Grandes antiennes « Ô » de l'Avent

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La Visitation, Monastère de Strahov. Les Grandes Antiennes encadrent le cantique du Magnificat ou cantique de Marie lors de la Visitation.

Les Grandes Antiennes Ô, parfois appelées « Antiennes majeures » (antiphonae majores)[1],[2], ou encore « Grandes Ô », « Ô de devant Noël », « Ô de Noël », sont des antiennes chantées aux vêpres de l'Avent dans la semaine précédant la fête de la Nativité. La tradition était respéctée depuis le VIIIe siècle environ en Europe, d'abord dans le royaume de Charlemagne. On parle aussi de fêtes ou semaine (octave) de « Sainte Marie de l'Ô », en raison d'ancienne tradition officielle de cette semaine sainte[3]. De fait, ces antiennes expriment, dans le contexte théologique, la plus profonde gratitude des fidèles, en faveur d'un immense projet de Dieu depuis si longtemps pour toute l'humanité, passant par la longue histoire d'Israël, culminant avec la Nativité c'est à dire la naissance de Jésus-Christ. Les « Antiennes Ô », affirme Prosper Guéranger [4] contiennent toute la moëlle de la liturgie de l’Avent, reprenant le titre humoristique, d'un ouvrage ancien sur «  la moëlle et sauce friande des saints savoureux Os de l'avent ».

La fête de l'Annonciation originellement celle du 18 décembre, fut remplacée en Espagne par celle de l'Attente de l'Enfantement ou de l'Espérance (Expectatio) et les antiennes encadraient cette fête.Son origine chrétienne est évidente. En chaldéen, par exemple, Espérance (une des trois vertus cardinales) vient de la racine "sbar", donne "subara", Avent, mais a comme sens voisin "Annonciation", ce qui rappelle que dans les premiers temps le 18 décembre était bien la fête de l’Annonciation avant d'être celle de l'Attente de l’Enfantement ou fête de l'Espérance[5].

L'origine des huit grandes antiennes « Ô » se trouve dans le rite romain, plus précisément le sacramentaire. D'où, d'une part, la schola cantorum conservait sa pratique à la basilique Saint-Pierre, avec le chant vieux-romain, chant papal officiel. D'autre part, ces antiennes furent importées dans le royaume carolingien au VIIIe siècle, une fois que cette dynastie avait adopté le rite romain. Amalaire de Metz devint leur premier commentateur[3]. La version en grégorien demeure en usage jusqu'ici. En Espagne, la fête de l'Ô ou de l' Expectatio de la Vierge, est antérieure, puisqu'elle remonte à la conversion d'un wisigoth au VIe siècle : cependant aucun manuscrit de la liturgie mozarabe ne porte la trace des antiennes Ô.

Sommaire

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans le temps liturgique et dans la liturgie[modifier | modifier le code]

Initialement, les grandes antiennes « Ô » étaient, durant l'octave précédant Noël, réservées à cette semaine sainte de Vierge Marie, à la mémoire d'un grand projet de la grâce de Dieu, la Nativité. Si, à la suite d'une modification de la distribution, cette fonction est parfois oubliée, l'exécution dans l'office de vêpres est toujours respectée, avec le Magnificat.

Les antiennes Ô interviennent durant l'Avent. Une « antienne », terme provenant du grec ancien : ἀντίφωνον (ἀντί, « contre » et φωνή, « voix », ici « réponse »), désigne originellement une alternance entre deux groupes de chanteurs[ds 1]. Dans la liturgie, les antiennes précèdent et concluent normalement un psaume, ou parfois les strophes d'une hymne, texte non biblique. Les antiennes Ô sont ainsi chantées, pour accompagner au cantique Magnificat, ce qui justifie le nom qui leur est aussi donné d'Antiennes de Magnificat (Antiphonæ super Magnificat[6]).

Textes et distributions traditionnelles[modifier | modifier le code]

Pour les textes, traductions ainsi que commentaires simples :

Avec des références bibliques détaillées :

Article détaillé : Symbolique des antiennes Ô.
Antienne Distribution A
(Missel de 1960 – forme extraordinaire du rite romain)
Distribution B
(selon le rite romain ancien[3])
O Sapientia 17 décembre 16 décembre
O Adonai 18 décembre 17 décembre
O Rádix Jesse 19 décembre 18 décembre
O Clavis David 20 décembre 19 décembre
O Oriens 21 décembre 20 décembre
O Rex gentium 22 décembre 21 décembre
O Emmanuel 23 décembre 22 décembre
O Virgo Virginum 23 décembre
jour octave[7] de la semaine sainte de Vierge Marie[3]
1er janvier[7]
jour octave de Noël (Solennité de Marie, Mère de Dieu)[7],[8]

La distribution A est non seulement la pratique de la liturgie actuelle mais aussi la tradition principale de la plupart des pays, depuis plusieurs siècles. Le calendrier B était essentiellement conservé en Angleterre jusqu'au XXe siècle tandis que d'autres diocèses aussi gardaient cette distribution au Moyen Âge. Ainsi, les célébrants respectaient ce calendrier à Rouen[9] où un sous-maître de chapelle de la schola cantorum arrivé de Rome, Simon, commença pour la première fois à pratiquer et à enseigner le chant vieux-romain dans le royaume de Pépin le Bref, en 760[10].

Toutefois, lorsque l'on consulte les manuscrits, la B était exactement le calendrier officiel du rite romain ancien. En outre, dans ce cas, le huitième et dernière ancienne O Virgo Virginum était plus importante[9] que les autres alors qu'il n'existe pas de différence parmi les sept antiennes de la distribution A.

Dans cet antiphonaire de Poissy (entre 1335 et 1345), la huitième antienne O Virgo Virginum était définitivement séparée (392r) [manuscrit en ligne (folios 30v, 30r, 31v et 392r)].

Dans son œuvre Liber De Ordine Antiphonarii (vers 830), Amalaire de Metz expliquait[3] : il s'agissait de la semaine consacrée à Vierge Marie quand l'on exécutait les grandes antiennes « Ô » de l'Avent. (Les antiennes, dans la distribution A, peuvent être considérées simplement comme louange de Dieu, manquant d'huitième O Virgo Virginum.) Cette semaine sainte avant Noël correspondait à la Semaine sainte de Pâques. De plus, celle-ci était accueillie en tant qu'octave, en manière de grandes fêtes des Israélites. D'où, le huitième et dernier jour, octave, se distinguait en tant que clôture solennelle de la sainte assemblée[7]. De fait, le prêtre Amalaire écrivait : « Octava, O virgo virginum »[3]. En bref, il s'agissait de la semaine sainte et de la clôture solennelle rendant l'hommage à Sainte Marie, Mère de Dieu. Une autre preuve se trouve dans la fonction des antiennes. Au Saint-Siège, en raison de leur importance, ces grandes antiennes majeures étaient quotidiennement chantées lors des laudes[ds 1], l'un de deux offices les plus importants et lors du levant. Au contraire, pendant cette semaine sainte de décembre, celles-ci sont exécutées, lors du couche du soleil, dans l'office distingué des vêpres desquelles le sommet est le Magnificat, cantique de Sainte Vierge. Il est évident, historiquement, que les antiennes étaient étroitement liées au Magnificat[6]. L'exécution de ces antiennes soulignait donc la grâce de la Nativité.

Si le calendrier initial était effectivement structuré selon le sens théologique, il resterait un inconvénient dans le contexte liturgique. Les vêpres distinguées du 23 décembre étaient suivies, 24 heures environ après, de la vigile de Noël. On comprend que la succession des célébrations les plus solennelles ne fût pas favorable. Actuellement, la fête de Solennité de Marie, Mère de Dieu, est fixée au 1er janvier, en tant qu'octave de Noël, encore célébration grave[7].

Cela serait la raison pour laquelle l'antienne O Virgo Virginum disparut dans les manuscrits tardifs. Encore faut-il retrouver des documents sûrs : quand et par qui cette modification fut-elle favorisée et officialisée ? Quoi qu'il en soit, la distribution B est indispensable, afin de comprendre correctement la tradition des antiennes « Ô ».

Historique[modifier | modifier le code]

Origine des antiennes[modifier | modifier le code]

Issues du rite romain ancien et officiel, les grandes antiennes « Ô » n'étaient autres qu'une pratique régionale, initialement à Rome et alentour, s'il s'agissait de la liturgie ecclésiastique au sein du Saint-Siège. Au VIIIe siècle, pour la première fois, ces antiennes furent implantées ailleurs, à savoir dans tout le royaume de Charlemagne, à la suite d'une immense centralisation de la liturgie d'après le rite romain, par ce souverain. Enfin, l'expansion de nouveau chant romain, chant grégorien, transforma cette pratique de l'Avent en tradition universelle dans l'Europe entière. Grâce aux études récentes de Jean Favier concernant Charlemagne ainsi qu'aux celles de Dom Daniel Saulnier à l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes dans le domaine du chant liturgique, l'évolution de ce rite y compris les antiennes de l'Avent en Europe devint bien connue.

Certes, tel le note de Fr. William Saunders[11], il n'y pas de certitude sur l'origine des antiennes Ô. Notamment, on ignore quand ces antiennes furent officialisées dans le sacramentaire de Rome. Toutefois, il est certain qu'au VIe siècle[12], le pape saint Grégoire le Grand y fit référence dans le Liber responsalis[13]. Son adoption serait cependant plus ancienne, car, dans le poème De Cognomentis Salvatoris (Carmen VI) du pape Damase Ier (IVe siècle), on trouve déjà des références à Emmanuel, Sapientia, Radix, ou encore à judex et lapis[14], ce que certains ont pu interpréter comme une allusion à ces antiennes, sans certitude véritable toutefois[15]. Toujours à Rome, les historiens retiennent surtout une allusion légère à l'antienne O sapientia dans le De consolatione Philosophiae de Boèce[11],[16],[17]. Il semble que ces antiennes fussent l'un de sujets de quelques conciles, tel le Ve concile de Tolède[18],[19]. Quoi qu'il en soit, la schola cantorum du Vatican exécutait sa propre version en vieux-romain jusqu'au début du XIIIe siècle (voir ci-dessous, paragraphe suivant)[20].

À partir de 789, l'usage des antiennes « Ô » selon le rite romain était obligatoire dans le vaste empire de Charlemagne.

Jadis, chaque région conservait sa propre liturgie alors qu'à partir du VIIIe siècle, le rite romain commença à remplacer la liturgie locale. En 754, menacé par les Lombards, le pape Étienne II fut accueilli à l'abbaye de Saint-Denis, dans le fief de Pépin le Bref. Dans l'optique de l'intégration du royaume, ce dernier adopta le rite romain, en remplaçant ses traditions tel le rite gallican. Le moine Alcuin et le prêtre Amalaire de Metz devinrent témoins de l'implantation des antiennes « Ô », avec leurs œuvres, le De Laude Dei ainsi que le Liber De Ordine Antiphonarii[3]. Pareillement, fils et successeur de Pépin le Bref, Charlemagne, ordonna en 789 avec son Admonitio generalis que le chant romain (encore en vieux-romain) soit dorénavant obligatoire dans tout son royaume en faveur de « l'unanimité de l'Église », mais bien entendu de son empire, également[10].

Cette implantation, déjà assez bouleversante, fut suivie d'un autre événement. Alors que le rite romain y fut effectivement établi vers 800, le chant vieux-romain subit une résistance considérable des religieux gallicans. Afin de résoudre cette difficulté, de laquelle Amalaire de Metz était à nouveau témoin[20],[3], des musiciens en Gaule composèrent de nouveaux chants liturgiques selon le même texte romain. Il s'agissait d'une hybridation entre le chant vieux-romain et le chant gallican[21]. Ce chant romano-franc, ou chant messin, connut une immense amélioration, en bénéficiant de la Renaissance carolingienne. En raison de sa qualité et de sa richesse du répertoire en comparaison d'autres, le chant grégorien devint omniprésent dans toute l'Europe, de sorte que tous les chants monodiques liturgiques disparurent, à l'exception du chant ambrosien à Milan. En conséquence, la tradition des grandes antiennes de l'Avent fut établie entre les villes ultramontaines et l'Angleterre ainsi que de la péninsule Ibérique jusqu'aux pays nordiques, à la suite de l'arrivée des livres de chant[20].

S'il reste de possibilité historique de ce sujet dans d'autres traditions, la pratique actuelle des antiennes « Ô », en grégorien, est issue de cette ligne, principalement depuis Charlemagne, son ordonnance et son soutien en faveur de la Renaissance carolingienne.

Les antiennes dans le calendrier liturgique[modifier | modifier le code]

Variété de calendriers[modifier | modifier le code]

À la chapelle du Saint-Siège, ces grandes antiennes « Ô » en vieux-romain étaient quotidiennement chantées au Moyen Âge.

Le calendrier de l'exécution des grandes antiennes « Ô » demeurait problématique, jusqu'à ce que le chant vieux-romain, ancien chant officiel du Vatican, ait été identifié en 1950 par un musicologue allemand Bruno Stäblein. Mais, il fallut encore beaucoup de temps, de sorte que la coutume de celles-ci soit correctement reconnue. En réalité, ces antiennes en vieux-romain étaient chantées non seulement lors de l'Avent mais aussi toute l'année, à la basilique Saint-Pierre de Rome, apparemment vraisemblablement depuis le VIe siècle, dates auxquelles elles apparaissent dans les antiphonaires, jusqu'au début du XIIIe siècle.

Découvert aux Archivio di San Pietro en 1890, le manuscrit Vatican B79, l'un de seuls cinq livres restants de ce chant, contient entièrement les grandes antiennes « Ô »[ds 2]. Faute de propre notation, celui-ci fut copié au XIIe siècle, en bénéficiant du système du chant grégorien. Dans le folio 14v, on écrivit : « Ces antiennes, à savoir O sapientia et celles qui suivent, nous les chantons quotidiennement à Benedictus jusqu'à la fête de sainte Lucie, sauf le dimanche. Nous les antiphonons à partir de In sanctitate[ds 1]. » De surcroît, lorsque la célébration était solennelle, « aujourd'hui, nous répondons à toutes les antiennes[ds 3]. » Donc, en raison de leur importance, l'exécution dans l'office des laudes était quotidienne jusqu'au 13 décembre, fête de sainte Lucie, après laquelle les antiennes étaient consacrées aux vêpres de l'Avent.

Cela explique effectivement les traditions très variées. Ainsi, l'Ordo du Chanoine Benoît (vers 1140) attestait l'usage de les chanter du 6 au 13 décembre, c'est-à-dire de la fête de saint Nicolas à la sainte Lucie. Jean Grancolas aussi affirmait que, dans certains ordres romains, elles étaient chantées depuis le jour de cette saint Nicolas mais jusqu'à Noël. Mais surtout, il faut remarquer que ce théologien mentionnait également que l'on les chantait parfois après la fête de sainte Lucie et celle de saint Nicaise, donc 13 et 14 décembre, jusqu'à Noël, correspondant au calendrier ancien du Saint-Siège.

Nativité.

En outre, les dates variaient aussi suivi le nombre des antiennes chantées. Selon Guillaume Durand et Honoré d'Autun, on en chantait durant douze jours dans certaines églises pour honorer les douze prophètes qui ont annoncé la venue du Messie et les douze apôtres qui l'ont prêchée que l'on peut admirer sur les rosaces des cathédrales, ou l'icône russe de Notre-Dame du Signe, tenant les paroles de leurs livres prophétiques en main[22]. Pour cette pratique, il semble que l'on dût avancer la première exécution[ds 4]. Encore le nombre d'antiennes chantées différait-il selon les villes et les coutumes locales, et principalement :

  • À Paris, Toulouse, dès le 15 décembre (2 antiennes supplémentaires, « O sancte sanctorum » ainsi qu' « O pastor Isræl »)
  • À Rouen, Canterbury à partir du 16 décembre (8 grandes antiennes, y compris « O Virgo Virginum » en faveur du 23 décembre)[9]
  • À Rome, tardivement, dès le 17 décembre (7 grandes antiennes)

En fait, les manuscrits indiquent qu'il y eut une modification de distribution officielle de Rome, de 8 antiennes à 7. Le prêtre Amalaire de Metz, assez lié au Saint-Siège, précisait exactement celle de 8, avec le Liber De Ordine Antiphonarii, chapitre XIII De antiphonis quæ in principio havent O (vers 830)[3]. Il est possible que cette modification ait causé une grosse confusion, sans achever une transition parfaite.

Voir aussi le paragraphe : Textes et distributions traditionnelles.

La « Table parisienne »[modifier | modifier le code]

Une table parisienne des Antiennes Ô, Solothurn, Zentralbibliothek, Cod. S 378 – Breviarium canonicorum regularium monasterii f. 176r. (cliquer pour agrandir)

En 1263 apparaît la « table parisienne » (Tabula parisiensis, Rubrica parisiensis ) des Antiennes de l’Office de Avent, afin de pouvoir calculer grâce à sept tableaux ou plans, les différents jours de la semaine où chanter les antiennes fériales de l’Avent et les antiennes Ô, selon le jour de la semaine où tombait la fête de Noël[23]. Toutes les possibilités de dates et de jours de la semaine, étaient envisagées dans ces sept tables : Si Noël tombe un dimanche, la première des antiennes doit être chantées le vendredi de la troisième semaine de l'Avent, si cela tombe un lundi, le jeudi de la seconde semaine, etc. Frère Rubinus, sans doute franciscain et chantre parisien, aurait été l’artisan de la plus célèbre de ces sept tables, en 1300, dans le domaine de la liturgie conventuelle, et ces tables furent utilisées par tout l' ordre franciscain, quarante ans après les premiers chapitres à Assise[24].

Terme oleries et dimanche « Gaudete »[modifier | modifier le code]

En France, il existait un mot signifiant les antiennes « Ô » d'Avent. Il s'agit du terme oleries. On écrivit en 1478 : « Le dimenche dernier des oleries de devant Noel, le suppliant ala aux nopces a Joy le moustier. »[25],[26]. Comme le nombre des antiennes était augmenté jusqu'à 12 ou 13, à la suite de la modification de la distribution, parfois elles étaient chantées lors de ce dimanche distingué de la joie, « Gaudete ». Il semble que l'emploi du mot fût très limité et, avec l'usage actuel de 7 antiennes, cette pratique ne reste plus.

La « Fête de l'Attente » ou « Fête de l'Ô »[modifier | modifier le code]

D'Espagne elle entra dans le calendrier de toute l'église pour être fêtée le 18 décembre : Fête de l'Attente des couches de la Sainte Vierge Attente millénaire de la venue du Messie par Israël, attente millénaire de toute l'humanité du salut, attente de la naissance de l’enfant par sa mère Marie durant neuf mois, et par Joseph, attente des enfants des siècles futurs, de Noël, Attente de l’Église de la fête annuelle, se fondent en une seule Attente en cette « fête de l'Espérance » et « fête de l’Attente » des tous les hommes du Sauveur maître de la Vie :

O Clavis David : Les Clefs de saint Pierre : «  Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux (...)». (Mat. 16)

«  Frères bien-aimés, il y a une chose que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse, comme le pensent certaines personnes ; c’est pour vous qu’il patiente car il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre ; mais ils veut que tous aient le temps de se convertir… Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Seigneur vous trouve nets et irréprochables, dans la paix ».  »

— saint Pierre, épîtres


«  Un Avent est une attente et vous savez qu'il n'y a rien de plus dur que l'attente. Attendre, c'est toujours attendre dans l'espérance mais aussi dans l'incertitude. Une des tortures les plus profondes, c'est la torture de l'attente : toutes les polices du monde savent que l'attente est une des choses les plus tragiques et les plus douloureuses, à moins qu'elle ne soit habitée par l'amour. Demandons au Seigneur d'attendre dans l'amour, que ce temps de l'Avent soit une attente toute bénie du Seigneur, toute illuminée par le Seigneur.mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l’aurore. Ps 129 »

— Marie-Joseph Le Guillou , dominicain


Enfin le texte lui-même des antiennes pouvait varier d'un endroit à l'autre, mais pas l'invocation initiale, comme on peut le constater dans les Antiennes chantées à Sens[27].

Les antiennes Ô, conclusion d'une attente[modifier | modifier le code]

Le Christ est le Messie attendu par les Juifs : références à l'Ancienne Alliance dans les antiennes Ô[modifier | modifier le code]

« C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe: Voici la Vierge est enceinte et enfantera un fils, et elle l'appellera "Emmanuel"[28]. »

— Isaïe.

Icône orthodoxe de Koursk, Vierge de l'Avent, dite du Signe, ayant Jésus en elle, dans un O entourée des Douze Prophètes, comme douze antiennes, tenant les paroles de Écritures sur des phylactères.

Les antiennes « Ô » associent l'invocation du Messie, « Ô », avec la prière pour sa venue (introduite par : « veni », « viens » et s'appuient sur les textes de l'Ancien Testament (notamment sur le livre d'Isaïe, 7, 14). Chaque antienne reprend une prophétie d'Isaïe et d'autres livres de l'« Écriture Sainte » (Saintes Écritures) de l'Ancien et Nouveau Testament: (Judith, Malachie, Ezéchiel, Aggée, Zacharie, Actes…). Les antiennes sont l'image de l’ardent désir, des prières et des soupirs des patriarches et des prophètes dans l’attente de la venue du Sauveur, et de leurs prières, qui ne pouvaient être exaucées avant le temps de sa venue.

Notre-Dame de Paris, la Vierge au centre de la rosace et les prophètes forment cercle autour d'elle

Et chacune est un titre du « Messie » dont la naissance était attendue en Israël depuis environ le VIIIe siècle (siècle où vécut Amos) avant la naissance de Jésus de Nazareth, « Jésus-Christ ».

« Le Messie, artisan d’un royaume de lumière, de cette lumière étincelante[29] de l’Orient qui est le symbole de la vie heureuse et prospère, d’un royaume qui a le Seigneur pour auteur, est comme le point de convergence de toute l’histoire d’Israël. »

— P. Marie-Joseph Le Guillou.

.Et l'attente religieuse de Marie, et celle dans la religion juive de la « fille de Sion » et l'enfantement du « divin enfant » (Enfant Jésus), se confondent pour les chrétiens, durant ces huit jours, et inscrivent l'importance du rite de la semaine, avec son rituel musical. Selon la liturgie chrétienne, Marie la mère de Jésus de Nazareth, avait été accordée en mariage à Joseph.

« Or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva selon la liturgie chrétienne, pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'"Emmanuel" »[28], qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». » »

— « Livre d'Isaïe », 7:10-16; Évangile selon saint Matthieu, 1:18.

Son rituel musical annuel est une mise en harmonie du « Mystère » qui comporte les antiennes « Ô ».

Martin Schongauer, Collégiale Saint-Martin de Colmar Dans le nimbe d’or de la Vierge, un texte fait parler une rose : « Me carpes genito tu quoque o Sanctissima Virgo » : « Tu iras, toi aussi, me cueillir (pour ton fils), ô très Sainte Vierge » - Antienne de la Fête du Saint-Rosaire « Les filles de Sion l'ont vue comme un rosier couvert de fleurs, et ils l'ont proclamée bienheureuse. »

Un roi de paix[modifier | modifier le code]

Les deux antiennes Ô Sapientia et Ô Adonai semblent correspondre l'une à la Grèce, avide de Sagesse, Sophia; et l'autre à Israël et cela rappelle les nombreux passages (Galates 3:28 Ephésiens, Corinthiens 12:13 Colossiens 3:11) etc.[30] des épîtres de saint Paul qui annoncent la réconciliation des Juifs et des Grecs en un seul peuple comme le dit l'antienne Ô rex gentium dans la paix, Rex pacifice, comme pierre angulaire.

Un enracinement dans la tradition d'Israël[modifier | modifier le code]

Bougies de l'Avent en Finlande

Au XIXe siècle, Mgr Sarnelli[31] citait ainsi quelques-unes des prières que les juifs avaient coutume de réciter chaque jour et qui furent introduites lors du retour de la captivité de Babylone. « Elles portent, comme nos antiennes de Noël, le caractère de l'admiration plutôt que celui de l'aspiration, car elles ont rapport aux principaux événements de l'histoire sainte. » Elles formaient le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament. On ne peut pas compter les références des antiennes aux Psaumes, aux Livres des Prophètes par : par exemple ici le psaume 2, pour O Rex gentium : Moi, j'ai sacré mon roi sur Sion, ma sainte montagne. Je proclame le décret du Seigneur ! + Il m'a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière. ». Face au polythéisme enivré dans les plaisirs, le monothéisme en Israël, est souvent, un cri dans la souffrance, et la détresse, car il annonce un Messie et un Serviteur souffrant : « Seigneur, au secours ! » « Délivres moi !».« Enseigne moi ! » «  libère-moi ! prends pitié de moi ! » [32]

Cela constitue un enracinement dans la tradition d'Israël[33].

Les 18 bénédictions anciennes en Israël[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Amida (judaïsme).
La grotte 4 de Qumran


« Ces prières portaient le nom de « bénédictions » : elles sont entonnées par quelqu'un de la synagogue, et tous les poursuivent, se tenant debout et avec les pieds joints et appuyés également sur le pavé. On dit aussi qu'ils le font dans une posture inclinée, parce que, selon leurs rabbins, l'épine dorsale, qui est formée de dix-huit ossements, doit être inclinée en récitant les dix-huit bénédictions… Que dire après cela de l'attention et de la piété que les chrétiens devaient mettre à réciter les prières que leur enseignait l'Église. »

— Mgr Sarnelli

Voici la liste:

Anne, Joachim et Marie
  1. O scutum Abrahœ, pour montrer la délivrance du saint patriarche de la ville d'Ur des Chaldéens.
  2. O vivificans mortuos, pour exprimer la délivrance d' Isaac, à la place duquel un bélier est immolé.
  3. Deus sanctus; elle a rapport à l'échelle du patriarche Jacob.
  4. O qui largiris scientiam : pour exprimer Joseph qui est éclairé de Dieu pour expliquer les choses secrètes et les songes.
  5. O qui paenitentiam amas, pour signifier Ruben lorsque, condamné à cause de son crime, il mérita d'être absous à cause de sa pénitence.
  6. O misericors qui multiplicas remissionem : on entend, par là, le pardon du crime commis par Juda et Thamar ; il fut pardonné à cause de l'aveu de Juda : justior me est.
  7. O Redemptor Israelis : cette prière a rapport à la rédemption de l'Égypte.
  8. O qui mederis infirmis : les juifs croient qu'Abraham fut malade de la circoncision, et ils récitent cette prière en actions de grâces de sa guérison.
  9. O qui benedicis annis, pour signifier qu'Isaac récolta cent pour un.
  10. O qui congregas dispersiones populi tui, pour exprimer la réunion de Jacob et de Joseph en Égypte.
  11. O rex qui diligis justiciam : elle a rapport aux paroles que Dieu dit à Moïse : Hac tunt judicia, etc.
  12. O qui conficis inimicos : c'est la submersion des Égyptiens dans la mer Rouge.
  13. O qui spem ac fiduciam das : c'est pour exprimer ce que Dieu a dit à Jacob : Joseph ponet manum suam super oculos tuos. 14. 0 qui œdificas Hierosolymam, par rapport à la construction de la ville de Sion par le roi David.
  14. O qui facis, ut germinet cornu Messiœ tui : c'est le passage de la mer Rouge.
  15. O qui audis orationem, pour rappeler que les Israélites prièrent Dieu et en furent exaucés.
  16. Qui restituit divinam majestatem tuam, lorsque la majesté de Dieu se fit voir dans le Tabernacle.
  17. Bonum est nomen tuum, lorsque Salomon introduisit l'Arche dans l'intérieur du Sanctuaire.

Ces dix-huit bénédictions étaient dites quotidiennement. D ans le judaïsme, une berakha ou brakha (héb.: ברכה; pluriel ברכות, berakhot) est une bénédiction, habituellement récitée à un moment spécifique, avant de réaliser une prescription, qu'elle soit d'origine biblique ou rabbinique, de consommer un mets, lors de retrouvailles avec un ami, etc. La fonction des berakhot est de rappeler à l'homme la présence continue de Dieu à ses côtés, de mesurer l'importance de Sa providence, et de L'en remercier. Certaines de ces bénédictions commencent comme les antiennes par la formule Baroukh ata Adonaï Elohenou, Melekh haolam… ("Béni es-Tu, Adonaï notre Dieu, Roi du monde…").

Les antiennes permettaient aux catholiques de prier pour la conversion des Juifs, le nombre de références bibliques et de termes hébreux (Adonaï, Emmanuel) « y incitait »[34]. Les antiennes soulignent que Jésus est bien le Fils de Dieu, et du Dieu Père de l'Ancien Testament. La coutume d'allumer des bougies, une par jour, de faire des cadeaux, rappelle la fête d'Hanouka ou de la dédicace, qui se célèbre en hiver aux alentours de Noël. Le chiffre dix-huit est très présent dans la Bible. Il symbolise la Vie (haï) chez les hébreux.

Le calendrier lunaire de Qûmran[modifier | modifier le code]

Le calendrier lunaire 4Q321 (pl) de la grotte 4 de Qumran
Albrecht Altdorfer - Nativity - WGA0211.jpg

Selon un ancien calendrier lunaire découvert à Qumran, un prêtre de la classe d'Abiah, que l'on présume être saint Zacharie, aurait effectué durant la pleine lune (le 17 septembre) [35], son service au Temple dans la semaine du 18 au 25 septembre : c'est alors que l'ange Gabriel lui aurait rendu visite durant l'offrande de l’encens : sainte Elisabeth aurait alors conçu saint Jean-Baptiste lequel serait né le 24 juin comme sa fête liturgique le célèbre. Jésus-Christ serait né dix-huit mois plus tard au mois de tishri[36] [37] ,[38]. Les antiennes commencent dans la semaine du 17/18 décembre jusqu'au 25 décembre jour célébrant la Nativité. Elles commençaient le 17 le plus souvent ; le 18 décembre était la fête liturgique de l'Annonciation, devenue ensuite « fête de l'Attente » (et reportée au 25 mars, six mois après la visite de l'ange à Zacharie, prêtre de la classe d'Abiah, si l'on considère le calendrier lunaire de Qumran) : les antiennes tombent en la période selon laquelle Marie doit accoucher, dix-huit mois après la première visite de l'Ange Gabriel à Zacharie et neuf mois après sa visite à Nazareth… durant cette période Marie a rendu visite (Visitation) à Elisabeth afin de l'aider dans ses tâches ménagères, et chanté le Magnificat. Selon Catherine Emmerich, la famille de Marie et donc, du Christ, était essénienne[39].

Analyse des antiennes Ô[modifier | modifier le code]

Le « Ô » des antiennes[modifier | modifier le code]

Les antiennes dites « Grandes Ô », « Grandes Antiennes », ou encore jadis, « OO de l'Avent » « OO de Noël », communément « Neuvaine des Ô de Noël » , sont avant tout le rappel de l'attente du Messie par Israël durant 4000 ans (chiffre symbolique) par les Patriarches, et par les Prophètes.

On les appelle ainsi car elles commencent par « Ô ». Elles s'adressent au Christ biblique qui va naître, et comme toutes les antiennes anciennes, contiennent de nombreuses références bibliques et allusions au Nouveau et à l'Ancien Testament. À partir du Haut Moyen Âge en chant grégorien monodique, elles sont toutes dans le même mode, le deuxième mode. « Attente de Dieu » [40], elles se terminent le 23 décembre, veille de la fête de Noël célébrant la naissance de Jésus-Christ pour tous les chrétiens.

Croix wisigothe de la Victoire[41], avec en pendentif un alpha majuscule (A) et un oméga minuscule (ω).

Un Oméga[modifier | modifier le code]

Pour quoi antiennes « Ô » ? d’après Reiner de Saint-Laurent de Liège (Reinerus S. Laurentii Leodiensis) auteur qui, au XIIe siècle, écrivit leur commentaire, elles sont nommées ainsi parce que dans la semaine de huit jours (octave, de octo, huit) précédant Noël, elles tirent leur nom du fait que si la lettre grecque alpha α signifie 1, l'omega ω (O latin; Ѻ cyrillique) signifie 800. Le « Christ » est à la fois l’alpha, le début, « le Créateur », le « Verbe » : et la fin, l’oméga, c’est-à-dire le « Sauveur », le fils de Marie et le fils du dieu "unique" (Dieu le Fils), lorsqu’il vient s’incarner (on pensait alors la fin du monde toute proche donc l'oméga, au temps de Saint Paul). Le chiffre huit serait (d'après Reiner) celui des huit béatitudes[42],[43].

Initale O des Antiennes de l'avent, Maître du Méliacin, Antiphonaire dominicain, Ordre des Prêcheurs. fol.49v.

L'expression « OO » ou le « Ô » accentué n'est que l'expression de la lettre oméga (ω = oo) et qui est un O long.
C'est le roi franc Chilpéric Ier qui rajouta en France au VIe siècle à l'alphabet la lettre Ω selon Aimoin ou O selon Grégoire de Tours.

Un vocatif[modifier | modifier le code]

Le « Ω » grec est le vocatif « Ô »[44], forme de l'interpellation, de la supplication et de la prière mais en grec ancien et moderne c'est le « O », marquant étonnement, admiration, douleur. Ce vocatif ὦ était très employé dans l'antiquité, avant la naissance du Christ, comme on le voit dans les tragédies grecques. Ici elles soulignent un peu, la condition tragique de l’humanité enfermée dans le péché, avant la naissance du Christ, mais c'est aussi et surtout la manière habituelle ou solennelle, d'appeler et d'interpeller Dieu.

Un chemin, de la tristesse à la joie[modifier | modifier le code]

Tristesse et pénitence[modifier | modifier le code]

Le ton du Rorate (elles étaient aussi chantées avant et après le Rorate) est également sombre, et les ornements liturgiques sont le violet durant l'Avent, pour un temps de carême, de pénitence, avant Noël, de méditation des triste et tragiques conséquences et châtiment du péché en particulier, dans l’ancien testament, avec le cri de saint Jean-Baptiste au désert « Repentez-vous ». C'est le temps de la métanoia, du retournement du cœur. C'est le temps de la prédication.C'est le souvenir de la tragédie du péché originel , de ses conséquences tragiques depuis Adam et Eve, et des châtiments (Livre de la Genèse) : mort, souffrance, douleurs, sueur. Et donc de la nécessité de la pénitence, dans l'attente d'un Sauveur. « Veillez donc, priant en tout temps. » Que vous êtes bon, mon Dieu, et de nous amener à votre amour par la crainte, en nous montrant des visions si terribles, et de nous amener à votre amour par l'espérance, en nous prédisant des bonheurs si célestes, et de nous amener à votre amour en nous donnant de si nombreux conseils sur la manière de vivre en union avec vous.   »(Charles de Foucauld)

« Cieux, répandez votre justice, que des nuées descende le Salut !Ne T’irrite pas, Seigneur, ne garde pas le souvenir de nos péchés. ! Voici que ta Cité sainte, Sion, a été dévastée : Jérusalem, Jérusalem, le séjour de ta Sainteté et de ta Gloire, là où nos Pères ont chanté tes louanges. Nous avons péché, et nous sommes devenus semblables aux païens, nous sommes tombés comme des feuilles mortes, et nos péchés nous ont emportés loin de Toi. Tu nous as caché ton Visage, et Tu nous as brisés à cause de nos péchés.Regarde, Seigneur, l’abattement de ton Peuple, et envoie Celui qui doit venir ! Envoie l’Agneau souverain de l’Univers, du Rocher du désert jusqu’à la montagne de la Fille de Sion, et qu’Il nous délivre du joug de nos péchés ! - Console-toi, console-toi, ô mon Peuple, car bientôt viendra ton Sauveur et ton Roi ! Pourquoi te laisses-tu consumer par la tristesse ? Parce que ta douleur t’a repris ? Je te sauverai, ne crains pas ! Car je suis ton Sauveur, ton Seigneur et ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Berger et ton Rédempteur. »

o rond cerclé d'anges dans lequel apparaît le Père céleste, qui a exaucé la prière et envoyé son Fils sauver les hommes : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, paix sur la terre »
Joie et allégresse[modifier | modifier le code]
  • Cependant au troisième dimanche de l'Avent, Gaudete, les ornements liturgiques du prêtre, devenaient roses, les antiennes chantées communément et partout, avant le Magnificat d'où leur nom, plutôt que le Rorate, les textes issues des prophéties de la joie de la venue du Redempteur et Messie. la Joie devait éclater, et se manifester durant toutes les antiennes de l'Exultation du Magnificat aussi Reiner de Saint-Laurent insiste sur cette joie éclatante de la naissance du Sauveur, vrai homme et vrai Dieu, avant même Noël, au début et en conclusion de son commentaire de la neuvaine des neuf antiennes Ô, et même hilarité ( ce qui signifiait alors, allégresse, douce joie)[45], gaudia, jucunditas, laetitia, hilaritas , quatre termes utilisés par Reiner, pour évoquer la joie des antiennes Ô, concert musical suivi d'une collation, avant Noël, la joie des joies[46].
(Article détaillé Fête de sainte Lucie et Antiennes)

Elles sont ainsi à relier au Prologue de saint Jean, et à la très ancienne prière vespérale du Lucernaire , « Joie et Lumière » dont l’antienne Ô Oriens reprend l'essentiel : Φώς ιλαρόν αγίας δόξης αθανάτου Πατρός, « Joyeuse lumière, splendeur éternelle de la gloire du Père », devenant « Ô Oriens splendor (variante: candor) lucis aeternae, et sol justitiae », O Oriens splendeur de la lumière éternelle et soleil de justice. Les anges resplendissent dans cette grande lumière lorsqu'ils apparaissent aux bergers leur annoncer une plus grande lumière encore, qui brille dans la grotte de la Nativité. L'habitude de dire des antiennes avec les psaumes est aussi ancienne que l’église et Egérie au cours de son pèlerinage en Terre Sainte, mentionne à de très nombreuses reprisses la joie de la prière du Lucernaire, c'est-à-dire des vêpres, faite d'hymnes, de psaumes et d'antiennes, à Bethleem comme à Jérusalem, à la lueur des cierges. On peut imaginer que les fêtes de la Nativité du Fils de Dieu, (lequel habite une grande lumière inaccessible, le Christ Sauveur, Voie, vie et vérité, Lumière du monde), en comprenaient autant que les fêtes pascales[47]. Saint Cyrille d'Alexandrie, évoque aussi cet Orient lumineux, dans une prière adressée à la Vierge, Mère du « Soleil de la Justice », et d'une « Lumière qui ne s'éteint pas ». Dans les églises orientales, on se tourne vers l'Orient pour donner le baptême et ouvrir les yeux des néophytes. Le récit selon lequel Alcuin mourant, répétait sans cesse l’antienne Ô Clavis David, avec le Magnificat dans sa cellule de l' abbaye Saint Martin de Tours d'une voix « pleine d'allégresse » confirme que ce moment des antiennes était celui de la joie.

Aurore et crépuscule[modifier | modifier le code]

Ainsi se termine le cantique Magnificat ou « Cantique de Marie » et on les appelle donc aussi « Antiennes du Magnificat » car chantées avant et après durant le Vêpres de l'Avent, à la tombée du soir, à l'heure de l'encens, comme le Lucernaire :

La Visitation, rencontre entre Marie enceinte et sa cousine Elisabeth. Les antiennes (respons) forment le responsorial du cantique : un écho à la prière de Marie, qui chante sa joie de la venue du Sauveur attendu durant des siècles : Seigneur Adonaï, Oriens, soleil de Justice. Racine de Jéssé, et descendant de Salomon et David, Roi et maître de Justice, Emmanuel, Dieu avec nous[48].

«  Mon âme exalte le Seigneur,
Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !,
Il s'est penché sur son humble servante' ,
Désormais, tous les âges me diront bienheureuse,
Le Puissant fit pour moi des merveilles ,
Saint est son nom !
Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
Il disperse les superbes,
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël , son serviteur, Il se souvient de son amour,
De la promesse faite à nos pères, En faveur d' Abraham et de sa race à jamais.',
- Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
Pour les siècles des siècles. Amen.  »

On les chantait aussi en un usage plus ancien, à Laudes avant et après le Benedictus, ou « Cantique de Zacharie », et même entre chaque versets du Benedictus que les antiennes Ô Clavis David et Ô Oriens illustraient tout particulièrement, à l’aurore, au lever du soleil[49]. On répétait ensuite de douze à quinze fois, le cri « Ô Noël »[50].Ce cri de « Ô Noël » semble avoir accompagné aussi les antiennes « Ô » des vêpres, comme le rapporte un ancien vespéral : « Un usage analogue existe de nos jours encore dans le diocese de Reims, où l'acclamation Noël, six fois répétée, sert de refrain à quatre reprises, à des versets tirés de l'Écriture, à la fin de chaque office de l'Avent »[51].

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, comme il l'avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :salut qui nous arrache à l'ennemi,à la main de tous nos oppresseurs, amour qu'il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,serment juré à notre père Abraham,de nous rendre sans crainte, afin que délivrés de la main des ennemis nous le servions, dans la justice et la sainteté en sa présence, tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut : tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu, quand nous visite l'astre d'en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix »

Une lettre Ω… comme l'attente d'un enfantement[modifier | modifier le code]

Cette interjection annonce le Mystère de Noël étant la première lettre du mot grec « Ωδις » signifiant « l'enfantement, les douleurs de l’enfantement et son fruit, l’enfant. » (Luc, 2, Apocalypse, 12.). « Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l'enfantement » (apôtre Jean, Apocalypse, 12:2.). C'est la fête de l'attente de cet enfantement.

Un Ω désidératif[modifier | modifier le code]

Initiale O. Les antiennes sont la prière des prophètes et traduisent leur ardent désir de la venue du Sauveur Jésus, montant vers le Ciel.

Ce « Ô » est aussi, une interjection « désidérative » marquant le désir [réf. souhaitée], il exprime le désir ardent, l'attente, l'espérance. Pour les anciens, l'invocation, la prière surtout : « l'Appel ». Cet adverbe désidératif, exprime selon le moine Radulphus, « la longue attente, le désir ardent, la soif que les Pères anciens et les douze prophètes ont eu du Messie qui viendrait sauver Israël et toute l'humanité ».

« Les justes venus au monde au début, comme Abel et Noé, ont été, pour ainsi dire, appelés à la première heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. D'autres justes venus après eux, Abraham, Isaac, Jacob et tous ceux qui vivaient à leur époque, ont été appelés à la troisième heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. Il en ira de même pour ces autres justes Moïse, Aaron et tous ceux qui ont été appelés avec eux à la sixième heure ; puis les suivants, les saints prophètes, appelés à la neuvième heure, goûteront le même bonheur que nous. À la fin du monde, les chrétiens, qui sont comme appelés à la onzième heure, recevront avec eux le bonheur de la résurrection. Tous le recevront ensemble. Voyez pourtant combien de temps les premiers attendront avant d'y parvenir.

Ainsi ils obtiendront ce bonheur après une longue période, et nous, après peu de temps. »

— Saint Bernard (de Clairvaux), Sermon 87,1.4-6[52]

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L'oméga symbolise après des millénaire d'attente, l'incarnation du Verbe et les deux avènements du Seigneur : Sa naissance, sa venue, et son retour (la parousie) c'est-à-dire le premier et le second avénement, et successivement : l'attente des patriarches, celle des prophètes, l’attente des justes, l’attente des chrétiens.

Un Oh d’émerveillement[modifier | modifier le code]

Dans les antiphonaires, le Ω est devenu O. Marie enceinte, porte en elle le Soleil de Justice. Vêtue de rose, couleur qui représente la joie, l'antienne Ô Oriens (Aurore, Soleil levant) , le dimanche Gaudete :Quelle « est celle-ci qui s'avance comme l'aurore, belle comme la lune, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille? » (Cantique 6:10) elle tient à la main, les saintes écritures

Les antiennes anglaises utilisent parfois la forme « Oh » comme vocatif, quoique la forme O soit préférée. Ce O vocatif, et désidératif, exprime aussi par extension de sens poétique, l'étonnement, l'admiration, l'émerveillement devant la grossesse de Marie, (rendue fécondée par le Saint-Esprit selon la foi chrétienne) et « Mère du Verbe incarné » qui fait le « petit enfant faible et innocent »… : Selon Jacques Viret[53] par exemple, ce « O » de forme ronde, ce cercle évoque le soleil et le solstice d'hiver de Noël.Sous le soleil il a reçu sa forme et du soleil, dans le ventre de sa mère il a reçu la forme : la lettre O comme l' oméga ressemble à merveille à la rondeur du ventre d'une femme enceinte du Fils de Dieu, le Très-Haut, le Saint des saints, et prête à...perdre les eaux le soir de Noël. L'oméga évoque le nom symbolique de Jésus dans l'Apocalypse : Je suis le premier et le dernier, le Vivant.

« Ayant formé le soleil, sous le soleil Il a reçu sa forme. Ayant ordonné l'ensemble des siècles depuis le sein du Père, depuis le vente de sa mère, Il rend ce jour-ci sacré. En Lui il demeure, d'elle Il naît. Créateur du ciel et de la terre, Il naît sur la terre et sous le ciel. Sage au-delà de toute parole, sage avant de pouvoir parler. Il couvre le monde, Lui que contient une crèche. Il règle le cours des astres, cet enfant à la mamelle. Grand comme Dieu, petit comme serviteur, sans que sa Petitesse diminue sa Grandeur, et sans que sa grandeur accable sa Petitesse. Car en revêtant un corps humain, Il n'a pas cessé de faire œuvre divine ; et ne s'est pas relâché de l'étroit embrassement par lequel Il soutient l'univers d'une extrémité à l'autre, et le dispose harmonieusement : quand Il S'est revêtu de l'infirmité de la chair, le sein d'une Vierge l'a recueilli, sans L'emprisonner; et sans rien soustraire au pain dont il nourrit la sagesse des anges, Il nous a donné à goûter combien doux est le Seigneur »

— Saint Augustin

Les antiphonaires manuscrits ne représentaient jamais la lettre Ω ou double OO original, mais toujours la lettre O latine, relevée la plupart du temps d'une autre couleur que celle du texte (généralement en rouge ou en bleu) voire en enluminant l'antiphonaire d'un grand « O » turquoise[évasif].

Une lettre mystérieuse[modifier | modifier le code]

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Alpha et Oméga évoquent le livre de l’Apocalypse, dont le nom est devenu synonyme de fin des temps, alors qu'il signifie « révélation » (de ce qui était  caché ) : « Je suis le premier et le dernier », « le Vivant » ( le chiffre dix-huit, symbole ésotérique du chiffre des lettres du verbe hébreu chaya, signifiant vivre, vivant, la vie chez les juifs, haï mais aussi tout simplement l'alpha, le Créateur de la Vie (Genèse), et l’oméga, le Christ ressuscité, le Vivant, ( des Evangiles) c'est-à-dire le Verbe incarné) le premier avénement (=adventum) du Christ mais aussi le dernier comme le souligne Jacques de Voragine et d'autres auteurs, le début et la fin des temps, la création et la parousie, le jugement dernier. ( cf. symbolique des antiennes Ô). Entre tous ces symbolismes, le cri d'appel de l'homme vers Dieu est cependant le plus grand et le seul évident puisque grammaticalement il s'agit bien d'un vocatif, et rien d'autre que cela : mais à l'époque du Moyen-Age , on aimait beaucoup gloser et trouver des sens secrets et cachés, interpréter les mots : Avent, adventum, alpha, mais aussi oméga, arrivée du Christ, mais aussi retour du Christ: « Maranatha » crie saint Paul dans l'attente de ce retour : viens, Seigneur Jésus. (Ce cri n’existe d'ailleurs pas en hébreu, on ne le trouve qu'en araméen, dans les épîtres de Paul).Ce Veni deviendra avec le cri de « 'Noël !!! » l'invocation de la naissance du Christ : Veni, Redemptor gentium; Ostende partum virginis, Miretur omne saeculum, .Talis decet partus Deo. (saint Ambroise) jusqu'aux Noëls contemporains : Venez, Divin Messie !

Il semble exister une autre possibilité, en raison de plusieurs mots latins importants tel « Omnes ». Selon une mentalité médiévale, la lettre « O » aurait été assez mystérieuse. Ainsi, un labyrinthe « O » se trouve dans le manuscrit du chant grégorien Graduale Albiense auprès de la Bibliothèque nationale de France (XIe siècle) [lire en ligne]. Le Ω devenant O dans les antiphonaires, le son reste le même.

La Nativité (Musée Benaki d'art et d'histoire à Athènes).

Une lettre issue de la liturgie grecque[modifier | modifier le code]

Si l'origine est assez ancienne, il est possible que cette pratique soit issue de la langue grecque comme le trisagion. Rappelons que, pendant les premiers trois siècles, la célébration de l'Église catholique fut exécutée en grec. Si tous les textes furent remplacés en latin au IVe siècle, dans le chant vieux-romain, chant officiel du Saint-Siège jusqu'au début du XIIIe siècle, il restait quelques versets en grec. Ceux-ci pourraient remontrer entre les Ier et IIIe siècles, même si les cinq manuscrits restants ne furent copiés qu'à partir de 1071 :

Alleluia.
O Kirioc keba kyleocen
euprepia enedisato .........
(Alléluia.
Le Seigneur règne maintenant,
il est revêtu de majesté, .........)

Ce verset était très important, car il s'agissait de celui des vêpres de Pâques, fête la plus distinguée de l'Église. Celui-ci était encore chanté lors de la messe du lundi de Pâques, juste avant la lecture de l'Évangile.

La canon de Pâques de saint Jean Damascène comprenait par exemple cette invocation « Ὤ Πάσχα τό μέγα ἱερώτατον, Χριστέ, ὤ Σοφία καί Λόγε τοῦ Θεοῦ καί Δύναμις »[54]. « Ô Christ, […] Ô Sagesse, Verbe et Puissance de Dieu ». C'est pour cette raison que les anciens auteurs comme Reiner ont insisté sur l’origine grecque du « Ô » comme étant un Oméga.

« Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » (Livre d'Isaïe 25)

alpha et oméga

Structure des antiennes[modifier | modifier le code]

Forme tripartite[modifier | modifier le code]

D'après l'abbé Bohler, le cycle des antiennes Ô est structuré par une « forme tripartite récurrente » :

«  Tout d’abord une partie commençant par le vocable « O » suivi du titre christologique. Une deuxième partie va déployer, commenter le titre conféré. Enfin la troisième partie est toujours un appel qui commence par le verbe « veni » (viens).L’appel est systématiquement en lien avec la deuxième partie. D’après les catégories d’analyse de l’édition critique de l’antiphonaire par l’abbaye deSolesmes on peut se rendre compte que la structure musicale est complètement calquée sur la structure narrative. La mélodie de chaque antienne forme une «  période » que l’on peut nettement diviser en trois « incises ». Chaque « incise » correspondant à chacune des trois parties narratives. Les deux premières incises formant un «  membre » de la période, correspondant au «  protasus ». La dernière incise formant le deuxième «  membre » correspondant à «  l’apodosis ». Le «  protasus » permet de souligner la structure narrative de l’annonce du titre christologique et de son déploiement littéraire. «  L’apodosis » permettant alors de souligner l’appel. La grammaire musicale épousant parfaitement la grammaire littéraire, nous sommes en présence d’un chef-d’œuvre du genre. »

— Abbé Emmanuel Bohler, Les titres christologiques dans les 7 antiennes "O" de l'avent [55]

L'acrostiche « ero cras »[modifier | modifier le code]

14th-century painters - French Bible of Hainburg - WGA15869.jpg

L'initiale du premier mot de ces sept antiennes de la dernière à la première donne en inversé (« en miroir ») [56] , en latin l'acrostiche ERO CRAS : « Demain je serai là » présent dans l'Office de la Nuit de Noël eucharistique. En rajoutant l'antienne Ô Virgine Virginum, cela donne aussi « vero cras ». Il s'agit bien entendu de Noël et du Dieu Eternel entré dans le temps. Cet acrostiche « en miroir » correspond la liturgie de Noël : « Demain » (cras) devient alors « Aujourd'hui » (hodie), car le grand chant de Noël par excellence est alors la séquence grégorienne tirée du prophète Isaïe, Hodie Puer Natus est, « aujourd'hui un enfant nous est né... » ; on trouve également dans la liturgie du 24 décembre de l'Office des laudes, l'antienne initiale : « Aujourd’hui le Seigneur va venir, demain vous verrez sa gloire ».

Le verbe « ero » est le futur latin du verbe esse, je suis : un de noms de Dieu et le plus grand en hébreu : YHWH. L'étymologie indo-européenne du mot « cras » k̂eu-* (« briller »), renvoie à celle de aurora(« aurore, aube ») et uro (« brûler ») qui comporte la même métaphore du moment où la lumière du jour commence à briller : c'est la messe de l’Aurore de la nuit de Noël, mais aussi et surtout, l'avénement de la vraie lumière après des siècles de ténèbres.

Une autre interprétation donne SARC ORE c'est-à-dire sarx, « corps » en grec, ore, de os « bouche » en latin, évoquant le « Verbe fait chair », c'est-à-dire bouche de chair, lèvres humaines, parole humaine, voix humaine, la Parole de Dieu le Père sur des lèvres humaines, car le Christ est la seule « Parole » du Père[57]. Soit, le corps de Jésus, né d'une Vierge, le nouveau Temple : « voix du Seigneur dans la force, voix du Seigneur dans l’éclat (Ps.29:4 psaume chanté à la fin de la fête des Tentes : « Dieu a habité parmi nous ». ) » :

«  Les sept emplois de l’expression « voix du Seigneur » (Ps.29), qui revient comme un refrain, sont là pour nous indiquer que Dieu nous parle de multiples façons. Il nous parle par sa Création, il nous parle encore par sa Parole de Vie que nous trouvons dans la Bible, il parle enfin en chacun de nous par une voix intérieure (cf. saint Augustin : « Et, cette raison, c’est votre Verbe, le principe de tout, la voix intérieure qui nous parle », Confessions, Livre XI, Ch. VIII, no 10 [58] »

Soit l'Eucharistie, nourriture, liée à l'Amour divin comme Nouvelle Alliance succédant à l’ancienne[59]. Les antiennes seraient donc une sorte de préparation pour recevoir avec le cœur à Noël, l’Enfant Jésus, ses pleurs et ses cris, dans la crèche, lui qui est le Cœur de Dieu et Dieu fait chair : c'est le Mystère de Noël[60].

Manière de les chanter[modifier | modifier le code]

Importance de l'élan mélodique de la syllabe « Ô »[modifier | modifier le code]

O Sapientia, la première grande antienne de l'Avent.

Comme la nature de ce chant est complètement différente de la musique contemporaine, il faut consulter les notations anciennes, notamment celle de l'antiphonaire de Hartker, en faveur de l'interprétation correcte de ce chant artistique. La notation à gros carrés, à droite, reste utile pour le solfège. Dans la notation de Hartker, les neumes attribués à la syllabe « Ô » sont identiques [lire en ligne] alors que les versets varient en raison des textes différents et de leur accentuation. Cet « Ô » n'est pas une simple introduction. Il s'agit d'une première mélodie importante, avec la valeur du terme « Ô » accentué.

Selon les notations authentiques, la mélodie « Ô » se compose de quatre notes : Ré - Fa - Fa - Mi (mélodie identique dans la notation à droite, La (3 x ½) Do (=) Do (½) Si selon la clef C (= Do), mais à l'époque de la composition du chant grégorien, le demi-ton Si n'existait pas encore.). Les deux premières notes sont déjà vraiment importantes. En effet, les et Fa ne sont autres que les deux tons principaux du deuxième mode (Protus plagal), plus précisément le ton final (Ré, voir le terme prudentiæ à la fin) ainsi que le teneur (Fa). À savoir, la couleur de toutes ces grandes antiennes est déterminée avec ce premier élan Ré - Fa. En conséquence, il faut chanter soigneusement ces notes, en précisant le mode II. Il s'agit du mode employé dans toutes premières antiennes « Ô ».

De plus, il faut une articulation raffinée pour ces deux notes. Le copiste sangallien écrivit un pes rond épisémé (Pes épisémé2.png), qui indique l'importance de la deuxième note. L'élan se commence, avec une note moins importante (il s'agit d'une caractéristique du chant grégorien, au contraire de la musique moderne qui pose toujours le rythme principal à la première note) et se développe vers la deuxième note. Dans les manuscrits de Saint-Gall, ce neume était fréquemment attribué aux mots importants.

Moines franciscains, chantres, au lutrin. Lombardie, 1470-1471

Cette tension mélodique se continue encore, en faveur de la troisième note à l'unisson, sommet de cet élan. Le notateur de Saint-Gall ajoutait une lettre significative t à toutes les premières huit antiennes, afin d'allonger la troisième note. Désormais, ces deux sons principaux et Fa assurent l'unité architecturale en tant qu'axes. D'autres notes dans les élans suivants ne sont autres que les ornements sur l'axe , puis celui de Fa, d'après la notation.

La quatrième et dernière, Mi, est une note de détente partielle en demi-ton, pour la préparation de l'élan suivant. Le copiste employait un neume particulier, pressus minor qui signifie l'unisson suivie d'une note légèrement basse. Même si cette note un peu basse n'est plus sommet, Dom Eugène Cardine de Solesmes considérait qu'il s'agit également d'une note soulignée, en dépit d'une ambiguïté rythmique de ce neume[61]. En résumé, on doit chanter attentivement cet élan « Ô » avec un raffinement artistique.

Par ailleurs, ce motif en mode II Ré - Fa - Fa - Mi, très solennel, n'est pas étrange. Celui-ci se trouve dans quelques chants des prêtres de la messe en forme extraordinaire, notamment juste avant le Pater noster : Per ipsum, et cum ipso. Même après le concile Vatican II, on conserve cette mélodie en langue vulgaire.

Exécutants[modifier | modifier le code]

Sans mélisme, les antiennes ne sont pas difficiles à chanter. Néanmoins, on peut considérer qu'en raison de leur fonction importante, l'exécution était confiée aux schola et chantres. En effet, le notateur de l'antiphonaire de Hartker, le meilleur manuscrit de l'antiphonaire en grégorien, employait les neumes liquescents, précisant le changement délicat de l'articulation linguistique selon quelques syllabes du latin. Ces neumes particuliers n'étaient pas destinés aux fidèles.

« Prendre l'antienne » et « Faire un Ô »[modifier | modifier le code]
Trois moines au repas de vêpres, Adolf Humborg : le jardinier tend ses « racines » (radices) lesquelles étaient souvent la nourriture des moines végétariens.
Piwo pijacy mnisi.jpg
Bâton de Chantre.jpg
O Clavis David
O Radix Jéssé

« Prendre l'antienne » signifiait entonner l'antienne. « Imposer l'antienne » signifiait donner le ton ou le texte. Un ancien récit nous raconte comment les antiennes étaient entonnées. Dans quelques églises, le chancelier chargé des écoles du diocèse dispensant les cours de science entonnait la première Antienne de Magnificat Ô Sapientia. Le Doyen entonnait la seconde antienne Ô Adonaï parce que ce mot était l’anagramme de « Adonaï » ou à cause des paroles de l’antienne Dux domus Israël, parce qu’il était le chef du Chapitre.

Le Chantre à cause de son bâton cantoral en forme de tige, entonnait la troisième antienne O Radix Jessé ou à cause des paroles qui stat in signum populorum car c’est lui qui surveille avec son bâton, l’assemblée à l’église, et le peuple, de bien psalmodier et de se comporter modestement. Le Trésorier qui gardait les clefs du trésor de l’église, commençait Ô Clavis David et l’Archidiacre, dont la juridiction spirituelle comprenait un territoire situé à l’orient d e la cathédrale entonnait Ô Oriens, le Grand Archidiacre dont la juridiction s’étendait sur ville et campagne, Ô Rex gentium parce que des deux, ville et campagne, il ne faisait qu’un, facit utraque unum.

L'évêque du lieu entonnait la dernière, par exemple Ô Pastor Israël pour l'archevêque de Paris.

Dans les monastères, et ailleurs en France (Fleury) et en Angleterre (Battle, Westminster), l'ordre de les chanter était un peu différent mais tout aussi symbolique : Ô Sapientia était chantée selon les lieux (dans l'ordre : 1. Fleury, 2. Rouen, 3. St Edmund) par (1) l'Abbé, (2) le Chancelier,(3] le Sénéchal ou le Prieur, Ô Adonai par le Prieur, ou le Cellerier, qui gardait les clefs, Ô Radix Jesse, racine de Jéssé, par le Jardinier (hortulanus), le Chantre ou le Sacristain, O Clavis David par le Cellerier, Trésorier ou Chamberlain O Oriens , par le Trésorier, l'Archidiacre ou le Pitancier. Chacun recevait un peu d'argent dont les comptes des monastères gardent les traces et qui contribuait sans doute à financer la fête : « pour l’OO du Jardinier ». Ô étaient appelée encore « Olla ». On parlait de l’ Ô du prieur ou Ô du sous-prieur car l'Ô prenait le nom de la personne qui l'avait entonnée ce qui était un grand honneur, comme aussi de l'OO : 'l’OO du jardinier, l'OO du sacristain.

La collation offerte des exécutants[modifier | modifier le code]

Chacun devait faire une fête le jour de son « Ô » et en cela se montrer très généreux et pourvoir abondamment à ce festin ou collation. Le Cellerier devait procurer du pitance de bon vin. Souvent, chacun allait, après la procession, chez le Prieur, boire un « triple coup de vin » (les O étaient entonnées trois fois) : blanc, rose et rouge. Le jardinier devait donner des produits de son jardin, épices ou fruits et légumes, et, quittant ses bottes et sa cape, partait entonner l'Ô. À Durham, le maître des novices offrait un festin de figues, d'ale, de raisin, de gâteaux[62].

Article détaillé : Traditions des antiennes Ô.

[63]

Ces petites agapes vespérales succédaient au jeûne du Carême de l'Avent. En Jésus, Dieu venait s'incarner, mangeant et buvant, selon les évangiles.

Pratiques en dehors des célébrations de l'Avent[modifier | modifier le code]

Breviarium antiquissimum, folio 79r. avec les antiennes O. (cliquer pour agrandir). Voir aussi son manuscrit en ligne.

En certains établissements religieux, on chantait les grandes antiennes « Ô » au cantique final des laudes, lors de l'exécution du Benedictus[ds 5]. À vrai dire, il s'agissait de la pratique authentique au Moyen Âge, auprès du Saint-Siège[ds 1]. Pour exemple, dans le manuscrit du Breviarium antiquissimum, 11 grandes antiennes « Ô » se plaçaient Post benedicam (après le Benedictus). D'ailleurs, l'antienne « O Virgo Virginum », qui devait disparaître, ne se trouve qu'à la fin, à savoir la onzième :

  • 11 antiennes « Ô » dans le Breviarium antiquissimum (premier tiers du XIIIe siècle), folios 79r et 79v, Ms. 103 auprès de la bibliothèque de l'abbaye d'Engelberg [manuscrit en ligne]

On les répétait même après chaque verset à partir de In sanctitate et Justitia jusqu’au Gloria. « Le Benedictus est le cantique de Zacharie ; le rapprochement avec le grand personnage de l’Avent, Jean le Baptiste, a peut-être attiré le chant de ces antiennes en ce moment, d’autant plus que deux d’entre elles « O Clavis (Ô Clef) » et « O Oriens (Ô Aurore) » reprennent les termes des derniers versets du cantique Benedictus. »[64]

D'ailleurs, certains les chantaient après le Rorate. On faisait « triompher les antiennes Ô », c'est-à-dire qu'elles étaient chantées trois fois, après le Magnificat et le chant de l’antienne était alors repris à chaque reprise entre les versets de ce cantique marial, ou bien avant le Magnificat, avant et après le Gloria Patri. Elles étaient chantées selon des règles précises, mentionnées par exemple dans le Chapitre de la cathédrale d'Amiens au XIIIe siècle : l'évêque devait les entonner, ensuite le grand chantre et pas le chœur, en cape noire, rouge ou blanche.

Le son des cloches[modifier | modifier le code]

Les nouvelles cloches de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Dans les couvents et les monastères, on faisait autrefois « Sonner l'O », sonner la grosse cloche pendant toute la durée du chant des antiennes Ô, puis pendant la collation au réfectoire, et aussi dans les églises des villages, les cathédrales, pour que tous les habitants du village soient avertis de la joie de Noël.

De nos jours, du 17 au 23 décembre, le « Plenum Nord » c'est-à-dire l'ensemble des huit cloches sonnant à la volée à Notre-Dame de Paris, sonne pendant les Vêpres, au moment du chant des « grandes antiennes Ô[65] ».

Attente lumineuse de la fête de Noël[modifier | modifier le code]

Cathédrale de Chartres, Grande rosace, Christ en majesté. « Le Saint-Sacrement était exposé au centre de ce cercle rayonnant »
Rosace de la Cathédrale de Chartres, avec les douze prophètes (cliquer pour agrandir et les identifier)

Pour l'avent dont la durée est de quatre dimanches une fête des lumières est en place sur la symbolique (ordinaire) lumière et paix. (Elle est pour les chrétiens la « lumière de la foi » (avec la prière) qui est associée au diptyque « justice (divine) et paix » reproduit ordinairement dans l'architecture chrétienne et les cercles de lumières des vitraux comprenant les images des patriarches, des prophètes et de l'histoire sainte).

Basilique Notre-Dame Fourvière crypte reconnaissance à marie.jpg

Historiquement on plaçait sur le tabernacle ou sur l'autel un cercle de métal poli, déviant un peu de la ligne perpendiculaire. Sur les parois intérieures de ce cercle étaient ménagées plusieurs lances ou chevilles, sur lesquelles on implantait des cierges allumés, un par jour, comme les quatre cierges de l'Avent, jusqu'à ce que la totalité des antiennes soient chantées. Ces bougies et ces flammes faisaient de Noël une « fête des lumières », bien avant l'invention des Couronnes de l'Avent mais symbolisait surtout comme les bougies de l'Avent l'Attente de la fête de Noël par tous les chrétiens, l'Église, le clergé, les paroissiens, et surtout, par les enfants.

Ces cierges et ces flammes symbolisaient également la parole des prophètes comprise dans les antiennes : « Nous avons un témoignage plus sûr que cette vision du Thabor, ce sont les paroles des prophètes, auxquelles vous faites bien de vous attacher comme au flambeau qui brille dans un lieu obscur. (2° épître de saint Pierre, 1:19) »[66],[67].

Le Saint-Sacrement était exposé au centre de ce cercle rayonnant[68].

Cette coutume est remplacée aujourd'hui [69] par les quatre bougies de l'Avent d'un symbolisme identique à celui des antiennes Ô[70].

Au XVIe siècle un récit nous rapporte que durant le chant des antiennes, à Sens, on approchait de l'aigle du lutrin ou de l'ambon, de deux croix d'argent avec deux torches embrasées, pour les éclairer afin d'accroitre la joie liée au culte divin[71]. Un vers transmis Raoul de Rouvray montre le lien entre la fête de la Sainte Lucie et les bougies de l'avent des antiennes Ô : « Tu dona festum Nichasi Luce sequente, Dici festum nisi Luce sua, Nam sua decet « O » festum Luce referetur » : « La fête de Nichaise suit celle de Lucie, pas de fête dit-on sans Lumière, En effet le convient de relier les O à la fête de sa Lumière. »

Article détaillé : Avent.

Une préparation au baptême[modifier | modifier le code]

Baptême de Clovis, détail, ivoire, IXe siècle.

Ces lumières étaient aussi comme le signe du soir qui tombe, des vêpres, comme à Pâques, le symbole de l' illumination baptismale, un cheminement vers Jésus, qui est la Vérité, et la Lumière comme le dit par exemple l'antienne Ô Oriens : L'usage ancien était en effet autrefois, de baptiser également à la veille de Noël les catéchumènes. Clovis fut baptisé ainsi et une légende ancienne, rapporte que le baptistère de Marcellin, évêque d'Embrun, se remplissait d'eau miraculeusement pour la Nativité. Les aveugles, entendant les antiennes, s'ils ne voyaient les vitraux des Cathédrales, comprennaient, d'où l'importance de la liturgie.

« Jusqu'à la consommation des siècles, le Seigneur ne cesse point d'être conçu à Nazareth, de naître à Bethléem ; en effet, chacun de ses disciples qui reçoit en lui la fleur du Verbe, devient la maison du pain éternel ; chaque jour encore, il est conçu par la foi dans un sein virginal, (c'est-à-dire dans l'âme des croyants), et il est engendré par le baptême. » (Bède)

Attente du Salut[modifier | modifier le code]

On peut remarquer que le Cantique de Zacharie , qui suit dans l'évangile de Luc, le cantique du Magnificat, contient le thème des antiennes Ô : Ô Oriens et, O Clavis David.

Les antiennes jointes au Magnificat ( Salut annoncé à nos Pères en faveur d'Abraham et sa race à jamais) font un écho de la prédication évangélique de Jésus, lorsqu'il dit à Zachée partageant son bien (Luc, 15:9) : « Aujourd’hui, le « salut » est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’« Abraham ». En effet, le Fils de l’homme « est venu » chercher et « sauver » ce qui était perdu. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traditions des antiennes Ô.

Traditions particulières[modifier | modifier le code]

On trouve des traditions spécifiques liées aux antiennes Ô, aussi bien en Espagne, ou certains pensent qu'elles seraient apparues, qu'en Angleterre.

Par ailleurs, en Allemagne et à Liège, on rajoutait comme à Paris deux antiennes.

En Belgique et aux Pays-Bas, la « Messe d'or », ou Gulden miss, vers le 18 décembre, le mercredi des quatre temps, fêtait l' Annonciation, en plus de la fête de sainte Marie des Ô, ou fête de l'Expectation : les deux fêtes étaient bien distinctes[72].

Liturgies non catholiques[modifier | modifier le code]

La Communauté de Taizé a repris la tradition de chanter les antiennes lors des vendredi de l'Avent [73] : elles sont ainsi incluses et citées dans l'Hymnal Companion 1940 et dans l'Office Divin de chaque jour (Neuchâtel), en français [74].

Noms des églises[modifier | modifier le code]

Plusieurs églises dans le monde portent ce nom de « Nuestra-Señora de la Ô » liées à la Fête de l'Attente, de l'Expectation de la Vierge et de l'Espérance.

Statuaire[modifier | modifier le code]

Nuestra Señora de la Ô, Navas de Madroño

On trouve en Europe, à partir du XII e jusqu'au XVI siècle, et principalement au XV siècle, des statues de la Vierge enceinte, « Notre-Dame de l'Ô » de Marie sous le nom de « Vierge enceinte de l'Expectation », Expectatio B. M. Virginis, « de l'Attente », « de l'Espérance », « Notre-Dame la Blanche », « Maria gravida », « Madonna del parto », « Virgo paritura » , debout, assise, couchée, avec parfois une représentation en transparence de l'enfant Jésus dans son ventre, appelée aussi « Vierge de l'Avent » ou « Vierge des Avents » en France[75]. En Allemagne, Maria in der Hoffnung, von der guten Hoffnung, Maria Erwartung , en Angleterre par Lady of Expectation, en Italie, Madonna del Parto, Vergine partoriente [76] , en Espagne et en Catalogne, N. Señora de la Expectatión, Virgen de la Esperanza, de la O, au Portugal, Senhora do O.


En décembre 563 le concile de Trente, lors de sa 25e et dernière session, décrète ceci :

« Le saint concile défend que l'on place dans une église aucune image qui rappelle un dogme erroné et qui puisse égarer les simples. Il veut qu'on (...) ne donne pas aux images des attraits provocants ». Cette représentation iconographique des rondeurs de la Vierge tombera par la suite en désuétude[77].
Article détaillé : Vierges enceintes .

Reprises musicales des antiennes grégoriennes[modifier | modifier le code]

Le Mystère de Noël[modifier | modifier le code]

« Du 17 au 24 décembre, ce sont ensuite les grandes antiennes « O » du Magnificat : O Sagesse, O Adonaï, O Fils de la race de Jessé, O Clé de la Cité de David, O Orient, O Roi des Nations qui, avec une ardeur et une ferveur grandissantes, lancent leur appel : Viens pour nous sauver. Et toujours plus pressante, retentit la promesse : Voyez, tout est accompli, et finalement : Sachez aujourd'hui que le Seigneur vient, et demain vous le verrez dans sa gloire.

Lors de la veillée, quand scintille l'arbre de lumière et que s'échangent les cadeaux, le désir inassouvi d'une autre lumière monte en nous, jusqu'à ce que sonnent les cloches de la messe de minuit et que se renouvelle, sur des autels parés de cierges et de fleurs, le miracle de Noël. Et le Verbe s'est chair. Nous voilà parvenus à l'instant bienheureux où notre attente est comblée[78]. »

— Le mystère de Noël , conférence d' Edith Stein, Janvier 1931

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Référénces anciennes[modifier | modifier le code]

  • (la) Amalaire de Metz, Liber de ordine antiphoniis, chapitre XIII (vers 830) [lire en ligne]
  • (la) Honorius d'Autun, De Gemma Animae , Livre 3.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (la) Reiner de Saint-Laurent, Commentaire des antiennes avant Noël commençant par O , XIIe siècle.
  • (la) Raoul de Rouvroy, Chapitre de la Cathédrale d'Amiens, 1291, XIIIe siècle, pages 54–61.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (la) (fr) Guillaume V Durand , Rational ou Manuel des divins offices, le quatrième dimanche de l'Avent, p. 208-214; [lire en ligne]
  • (la)-(fr) Jean Massieux, prêtre de Mantes, La Doulce Mouëlle et saulce friande des saints savoureux os de l'Avent, Paris, (1578), (commentaire des neuf antiennes O)
  • (en) Johannes de Muris.The Summa musice: a thirteenth century manual for singers.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Jean Grancolas, Traité de la messe et de l’office divin, Paris, 1713 ; Commentaire historique sur le bréviaire romain, Paris, 1700
  • François Gauthier, Réflexions sur les O de l’Avent, en forme d’homélies, Éditeur Lottin, 1780.
  • (en) Pacific Baker o.f.m. The Christian Advent (…) : On the Great O'S, or solemn Antiphons, which are sung or said on the seven Days before Christmas-Eve. 1782.
  • (la) Edmond Martène, De antiquis Ecclesiae ritibus , Livre IV, chapitre X, p. 34.

Références contemporaines[modifier | modifier le code]

  • (fr) Les grandes antiennes O, in Le Messager des fidèles. Petite revue bénédictine, tome 2, no 9 (1885-1886), 21 novembre 1885, « Maredsous », p. 512-516.
  • (fr) Dom Lambert Beauduin, Revue bénédictine.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (fr) Prosper Guéranger, « L'Avent Liturgique » [lire en ligne]
  • (de) A. Weber, « Die sieben O antiphonen der Advents liturgie » in Pastor bonus, XIX (1906-1907), p. 109-119.
  • (en) Herbert Thurston, « The Great O Antiphonen, Heralds of Christmas  » in The Month, 106 (1905).
  • (de) A. Weber, « Die sieben O—Antiphonen der Adventsliturgie » Pastor Bonus, 19 (1906-7), p. 109—19
  • (en) Saunders, Rev. William. « What are the O Antiphons? », Arlington Catholic Herald.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) Allen Cabaniss., A Note on the date of the great antiphons, Speculum 22, (1922), p. 440-442.(Jstor)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) Allen Cabaniss, Jewish Provenience of the Advent Antiphons? , The Jewish Quarterly Review , New Series, tome 66, no 1 (juillet 1975), p. 39-56.(Jstor)
  • (nl) Camille Callawaert, « De groote Advent Antiphonen », in Sacris Erudiis, Steenbrugghe, (1942), p. 406-16 ainsi que - Steenbrugge : Abbaye Saint-Pierre de Aldenbourg, 1940, p. 405-418.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Emmanuel Flicoteaux, « Les O de l'Avent », Revue grégorienne, tome 25 à 26, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1946 p. 201-209 (= Fêtes de gloire : Avent, Noël, Épiphanie), Cerf, 1951, p. 62-73.
  • (en) Burlin, R.B. « The Old English Advent: a Typological Commentary », New Haven, CT, (1968).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) Susan Rankin, « The liturgical background of the Old English Advent lyrics : A Repraisal » in Learning and Literature, Clemoes, p. 317-340.
  • Levandosky, Dorothy, O.S.B. The O Antiphons: Reclaiming the Tradition for Our Youth. (thèse), Newman Theological College, (1998)
  • (fr) Gasser, Sylvain, «  Les antiennes O », Études grégoriennes tome XXIV (1992), p. 53-84.
  • (en) Knoblach Thomas, « The O Antiphons », dans l'Ephemerides Liturgicae, ISSN 0013-9505. (1992) tome 106, ( 3 ) juin, p. 177-204.
  • Jacques-Marie Guilmard, « Nécessité et limites du recours aux mélodies pour établir l’histoire de la création du chant grégorien » dans l'Ecclesia orans, tome 16 (1999), p. 415-517, et notamment p. 447-453.
  • Immaculata Astre, « Les grandes antiennes O de l’Avent » dans la Chronique des moniales de l’Abbaye Notre-Dame du Pesquié, 135 (1999), p. 11-36.
  • Gilbert Maurice, « Les antiennes majeures de l’avent », Quaderno No 3802, 2008, Civ. Catt. IV 319-424.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Emmanuel Boehler, Les titres christologiques dans les 7 antiennes Ô de l'Avent, ou qui est Jésus ? (revue Communio,La sainteté de l'Église, 2013)
  • Wilfrid Jones, Ero Cras?, Department of Theology and Religions at the University of Birmingham, 17th December 2014.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Cécile Davy-Rigaud, La Fête de Noël dans le diocèse de Paris au XVIIe siècle dans « La célébration de Noël du XVIIe au XIXe siècle: liturgie et tradition », Université Blaise Pascal. (2005).
  • Marie-Paule Mville, « La dimension eschatologique des antiennes O », Liturgie (revue de la Commission Francophone Cistercienne), tome 151, (novembre 2010), p. 387-405

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Susan Rankin, The liturgical background of the Old English Advent lyrics : a reappraisal, dans le Learning and Literature in Anglo-Saxon England, Cambridge University Press, Cambridge 1985, 459 p. [lire extraits en ligne]
  1. a, b, c et d chapitre 1.1
  2. chapitre 1.2
  3. chapitre 1.1, note no 41, et folio 38r
  4. index des pièces de chant : liste de 12 antiennes « Ô »
  5. chapitre 1.1, note no 42

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. rubrique de l'antiphonaire dit de Compiègne (vers 877) : « ANS (antiphonas) MAIORES IN EVGLO (Evangilio) » ; manuscrit en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8426787t/f77
  2. Patrick Banken, « Les Grandes Antiennes Ô », Una Voce (version web),‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Amalaire de Metz, Liber de ordine antiphonariis, chapitre XIII (vers 830) https://books.google.fr/books?id=wyRKAAAAcAAJ&pg=RA7-PA1266
  4. Prosper Guéranger « Avent Liturgique »
  5. http://kaldu.org/2015/12/fourth-sunday-of-subara/
  6. a et b rubrique de l'antiphonaire d'Ivrée (Xe ou XIe siècle) : « ANTIPHONE SUPER MAGNIFICAT » (Corpus antiphonalium officii, tome I (1963), p. 29)
  7. a, b, c, d et e http://www.liturgiecatholique.fr/Octave.html Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie
  8. http://www.hommenouveau.fr/1543/religion/solennite-de-la-mere-de-dieu.htm
  9. a, b et c https://books.google.fr/books?id=JegxAQAAMAAJ&pg=PA113 note no 1 : « Le jour précédent la vegille de Noel que Monseigneur a accoutume de celebrer de le O de O Virgo Virginum en la grant salle du manoir archiepiscopal de Rouen, après que les vespres de l'esglise de Rouen sont dictes, les chanoines et tous ceulx qui portent l'abbit de l'esglise en conviennent ladicte salle ou ils chantent : O Virgo Virginum ! et boivent chacun deux fois de vin... (1451 ou 1452) »
  10. a et b Jean Favier, Charlemagne, Tallandier Texto, Paris 2013 (ISBN 979-10-210-0081-0), p. 418 - 424
  11. a et b (en) Fr. William Saunders, « Scholar's Archives: Saunders, Rev. William, Ph.D., », sur Institute of Catholic Culture (consulté le 26 janvier 2016)
  12. (en) Jackson J. Campbell, The Advent Lyrics of the Exeter Book, Princeton Legacy Library,‎ (lire en ligne), p. 6
  13. (it) Studi e Testi, Vatican,‎ , p. 44
  14. (la) Saint Pacien, Lucifer de Cagliari et Damase Ier, Sanctorum Damasi papae et Paciani nec non Luciferi, episcopi Calaritani, Opera omnia juxta memoratissimas Merendae, Gallandi, et fratrum Coleti editiones recensita et emendata. Intermiscentur Felicis papae II, Faustini et Marcellini, Theodosii Magni, Pacati, variorum, Filocali, Sylvii, S. Virgilii Tridentini, Julii Hilariani, S. Siricii papae, universa quae exstant opuscula, ex Gallandi, Constantii Bollandistarumque completissimis collectionibus excerpta, castigata, et nunc primum in unum volumen coadunata,‎ (lire en ligne), p. 378
  15. Allen Cabaniss , A Jewish Provenience of the Advent Antiphons? The Jewish Quarterly Review - New Series, Vol. 66, No. 1 (Jul., 1975), p. 49.
  16. Allen Cabaniss, 'A Note on the Date of the Great Advent, Speculum 2, page 440.
  17. « Die O-Antiphonen der vorweihnachtlichen Adventswoche sind Meisterwerke der spätantiken kirchlichen Dichtkuns. (…) Schon der christliche Philosoph Boethius, der um 525 starb hat sie wohl gekannt. »Ludger M. Reichert, « Die sieben O-Antiphonen des Hohen Advents », sur Bistum Mainz (consulté le 26 janvier 2016)
  18. Jean-Eugène Decorde, « OO de Noël », dans Dictionnaire du culte catholique, Paris,‎ (lire en ligne), p. 223
  19. Jean-Baptiste Gergerès, Le culte de Marie : origines, explications, beautés, Paris, Ambroise-Bray,‎ (lire en ligne), « L'expectation, ou l'attente de l'enfantement de la Sainte Vierge », pp. 86 – 87
  20. a, b et c Dom Daniel Saulnier, Trois sessions grégoriennes en faveur des religieux, tenues en 2003, 2004 et 2005 http://palmus.free.fr/sessions.html
  21. Daniel Saulnier, Le chant grégorien, p. 9, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2003 ; l'allure générale et l'architecture modale étaient normalement conservées tandis que la manière de l'ornementation était considérablement différente.
  22. C'est-à-dire, une Vierge de l'Avent est entourée de ces douze prophètes tentant en main leurs prophéties écrite sur des phylactères de papier
  23. Haimo de Faversham, Sources of the modern Roman liturgy. 2. Texts ^page 140. «  Incipit tabula parisiensis que de antiphonis ante nativitatem domini positis sufficienter ordinat. De specialibus antiphonis laudum que ponuntur ante nativitatem…»
  24. « Habeatur tabula parisiensis in omnibus locis fratrum que sufficientissime ordinat de antiphonis dicendis ante nativitatem domini. » cité dans J. Dalarun, «  Vers une résolution de la question franciscaine: La Légende ombrienne »
  25. Oleries sur le CNRTL
  26. Olery dans le dictionnaire Godefroy
  27. Livre d'église à l'usage du diocèse de Sens page 118;[[|]] (en)
  28. a et b Emmanuel, dans l'Ancien Testament, est le nom par lequel le prophète Isaïe désigne le messie à venir, annonçant qu'il naîtra d'une vierge. Pour les chrétiens, c'est un adjectif qui qualifie Jésus-Christ (l'Emmanuel) en souvenir de sa naissance terrestre, Dieu venu parmi les hommes. C'est pourquoi dans les calendriers chrétiens il est célébré le :
  29. Cf. L’Orient chrétien#Histoire et le Christocentrisme.
  30. http://saintebible.com/ephesians/2-14.htm de
  31. ]Mgr Sarnelli, Correspondance de Rome, « les Antiennes de Noël », Vol 1, Rome, 1848, p. 50. Mgr Sarnelli était le confesseur deMélanie, voyante des apparitions de La Salette - « Les Antiennes de Noël » dans Correspondance de Rome, Volume 1- Pie IX
  32. Psaume 24 :Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. C'est toi que j'espère tout le jour en raison de ta bonté, Seigneur « Debout ! Viens à notre aide ! Rachète-nous, au nom de ton amour ! »
  33. 1975).
  34. François Louis Gauthier
  35. « au premier {jour} de {la semaine de} Jedaiah {qui tombe} le douze du {septième mois}. Le second {jour} in { durant la semaine de} Abiah {qui tombe} le vingt cinq du huitième {mois}» cf. Qumran-heritage.blogspot.fr
  36. « au premier {jour} de {la semaine de} Jedaiah {qui tombe} le douze du {septième mois}. Le second {jour} in { durant la semaine de} Abiah {qui tombe} le vingt cinq du huitième {mois}» cf. Qumran-heritage.blogspot.fr
  37. https://actualitechretienne.wordpress.com/2013/12/23/luc-henrist-a-propos-du-25-decembre-de-larbre-de-noel-et-des-trois-rois-mages/.
  38. Le calendrier lunaire 4Q321 (pl) de la grotte 4 de QumranConsulter: Henriette Horovitz, Jésus de Nazareth, « Études sur la Nativité et la Crucifixion », p. 24,2013 lien web=wiki.ebior.be/images/archive/6/.../20130526164656!Www.ebior.org.pdf
  39. Consulter: Henriette Horovitz, Jésus de Nazareth, « Études sur la Nativité et la Crucifixion », p. 24,2013 lien web=wiki.ebior.be/images/archive/6/.../20130526164656!Www.ebior.org.pdf
    Article détaillé : [[Qumran calendrical (en)]].
  40. (Voir pour l'aspect philosophique concomitant de la société en société/corps social: "Attente de Dieu" qui est un recueil de lettres écrites par Simone Weil en 1942 sur le sujet de « l'Église qui se présente en tant que corps social »).
  41. Croix de la Victoire célébrant l'apparition de la Vierge Marie dans la grotte de Covadonga des Asturies. Source: http://www.lecoindelenigme.com/chrismon-IHS-5.htm.
  42. Reinerus S. Laurentii Leodiensis, Super novem ante natalitias Antiphonae ab O exordientes... in De claris scriptoribus monasterii sui, Livre 3, consacré entièrement aux antiennes.cf Histoire Littéraire de la France tome 14.
  43. La lettre grecque oméga ω correspond à la lettre syriaque (issue de l'accadien donnant l'araméen) taw qui est apparentée à ת en hébreu c'est-à-dire le Tau grec. Ce sont les dernières lettres de leur alphabet respectifs. Le « T » est celui de la Croix. Le Messie attendu et « Sauveur » fut un Messie crucifié. On peut ainsi aller du « Cycle de la Nativité » de Jésus au « Cycle de la Passion » du Christ.
  44. https://en.wiktionary.org/wiki/O#Particle
  45. Hilarité, au XIIIe siècle « joie douce et calme » (Wiktionnaire).
  46. Munus amicitiae congruum, quod nostra exhibet officiositas, iucunde tui vultus acceptet hilaritas, ut per hanc exhibiti muneris speciem amici sedulo contempleris imaginem.[...] Hoc iucundae laudis clara personat celebritas: hoc novae tripudium laetitiae, et pia sanctarum exprimit mentium hilaritas. Haec de observantia tam celebri strictim, tenui verborum copia dixerimus, ne amico familiari officiositatis propriae opera aliquatenus defuisse videatur. [lire en ligne]
  47. « In Bethleem autem per totos octo dies cotidie is ornatus est et ipsa laetitia celebratur a presbyteris et ab omni clero ipsius loci et a monazontes, qui in ipso loco deputati sunt. Nam ex illa hora, qua omnes nocte in Ierusolima reuertuntur cum episcopo, tunc loci ipsius monachi, quicumque sunt, usque ad lucem in ecclesia in Bethleem peruigilant ymnos seu antiphonas dicentes, quia episcopum necesse est hos dies semper in Ierusolima tenere. Pro sollemnitate autem et laetitia ipsius diei infinite turbae se undique colligent in Ierusolima, non solum monazontes, sed et laici uiri aut mulieres. » Bibliotheca Augustana, Itinerarium Egeriae Capitulum XXV
  48. Solothurn, Zentralbibliothe, k Cod. S 378 – Breviarium canonicorum regularium monasterii f. 292r, Lombardie, · 1470/1471
  49. Revue grégorienne, Volumes 25 à 26, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1946. « Les O de l'AVENT »;
  50. La célébration de Noël du XVIIe au XIXe siècle: liturgie et tradition , Université Blaise Pascal [lire en ligne]
  51. « Vespéral à l'usage de Reims », 1913 Amédée Gastoué, "Le Cantique populaire en France", Lyon, 1924, p. 130. Cité par Cécile Davy-Rigaud, La Fête de Noël dans le diocèse de Paris au XVIIe siècle in : La célébration de Noël du XVIIe au XIXe siècle: liturgie et tradition , Université Blaise Pascal.
  52. Sermon 87,1.4-6 ; PL 38, 530-533 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 139. (Source du texte: site Evangile au Quotidien).
  53. « Le chant grégorien et la tradition grégorienne », Jacques Viret, page 63.
  54. http://www.parembasis.gr/index.php/menu-teyxos-224/4101-2015-224-03
  55. Communio, Revue de théologie internationale , novembre 2013
  56. Les titres christologiques dans les 7 antiennes « O » de l’avent, ou « qui est Jésus? »
  57. Jean de la Croix, Montée du Carmel.
  58. fr. Marc Leroy, o.p. Psaume 29 : Tous s’écrient : «Gloire», Spiritualité 2000.
  59. « Car celui qui mange de la seule bouche du corps, mange indignement, mais celui qui prend de la bouche du corps et de la bouche du cœur , celui-là mange dignement. »
  60. http://elcientoporuno.blogspot.fr/2011/12/genialidades-del-gregoriano-i.html
  61. Sémiologie grégorienne, p. 81
  62. The Great Antiphons, Heralds of Christmas, The Mond, 1905, p. 623
  63. « On désigne, par O, les antiennes solennelles de vêpres qu'on chante les sept jours précédant la fête de Noël, et qui commencent toutes par cette lettre. C'est un cri vers le Messie attendu sept fois répété. On voit ici que ce sont les grands dignitaires de l'Église qui avaient le privilège de les chanter. C'est ce qu'on appelait « faire un O », c'est-à-dire chanter une des antiennes commençant par la lettre O. Mais comme le jour où ils remplissaient cette fonction était pour eux un jour de fête, ils offraient, à cette occasion, aux autres officiers de l'église, une collation... » Ducourtieux, Paul (1846-1925), État du clergé du Diocèse de Limoges in : Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, page 329.
  64. Dom Adrien Nocent, Contempler sa Gloire
  65. Ordre de sonnerie des cloches de Notre Dame de Paris
  66. Commentée par Jean de la Croix dans la Montée du Carmel, live 2 chapitre XIV.
  67. Martin Schongauer, Collégiale Saint-Martin de Colmar Dans le nimbe d’or de la Vierge, un texte fait parler une rose : « Me carpes genito tu quoque o Sanctissima Virgo » : « Tu iras, toi aussi, me cueillir (pour ton fils), ô très Sainte Vierge » - Antienne de la Fête du Saint-Rosaire « Les filles de Sion l'ont vue comme un rosier couvert de fleurs, et ils l'ont proclamée bienheureuse. »
    Cf: Architecture chrétienne du Moyen Âge et Chœur (architecture). Cette attente et cette obscurité a été formalisée dans l'architecture sacrée chrétienne qui originellement la tenait pour principe. De même l'expression par la voix humaine (et les instruments de musique) définit le principe du changement de monde, une fois le Tympan (architecture) du Portail et son Gable (architecture) en forme de A majuscule franchis. La lumière rentrant par la Rosace (architecture) (Voir illustration ci-contre de la Rose mystique →).

    « L'ensemble du vocabulaire descriptif architectural a été redéfini au Moyen Âge.(En substance) »

    — Jean-Marie Pérouse de Montclos, Architecture. Méthode et vocabulaire, éd. du patrimoine, Paris, 7e éd. 2009

    . (L'occulus suit suivant le même principe pour l'architecture musulmane).
  68. La coutume de cierges allumés chaque jour pendant cette octave et celle de l'Avent, rappelle également soit la ménorah, soit la fête de Hanoukka, comme le rappelle Allen Cabaniss, fête qui se célèbre au même moment chez les Juifs, « fête des lumières » également, mais aussi la date hivernale de Noël à laquelle on se réchauffait et s'éclairait de nuit, grâce aux flammes du feu ou des bougies. Dans les évangiles, Jésus, en hiver, pendant cette fête de la Dédicace se place « sous le portique de Salomon » pour affirmer qu'il est bien, le Lumière, la « Sagesse » incarnée (celle proclamée par Salomon) et surtout, le Messie attendu à ceux qui lui demandèrent : « C'était l'hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. » (Évangile selon saint Jean 10:22-23)
  69. « Temps liturgique précédant la fête de Noël. Quatre dimanches de l’Avent. Ce temps de préparation à la célébration de la naissance de Jésus est marqué par la symbolique de l’attente et du désir. Une tradition de l’Avent utilise la symbolique des bougies au long des quatre dimanches. Premier dimanche la bougie symbolise le pardon à Adam et Eve, Deuxième dimanche la bougie symbolise la foi des Patriarches, en la Terre Promise. Troisième dimanche la bougie symbolise la joie de David, célébrant l’Alliance avec Dieu. Quatrième dimanche la bougie symbolise l’enseignement des Prophètes, annonçant un règne de paix et de justice. Avent : début de l’année liturgique. » Source: Église catholique en France, http://www.eglise.catholique.fr/
  70. Dom Guéranger http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/avent/061.htm
  71. et tunc ad aquilam deferentur duæ cruces argenteæ cum duabus taedis accensis, ad majorem jubilationem et divini cultus augmentationem.
  72. Fêtes de Marie au 18 décembre et la Messe d'Or, in : Collection de précis historiques, littéraires, scientifiques, Volume 13, Par Edouard Terwecoren (S.J) [lire en ligne] p. . 593-603.
  73. Allen Cabaniss, A Jewish Provenience of the Advent Antiphons? , The Jewish Quarterly Review, New Series, Vol. 66, No. 1 (Jul., 1975), p. 42, note 10.
  74. Liturgie de Taizé
  75. Le livret de l'exposition sur les Vierges enceintes - Marie de Cucugnan
  76. La vergine partoriente di Is 7:14
  77. Source :M. Christian JOUFFROY, membre titulaire, La maternité dans l'iconographie mariale : Les Vierges enceintes ou allaitantes dans l'art chrétien , Mémoires de l' Académie nationale de Metz, 2007. Texte [pdf] : http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/34017
  78. Le mystère de Noël, conférence d' Edith Stein, janvier 1931

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