Psaume 8

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le psaume 8[1] est attribué à David. C'est une hymne de louange de Dieu et des merveilles de la création. Pour les chrétiens, ce psaume se retrouve plusieurs fois dans le Nouveau Testament. Les versets 5 à 7 sont notamment repris dans l'épître de saint Paul aux hébreux[2].

Texte[modifier | modifier le code]

N.B. S’il y a conflit de numérotation des versets entre l’hébreu et le latin, c’est l’original hébreu qui prévaut et la traduction française le suit. Par contre, le latin ne se plie pas à la numérotation affichée. Les numéros de versets s'appliquent au texte latin, mais la traduction est décalée par endroits.

verset original hébreu[3] traduction française de Louis Segond[4] Vulgate[5] latine
1 לַמְנַצֵּחַ עַל-הַגִּתִּית, מִזְמוֹר לְדָוִד [Au chef des chantres. Sur la guitthith. Psaume de David.] [In finem pro torcularibus psalmus David]
2 יְהוָה אֲדֹנֵינוּ-- מָה-אַדִּיר שִׁמְךָ, בְּכָל-הָאָרֶץ;אֲשֶׁר תְּנָה הוֹדְךָ, עַל-הַשָּׁמָיִם Éternel, notre Seigneur ! Que ton nom est magnifique sur toute la terre ! Ta majesté s’élève au-dessus des cieux. Domine Dominus noster quam admirabile est nomen tuum in universa terra quoniam elevata est magnificentia tua super caelos
3 מִפִּי עוֹלְלִים, וְיֹנְקִים—יִסַּדְתָּ-עֹז:לְמַעַן צוֹרְרֶיךָ; לְהַשְׁבִּית אוֹיֵב, וּמִתְנַקֵּם Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle tu as fondé ta gloire, pour confondre tes adversaires, pour imposer silence à l’ennemi et au vindicatif. Ex ore infantium et lactantium perfecisti laudem propter inimicos tuos ut destruas inimicum et ultorem
4 כִּי-אֶרְאֶה שָׁמֶיךָ, מַעֲשֵׂה אֶצְבְּעֹתֶיךָ--יָרֵחַ וְכוֹכָבִים, אֲשֶׁר כּוֹנָנְתָּה Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées : Quoniam videbo caelos tuos; opera digitorum tuorum lunam et stellas quae tu fundasti
5 מָה-אֱנוֹשׁ כִּי-תִזְכְּרֶנּוּ; וּבֶן-אָדָם, כִּי תִפְקְדֶנּוּ Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? Quid est homo quod memor es eius aut filius hominis quoniam visitas eum
6 וַתְּחַסְּרֵהוּ מְּעַט, מֵאֱלֹהִים; וְכָבוֹד וְהָדָר תְּעַטְּרֵהוּ Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de magnificence. Minuisti eum paulo minus ab angelis gloria et honore coronasti eum
7 תַּמְשִׁילֵהוּ, בְּמַעֲשֵׂי יָדֶיךָ; כֹּל, שַׁתָּה תַחַת-רַגְלָיו Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds, Et constituisti eum super opera manuum tuarum
8 צֹנֶה וַאֲלָפִים כֻּלָּם; וְגַם, בַּהֲמוֹת שָׂדָי Les brebis comme les bœufs, et les animaux des champs, Omnia subiecisti sub pedibus eius oves et boves universas insuper et pecora campi
9 צִפּוֹר שָׁמַיִם, וּדְגֵי הַיָּם; עֹבֵר, אָרְחוֹת יַמִּים Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers. Volucres caeli et pisces maris qui perambulant semitas maris
10 יְהוָה אֲדֹנֵינוּ: מָה-אַדִּיר שִׁמְךָ, בְּכָל-הָאָרֶץ Éternel, notre Seigneur ! Que ton nom est magnifique sur toute la terre ! Domine Dominus noster quam admirabile est nomen tuum in universa terra

Structure et thème du psaume[modifier | modifier le code]

Le Paradis terrestre, de Jérôme Bosch. Le psaume 8 décrit la place de l’homme dans la création.

Le psaume 8 suit une structure chiastique : l'idée majeure du psaume se retrouve au début et à la fin. On distingue quatre temps : une invitation à louer Dieu, les motifs de la louange, un développement, et une conclusion

Le psaume associe l'homme à la gloire de Dieu. Sous le firmament, l'homme est à l'abri des forces du mal. La relation privilégiée entre l'homme et Dieu se décline sous trois thèmes : le souvenir, la prise en charge et l'exaltation. Mais cela ne place pas l'homme à égalité avec Dieu : il est son lieutenant ou son vassal sur les créatures, tandis que Dieu règne au-dessus de toute la création.

Usages liturgiques[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Le psaume 8 est récité pendant la semaine de parshat bereshit dans certaines traditions, ou encore pendant le simchat Torah. On trouve le verset 2 du psaume dans la Kedusha de Yom Tov[6].

Dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Chez les catholiques[modifier | modifier le code]

Auparavant, selon la règle de saint Benoît, ce psaume était chanté ou récité le mardi, lors de l'office de prime[7].

Dans la liturgie des Heures, le psaume 8 est récité aux laudes le samedi de la deuxième[8] et quatrième semaine. Il apparaît souvent dans la liturgie eucharistique : on le trouve à la fête de la Trinité l'année C. En semaine, il est proposé le jeudi de l'octave de pâques, le premier mardi du temps ordinaire, le 5e mardi du temps ordinaire, et le 28e samedi du temps ordinaire.

Mise en musique[modifier | modifier le code]

Michel-Richard de Lalande, compositeur du roi Louis XIV, écrit en 1686, un grand motet en latin d'après ce psaume (S.17) qui était joué à la chapelle royale du château de Versailles pour les offices de ce roi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les numérotations massorétique et grecque sont les mêmes pour ce psaume.
  2. Voir le chapitre 2, versets 6 à 9.
  3. L’original hébreu provient du site Sefarim, du grand rabbinat de France.
  4. La traduction de Louis Segond est disponible sur Wikisource, de même que d'autres traductions de la Bible en français.
  5. La traduction de la Vulgate est disponible sur le Wikisource latin.
  6. D’après le Complete Artscroll Siddur, compilation des prières juives.
  7. Règle de saint Benoît, traduction par Prosper Guéranger, p. 46, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, réimpression 2007
  8. Le cycle principal des prières liturgiques se déroule sur quatre semaines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]