Youssef ben Tachfine

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Youssef Ibn Tachfin
Yusuf Ben Tasfin dinar 22562.jpg
Dinar or frappé sous Youssef ben Tachfine à Ghmate avant 1106.
Fonction
Émir almoravide
Almoravides
-
Titre de noblesse
Émir
Biographie
Naissance
Décès
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Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
ⵢⵓⵙⴼ ⵓ ⵜⴰⵛⴼⵉⵏ ⵓ ⵜⴰⵍⴰⴽⴰⴽⵉⵏ ⴰⵍⵎⵜⴰⵏ ⴰⵥⵏⴰⴳ
Activité
Famille
Père
Tachfine ben Ibrahim Talakakin
Mère
Fatima bint Syr[1]
Conjoint
Enfant
Abu Bakkar ibn Yusuf[2]
Tamim ibn Yusuf[3]
Ali ben Youssef Red crown.png
Sourah bint Yusuf[4]
Tamima bint Yusuf
Autres informations
Religion
Conflit
Bataille de Sagrajas

Youssef ben Tachfine as-Sanhaji, aussi nommé Yusuf Ibn Tashfin, Youssef Ou-Tachfine (en berbère : ⵢⵓⵙⴼ ⵓ ⵜⴰⵛⴼⵉⵏ ⵓ ⵜⴰⵍⴰⴽⴰⴽⵉⵏ ⴰⵍⵎⵜⴰⵏ ⴰⵥⵏⴰⴳ Yusef u Tacfin[5] u Talakakin Almtan Aẓnag ; en arabe : يوسف بن تاشفين ناصر الدين بن تالاكاكين الصنهاجي), ou encore Ben Yousouf, est le troisième imam et le premier sultan de la dynastie berbère des Almoravides. Né entre 1006 et 1009, il a régné sur un Empire allant du Sahara à l'Espagne, de 1061 jusqu'à sa mort en 1106. Il est, avec sa femme Zaynab Nefzaouia, le fondateur de Marrakech vers 1070, qui est alors devenue une capitale. Il est le « roi des Lamtuna, qui devint le maître des deux rives » selon Ibn Khaldun (la Muqaddima, III, 30).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Pièce de monnaie frappée durant son mandat.

Youssef Ibn Tachfine est un berbère sanhadjien de la tribu des Lemtouna[6], dont le berceau était l'Adrar de Mauritanie, parcourant surtout les régions désertiques qui s'étendent des oasis du Sud marocain au « pays des Noirs »[7]. Il est le fils de Tachfine ben Ibrahim Talakakin et de son épouse Fatima bint Syr. Youssef naît probablement entre 1006[8] et 1009, dans le grand Sahara[9].

En 1048, les Berbères sanhaja de l'ouest du Sahara se coalisent sous l'impulsion d'un prédicateur malékite berbère marocain, Abdallah Ibn Yasin, et d'un chef local, Abou Bakr ben Omar, et fondent le mouvement almoravide[10].

Abou Bakr ben Omar appelé par l'action des Soudanais au sud confie le commandement au Nord à son cousin Youssef ben Tachfin[11]. Youssef Ibn Tachfin devient alors commandant au Nord dans un premier temps, fait battre monnaie au nom de Abou Bakr Ben Omar et réorganise l'armée[9].

Youssef Ibn Tachfin est un saharien typique, tel que le Qirtas en dresse le portait[12] :

« Teint brun, taille moyenne, maigre, peu de barbe, voix douce, yeux noirs, nez aquilin, mèche de Mohammed retombant sur le bout de l'oreille, sourcils joints l'un à l'autre, cheveux crépus. »

La guerre en Andalousie[modifier | modifier le code]

En 1086, à la demande d'al-Mu'tamid, Youssef, alors sultan de la dynastie almoravide, vient en Espagne une première fois pour lui porter assistance et pour l'aider à affronter Alphonse VI, qui a envahi Saragosse. Il bat Alphonse le à Sagrajas (az-Zallàqa) avant de se retourner contre al-Mu'tamid qui entretemps s'était allié au monarque espagnol. Il s'empare donc de Séville, de Grenade, d'Almeria, de Badajoz et finalement destitue al-Mu'tamid en 1091, l'envoyant en exil au Maroc, où il mourra quatre ans plus tard à Aghmat. Youssef occupe alors tout le territoire d'al-Andalus.

Il jette son dévolu sur Valence, dont le futur roi, Rodrigo Diaz de Bivar, plus connu sous le surnom de Cid Campeador, se trouve à Saragosse.

En , une poignée d'éclaireurs almoravides arriva sous les murs de Valence. Ibn Djehaf (Cadi), membre d'un haut lignage yéménite, porté par la foule partisane, prit le pouvoir dans la ville après avoir fait assassiner al-Qadir.

Les conquêtes almoravides de 1085 à 1115

Rodrigo, qui séjournait alors à Saragosse, vint mettre le siège devant Valence et reprit la ville en . Youssef capitule momentanément, partant chercher des renforts avant d'envahir à nouveau Valence. Habileté politique ou mentalité de guerrier, Rodrigo, ne semble pas avoir aspiré à y exercer directement le pouvoir. Il laissa le soin de gouverner la ville à Ibn Djehaf, la veille encore insoumis, et se contenta, installé dans le château de Cebolla (Puig), de percevoir l'impôt.

Rodrigo imposa un nouveau siège, extrêmement sévère, à la ville en . Après avoir vainement attendu un dernier secours, Valence, décimée par la faim, capitula le .

Les conditions de l’occupation furent d'abord clémentes. On respecta la propriété des biens et la liberté du culte, les armées chrétiennes restèrent extra-muros, l'impôt fut habilement limité, comme le faisaient, au fur et à mesure de leur progrès, les Almoravides, à la dîme coranique.

Rodrigue lui-même prit demeure dans le faubourg de l'Alcudia. Le Castillan renforçait néanmoins considérablement sa présence et il s'institua en outre juge suprême des Valenciens. Les choses s'aggravèrent après une nouvelle offensive almoravide, en . L'ennemi vaincu, les chrétiens durcirent le régime d'occupation à proportion du péril. Ibn Djehaf, traduit en justice pour l'assassinat d'al-Qadir, fut brûlé vif. Les musulmans, à l'exception de quelques notables, durent s'installer dans les faubourgs tandis que les chrétiens se logeaient dans les murs.

L'armée almoravide arrive jusqu'à Lisbonne la même année. En 1098, Youssef est nommé Prince des musulmans, Défenseur de la foi et Envoyé du commandeur des croyants.

En 1102, il conquiert à nouveau Valence, le Cid étant mort depuis 3 ans, battant sa femme Chimène, ainsi que la partie septentrionale d'al-Andalus. Son expansion s'arrête alors à la vallée de l'Èbre. Il nomme son fils Ali héritier du trône.

Youssef meurt en 1106. Son mausolée se trouve à Marrakech au Maroc, près de la mosquée Koutoubia.

Création Garde Royale[modifier | modifier le code]

La Garde royale marocaine, dont l’origine remonte au XIe siècle, est exclusivement au service de la famille royale marocaine et plus précisément du roi Hassan II dont elle relève en principe directement. Créée en 1088 par le sultan Almoravide (al-Mourabitoun) Youssef Ibn Tachfin pour assurer sa protection, elle s’est pendant des siècles appelée la Garde noire, en raison de l’origine de ses troupes, traditionnellement recrutées aux confins sud des territoires du Sultan, dans la région du fleuve Sénégal.[13]

Héritage[modifier | modifier le code]

Son fils et successeur, Ali ibn Yusuf, était considéré comme un musulman aussi pieux que son père. À Cordoue, vers 1119, il a servi de tremplin à l'insurrection andalouse. Les chrétiens de la frontière nord ont pris de l'ampleur peu de temps après la mort de son père, et les Almohades, à partir de 1120 environ, devaient engloutir la frontière sud. [14]

Cela a finalement conduit à la perte des territoires durement gagnés de Yusuf à l'époque d'Ibrahim ibn Tashfin (1146) et d'Ishaq ibn Ali (1146-1147), le dernier de la dynastie almoravide.[14]

Ali ibn Yusuf en 1135 a exercé une bonne intendance en fréquentant l'Université d'Al-Karaouine ( Fès) et en ordonnant l'extension de la mosquée de 18 à 21 nefs, élargissant la structure à plus de 3 000 mètres carrés. Certains récits suggèrent que pour mener à bien ces travaux, Ali ibn Yusuf a embauché deux architectes andalous, qui ont également construit l'allée centrale de la Grande Mosquée de Tlemcen, en 1136.[14]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ʻAlī ibn ʻAbd Allāh Ibn Abī Zarʻ al-Fāsī et Ṣāliḥ ibn ʻAbd al-Ḥalīm al-Gharnāṭī, Roudh el-Kartas: Histoire des souverains du Maghreb (Espagne et Maroc) et annales de la ville de Fès, Impr. impériale, (lire en ligne), p. 190
  2. Ahmed ben Khaled En-Naciri Es-Slaoui, Archives Marocaines kitab al-istiqsa li-akhbar doual al-maghrib al -aqsa (Histoire du Maroc), vol. XXXI, Direction des affaires indigenes et du service des renseignements (section sociologique), , 197 p. (lire en ligne)
  3. Ahmed ben Khaled En-Naciri Es-Slaoui, Archives Marocaines kitab al-istiqsa li-akhbar doual al-maghrib al -aqsa (Histoire du Maroc), vol. XXXI, Direction des affaires indigenes et du service des renseignements (section sociologique), , 198 p. (lire en ligne)
  4. « Femmes médiévales | Études marocaines, Osire Glacier » (consulté le )
  5. Peut être à l'origine "Tacfint" ou "Tajfint".
  6. (ar) ابن الأثير الجزري, الكامل في التاريخ, p. 327
  7. Charles André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, . p.418 « les Lemtouna, dont le berceau est l'Adrar de Mauritanie »
  8. Fatima-Zohra Oufriha, Au temps des Grands Empires Maghrébins: La décolonisation de l'histoire de l'Algérie, Chihab, (ISBN 978-9947-39-465-6, lire en ligne)
  9. a et b (tr) « YÛSUF b. TÂŞFÎN - TDV İslâm Ansiklopedisi », sur TDV İslam Ansiklopedisi (consulté le )
  10. Jean Boulègue, « Mouvement almoravide », sur www.universalis.fr.
  11. L. Golvin, « Almoravides », Encyclopédie berbère, no 4,‎ , p. 539–542 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.2452, lire en ligne, consulté le )
  12. Charles-André Julien, op.cit, p.423
  13. « Un millier d'hommes au service de la dynastie chérifienne », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  14. a b et c https://en.wikipedia.org/wiki/Yusuf_ibn_Tashfin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]