Barrette (liturgie)

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Le cardinal Christoph Schönborn portant la barrette rouge.
Évêque portant la barrette violette.
Dans le passé en quelques pays le clergé employait la barrette même en dehors de l'habit de chœur, ce qui n'est plus permis
Barrette noire.
Bonete, la "version espagnole" de la barrette - Collection Philippi

La barrette, de l'italien berretta lui-même emprunté au latin médiéval biretum, est une coiffe de forme carrée, en étoffe doublée de tissu épais, de carton ou de cuir, autrefois portée au chœur par les clercs qui n'avaient pas l'usage de la mitre et parfois comme coiffure ordinaire en dehors des églises. Elle possède à son sommet une houppe ou un cordon duquel partent trois ou parfois quatre cornes.

Origine et utilisation[modifier | modifier le code]

La barrette n'est pas, à l'origine, propre aux ecclésiastiques. À la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, cette toque est une coiffure portée couramment par tous, notamment les avocats, les juges, les médecins et les maîtres en théologie. On l'appelait également « bonnet carré. »

Usage ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Comme coiffure des clercs, sa forme a varié selon les lieux et les époques, plus ou moins carrée, plus ou moins haute, plus ou moins large. L'usage romain veut que la barrette portée au chœur ait trois cornes. Les usages français sont plus souples sur ce point et l'on voyait souvent des barrettes à quatre cornes. Alors que la barrette des cardinaux est surmontée d'une simple ganse, celle des autres ecclésiastiques est parfois ornée d'une houppe, noire ou de couleur, selon la dignité de celui qui la porte.

Elle est, la plupart du temps, de la même couleur que le costume ecclésiastique, c'est-à-dire noire pour les prêtres, violette pour les évêques et certains chanoines, rouge pour les cardinaux. Certains prélats de la famille pontificale portent, alors que le reste de leur costume est violet, une barrette noire ornée d'une houppe de couleur. Les membres de quelques ordres religieux portent une barrette blanche.

Avant 1962 la barrette était portée pour célébrer la messe et l'office divin par les prêtres du clergé séculier et les ministres sacrés ainsi que par tous les clercs y assistant au chœur. L'édition du Missel romain promulguée par le pape Jean XXIII en 1962 abolit l'obligation du prêtre célébrant la messe d'accéder à l'autel capite cooperto (la tête couverte) : elle omet cette phrase dans le Ritus servandus in celebratione Missae, II, 1, où antérieurement on disait : « capite cooperto accedit ad Altare[1]», comme déjà dans la première édition typique de saint Pie V en 1570[2]. Dans le Missel romain, après le concile Vatican II, il n'y a aucune mention d'un couvre-chef du prêtre célébrant. En effet l'instruction de la Secrétairerie d'État Ut sive sollicite du 31 mars 1969 permet l'usage de la barrette uniquement comme partie de l'habit de chœur et pas comme coiffe normale[3], limitation indiquée aussi dans le Cérémonial des Évêques de 1984[4].

Usage non liturgique[modifier | modifier le code]

Actuellement, on retrouve cette coiffe en couvre-chef des Chevaliers du Tastevin, une confrérie vineuse bourguignonne.

La barrette doctorale[modifier | modifier le code]

La barrette doctorale, portée en dehors du chœur par les docteurs des universités pontificales, est à quatre cornes, ornée d'une houppe de couleur qui varie selon la matière et les régions : cramoisie pour la théologie dogmatique, blanche pour la théologie morale et verte pour le droit canonique.

La barrette protestante[modifier | modifier le code]

Les pasteurs protestants en Allemagne ne portent de barrettes que pour les services religieux à l'extérieur, surtout les enterrements. La barrette est souvent ronde et noire, mais d'autres formes et couleurs existent suivant la région.

Barrette de Kurhessen-Waldeck

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édition typique 1920 à comparer avec l'édition typique 1962
  2. Manlio Sodi, Achille Maria Triacca, Missale Romanum: Editio Princeps (1570) (Libreria Editrice Vaticana 1988 ISBN 978-88-209-2547-5)
  3. Instruction Ut sive sollicite, 6 dans Acta Apostolicæ Sedis LXI (1969), p. 336
  4. Caeremoniale Episcoporum, p. 63, 1199, 1205, 1207, 1208

Lien externe[modifier | modifier le code]