Daniel Filipacchi

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Daniel Filipacchi
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Daniel Filipacchi en 1958.

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Mario Daniel Jacques Filipacchi[1], né le dans le 14e arrondissement de Paris, est le président d’honneur d’Hachette Filipacchi Médias, dont il a fait le plus grand éditeur de presse magazine dans le monde. Il est le fils de l'éditeur Henri Filipacchi.

Sa vie et sa carrière se sont constituées autour de ses passions : le jazz, la photographie et l‘art. On se souvient surtout de l’animateur de l’émission de radio Salut les Copains, et de l’ancien photographe qui a acheté un Paris Match déclinant pour en faire l’un des magazines français les plus prisés. Pendant des années il a développé l’empire Hachette Filipacchi,

Il était également reconnu comme l’un des plus grands experts et collectionneurs de l’art surréaliste dans le monde. Sa collection a fait l’objet d’une importante exposition au musée Guggenheim à New York en 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris en 1928, Daniel Filipacchi était écolier au moment où la Seconde Guerre mondiale vint interrompre ses études. Autodidacte, il n’est jamais retourné à l’école et à l’âge de 13 ans il est devenu apprenti typographe dans une imprimerie spécialisée dans les publications clandestines. Il a travaillé, entre autres, sur la composition de poèmes de Paul Éluard.

Photographe[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, s’intéressant à la photographie, il travaille comme pigiste pour des magazines et notamment Paris Match.

En février 1950 il photographie André Gide rue Vaneau. (Paris Match n°51).

Homme de radio[modifier | modifier le code]

Expert reconnu en jazz, on lui propose, le jour de la mort de Charlie Parker en 1955, d’animer une émission de radio en son honneur. Le succès est immédiat, et il animera, avec son ami Frank Ténot, une émission quotidienne de jazz, Pour ceux qui aiment le Jazz, sur Europe n° 1. À la suite de cette réussite, il décide de racheter Jazz Magazine, mettant la première pierre à ce qui deviendra un empire d’édition. Il abandonnera 'Pour ceux qui aiment le jazz', quelques années plus tard et changera l'émission en 'Salut les copains', émission sur Europe 1 à la même heure qui changera d'auditeurs et de disques de suite.

Daniel Filipacchi et Frank Ténot organisent les tournées européennes de tous les grands musiciens de jazz comme Louis Armstrong, Duke Ellington, Charlie Parker, Ella Fitzgerald, Erroll Garner, Thelonious Monk et Mahalia Jackson. À cette époque, Filipacchi est producteur de disque pour RCA Records et Decca (Sylvie Vartan, Chantal Goya, Jean Ferrat, etc). Avec son complice Frank Ténot, il s'est même essayé comme parolier. Ils ont écrit ensemble un texte dont l'auteur est « officiellement » un certain Frank Daniel, intitulé Count Basie et chanté par Henri Salvador sur un air, justement, de Count Basie : Lil' Darlin', puis l'adaptation « officiellement » d'un certain Dan Frank de la fameuse Panne d'essence pour Sylvie Vartan[réf. nécessaire]. Après avoir fondé Mood Records, il est devenu fondateur et président de Warner France en 1970.

En 1959, il décide de créer et d'animer une émission de radio consacrée au rock 'n' roll, Salut les Copains (1959-1968), inspiré d’une émission américaine.

Homme de presse[modifier | modifier le code]

Le succès de cette émission l'amène, en juillet 1962, à créer un magazine du même nom, dont le tirage atteint rapidement un million d’exemplaires.

Daniel Filipacchi a par la suite lancé de nouveaux magazines (et en a acquis d’autres). Certains étaient destinés aux jeunes filles (comme Mademoiselle Age Tendre), d’autres ciblaient les hommes (Lui, Union, Newlook et les éditions françaises de Playboy et Penthouse), et d’autres encore étaient spécialisés tels que Photo, Son Magazine, Ski Flash Magazine, Mer et Moteur, Décoration, Cuisine.

En 1976, Filipacchi rachète Paris Match, alors que le titre est en difficulté, et en fait l’un des magazines français les plus rentables et les plus influents.

En 1981, avec son ami Jean-Luc Lagardère, Daniel Filipacchi rachète le groupe Hachette Magazines, qui comprend plusieurs titres comme Télé 7 Jours ou ELLE, à l’époque sur le déclin. Par la suite, ELLE a été lancé aux États-Unis, suivi par 25 éditions étrangères. Filipacchi et Lagardère ont poursuivi l’expansion de Hachette Filipacchi magazines aux États-Unis avec le rachat de Diamandis Communications, Inc. (anciennement CBS magazines), avec des titres tels que Woman’s Day, Car and Driver, Road and Track, Flying, Boating entre autres.

Éditeur et collectionneur[modifier | modifier le code]

Depuis de nombreuses années, Daniel Filipacchi figure sur la liste des plus grands collectionneurs d’art dans le monde publiée par le journal ARTnews. Une exposition de sa collection et de celle de son ami Nesuhi Ertegün a été présentée en 1999 au musée Guggenheim à New York. Cet événement, intitulé « Surrealism: Two Private Eyes, the Nesuhi Ertegun and Daniel Filipacchi Collections », a été décrit par le New York Times comme « a gourmet banquet », suffisamment grand « pour remplir le musée Guggenheim du hall au plafond avec une formidable exposition. ». En 2008, il prête les collages originaux de la série Une semaine de bonté (1934) créée par Max Ernst, qui n'avaient plus été présentés au public depuis 1936, pour une exposition dirigée par Werner Spies et passant par plusieurs grandes villes d'Europe, dont le musée d'Orsay à Paris[2].

En 2012, il publie ses mémoires sous le titre Ceci n'est pas une autobiographie (Bernard Fixot, éditeur).

Daniel Filipacchi a eu trois enfants, dont l'écrivaine américaine Amanda Filipacchi[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tapis volant, de Jean Boullet, 33 dessins sur un thème personnel, prologue de Jean Cocteau s.l., s.n., 1945. Puis chez Flammarion. Selon François Sentein, dans son livre Minutes d'une autre année, 1945, le modèle de l'artiste pour les dessins de ce livre serait Daniel Filipacchi.
  • Madjar, Robert (1997). Daniel Filipacchi (biographie). Éditions Michel Lafon
  • Guggenheim Museum Publications (1999). Surrealism: Two Private Eyes, the Nesuhi Ertegun and Daniel Filipacchi Collections. The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York.
  • Oncle Dan de Jean-Marie Périer, Éditions Xo, 2008.
  • Daniel Filipacchi, Ceci n'est pas une autobiographie, Éditions Bernard Fixot, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview d'Alain Kruger dans l'émission À voix nue du 24 janvier 2012 sur France Culture.
  2. Philippe Dagen, « Quand Max Ernst découpait les albums de la duchesse », sur Le Monde.fr,‎ (consulté en août 2016)
  3. Oncle Dan de Jean-Marie Périer, Éditions Xo, 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]