sont de plus en plus orientés politiquement. Beaucoup de scandales y sont dénoncés. Le monde politicien est attaqué, les accusations sont nombreuses. Les équipes dirigeantes de droite, et même désormais d'extrême droite (le journal est vendu à Minute), se succèdent à la tête de la revue. Les dossiers du Crapouillot dérivent vers le « tous pourris ! » et le journal réalise de nombreux dossiers sur des sujets tels que la franc-maçonnerie, les sectes ou encore l'homosexualité. La situation financière du journal a souvent approché la faillite jusqu'à la liquidation du titre en 1996.

Le dernier numéro a été le nº 126, et porte sur Les profanateurs, montrant en couverture une cérémonie sataniste sur une tombe, réalisée par un homme au visage partiellement caché, identifié comme le journaliste proche de l'extrême-droite et spécialiste du satanisme Jean-Paul Bourre[1].

En 2015 un éditeur[Qui ?] rachète la marque et les droits de publication  : il prépare un premier numéro qui devrait mêler enquêtes, informations de première main et surtout opinion de droite, sans pour autant mordre sur les sujets de l'extrême droite, ce premier numéro devrait être (selon des sources journalistiques du magazine Le Point[réf. nécessaire]) consacré à l'affaire Charlie Hebdo.

Direction[modifier | modifier le code]

Avant-guerre (1915-1939)[modifier | modifier le code]

Première série de l'après-guerre (1948-1967)[modifier | modifier le code]

Seconde série de l'après-guerre (1967-1996)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un luciférien, compagnon de route des Identitaires ?, 22 février 2012, par les journalistes du Monde Abel Mestre et Caroline Monnot.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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