Cantique de Syméon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le cantique de Syméon également appelé Nunc dimittis – selon ses premier mots (en latin) – est une courte prière d'action de grâce prononcée par le vieillard Syméon recevant dans ses bras l'enfant Jésus lorsque celui-ci fut présenté au Temple de Jérusalem. L'homme « juste et pieux » constate que la promesse de Dieu est accomplie et il accueille la mort dans la joie. La scène et sa prière se trouvent dans l'Évangile selon Luc (Lc 2:25-32).

Ce cantique a une place importante dans la liturgie des Heures. Il est chanté quotidiennement lors des Complies, le dernier office de la journée, à la tombée de la nuit. À l'origine, celui-ci était réservé à la Purification de la bienheureuse Vierge Marie, 2 février, d'après ce texte biblique.

Texte de Nunc dimittis (à droite) dans Les Très Riches Heures du duc de Berry, folio 63r (XVe siècle). Vierge Marie, Enfant Jésus et Syméon dans le temple, par enlumineur Jean Colombe († 1493)[1].

Texte biblique[modifier | modifier le code]

vitrail I : omnium populorum
vitrail II : Lumen ad revelationem
vitrail III : gentium et gloriam plebis
vitrail IV : tuæ ISRAEL. (cathédrale de Dunblane).

La prière vient du passage de l'Évangile selon Luc II, 29-32 [102][2], dans lequel le vieillard Syméon reconnaît le Messie en l'Enfant Jésus, lorsque la Vierge Marie et Saint Joseph le présentent au Temple.

latin français

Nunc dimittis servum tuum, Domine,
secundum verbum tuum in pace,
Quia viderunt oculi mei salutare tuum,
Quod parasti ante faciem omnium populorum,
Lumen ad revelationem gentium
et gloriam plebis tuæ Israel[3].

Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur
s'en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut,
salut que tu as préparé devant tous les peuples,
lumière pour éclairer les nations,
et gloire d'Israël, ton peuple[2].

Le texte en grec correspondant est :
Nῦν ἀπολύεις τὸν δοῦλόν σου, δέσποτα, κατὰ τὸ ῥῆμά σου ἐν εἰρήνῃ, ὅτι εἶδον οἱ ὀφθαλμοί μου τὸ σωτήριόν σου, ὃ ἡτοίμασας κατὰ πρόσωπον πάντων τῶν λαῶν, φῶς εἰς ἀποκάλυψιν ἐθνῶν καὶ δόξαν λαοῦ σου Ἰσραήλ.

En faveur de la fête de la Présentation de Jésus au Temple, célébrée le 2 février, on chante en alternance, entre l’antienne et le verset. Cette façon adapte à la procession avec les cierges, laquelle a besoin d'une durée longue et indéterminée.

antienne (en refrain)
Lumen ad revelationem gentium
et gloriam plebis tuæ Israel.
cantique (versets I, II et III) Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace. > répons

Quia viderunt oculi mei salutare tuum. > répons

Quod parasti ante faciem omnium populorum. > répons pour continuer ou doxologie
doxologie (à la fin)
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in sæcula sæculorum. Amen.

Source : Festa della Presentazione del Signore, Santa messa celebrata dal Santo Padre Francesco, à la basilique Saint-Pierre le 2 février 2014, libretto p. 8 [lire en ligne]. Voir aussi le Rituel ou Cérémonial des Religieuses de Sainte Claire du monastère de Salins (1700)[4]

Pour l'origine de cette procession au Saint-Siège, voir Au Moyen Âge.

Partition grégorienne[modifier | modifier le code]

Corpus antiphonalium officii[modifier | modifier le code]

Ce chant se trouve dans le fonds ancien du chant grégorien authentique, tant comme antienne que comme répons. D'où, Dom René-Jean Hesbert qualifiait, dans son Corpus antiphonalium officii, ces variantes en tant que mélodies authentiques :

  • antienne : CAO 3975[6]
  • répons : CAO 7247 et 7248[6],[7]
  • antienne Lumen ad revelationem : CAO 3645[8]

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Chant vieux-romain[modifier | modifier le code]

Cantique biblique, il est vraisemblable que l'usage liturgique de Nunc dimittis est très ancien. En effet, celui-ci se trouve dans l'un des manuscrits du chant vieux-romain, dit graduel de Sainte-Cécile du Transtévère (folio 30r) [107]. Le manuscrit fut certes copié à Rome en 1071. Toutefois, ce chant pontifical, qui était chanté à la chapelle du pape, était transmis par oral jusqu'à ce que les moines carolingiens inventent les neumes dans l'optique de noter la mélodie. Encore fallait-il attendre la notation en quatre lignes de Dom Guido d'Arezzo († vers 1033). D'où, les chercheurs considèrent que le vieux-romain est plus ancien que le chant grégorien, lequel avait été composé à partir du VIIIe siècle. Par la rubrique, l'usage était précisé : répons, avant l'offertoire, dans la messe de la Purification de Sainte Marie, le 2 février. Le cantique se gardait dans un autre manuscrit du XIIe siècle, archives de Saint-Pierre B79 Antiphonale officii : folios 61v (verset de répons) et 62r (répons) [108] ; folios 62v (antienne Lumen ad revelationem et antienne Nunc dimittis) [109]. Or, il n'y avait aucun chant de procession pour la fête de la Purification[9]. En bref, l'usage du cantique Nunc dimittis avait été établi très tôt à Rome pour la messe de cette fête. Par ailleurs, à la différence du chant grégorien, qui avait été composé tardivement dans le royaume carolingien, le chant vieux-romain se caractérise de sa similitude avec le chant byzantin[10],[11]. En ce qui concerne le Nunc dimittis, encore faut-il examiner en détail ses mélodies d'après les manuscrits.

Chant grégorien[modifier | modifier le code]

Ce cantique, en tant que chant grégorien, se trouve dans la plupart des manuscrits les plus anciens du fonds grégorien. La mélodie qui reste en usage est issue de celle du manuscrit de l'antiphonaire de Hartker, folio (page) 120. Dans ce manuscrit, qui fut copié entre 990 et 1000, l'antienne Nunc dimittis et celle de Lumen ad revelationem sont indépendants mais successives [manuscrit en ligne]. Déterminé le meilleur manuscrit de l'antienne grégorienne par l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes[12], on peut considérer que le copiste de l'abbaye de Saint-Gall transcrivit correctement le chant qui était transmis par oral.

Texte important, fête solennelle, il reste de nombreux manuscrits anciens dans les archives. La plupart de ces livres indiquent que le cantique était, à l'origine, réservé à la Purification de la bienheureuse Vierge Marie (Purificatio Mariæ). Mais l'heure de l'usage n'était pas fixée, soit aux matines, soit aux laudes, soit aux complies. Leur fonction non plus, c'était normalement une antienne, mais tantôt un répons, tantôt une cantillation[13]. Donc, il s'agissait d'un cantique dans la tradition monastique, avant que la pratique ne soit intégrée dans le rite romain. Il faut remarquer qu'il existe, parmi les manuscrits, une bonne uniformité tant du texte que de la mélodie[14]. Cela indique qu'avant l'invention de notation musicale grégorienne, le chant originel, assez ancien, était déjà composé et transmis par oral. Cette caractéristique n'existe pas dans les compositions tardives, par exemple, les hymnes de Thomas d'Aquin, qui connaissent assez nombreuses variantes.

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dans les monastères[modifier | modifier le code]

L'usage du cantique Nunc dimittis était, au Moyen Âge, bien établi, quel que soit le jour de célébration. Dans les monastères, on l'utilisait non seulement pour l'office des complies du dimanche (office séculier du dimanche) mais aussi celui de semaine (office séculier férial), à la fin et avant l'oraison de conclusion[15].

Le Nunc dimittis s'accompagnait et s'accompagne toujours d'une antienne. Durant le Carême, il s'agit traditionnellement de la Media vita in morte sumus, qui fit pleurer, lors d'un office des complies, saint Thomas d'Aquin. Les études récentes de Dom Jean Claire identifièrent que l'origine de celle-ci était le Trisagion, pratiqué en Gaule jusqu'au VIIIe siècle. Étant donné que l'évangélisation de la Gaule avait été effectuée par des prêtres grecs tel Irénée de Lyon, il est assez vraisemblable que l'antienne était issue du rite byzantin (voir ci-dessous).

La Sub tuum præsidium était son antienne pour l'office des complies en faveur de la fête de la Sainte Vierge[16].

Procession à la chapelle du Vatican[modifier | modifier le code]

Contrairement à la pratique selon le chant vieux-romain qui manquait de procession, un manuscrit duquel l'auteur reste inconnu exprime que, vers 1510 où celui-ci fut copié, à savoir à la fin du Moyen Âge, la procession pour la fête de la Présentation de Jésus au Temple était tenue, à la chapelle du Vatican, avec Lumen ad revelationem et Nunc dimittis à 4 et à 3 voix (bibliothèque apostolique vaticane, manuscrit Cappella Sistina 46, folios 59v - 64r)[17] [extrait de partition][manuscrit en ligne]. Le chant se composait, d'une part, de la polyphonie (Lumen ad revelationem etc.), et d'autre part, de la mélodie grégorienne (Nunc dimittimus etc.) à l'unisson [110]. Cette procession portant les cierges se garde jusqu'aujourd'hui à ce 2 février. Le manuscrit indique que le chant se commençait lors de la bénédiction et de la distribution des cierges, ce que confirment les missels romains qui furent publiés dans ce siècle (voir ci-dessous). Avec le Nunc dimittis[18], cette liturgie était tout à fait intégrée dans le rite romain tandis que ce manuscrit est un précieux témoin que le chant en alternance pour la procession était pratiqué au Saint-Siège à cette date-là, sans doute présidée par le pape[17]. D'ailleurs, cette musique serait une tradition importée. La composition semblable se trouve dans d'autres manuscrits plus anciens, du XVe siècle, par exemple celui d'Aoste AO-15[19] (vers 1435). De surcroît, à cette époque-là, des œuvres de Guillaume Dufay († 1474) furent adoptées, elles aussi, à la chapelle pontificale[17]. En bref, il s'agit d'une liturgie établie avant le concile de Trente.

Livres anciens en ligne[modifier | modifier le code]

Ces livres sont des témoins dans lesquels on trouve les usages établis et variés du cantique Nunc dimittis d'après le rite romain :

Et au XIXe siècle, aux paroisses et aux monastères :

  • Le culte de Marie, origines, explications, beautés, par [Jean-Baptiste] Gergerès, Ouvrage approuvé par Mgr l'Archevêque de Bordeaux, deuxième édition, Ambroise Bray, Paris 1857
    - messe de la Purification / trait avant l'Évangile selon saint Luc [117]
    - office de la Très-Sainte Vierge / complies [118] avec antienne Sub tuum præsidium
    - à complies [119]
  • Office de la Très-Sainte Vierge selon le rite dominicain suivi de saint Dominique des messes et vêpres de S. Dominique , S. Thomas d'Aquin et sainte Catherine de Sienne et des mémoires des saints et des bienheureux de l'ordre des frères prêcheurs, Librairie Poussielgue Frères, Paris 1874
    - office de la Sainte Vierge / complies [120] avec antienne Sub tuum præfidium
    - fête de notre bienheureux Père saint Dominique (4 août) / complies [121] avec antienne O lumen Ecclesiæ

Il est à noter que, la liturgie des Heures, dans la tradition catholique, était très bien structurée avec des cantiques bibliques du Nouveau Testament, ce qui est fidèle au sondergut lucanien[22].

  1. Benedictus : sommet de l'office des laudes
  2. Magnificat : sommet de l'office des vêpres
  3. Nunc dimittis : sommet de l'office des complies

Issues de la célébration eucharistique au soir dans les premiers siècles de la chrétienté, les laudes et les vêpres sont les offices les plus importants dans cette liturgie (et qui annoncent le début et la fin de travail de journée). Les complies, quant à eux, sont la dernière célébration de la journée[23].

Réforme protestante et Contre-Réforme[modifier | modifier le code]

Certes, la réforme protestante provoqua une différence considérable de la liturgie chrétienne. Or, en ce qui concerne le cantique Nunc dimittis, il reste peu de changement. Étant donné qu'il s'agit d'un texte biblique important dans le Nouveau Testament, ni le protestantisme ni l'anglicanisme n'en supprima. Donc, Martin Luther n'hésita pas à en traduire, comme Mit Fried und Freud ich fahr dahin. Les Anglicans, quant à eux, en gardent avec grand respect jusqu'ici pour leur office. Au Royaume-Uni, un immense répertoire fut de nombreux compositeurs britanniques. L'Église catholique aussi continue à en chanter dans la liturgie des Heures.

Composition musicale à partir de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Il faut remarquer qu'à la Renaissance, le cantique Nunc dimittis comptait un grand nombre de compositions. D'une part, il s'agissait des motets, composés par de grands compositeurs catholiques dans le cadre de la Contre-Réforme, tels Cristobal de Morales, Giovanni Pierluigi da Palestrina, Roland de Lassus. Ce dernier multiplia ses compositions en faveur des complies dans ses dernières années. D'autre part, de nombreux musiciens et organistes britanniques composèrent, eux aussi, leur cantique pour la fin des offices anglicans. Thomas Tallis et William Byrd, qui restaient toujours catholiques, les écrivirent dans tous les deux domaines, grâce à une politique tolérante de la reine Élisabeth Ire.

Après la Renaissance, la composition musicale restait modeste, durant toutes les époques de la musique baroque et de la musique classique. On compte peu de musiciens distingués parmi ses compositeurs. Il s'agirait des compositions moins liturgiques, car Giovanni Paolo Colonna, Henry Purcell et Gustav Holst, par exemple, composèrent leurs œuvres à 8 voix. Chose symbolique, Charles Gounod qui était en exil à Londres composa son œuvre en 1873, à la suite de la violence provoquée à Paris. Il inaugura son Nunc dimmitis avec son Magnificat, le 9 novembre à la cathédrale Saint-Paul de Londres de laquelle il appréciait le chœur, exactement au moment de l'office de soir anglican (The Evening Service)[24]. Plus tard, après la Deuxième guerre mondiale, Benjamin Britten écrit une cantate particulière, Saint Nicolas, qui paraphrasait la mélodie grégorienne et le texte en anglais. Dans cette cantate, saint Nicolas le chante dans la paix, à la fin de sa vie, tout comme Syméon dans l'Évangile.

Usage actuel[modifier | modifier le code]

NVNC DIMITTIS SERVVUM TVVM DOMINE, vitrail de la cathédrale Saint-Front de Périgueux, réalisé par Alfred Gérente.

Catholicisme et anglicanisme[modifier | modifier le code]

Changements et tendance depuis le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans les traditions du catholicisme et de l'anglicanisme, qui conservent toujours les célébrations d'office liturgique, ce cantique de Syméon se garde pour l'office à la fin de journée. Sa pratique reste importante.

À peine élu pape en 1903, Pie X commença sa réforme liturgique, jamais connue dans l'histoire de l'Église catholique. Aussi ce cantique était-il désormais chanté toujours en latin et en grégorien, avec l'obligation. Cela explique que, manque d'usage, la composition par les musiciens contemporaines devint moins répandu. À la suite de la réforme selon le concile Vatican II, c'est la version en langue vulgaire qui est souvent en usage, tel le texte français Maintenant, Seigneur... .

Tendance récente, c'est quelques œuvres contemporaines, composées depuis les années 2000, qui indiquent la popularité actuelle de ce cantique, quelle que soit la confession. Le texte touche non seulement des compositeurs âgés mais aussi des jeunes musiciens. Paul Smith, fondateur du groupe Voces8, expliquait dans la préface de sa partition, qui fut sortie en 2019 : « Since my childhood, I've been singing this beautiful text in evensong services[25]. For me, it is often the most magical moment of the service. It is a text which connect deeply with me, and speak of a quiet sense of hope and peace[26]. » (Depuis mon enfance, je chantais, lors des offices de soirée (pareilles aux vêpres et complies), ce beau texte. Pour moi, il s'agit du moment le plus fantastique de l'office. C'est un texte qui m'attache profondément et qui raconte exactement le sens tranquille de l'espérance et de la paix.)

Liturgie[modifier | modifier le code]

L'utilisation de ce cantique reste dans la liturgie catholique. Étant donné d'un texte biblique directe, le Nunc dimittis est toujours en usage, lors des complies de la liturgie des Heures, tant en latin qu'en langue vulgaire après le concile Vatican II. Tout comme les deux autres cantiques tirés de la bible, le Benedictus et le Magnificat, il se place sur le sommet de l'office de complies. Bien entendu, le cantique biblique demeure supérieure, dans la liturgie, à ceux que les auteurs contemporaines composèrent ou paraphrasèrent tardivement.

Dans le calendrier, c'est le 2 février, à la fête de la Présentation de Jésus au Temple, que l'on chante solennellement le Nunc dimittis, au moment de la procession portant les cierges[2],[27]. Cet emploi est directement issu du texte de l'Évangile selon saint Luc[28].

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Avec le cantique de Marie (ou Magnificat) et le cantique de Zacharie, le cantique de Siméon[2] fait partie des trois cantiques du Nouveau Testament (tous tirés de l'évangile de Luc) qui ont été assimilés à des psaumes du Nouveau Testament et intégrés au liturgies du jour. Étant biblique, il est naturellement conservé par les églises protestantes, où il est surtout utilisé pour les enterrements, la sainte cène, le culte du soir et, plus rarement, pour faire mémoire de la circoncision de Jésus (1er janvier)[29].

Luthéranisme[modifier | modifier le code]

Le choral luthérien Mit Fried und Freud ich fahr dahin ("Je pars dans la paix et la joie") est la traduction par Martin Luther du Nunc dimittis. L'hymne était dédié à la fête de la Purification, le , qui a été conservé comme une fête religieuse par les luthériens. Il est aussi devenu un des hymnes les plus importants pour les fêtes des morts (Sterbelied) et pour les funérailles.

Églises réformées[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un psaume, le psautier de Genève contient une version du cantique biblique de Siméon versifiée par Clément Marot en 1543 et révisée par Valentin Conrart en 1677, la mélodie étant due à Loys Bourgeois[29],[30].

Dans le rite byzantin[modifier | modifier le code]

Le texte du cantique est utilisé à deux reprises dans l'ensemble des offices liturgiques byzantins :

  • aux vêpres, après les apostiches et avant les prières du Trisagion ; suivi peu après de la fin de l'office, ce chant est littéralement le congé pris par les fidèles à la fin du jour liturgique.
  • dans le rite de présentation de l'enfant dans l'église (aussi appelé Hypapante[31]) peu après le baptême (généralement le lendemain, ou juste après, si le baptême est célébré au cours d'une liturgie), une fois que le prêtre est revenu à la soléa avec l'enfant dans les bras ; en reprenant le rite du temple et les paroles du prophète Syméon, le rite manifeste l'identité du nouveau baptisé avec le Christ.

Parmi les trois cantiques néotestamentaires, le cantique de Syméon est le seul qui n'est pas lu à la neuvième ode des matines.

Après avoir converti en confession orthodoxe en 1978, John Tavener composa son Magnificat et Nunc dimittis en 1986 en adoptant la liturgie byzantine[32].

Œuvres musicales[modifier | modifier le code]

Musique de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Musique baroque[modifier | modifier le code]

Musique romantique[modifier | modifier le code]

Musique moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Extrait Lumen ad revelationem[modifier | modifier le code]

  • Roland de Lassus (1532 - † 1594) : antienne à 4 voix, comme Antiphona in die Purificationis S. Mariæ dum accendentur candelæ[99]
  • François Giroust (1737 - † 1799) : motet à 4 voix accompagné de basse continue[100]

Paraphrase[modifier | modifier le code]

  • Benjamin Britten (1913 - † 1976) : cantate Saint Nicolas, op. 42 (1948) ; la mélodie grégorienne et l'extrait de texte sont utilisés dans le dernier et 9e mouvement The Death of Nicolas[101].

Attribution incertaine[modifier | modifier le code]

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Théophile Mandar (1759 - † 1823) : Nouveau " Nunc dimittis ", ou Cantique d'un vieillard, à l'occasion de l'heureuse naissance de Son Alt.se Royale Monseigneur Le Duc de Bordeaux, à Paris, Le 29 septembre 1820, L'imprimerie de Leblanc, Paris 1820 [lire en ligne]
    - œuvre consacrée à la naissance d'Henri d'Artois (1820 - † 1883)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vitrail de l'église Sainte-Marie de Brettenham (Norfolk).

Notices[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

Liste de manuscrits anciens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site Bridgeman Images [1]
  2. a b c et d Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie [2] [3]
  3. Liturgie latine : mélodies grégoriennes, p. 129, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Solesmes 2005
  4. Rituel ou Cérémonial des religieuses de Sainte Claire du monastère de Salins, p. 100 - 101, 1700 [4]
  5. Emma Hornby, Gregorian and Old Roman Eighth-mode Tract, p. 227, 2019 (en)[5]
  6. a et b Académie de chant grégorien (Belgique) [6]
  7. Académie de chant grégorien [7]
  8. Université de Ratisbonne [8]
  9. À vrai dire, l'origine de la procession n'était pas le rite papal à Rome. Il s'agissait d'une nouvelle tradition dans le royaume carolingien au Xe siècle ou avant ; voir le compte-rendu Les manuscrits du processional, 2002 [9] ; ainsi que Pascal Collomb, Le Ci nous dit : un commentaire de la liturgie médiévale ?, note n° 12, pour les ciereges, Presses universitaires de Rennes [10]
  10. Richard Hoppin, La musique au Moyen Âge, p. 65, 1991 [11]
  11. Marcel Pérès, Chants de l'Église de Rome, période byzantine, brochure de Harmonia Mundi [12]
  12. Daniel Saulnier, Un nouvel antiphonaire monastique, 2005 [htts://palmus.free.fr/Article.pdf]
  13. Université de Waterloo [13]
  14. Université de Ratisbonne [14]
  15. Institut de recherche et d'histoire des textes, L'office des heures [15]
  16. Dom Joseph Pothier, Revue du chant grégorien, II-1, 1893, p. 3 - 4 [16]
  17. a b et c Richard Cherr (éd.) et Jeffrey Dean, Papal Music and Musicians in Late Medieval and Renaissance Rome, p. 146 - 149, Oxford University Press 1998 (en)[17]
  18. Selon Stephanie Budwey (2014), la bénédiction des cierges avec Nunc dimittis date vers Xe siècle : Sing of Mary, p. 19 (en)[18]
  19. Université d'Oxford [19]
  20. Notice d'une autre version 1512 [20]
  21. p. 131 - 133 : Avent Veni Domine ; vigile de Noël Impleti sunt dies Mariæ ; Noël Alleluia, Verum caro factum est ; vigile d'Épiphanie Alleluia, Omnes de Saba venient ; octave d'Épiphanie Salva nos Domine ; dimanches avant le Carême O Rex gloriose ; pendant le Carême sauf quelques exceptions Media vita in morte sumus ; dès le dimanche de Passion jusqu'au Jeudi Saint Vigilate et orate ; jusqu'à l'Ascension Alleluia, Resurrexit Dominus ; dès la vigile de l'Ascension jusqu'à la vigile de Pentecôte Alleluia, Ascendens Christus ; de Pentecôte à la Trinité Alleluia, Spiritus Paraclitus ; Fête-Dieu Alleluia, Panis quem ego ; Purification de Sainte Vierge Ecce completa sunt ; Annonciation Ecce ancilla Domini ; fêtes solennelles de la Vierge Marie après le Carême Sub tuum præfidium ; Sainte Croix Alleluia, Hoc fignum Crucis ; Transfiguration Alleluia, Hic est Filius
  22. Site Liturgie catholique [21]
  23. Richard Hoppin, La musique au Moyen Âge, p. 115 - 116, 1991 [22]
  24. a et b Gérard Condé, Charles Gounod, p. 131, 2009 [23]
  25. Paul Smith fut enfant de chœur de l'Abbaye de Westminster.
  26. a et b Édition Peters [24]
  27. Site Corpus Christi Watershed (la)(en)[25]
  28. Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie [26]
  29. a et b « OUI, MAINTENANT, SEIGNEUR (Nunc dimittis - Cantique de Siméon - Luc 2/29-32), texte révisé par Yves Kéler », sur http://www.chants-protestants.com (consulté le )
  30. « LE CANTIQUE DE SIMÉON : Laisse-moi désormais (1729) », sur http://psautierdegeneve.blogspot.com (consulté le )
  31. Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie [27]
  32. a et b Melvin Unger, Historicla Dictionary of Choral Music, p. 433, 2010 (en)[28]
  33. Université d'Oxford [29]
  34. Université d'Oxford [30]
  35. Université d'Oxford [31]
  36. Notice Bnf [32]
  37. a b et c Harold Gleason et le reste, Music in the Middle Ages and the Renaissance, p. 183, 2-a, b et c, 1981 (en)[33]
  38. Université d'Oxford [34]
  39. Fédération musique et chant, Le Psautier Français, p. 352, 1995 [35]
  40. Notice Bnf [36]
  41. Université d'Oxford [37]
  42. Université d'Oxford [38]
  43. Université d'Oxford [39]
  44. Notice Bnf [40]
  45. Notice Bnf [41]
  46. Université d'Oxford [42]
  47. Université d'Oxford [43]
  48. Université d'Oxford [44]
  49. Notice Bnf [45]
  50. Notice Bnf [46]
  51. Notice Bnf [47]
  52. Notice Bnf [48]
  53. Notice Bnf [49]
  54. Notice Bnf [50]
  55. Notice Bnf [51]
  56. Notice Bnf [52]
  57. Data Bnf [53]
  58. Notice Bnf [54]
  59. Notice Bnf [55]
  60. Université d'Oxford [56]
  61. Notice Bnf [57]
  62. Université d'Oxford [58]
  63. Université d'Oxford [59]
  64. Université d'Oxford [60]
  65. Notice Bnf [61]
  66. Notice Bnf [62]
  67. Université d'Oxford [63]
  68. Université d'Oxford [64]
  69. Université d'Oxford [65]
  70. Université d'Oxford [66]
  71. Université d'Oxford [67]
  72. Université d'Oxford [68]
  73. Éditions CMBV [69]
  74. Notice Bnf [70]
  75. Université d'Oxford [71]
  76. Notice Bnf [72]
  77. Notice Bnf [73]
  78. Notice Bnf [74]
  79. Notice CMBV [75]
  80. Notice CMBV [76]
  81. Notice Bnf [77]
  82. Notice Bnf [78]
  83. Notice Bnf [79]
  84. Notice Bnf [80]
  85. Notice Bnf [81]
  86. Notice Bnf [82]
  87. Notice CMBV [83]
  88. Notice Bnf [84]
  89. Éditions Schott Music [85]
  90. Éditions Schott Music [86]
  91. Notice Bnf [87]
  92. Notice Bnf [88]
  93. Éditions Boosey & Hawkes (en)[89] [90]
  94. NoticePAGES.pdf Bnf [91]
  95. Éditions Hinshaw Music (en)[92]
  96. Notice Bnf [93]
  97. Notice Bnf [94]
  98. Éditions Boosey & Hawkers (en)[95]
  99. Notice Bnf [96]
  100. Notice Bnf [97]
  101. Jonathan Green et David Oertel, Choral-Orchestral Repertoire : A Conductor's Guide, p. 242, 2019 (en)[98]
  102. Université d'Oxford [99]
  103. Université d'Oxford [100]
  104. Université d'Oxford [101]