Communauté Saint-Martin

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Communauté Saint-Martin
Image illustrative de l’article Communauté Saint-Martin

Repères historiques
Fondation 1976
Fondateur(s) Jean-François Guérin
Lieu de fondation Gênes, Italie
Siège Évron, France
Fiche d'identité
Église Catholique
Type Association cléricale publique de droit pontifical, ayant la faculté d'incardiner
Dirigeant Abbé Paul Préaux
Membres 115 prêtres et 120 séminaristes
Localisation France, Italie et Cuba
Sur Internet
Site internet communautesaintmartin.org

La Communauté Saint-Martin est une association de prêtres et de diacres séculiers vivant leur apostolat en commun au service des diocèses. Elle compte, en 2020, plus de 150 prêtres et diacres dans 26 diocèses et plus de 100 séminaristes. Elle a été fondée par l’abbé Jean-François Guérin en 1976.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers membres de la Communauté Saint-Martin furent accueillis en 1976 au couvent capucin de Gênes-Voltri par le cardinal Giuseppe Siri, archevêque de Gênes, où ils menaient la vie commune autour du fondateur, l'abbé Jean-François Guérin. Ils suivaient les cours au séminaire interdiocésain de Gênes. En 1983, la Communauté reçut son premier ministère paroissial dans le diocèse de Fréjus-Toulon. En 1993, l'occasion se présenta d'implanter la maison-mère en France, près de Blois, à Candé-sur-Beuvron[1]. La maison-mère est aussi maison de formation pour les futurs prêtres et diacres de la Communauté. La partie intellectuelle de la formation est assurée par une École supérieure de théologie, affiliée depuis 2007 à l'Université pontificale du Latran, à Rome. L'École publie une revue semestrielle, Charitas.

La communauté connaît une forte croissance depuis 2000, et représente en 2014 un quart des entrées en séminaire des diocèses français[1].

La maison-mère, et maison de formation, était située à Candé-sur-Beuvron, près de Blois de 1993 à 2014. En septembre 2014, le siège de la maison-mère et de la maison de formation a été déménagé à Évron, en Mayenne, où la Communauté Saint-Martin a acquis l'abbaye Notre-Dame d'Evron. Cette dernière voit quotidiennement évoluer, en son sein, plus d'une centaine de membres (sept formateurs et cent quatre séminaristes). Don Louis Hervé Guiny, prêtre depuis 2000, est le responsable du séminaire[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Des prêtres et des diacres en communauté au service de la mission[modifier | modifier le code]

La Communauté Saint-Martin met ses membres au service des évêques désireux de leur confier des missions apostoliques variées : paroisses, aumôneries de collège et d’internat, sanctuaires, maisons de retraite etc. Ses prêtres et diacres servent en France et à l’étranger. La formation, au sein de la Communauté, est d'ordinaire d'une durée de huit ans, jusqu'à l'ordination sacerdotale. Certains membres choisissent la vocation de diacre permanent.

Vie commune et mobilité sont les deux principales caractéristiques de la vie martinienne. Envoyés au moins par trois, les prêtres et diacres prient, vivent et travaillent ensemble, dans une fraternité spirituelle et pratique.

Les prêtres vivent en communauté d'au moins trois[3].

La formation dure huit ans au lieu de sept car les séminaristes doivent passer une année d'apostolat dans une paroisse[4].

Les prêtres portent le titre de « Don », en raison de l'histoire italienne de la communauté[1].

Statut canonique[modifier | modifier le code]

D'abord reconnue comme pieuse union de fidèles en 1979 par le cardinal Siri, archevêque de Gênes, la Communauté Saint-Martin devint en 1993 une association cléricale publique, érigée dans le diocèse de Gênes par le successeur du cardinal Siri, le cardinal Giovanni Canestri. En l'an 2000, elle fut reconnue par le Saint-Siège comme association cléricale publique de droit pontifical, dépendant de la Congrégation pour le Clergé. Cette reconnaissance fut confirmée en 2008, et complétée par l'octroi de la faculté d'appeler aux ordres les futurs prêtres et diacres, ainsi que de les incardiner au sein de la Communauté. Le modérateur général, l’abbé Jean-Marie Le Gall, premier successeur du fondateur, élu en 2004, devient Ordinaire des membres de la Communauté en recevant les pouvoirs d’appeler aux ordres et d’incardiner. Lui succède, le 26 avril 2010, l’abbé Paul Préaux.

Le code de droit canonique de 1983 ne prévoyant pas de cadre particulier pour l'incardination des membres des associations cléricales, c'est le Saint-Père qui peut concéder cette faculté. Le 11 janvier 2008, le Saint-Père Benoît XVI a concédé à la Congrégation pour le Clergé le privilège de pouvoir concéder en son nom aux associations publiques la faculté d'incardiner ses membres. Outre la Communauté Saint-Martin, à l'heure actuelle, quatre autres associations cléricales ont bénéficié de l'octroi de cette faculté. Il s'agit de l'Œuvre de Jésus Souverain Prêtre (O.J.S.S.), de la Société Jean-Marie-Vianney (S.J.M.V.), de la Fraternité des prêtres ouvriers diocésains du Sacré-Cœur de Jésus (S.O.D.) et les Prêtres de la Communauté de l'Emmanuel (Association Cléricale de la Communauté de l'Emmanuel).

Spiritualité[modifier | modifier le code]

La spiritualité de la communauté Saint-Martin s'alimente à trois sources :

Sur la base de ce triple héritage, la vie spirituelle de la Communauté Saint-Martin s'exprime principalement par la pratique quotidienne de la lectio divina et par la vie liturgique : office et messe (célébrée selon la forme ordinaire du rite romain) chantés en communauté en latin et en chant grégorien, insistance sur la spiritualité de l'année liturgique.

Tradition du chant grégorien auprès de la communauté[modifier | modifier le code]

À Lourdes, la communauté est chargée de célébrer la messe en grégorien le samedi matin à la crypte.

Fondée par un oblat de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault, fille de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, la Communauté de Saint-Martin possède une excellente connaissance du chant grégorien et peut effectuer correctement la célébration en grégorien.

Ainsi, à la suite de l'installation de ses prêtres au sein des sanctuaires de Lourdes en 2015 à la demande de l'évêque de Tarbes et de Lourdes, ses prêtres y célèbrent la messe officielle en grégorien le samedi matin[5].

Mais surtout, la communauté avait achevé et sorti en 2008 un immense livre de chant en grégorien, en trois tomes et comptant 6 388 pages. Il s'agit de la première édition des Heures grégoriennes. Dans cette optique, il avait fallu huit ans de préparation ainsi qu'une collaboration étroite avec l'atelier de Paléographie de Solesmes ayant également préparé 1 700 notations requises. Très attendu, ce livre fut épuisé très rapidement et en faveur de la deuxième édition, l'abbaye Saint-Joseph de Clairval lui succéda.

Avec son protocole N. 1102/04/L, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements du Vatican exprima ses remerciements en faveur de la communauté.

Insertion dans la société séculière[modifier | modifier le code]

La communauté a un style de vie propre et remarqué : « ils manifestent une identité heureuse, dans une forme ancienne, et ça plaît », note le sociologue Jean-Louis Schlegel[6]. En effet, « le fondateur a posé le cadre de son œuvre : rigueur des études et soin de la liturgie, largement en latin mais fidèle au concile Vatican II, néoclassique et non traditionaliste[7] » ainsi que le port de la soutane. Comme se rappelle Mgr Giraud, évêque de Soissons en 2011 qui appela la communauté, « la diversité qu'ils représentaient a été bien accueillie. La paroisse était bien tenue, les prêtres prenaient des initiatives et participaient à toutes les assemblées presbytérales. Au bout d'un moment, on oubliait la soutane[8]. »

Ministères[modifier | modifier le code]

En 2019, la communauté Saint-Martin compte plus de 125 prêtres et diacres et plus de 100 séminaristes (dont 26 en propédeutique) [9]. Elle assure des ministères variés :

Elle est chargée de plusieurs paroisses ou secteurs inter-paroissiaux dans vingt-deux diocèses de France dont[10] :

En dehors de la France, elle s'est vu confier une paroisse dans le centre de Cuba, à Placetas (diocèse de Santa Clara), les paroisses de Gênes-San Quirico et Gênes-Serro (archidiocèse de Gênes) et l'abbaye de Marienmünster, en Allemagne.

La Communauté Saint-Martin dessert plusieurs sanctuaires  : Montligeon (diocèse de Séez) ; Lourdes ; Neviges près de Cologne.

Des évêques ont également confié des aumôneries scolaires. À Saint-Raphaël, depuis 1983, mais aussi plus récemment en 2005 l'internat Notre-Dame des Blanches, l'aumônerie du collège Le Prieuré de Sambin et du Lycée catholique de Pontlevoy (diocèse de Blois). Ensuite, celle de l'ensemble scolaire Sainte-Marie de Blois (diocèse de Blois). Des membres de la Communauté Saint-Martin ont également en charge l'aumônerie de l'internat Notre-Dame-du-Puy au Puy-en-Velay et l'internat Notre-Dame-de-Pontmain à Laval, ouvert en 2014.

Enfin, elle assure des missions plus spécifiques au service du Saint-Siège, à Rome ou dans les nonciatures.

De nombreux diocèses font appel à la communauté, principalement en raison du vieillissement et de la diminution du nombre de prêtres dans les diocèses[11],[12].

Évêques issus de la Communauté[modifier | modifier le code]

Quatre évêques ont été prêtres de la Communauté Saint-Martin :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Samuel Lieven, « La France adopte peu à peu la communauté Saint-Martin », sur la-croix.com, (consulté le 10 février 2021).
  2. Article de Famille Chrétienne, paru le 16 juillet 2012 sur le site internet du journal.
  3. AFP, « Prêtres en soutane, séminaire plein: la visible ascension de la communauté Saint-Martin », sur challenges.fr, (consulté le 10 février 2021).
  4. Eléonore de Vulpillières, « Au cœur des ordinations de la communauté Saint-Martin », sur fr.aleteia.org, (consulté le 10 février 2021).
  5. « Sanctuaire de Lourdes - Communauté Saint-Martin », sur Communauté Saint-Martin (consulté le 5 octobre 2020).
  6. ibid. 
  7. « Prêtres en soutane, séminaire plein: la visible ascension de la communauté Saint-Martin », sur challenges.fr,
  8. « Comment les prêtres de la communauté Saint-Martin s’implantent dans les diocèses de France », sur lacroix.fr,
  9. Dix-sept prêtres et diacres sont ordonnés en la basilique d'Evron le 23 juin 2018.
  10. « Nos ministères en France et dans le monde », sur communautesaintmartin.org (consulté le 10 février 2021).
  11. Gauthier Vaillant, « Comment les prêtres de la communauté Saint-Martin s’implantent dans les diocèses de France », sur la-croix.com, (consulté le 10 février 2021).
  12. Jean Mercier, « Les séminaristes à l'heure du choix », sur lavie.fr, (consulté le 10 février 2021).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Farran, La Communauté Saint-Martin, documentaire du 9 novembre 2016, coproduit par KTO et IMAGINE Documentaire La Communauté Saint-Martin sur KTO.
  • Don Paul Préaux, Les Prêtres, don du Christ pour l'humanité, Artège, 2020.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]