Michel de Brunhoff

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Michel de Brunhoff
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Maurice de Brunhoff (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Jean de Brunhoff
Cosette de Brunhoff (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Pierre Claude Michel de Brunhoff est une personnalité française du XXe siècle, né le 6 février 1892 à Paris et mort le (à 66 ans) à Paris. Homme de presse et de mode, il est notamment rédacteur en chef de l'édition française de Vogue de 1929 à 1954.

Préambule : filiation[modifier | modifier le code]

Michel de Brunhoff est le fils de Maurice de Brunhoff et de Marguerite Meyer-Warnod, frère de Jacques et de Jean de Brunhoff, créateur de Babar, et donc l'oncle de Thierry et Laurent de Brunhoff. Il est également le frère de Yvonne Cosette de Brunhoff, mariée à Lucien Vogel[1] fils de Hermann Vogel, qui deviendra la première rédactrice en chef du Vogue français à la création du magazine en 1920 et qui auront pour fille Marie-Claude Vaillant-Couturier. À la Libération, les filles de Michel de Brunhoff, Marion et Ida, travailleront également pour Vogue comme leur père, ou leur tante auparavant[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel de Brunhoff devient secrétaire de rédaction de la revue Art & Décoration publiée par Émile Lévy, puis fonde avec ce dernier et Lucien Vogel la Gazette du Bon Ton[3]. Il se marie en 1923 à Marcelle Le Roy, leur fils naît peu après. Il entre au journal Le Jardin des Modes, fondé par son beau-frère Lucien avec la famille Boschel, revendu pour devenir la propriété de Condé Nast[4] dans les années suivantes ; il en devient rédacteur en chef, puis quitte celui-ci en 1933[1]. Entre-temps, Lucien Vogel et Michel de Brunhoff publient aux Éditions du Jardin des Modes le premier Babar de Jean de Brunhoff. Les publications de Babar dureront quatre ans, avant d'être cédées à Hachette[5]. Quatre ans avant son départ du Jardin des Modes, il prend également le poste de rédacteur en chef du Vogue français. Il travaille alors dans les années à venir avec l'illustrateur René Bouché, ou les photographes Cecil Beaton, Erwin Blumenfeld à qui il proposera du travail[6], ou Robert Doisneau bien plus tard[7], et sait s’entourer des plus grands artistes et écrivains de l'époque[8].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il cesse, en accord avec Condé Nast, la publication du Vogue français au premier semestre 1940[9], malgré le souhait des Allemands[10]. « Il n'y a pas de façon honorable de publier un magazine sous les Allemands ; il n'y avait rien sans compromission ou collaboration. […] Finalement, j'ai trouvé une façon de publier des albums de mode sans dire s'il vous plait aux Allemands[11]. » Durant la guerre, il continuera l'édition[2] ainsi que son soutien à la haute couture[12]. Après la mort de son frère Jean, il pousse Laurent de Brunhoff son neveu à continuer la série Babar.

En juin 1944, il perd son fils Pascal, fusillé[2]. Dès la Libération, il publie un numéro spécial du Vogue français intitulé Vogue Libération[13] qu'il souhaite « digne du passé de notre magazine[14] », précise-t-il[N 1], et qui voit l'apparition d'un nouvel illustrateur, René Gruau. Michel de Brunhoff n'aura fait publier que quatre numéros après guerre[15] et la parution de Vogue ne reprendra régulièrement qu'à partir de 1947 ; il assiste d'ailleurs en février de cette année-là au premier défilé de Christian Dior[16]. Michel de Brunhoff le « mondain » est alors partout dans le Paris artistique : bals, avant-premières, vernissages, théâtre, défilés de haute couture, ballets[2]

Au début des années 1950, Charles Mathieu-Saint-Laurent organise depuis Oran une rencontre entre son fils Yves et Michel de Brunhoff : il entretient une correspondance et invite le jeune artiste à dessiner dans les bureaux Vogue[17]. Frappé par la ressemblance qu'il percevait entre les créations d'Yves Saint-Laurent et celles de Christian Dior, Brunhoff décide de présenter le tout jeune dessinateur, avec lequel il est en contact quotidien[12],[N 2], au grand couturier[N 3] alors en pleine gloire mondiale.

Il reste durant 25 ans comme rédacteur en chef du Vogue français[6] pour finalement être remplacé à ce poste par Edmonde Charles-Roux en 1954. Il meurt quatre ans plus tard à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Edmonde Charles-Roux explique que la parution de ce numéro spécial cherchant à retrouver l'aura du Vogue d'avant-guerre est un risque calculé, pris par Michel de Brunhoff en concertation entre Lucien Vogel : immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, la haute couture telle qu'elle est de nos jours n'existe pas[8]. De plus, de nombreuses maisons de couture ont fermé et Paris a perdu sa place de capitale de la mode.
  2. Michel de Brunhoff est alors intimement lié à plusieurs couturiers, tels que Vionnet, Schiaparelli, Piguet, Lelong[12].
  3. C'est également lui qui, en 1953, recommande Victoire auprès de Dior[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Veillon Dominique. Le jardin des modes (1922-1992). In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N° 39, juillet-septembre 1993. pp. 108-110.
  2. a, b, c et d Laurence Benaïm, Yves Saint Laurent : Biographie, Le Livre de poche, (1re éd. 1995), 928 p., poche (ISBN 978-2253137092), « Une éducation parisienne », p. 59 à 62
  3. William Parker 2010 : 1923 - 1934, p. 35
  4. Danielle Leenaerts, Petite Histoire Du Magazine Vu (1928-1940) : Entre Photographie D'information Et Photographie D'art, Peter Lang, mars 2010, 403 pages, p. 20 (ISBN 9789052015859)
  5. Myriam Bahuaud, Droits dérivés: Le cas Babar, Éditions L'Harmattan, 1999, 191 pages, p. 30 (ISBN 9782738473868)
  6. a et b Nathalie Herschdorfer (préf. Todd Brandow), Papier glacé : un siècle de photographie de mode chez Condé Nast [« Coming into fashion »], Paris, Thames & Hudson, , 296 p. (ISBN 978-2-87811-393-8, présentation en ligne), p. 15 et 70
  7. Sonia Rachline 2009 : Paris, p. 133
  8. a et b Sonia Rachline 2009 : Paris, p. 132
  9. William Parker 2010, p. 144
  10. William Parker 2010 : 1935 - 1946, p. 106
  11. De Holden Stone, Fashion Survives the Nazis dans Art and Industry, juillet 1945, p. 8 et 9, cité dans (en) Valérie Steele, Paris Fashion : A Cultural History, Berg, , 327 p. (ISBN 1 85973 973 3), chap. 13 (« From Hitler to Dior »)
  12. a, b et c Sonia Rachline 2009 : Hatts off!, p. 85
  13. William Parker 2010 : 1935 - 1946, p. 111
  14. William Parker 2010 : 1935 - 1946, p. 109
  15. William Parker 2010 : 1947 - 1983, p. 163
  16. (en) June Marsh, History of Fashion : New Look to Now, Vivays Publishing, , 304 p. (ISBN 978-1908126214), p. 10
  17. Sonia Rachline 2009 : The studio, theatre of fashion, p. 35
  18. Jean-Noël Liaut, Modèles et mannequins : 1945 - 1965, Paris, Filipacchi, , 220 p. (ISBN 9782850183416, notice BnF no FRBNF35660421, présentation en ligne), « Victoire », p. 186

Bibliographie des références[modifier | modifier le code]