Léon-Paul Fargue

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Léon-Paul Fargue
Description de cette image, également commentée ci-après
De gauche à droite : Léon-Paul Fargue, Maurice Ravel, Georges Auric et Paul Morand.
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 71 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture française
Mouvement Symbolisme
Genres

Léon-Paul Fargue, né le dans le 1er arrondissement de Paris, et il est mort le dans le 6e arrondissement de Paris[1], est un poète et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils naturel de Léon Fargue (1849-12 août 1909), un ingénieur issu de l'École centrale et de Marie Aussudre (1842-21 avril 1935)[2], une modeste couturière, Fargue ne fut reconnu par son père que très tardivement. Cette circonstance influa notablement sur son existence, et pourrait être à l'origine de sa mélancolie chronique et de sa sensibilité exacerbée.

Après des études secondaires brillantes au lycée Rollin, où il a des professeurs prestigieux, parmi lesquels Mallarmé, Émile Faguet et Valentin Parisot, il entre au même moment qu'Alfred Jarry en khâgne au lycée Henri-IV à la rentrée 1891-1892, où il suit les cours de Bergson. Il déçoit les attentes de sa famille, qui le voulait normalien, pour choisir l'oisiveté : sensible à la peinture et au piano, il est passionné par la poésie. Jarry et lui écrivent dans la revue L'Art littéraire en décembre 1893, revue dans laquelle Fargue publia également un avant-goût de son Tancrède ; c'est aussi là qu'il rencontra Fabien Launay et ses amis[3].

Il s'introduit rapidement dans les salons littéraires, notamment, grâce à Henri de Régnier, aux « mardis » de Mallarmé, où il rencontre l'élite intellectuelle et artistique du début du siècle, Paul Valéry, Marcel Schwob, Paul Claudel, Claude Debussy, André Gide. Il est membre de la Société des Apaches et se lie d'amitié avec Maurice Ravel, qui met plus tard en musique son poème Rêves (1929).

Il fonde en 1924, avec Larbaud et Valéry, la revue Commerce.

Après quelques poèmes publiés en 1894, il donne Tancrède en 1895 (incipit : « Il était plusieurs fois un jeune homme si beau que les femmes voulaient expressément qu'il écrivît. »), puis Poèmes en 1912 et Pour la musique en 1914.

De gauche à droite : Léon-Paul Fargue avec Maurice Ravel, Georges Auric et Paul Morand en 1927.
Plaque commémorative sur le dernier domicile parisien de Léon-Paul Fargue, au no 1 de la place qui porte désormais son nom.

Fargue s'exprime le plus souvent en vers libres, voire en prose, dans un langage plein de tendresse et de tristesse, sur des sujets simples, parfois cocasses (on l'a parfois comparé au photographe Robert Doisneau), plus rarement absolument onirique (voir Vulturne en 1928 cependant). Parisien amoureux de sa ville (D'après Paris, 1932 ; Le Piéton de Paris, 1939), il écrit aussi la solitude oppressante et noyée de nuit et d'alcool (Haute solitude, 1941). Il est également un chroniqueur de la société parisienne (Refuges, Déjeuners de soleil, 1942, ou encore La Lanterne magique 1944). Enfin, il créa de multiples contrepèteries, à l'instar de l'« archivaste paléogriffe »[4], du « diplotame » ou du « Jardin des gnolles » à « Batiplantes »[5].

Il est frappé d'hémiplégie en 1943, lors d’un déjeuner avec Pablo Picasso. Cloué par la paralysie au 1 boulevard du Montparnasse, au domicile de Chériane[6], sa femme peintre épousée en 1935, il garde cependant jusqu'à la fin une activité littéraire intense en ce lieu. Il y meurt le . Le carrefour au pied de l’immeuble porte, depuis un arrêté du , le nom de place Léon-Paul-Fargue.

Il était devenu membre de l'Académie Mallarmé en 1937. En revanche, il fut le 4 avril 1946, face à Jules Romains, un candidat malheureux à l'Académie française, au siège d'Abel Bonnard, radié pour collaboration notoire[7].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une chorodie[8] en l'honneur de Léon-Paul Fargue a été écrite par le poète Jean-Louis Vallas en 1938.

Une médaille à l'effigie de Léon-Paul Fargue a été réalisée par le graveur Raymond Corbin en 1947, quelques jours avant la mort du poète. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 1104).

Un portrait de Léon-Paul Fargue par Raymond Woog est conservé au Musée Carnavalet.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Tancrède (première publication en 1895 dans la revue Pan).
  • Poèmes (Premier cahier). Nancy, Royer, 1907.
  • Poëmes. Paris, NRF-Marcel Rivière & Cie, [1912].
  • Pour la musique. Paris, NRF, 1914.
  • Poëmes, suivis de Pour la musique. Paris, NRF, 1919.
  • Banalité. Paris, NRF, 1928.
Banalité. Paris, NRF, [1930], photographies de Roger Parry
  • Vulturne. Paris, NRF, 1928.
  • Suite familière. Paris, Émile-Paul, 1928.
Suite familière. Paris, NRF, 1929.
  • Sur un piano bord, NRF, 1928.
  • Épaisseurs. Paris, NRF, 1928.
  • Sous la lampe. Paris, NRF, 1929.
  • Espaces. Paris, NRF, 1929.
  • Ludions. Paris, J.-O. Fourcade, 1930.
  • D'après Paris, avec des gravures de Jean-Louis Boussingault, Paris, Librairie de France, 1931.
D'après Paris. Paris, NRF, 1932.
  • Haute solitude. Paris, Émile-Paul, 1941, rééd. Gallimard, coll. « L'imaginaire », 1982.
  • Trois poèmes, Paris, Textes Prétextes, 1942.
  • Pour la musique, Tancrède, suivi de Ludions, Paris, Gallimard, 1943,
  • Poésies, Paris, Gallimard, coll. « Soleil », 1963. Préface de Saint-John Perse.
  • Poésies, suivi de Pour la musique, Tancrède, Ludions, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 1967 (préface d'Henri Thomas).
  • Épaisseurs, suivi de Vulturne, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 1971 (préface de Jacques Borel).

Chroniques, essais[modifier | modifier le code]

  • Le Piéton de Paris, Paris, Gallimard, 1939, rééd. Gallimard, coll. « L'imaginaire » (suivi de D'après Paris), 1993.
  • Déjeuners de soleil, Gallimard, 1942, rééd. Gallimard, coll. « L'imaginaire », 2016.
  • Refuges, Paris, Émile-Paul, 1942, rééd. Gallimard, coll. « L'imaginaire », 1998.
  • Bagatelle sur la beauté, 1943
  • Lanterne magique. Marseille, Robert Laffont, 1944, rééd. Seghers, 2015.
  • Composite (avec André Beucler), Paris, O.C.I.A., 1944, rééd. Gallimard, 2013 (préface de Pierre Loubier).
  • De la mode, illustration de Chériane, Éditions Littéraires de France, 1945.
  • Méandres, Genève, Milieu du monde, 1946, rééd. Gallimard, coll. « L'imaginaire », 1999.
  • Poisons. Paris, Daragnès, 1946, rééd. Le Temps qu'il fait, 1992.
  • Portraits de famille. Paris, Janin, 1947, rééd. Fata Morgana, 1987.
  • Cirque, texte pour la suite de vingt-cinq gravures originales de Gabriel Zendel, éditée aux dépens de Gabriel Zendel, 1947.
  • Hernando de Bengoechea ou l'âme d'un poète. Paris, Amiot-Dumont, 1948.
  • Les grandes heures du Louvre, Paris, Les deux Sirènes, 1948.
  • Etc…., Genève, Milieu du monde, 1949, rééd. Gallimard, 1999.
  • Maurice Ravel, Paris, Domat, 1949, rééd. Fata Morgana, 2008.
  • Les XX arrondissements de Paris, Lausanne, Vineta, 1951, rééd. Fata Morgana, 2011.
  • Dîners de lune, Gallimard, 1952, rééd. Gallimard, coll. « L'imaginaire », 1997.
  • Pour la peinture, Gallimard, 1955.
  • Vivre ensemble, Le Temps qu'il fait, 1992.
  • Première vie de Tancrède, Fata Morgana, 2001.
  • Marie Pamelart ou La rue Lepic, Fata Morgana, 2003.
  • Charme de Paris, Fata Morgana, 2003.
  • Un désordre familier, Fata Morgana, 2003.
  • Fantôme de Rilke, Fata Morgana, 2007.
  • Merveilles de Paris, Fata Morgana, 2009.
  • Autre piéton : Rêveries d'une mémoire solitaire, Fata Morgana, 2010.
  • Passants considérables, Fata Morgana, 2012.
  • Paris contrastes, Fata Morgana, 2014.
  • Boussoles particulières, Fata Morgana, 2014.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Valery Larbaud et Léon-Paul Fargue, Correspondance 1910-1946 (éd. Th. Alajouanine), Gallimard, 1971.
  • André Beucler et Léon-Paul Fargue, Correspondance 1927-1945 (éd. Bruno Curatolo), Presses universitaires de Paris Ouest, 2014.

Archives[modifier | modifier le code]

De nombreux documents manuscrits concernant Léon-Paul Fargue sont conservés au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique dans un fonds qui porte son nom et regroupés sous la cote KBR Ms. FS XXXVI. Le fonds est constitué notamment de lettres de ses parents, de correspondance entre autres lors de son service militaire, de manuscrits d'œuvres de l'auteur, de cartes postales et de photographies diverses ainsi qu'une correspondance avec Alfred Jarry et André Breton.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 1/319/1876, acte du 4 mars 1876 précisant né la veille ; avec mention marginale du décès.
  2. KBR Ms. XXXVI/59
  3. « Chez Le Barc de Boutteville » par Léon-Paul Fargue, in L'Art littéraire, 13, décembre 1893 — sur Gallica.
  4. Laurent Ferri, « Le chartiste dans la fiction littéraire (XIXe et XXe siècles) : une figure ambiguë », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 159, no 2,‎ , p. 622 (lire en ligne).
  5. Marta Giné et Àngels Santa (dir.), Surrealismo y literatura en Europa, Lleida, Edicions de la Universitat de Lleida, , 202 p. (ISBN 84-8409-128-7), p. 118.
  6. Née Chérie-Anne Charles en 1900 et morte en 1990.
  7. « APRÈS LES NOUVELLES ÉLECTIONS, la Compagnie compte 35 membres », sur lemonde.fr, .
  8. Chorodie, tout chant exécuté en chœur.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Hommage à Léon-Paul Fargue », Les Feuilles libres, no 45-46, juin 1927.
  • André Beucler, Dimanche avec Léon-Paul Fargue, Paris, Le Point du Jour, 1947 ; rééd. Le Temps qu'il fait, 1998.
  • Claudine Chonez, Léon-Paul Fargue, Paris, Seghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui », 1950.
  • André Beucler, Vingt ans avec Léon-Paul Fargue, Genève, Milieu du monde, 1952.
  • Jean-Claude Walter, Léon-Paul Fargue ou l'homme en proie à la ville, Paris, Gallimard, 1973.
  • Henri Thomas, À la rencontre de Léon-Paul Fargue, Montpellier, Fata Morgana, 1992.
  • Jérôme Prieur, Léon-Paul Fargue, Souvenirs d'un fantôme, film documentaire pour la série "Un siècle d'écrivains", INA, 1996
  • Jean-Paul Goujon, Léon-Paul Fargue, poète et piéton de Paris, Gallimard, « Biographies », 1997.
  • Barbara Pascarel, Léon-Paul Fargue, Paris/Rome, Memini, « Bibliographie des écrivains français », 2000.
  • Léon-Paul Fargue poète et chroniqueur (dir. Pierre Loubier et Barbara Pascarel), RITM, hors série, Université Paris X-Nanterre, 2001.
  • Fargue… variations, textes réunis par Pierre Loubier, Revue des Sciences Humaines, no 274, 2/2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]