Titaÿna

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Titaÿna
Titayna-Sauvy.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
Nom de naissance
Élisabeth SauvyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
Œuvres réputées
Une femme chez les chasseurs de têtes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Titaÿna, de son vrai nom Élisabeth Sauvy, née le au Mas Richemont à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales) et morte le , est une journaliste et grand reporter française. Elle est la sœur aînée d'Alfred Sauvy.

Élisabeth Sauvy est l’une des rares femmes françaises qui accède au statut de grand reporter dans les années folles. À la recherche de sensations fortes et d’exotisme, elle parcourt le monde, de 1925 à 1939, et rapporte de ses voyages des textes insolites[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire du Roussillon, ce seraient les légendes catalanes qui lui auraient inspiré son surnom de Titaÿna[2]. Elle est la sœur du sociologue français Alfred Sauvy. Féministe de la première heure, rebelle et mondaine, elle porte les cheveux courts à la garçonne et se fait le porte-voix de toutes celles qui réclament le respect et la liberté. Journaliste et grand reporter à Vu, Voilà, L’Intransigeant ou encore Paris-Soir, elle écrit l'histoire du monde et interview Mustafa Kemal, Mussolini, Hitler ou Romanetti, le chef des maquis corses. Elle fait aussi équipe avec Édouard Helsey[2], est admirée par de grands noms du journalisme comme Pierre Mac Orlan ou Henri Béraud[3], à tel point que dans sa biographie, Benoît Heimermann la surnomme la "Reine du Tout-Paris"[4]. Passionnée d'aviation, elle est elle-même pilote d'avion. Malgré sa vie frénétique faite de voyages en avion et d'aventures, elle est également romancière à succès, réalisatrice de films documentaires[5]. Ses récits de grands reportages et d'aventures sont souvent comparés à ceux d’Albert Londres, Joseph Kessel et Blaise Cendrars. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages de voyages et d'exploration et fut de décembre 1928 à octobre 1929 directrice du magazine Jazz, dont Carlo Rim était alors le rédacteur en chef.

Elle quitte Paris en 1941 pour la Côte d’Azur où elle commence à traduire "La Terre du voleur" que son ami éditeur Pierre Trémois lui a confié. Elle se prend d’intérêt pour ce texte et s’y consacre tout entière, au point de l’envoyer à Jean Giono afin de solliciter une préface que l’auteur accepte d’écrire et dans laquelle il salue la qualité littéraire et poétique de la traduction. « Je ne connais pas le langage original de l’œuvre. Celui que Titaÿna a employé pour le traduire est riche, vif, simple et exactement adapté au sujet (…) Je ne sais si toute la poésie reste. Je sais que la poésie y est. »[6]

Compromise sous l'Occupation et mise en accusation à la Libération, Titaÿna n'est néanmoins jamais condamnée faute d'accusations solides[3]. Elle se retire volontairement à San Francisco après la mort de son mari fin décembre 1946[7]. Elle y séjournera jusqu’à la fin de ses jours. Elle y rencontre Giovanni Scopazzi, homme de lettres d’origine italienne arrivé aux États-Unis au début des années 1920. Il travaille dans la librairie la plus prestigieuse de la ville située sur Unions Square. Ils vivent ensemble jusqu’au décès de Titaÿna le 13 octobre 1966.

Sa biographie a été écrite par Benoît Heimermann en 1997 et rééditée en 2011 chez Arthaud[8]. Une de ses œuvres principales, "Une femme chez les chasseurs de têtes" est rééditée en 2016 (éditions Marchialy), accompagnée d'un inédit, "Mes mémoires de reporter", le récit autobiographique de sa vie d'aventurière paru initialement sous forme de feuilleton dans le magazine Vu entre décembre 1937 et janvier 1938[9].

Publications[modifier | modifier le code]

En tant qu'auteur[modifier | modifier le code]

  • Simplement, Paris, Ernest Flammarion, 1923.
  • La bête cabrée, Paris, Aux Éditeurs associés - Les Éditions du Monde moderne, collection "le roman nouveau", 1925 (préface par Pierre Mac-Orlan).
  • Mon tour du monde, Paris, Louis Querelle, 1928.
  • Voyage autour de ma maîtresse, Paris, Ernest Flammarion, 1928.
  • Voyage autour de mon amant, Paris, Ernest Flammarion, 1928.
  • Bonjour la Terre, Paris, Louis Querelle, 1929.
  • Loin, Paris, Ernest Flammarion, s.d. [1929].
  • La Caravane des morts, Paris, Éditions des Portiques, 1930.
  • Chez les mangeurs d'homme (Nouvelles-Hébrides), Paris, Éditions Duchartre, collection "Images", 1931 (photographies par A.-P. Antoine et R. Lugeon).
  • La Japonaise, Paris, Nouvelle société d'édition, collection "Elles" No 5, 1931.
  • Nuits chaudes, Paris, Gallimard, collection "Succès", 1932.
  • Une femme chez les chasseurs de têtes (Bornéo et Célèbes), Paris, Éditions de la nouvelle revue critique, collection "La Vie d'Aujourd'hui", 1934.
  • Les ratés de l'aventure, Paris, Éditions de France, 1938.
  • Une femme chez les chasseurs de têtes et autres reportages, Paris, Union Générale d’Éditions - 10/18, collection "Grands Reporters" No 1735, 1985 (préface par Francis Lacassin), (ISBN 978-2081254251).
  • Une femme chez les chasseurs de têtes, suivi de Mes mémoires de reporter (inédit), Paris, Éditions Marchialy, 2016 (ISBN 979-10-95582-02-1)

En tant que traductrice[modifier | modifier le code]

  • Ombres d’hommes de Jim Tully (anglais), 1931, Paris, Louis Querelle, collection de la revue "Jazz"
  • La Terre du voleur de U. H. Tammsaare (allemand), 1944. Préface Jean Giono.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Devenir Titaÿna. Une journaliste à la croisée des chemins. », sur Presses universitaires de Paris Ouest,
  2. a et b « GROS PLAN SUR Titaÿna, l'aventurière | Historia », sur www.historia.fr (consulté le 16 avril 2016)
  3. a et b « Titaÿna l’intrépide - Le Matricule des Anges », sur dev.lmda.net (consulté le 16 avril 2016)
  4. Benoît Heimermann, Titaÿna. L'aventurière des Années folles., Paris, Arthaud,
  5. « Jeudi 22 novembre 2012 / Thursday 22th November 2012 | Comité du Film Ethnographique - Festival Jean Rouch », sur Comité du Film Ethnographique - Festival Jean Rouch (consulté le 16 avril 2016)
  6. Jean Giono, préface de La Terre du voleur de U. H. Tammsaare, éditions Pierre Trémois,
  7. Benoît Heimermann, Titaÿna. L'aventurière des Années folles, Paris, Arthaud, , 364 p.
  8. Benoît Heimermann, Titaÿna, l'aventurière des années folles, Flammarion, coll. « L'esprit voyage », (ISBN 978-2081254251)
  9. « Titaÿna, "Une femme chez les chasseurs de têtes" (Marchialy) », sur Éditions Marchialy (consulté le 16 avril 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]