Hassan Pacha

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 Ne doit pas être confondu avec le dey du XVIIIe siècle Baba Hassan Pacha.
Hassan Pacha
Gouverneur de la Régence d'Alger
Biographie
Nom de naissance Hassan Ibn Kheireddine
Date de naissance 1517
Lieu de décès 1570
Fonctions
Titre Beylerbey de la régence d'Alger
Règne 1544 - 1551
Prédécesseur Hadji Pacha
Successeur Salah Raïs

Titre Beylerbey de la régence d'Alger
Règne 1557 - 1561
Prédécesseur Yahya Pacha
Successeur Hasan Khüsro Agha

Titre Beylerbey de la régence d'Alger
Règne 1562 - 1567
Prédécesseur Ahmad Pasha Qabia
Successeur Mohammed Pacha

Hassan Pacha ou Hassan Ibn Kheireddine, ou Hassan Barberousse né en 1517 à Alger et mort à Constantinople en 1570, fils de Kheireddine Barberousse, lui succède dans la charge de beylerbey de la régence d'Alger. Il est désigné alors comme Moulay Hassan et sera un des dirigeants les plus énergique de la régence d'Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Kheiredinne Barberousse et de son épouse mauresque, Aïcha Memla[1].

C'était donc un Kouloughlis, c'est à dire issu d'une union entre père Turc, et une mère Algérienne. Il est le neveu d'Arudj Barberousse, fondateur de la régence d'Alger[réf. nécessaire].

Pour continuer l'entreprise d'établissement étatique à parti d'Alger il pratique une politique d'alliance avec les chefs locaux, dont le sultan de Koukou, dont il épouse la fille. Il attire à ce titre la méfiance des janissaires, originaires d'Anatolie, qui craignent d'être peu à peu remplacé par des forces locales. Il est donc remplacé à deux reprises à la tête de la régence d'Alger et exerce de ce fait le pouvoir sur trois périodes : 1544-1551, 1557-1561, 1562-1567. Il s'illustre dans de nombreuses campagnes, avec de nombreux succès (Tlemcen, Mostaganem...) mais aussi certains échecs (Grand siège d'Oran et de la Kalâa Beni Abbès)[réf. nécessaire].

On lui doit la division administrative du territoire conquis par la régence d'Alger en trois beyliks, celui de Constantine à l'est, du Titteri (Médéa) au centre et de Mazouna à l'ouest[réf. nécessaire].

Premier gouvernorat (1544-1551)[modifier | modifier le code]

C'est sur l'insistance de son père auprès du sultan de Constantinople, Soliman le Magnifique (1520-1566) qu'Hassan est nommé à Alger en 1544. À la mort de Khayr ad-Din en 1546, il devient le second beylerbey de la régence d'Alger. Cette année-là, un beylik est constitué au sud d'Alger, le beylik du Titteri, dont le chef-lieu est Médéa[réf. nécessaire].

Hassan Pacha fait trois campagnes contre le roi de Tlemcen[Lequel ?] et la dernière s'achève en 1550 par l'installation d'une garnison turque (au service de la Régence) dans cette ville[réf. nécessaire].

Durant son mandat de sept ans, Hassan Pacha est dit avoir gouverné « en toute paix et toute justice »[évasif]. il est responsable de plusieurs constructions notables : une tour face à Alger (le futur "Fort l'Empereur") à l'endroit où Charles Quint avait planté sa tente en 1541, un hôpital pour les janissaires infirmes ou pauvres et de splendides bains ornés de marbres (dont les bénéfices lui revenaient). Cependant, en 1551, Hassan Pacha est destitué et remplacé par Salah Raïs venu d'Alexandrie[réf. nécessaire].

Second gouvernorat (1557-1561)[modifier | modifier le code]

En 1557, Hassan est de retour à Alger, secouée par plusieurs années de troubles. Aussitôt arrivé, il part secourir la garnison turque de Tlemcenn assiégée par le Chérif de Fès, le Saadien Mohammed ech-Cheikh, qu'il fera assassiner par la suite[réf. nécessaire].

Le 26 août 1558, à Mostaganem, il inflige aux Espagnols une sévère défaite marquée par la mort du Comte d'Alcaudète, général d'Oran. L'année suivante, il fait campagne dans l'arrière-pays de Bougie afin de soumettre les Kabyles de la tribu des Béni-Abbès, jugés insuffisamment coopératifs. En 1560, Hassan Pacha se marie avec la fille du roi de Koukou (ou roi du Djurdjura). Cette alliance permet aux Kabyles de rentrer armés dans Alger, chose qui ne s'était jamais produite auparavant. L'Odjaq (milice des janissaires), évoquant un pacte entre Hassan et les Kabyles, révoque le beylerbey, l'accusant de trahison, et le renvoie enchainé à Constantinople[réf. nécessaire].

Troisième gouvernorat (1562-1567)[modifier | modifier le code]

Moins d'un an après, il est de nouveau à Alger. Il revient début septembre 1562 au grand contentement de la population. Dès son installation, il rassemble tout le nécessaire en vivres et matériel de guerre pour marcher sur Oran et Mers El Kébir. Il rassemble la plus grande armée qu'un roi d'Alger ait jamais levée. Mais l'expédition est un échec en raison de l'intervention du Génois Andrea Doria qui vient à l'aide des défenseurs de Mers El Kébir commandés par Don Martin de Cordova, marquis de Cortès, Général d'Oran[réf. nécessaire].

En mai 1565, il participe au siège de Malte. Les Ottomans doivent rembarquer en octobre devant la résistance des forteresses des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dirigés par le grand maître Jean Parisot de La Valette, et les secours des Espagnols. Néanmoins Hassan a rendu les plus grands services aux Ottomans durant cette campagne. À son retour de campagne, il se reposa jusqu'en 1567 lorsqu'il est rappelé par Constantinople pour être nommé Capitan Pacha. Il lègue à ses successeurs le grand bain qu'il avait fait construire et donne au beylik une grande quantité d'officiers et de maître-ouvriers pour les constructions maritimes[réf. nécessaire].

Il vit à Constantinople « en grand honneur et réputation »[évasif] jusqu'à son décès en 1570. Il est inhumé aux côtés de son père dans le mausolée familial[réf. nécessaire].

Portrait[modifier | modifier le code]

Hassan Pacha était petit et gros. Il passait une grande partie de son temps dans les bains d'Alger ou de Constantinople à essayer de mincir et discipliner cette graisse qui débordait de partout. Le teint blanc, il avait de grands yeux et des sourcils épais comme son père. L'esprit pétillant témoin d'une grande intelligence, il avait le front volontaire et une épaisse barbe noire. Il parlait plusieurs langues, en zézayant gracieusement. Le fracas des armes, l'architecture et la musique l'occupaient tour à tour. Hassan Pacha fut très libéral et populaire, très aimé de ceux qui l'entouraient[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diego de Haëdo (2010) p. 86

Sources[modifier | modifier le code]

  • Diégo de Haëdo, Histoire des Rois d'Alger, traduction de H.D. de Grammont, Alger, Éditions Adolphe Jourdan, 1881 (rééditions : Alger, éditions Grand-Alger-Livres, 2004 ; Editions Bouchène, 2010 [ISBN 2-912946-04-2]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Belachemi, Nous, les frères Barberousse, corsaires et rois d'Alger, Paris, Fayard, 1984